Jeudi 5 novembre 2009





Comme nous l’avions annoncé, la très belle collection du « Cabinet des lettrés » chez Gallimard vient de faire paraître la nouvelle de Chesterton, Les arbres d’orgueil. Ce nouveau texte a été traduit magnifiquement par Lionel Leforestier qui a su rendre avec justesse le « ton » chestertonien, dans un français impeccable et très agréable à lire. Les notes qui accompagnent cette traduction, sans surcharger le texte et le rendre difficile à lire, permettent tout au contraire de bien saisir les allusions nombreuses de l’auteur.

Cette édition fait 132 pages. La couverture, sobre, selon les canons de la collection, est illustrée par un dessin représentant W. E. Gladstone, homme politique anglais, et signé par William Nicholson. Cette illustration est extraire de l’ouvrage Twelve Portraits de William Heinemann (1899). Le bandeau de couverture reproduit une des nombreuses phrases élogieuses de Jorge Luis Borges sur Chesterton : « Aucun écrivain, peut-être, ne m’a procuré autant d’heures heureuses que Chesterton ».

Il faut saluer ce nouveau volume car il est quand même le troisième publié dans la collection du « Cabinet des lettrés ». En 2008, cette collection nous offrait la belle surprise de la publication de L’Assassin modéré suivi de l’homme au renard. Cette année, nous avions déjà pu lire Le meurtre des piliers blancs et autres textes. Et sans attendre 2010, nous voici avec ce troisième volume qui laisse penser – et espérer très fort ! – qu’une longue série de petits volumes Chesterton vont continuer dans ce format, avec le même traducteur, satisfaisant les lecteurs de Chesterton et les collectionneurs. Il faut, en effet, insister sur la qualité éditoriale de ces livres qui est une joie pour la lecture et le regard.

La nouvelle « Les Arbres d’orgueil » qui forme ce volume est constituée de quatre chapitre :

I. Le conte des arbres paons

II. Le pari du squire Vane

III. Le mystère du puits

IV. En chasse de la vérité

L’histoire est celle d’un haut fonctionnaire britannique à la retraite, le squire Vane qui vit en Cornouaille avec sa fille Barbara. Sa propriété, au bord de la mer, s’honore de la présence d’arbres paons, ramenés jadis d’Orient par un ancêtre aventurier. Ces arbres son cependant associés par la population rurale des environs à des maléfices, toujours d’actualité. Le squire Vane, lors d’un dîner avec des invités (un poète, un avocat, un médecin et un critique d’art américain), décide de démontrer qu’il ne s’agit que d’une superstition et s’engage à passer la nuit sur un des arbres en question. Comme on s’y attend, il disparaît.

On ne dira pas ici le dénouement de cette histoire qui contient, comme souvent avec Chesterton, un côté policier. Disons simplement que l’auteur brouille les pistes et va de rebondissement en rebondissement, faisant de ce texte l’un des meilleurs qui soit sorti de sa plume. La morale de l’histoire est dans la droite ligne de la pensée chestertonienne, contre le scientisme, l’assurance bourgeoise, le règne des spécialistes. Une fois de plus, c’est le bon sens et la connaissance intuitive et poétique qui sont mis en avant. Ainsi, à un moment de l’histoire Barbara Vane déclare :

« Le docteur n’a pas raison, dit la jeune femme en tournant son visage pâle vers l’avocat. C’est le poète qui a raison. Le poète a toujours raison. Oh, il est là depuis le commencement du monde, et il a vu les merveilles et les terreurs qui jalonnent notre route, cachées derrière une pierre ou un buisson. Tandis que vous, avec votre médecine et votre science tâtonnante, vous n’êtes là que depuis quelques générations, et vous n’avez pas vaincu l’ennemi qui a planté le mal dans notre chair. (…) Il ne nous reste qu’à croire en Dieu, car nous ne pouvons nous empêcher de croire aux démons »

Le titre original de cette nouvelle est The Trees of Pride. Elle a paru en 1922 dans le recueil The Man Who Knew Too Much chez Cassell, en complément des nouvelles réunies sous ce titre. C’est un texte qui date d’avant 1919.

 

Elle ne se trouve pas dans L’Homme qui en savait trop, traduction française de The Man Who Knew Too Much, paru à l’Age d’Homme en 1984, dans une traduction de Marie-Odile Masek. En revanche, on en trouve une traduction due à Gérard Joulié dans La fin de la sagesse et autres contes, un volume paru cette année aux éditions de l’Age d’Homme.
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Samedi 31 octobre 2009

Comme l’indique le titre de son premier chapitre, Chesterton établit que l’ère victorienne se signale par un compromis. Selon l’auteur, en effet, la littérature du XVIIIe siècle en Angleterre est profondément révolutionnaire au contraire de la politique ; une situation qui s’oppose à celle de la France où c’est la politique qui est révolutionnaire et non pas la littérature. Le raisonnement de Chesterton est assez simple : la révolution française consiste en la révolte des paysans contre l’aristocratie ; la révolution anglaise consiste en la victoire des riches contre les pauvres. Dans l’Angleterre de Victoria, la théologie puritaine, poursuit Chesterton, a été rejeté, mais les pratiques puritaines restent en place. On n’a plus la foi, mais on a gardé les mœurs. Derrière ces mœurs rigides se cache en fait une philosophie sans cœur qui est l’utilitarisme. Et c’est dans cet écart entre la théorie et la pratique que Chesterton situe le « compromis victorien ». L’utilitarisme, plutôt que ses pseudos bases scientifiques, qui explique selon lui le succès, à cette époque, de Darwin. « Darwin d’une part, grâce en particulier au puissant génie journalistique de Huxley, s’était acquis une très large audience quoiqu’une victoire extrêmement vague ; c’était tout bonnement une hypothèse particulière sur l’apparition de la variété des espèces animales ; et cette hypothèse particulière, quoique toujours intéressante, est désormais tout sauf sereine. Mais c’est seulement dans le monde scientifique que les affirmations détaillées de Darwin ont en grande partie échoué. »

C’est face à l’utilitarisme, à l’industrialisation et au culte de la richesse que vont s’exprimer les écrivains de l’ère victorienne. Ils vont régir contre, à partir de perspectives très différentes, avec des résultats bien différents aussi. Ils perçoivent que quelque chose ne vas pas ou, plus exactement, que leur monde a perdu un élément fondamental de la vie en société et de la vie de l’homme. Mais ils ne savent pas le nommer correctement. Les préraphaélites, écrit Chesterton, se sont servis de l’imagerie médiévale pour blasphémer la foi médiévale. Henry James a cherché le surnaturel, mais n’a trouvé que sa forme tragique et diabolique. Rukin « voulait toutes les parties de la cathédrale à l’exception de l’autel ». À l’inverse, Chesterton signale que Newman, qu’il prend bien pour un écrivain, et le Mouvement d’Oxford ont « démêlé l'écheveau des idées victorienne » pour remonter à la foi perdue. De manière surprenante, si l’on réduit Chesterton à l’étiquette de catholique, il estime que Dickens et Stevenson sont allés plus loin. Dickens, parce qu’il était le plus humain des écrivains de cette époque et qu’il a sympathisé avec les pauvres et les opprimés. Et Stevenson, parce qu’il a fait éclater le compromis victorien.

Fondamentalement, pour Chesterton, nous ne pouvons rien comprendre à l’époque victorienne et à sa littérature si nous ne prenons pas en considération qu’elles sont un effet de l’éclatement du catholicisme qui eut lieu avec la Réforme. Il souligne qu’il ne s’agit pas simplement d’une révolution religieuse, mais que celle-ci a eu des incidences politique et culturel très profondes. Il n’y pas eu d’ordre nouveau, mais une succession de réactions à l’ordre ancien disparu. Pour Chesterton, la révolution victorienne en littérature aura conduit à l’anarchie et bien qu’un grand nombre d’écrivains de cette époque rejette l’utilitarisme, ils tombent souvent dans l’agnosticisme. Peut-être est-ce cette démonstration joyeusement menée qui firent prendre des précautions aux éditeurs de ce livre ?

 

 

À suivre…

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Vendredi 30 octobre 2009

Après une assez longue interruption due à la préparation de la Table-ronde du 15 octobre dernier, nous reprenons notre exploration rapide et chronologique des œuvres de Chesterton. En 1913, un livre d’un genre un peu particulier paraît : The Victorian Age in Literature. Le livre est édité dans la collection « Home University library of modern knowledge », sous le numéro 61 et il est publié à Londres par « Williams and Norgate » et à New York par « Henry Holt and company », qui en détient d’ailleurs le copyright. Les « éditeurs » de la collection sont Herbert Fisher (M.A. , P.B.A.) et les professeurs Gilbert Murray, J. Arthur Thomson et William T. Brewster. Ces quatre hommes sont à l’époque des personnalités reconnues dans leur domaine de compétence et souvent engagées politiquement.

Dans son édition de 1913, l’ouvrage contient 256 pages dont un index, un ensemble de notes bibliographiques ainsi qu'un avertissement des éditeurs qui prennent bien soin de signaler aux lecteurs que ce livre ne représente pas une autorité en matière d’histoire littéraire mais une approche personnelle du sujet :

« Les éditeurs souhaitent préciser que ce livre ne doit pas être présenté comme une histoire de la littérature victorienne prétendant faire autorité. C’est l’exposé libre et personnel d’opinions et d’impressions relatives à la portée de la littérature victorienne rédigé par M. Chesterton à la demande expresse des éditeurs ».

La Table matière de cette étude, effectivement très personnelle, même si l’opposition entre « autorité » et « exposé libre et personnel d’opinons » peut paraître factice et révélateur surtout d’un véritable embêtement, est le suivant :


Introduction

I. The Victorian Compromise and its enemies

(Le compromis victorien et ses adversaires)

II. The Great Victorian Novelists

(Les grands romanciers victoriens

III. The Great Victorian Poets

(Les grands poètes victoriens)

IV. The Break-Up of the compromise
(La rupture du compris)



 

Si l’on prend soin de bien lire l’introduction de l'auteur, on trouve dans les premières lignes – du pur Chesterton – une sorte de réponse, certainement involontaire, à la prudence bien-pensante des éditeurs. Chesterton débute son livre ainsi :

« Le découpage d’une littérature durable et splendide peut très commodément s’envisager de deux façons : soit de la manière dont on coupe un gâteau aux raisins ou du gruyère, en prenant les raisins – ou les trous – comme ils viennent. Soit comme l’on coupe du bois : en suivant le fil, si l’on pense qu’il y a un fil. Mais les deux ne se recoupent jamais : les noms, dans la réalité, en se présentent jamais dans le même ordre que celui retenu lors de l’étude sérieuse d’un esprit ou d’une tendance. Le critique qui souhaite progresser dans la vie d’une époque doit toujours aller et venir entre de simples dates, tout comme une branche animée d’un mouvement continu de va et vient ; alors que le fil du bois court dans la branche comme un fleuve ininterrompu.

En fait, l’ordre chronologique pur et simple est presque aussi arbitraire que l’ordre alphabétique. Envisager Darwin, Dickens, Browning dans l’ordre du registre des naissances reviendrait à forger une chaîne tout aussi véridique que les “Tacite, Tolstoï, Tupper” d’un dictionnaire biographique. Peut-être l’accent se trouverait-il mis sur la précision, de nature à satisfaire cette école de critique qui estiment que chaque artiste devrait être considéré comme un artisan solitaire, indifférent à la chose publique et dégagé des considérations morales. »

À suivre…
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Jeudi 29 octobre 2009

Dans le numéro 132 d’Éléments (juillet-septembre 2009), Alain de Benoist publie une recension du Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste de G.K. Chesterton. S’il reconnaît à cet ouvrage de ne pas manquer «  de mérites » et à Chesterton de se montrer « même parfois visionnaire », notamment « dans sa critique des “machines” et de la “standardisation” comme dans sa défense du “petit commerce” contre les “grands magazins” », il estime que l’auteur « n’en reste pas moins à une vision bien sommaire ». Pire, selon lui, Chesterton « par sa défense rigoureuse de la propriété privée des moyens de production (il) rejoint la vulgate libérale qu’il conteste par ailleurs ».

Les raisons selon Alain de Benoist ?

Chesterton « emprunte plus à la doctrine sociale de l’Église qu’à une connaissance en profondeur des doctrines économiques ». Il réduit le libéralisme « au relativisme en matière de croyances et de mœurs ». D’où la conclusion de l’auteur « en fait d’“anticapitalisme”, Chesterton ne propose finalement que le capitalisme pour tous face au capitalisme pour quelques-uns ».

On ne reprochera pas à Alain de Benoist de ne pas démontrer, dans l’espace forcément restreint d’une recension, les deux affirmations qui servent de moyen terme à son argumentation. Reste que l’opposition entre doctrine sociale de l’Église et connaissances des doctrines économiques est facile et en partie factice. Il y a fort longtemps que des économistes ont reconnu la solidité de la doctrine sociale de l’Église, non seulement dans sa critique, mais aussi dans ses propositions.

De la même façon, on veut croire que la reductio du libéralisme à la critique des mœurs chez Chesterton que perçoit Alain de Benoist vient d’une méconnaissance de celui-ci de l’œuvre de l’auteur d’Orthodoxie.

Reste deux choses. Il ne semble pas que Alain de Benoist ait perçu le “paradoxe” un peu forcé utilisé par l’éditeur du livre dans le titre qu’il a donné alors qu’il a bien compris, en revanche, la pensée de Chesterton en concluant que ce dernier propose finalement le capitalisme pour tous face au capitalisme pour quelques-uns. C’est peut-être peu, mais c’était dans la pensée de Chesterton le premier pas à poser. Ajoutons pour finir que ces deux esprits ne pouvaient être plus dissemblables que Chesterton et Alain de Benoist. Il y a donc du mérite de la part de celui-ci à avoir consacré une recension à un livre si peu théorique.

Par Les amis de Chesterton - Publié dans : Veille chestertonienne
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Mercredi 28 octobre 2009

Qui l’aurait cru ? Et pourtant, Antonio Gramsci, membre fondateur du parti communiste italien, théoricien célèbre, mort quelques jours après être sorti de prison, dans la nuit du 26 au 27 avril 1937, lisait Chesterton. Justement, c'est dans une lettre écrite en prison, à sa belle-sœur Tania, qu'il évoque Chesterton à propos des aventures du Père Brown.

« Prison de Turi, 6 octobre 1930

(…)

Je te remercie de tout ce que tu m'as envoyé. On ne m'a pas encore remis les deux livres : la bibliographie fasciste et les contes de Chesterton que je lirai volontiers pour deux raisons. D'abord parce que j'imagine qu'ils sont aussi intéressants. que ceux de la Première série et ensuite parce que je vais essayer d'imaginer l'impression qu'ils ont dû faire sur toi. Je t'avoue qu'il y aura là, pour moi un plaisir extrême. Je nie souviens avec précision de ton état d'âme à la lecture de la première série : tu avais une heureuse disposition à recevoir les impressions les plus immédiates et les moins compliquées. Tu n'avais pas d'autre part réussi à t'apercevoir que Chesterton a écrit une très fine caricature des romans policiers proprement dits. Le Père Brown est un catholique qui se moque de la manière de penser mécanique des protestants et le livre est fondamentalement une apologie de l’Église romaine opposée à l’Église anglicane. Sherlock Holmes est le policier protestant qui trouve en parlant de l'extérieur, en se basant sur la science, sur la méthode expérimentale, sur l'induction. Le Père Brown est le prêtre catholique qui, à travers les expériences psychologiques raffinées fournies par la confession et les travaux de casuistique des pères, et cependant sans négliger la science et l'expérience, mais en se basant surtout sur la déduction et sur l'introspection, bat Sherlock Holmes à plate couture, le fait apparaître comme un petit gamin prétentieux, en montre l'étroitesse et la mesquinerie. D'autre part, Chesterton est un grand artiste alors que Conan Doyle était un médiocre écrivain malgré qu'il ait été fait baronnet à titre littéraire; il y a chez Chesterton une distinction à établir entre le contenu, l'intrigue policière et la forme, et aussi envers la matière traitée une subtile ironie qui rend les récits plus savoureux. Qu'en penses-tu ? je me souviens que tu lisais ces contes comme s'il s'était agi de faits réels et que tu les faisais tiens au point d'en arriver à exprimer ton admiration pour le Père Brown et sa merveilleuse finesse avec une ingénuité qui me divertissait beaucoup. Ne te formalise pas de cela, car, dans mon plaisir, il y avait une pointe d'envie pour ta capacité à recevoir des impressions fraîches et pures.

Je t'embrasse affectueusement.

ANTOINE »

 

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Samedi 24 octobre 2009
Anne Brassié, écrivain et journaliste de talent, nous transmet ce texte d'une de ses amies après sa lecture du Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste de Chesterton, à nouveau disponible après la sortie de la deuxième édition, revue et corrigée (A commander ICI). Nous la remercions de nous avoir transmis cette note de lecture que nous mettons à la disposition de tous. Et nous remercions l'auteur pour ce regard de bons sens.

« La traduction en français de « Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste » de G.K. Chesterton, nous permet d’entrer dans la confidence d’un texte destiné aux coreligionnaires de l’auteur.
Il écrit en 1926 et pressent une crise majeure qui pourrait remettre en cause la « supériorité » anglaise et l’Empire.
Chesterton prévient  que son pays, l’Angleterre, se fragilise tout les jours en favorisant la concentration de la propriété entre les mains de quelques uns. Il constate que collectivisme et concentration des moyens de production mènent aux mêmes impasses. Son antidote face au fléau de la concentration du capital est la parcellisation de celui-ci. Plus il est parcellisé plus le système est réellement capitaliste et plus il se protège de possibles dérives.
Il démontre que les sociétés stables sont construites sur de profondes fondations agricoles et cite l’exemple des sociétés de type français (Québec, France). Il admire notre humilité, notre conscience, notre capacité à courber le dos pour travailler la terre et par là à pérenniser nos systèmes sociaux/économiques et au-delà, à sauver notre âme.
Chesterton explique que « la vérité  demeure à l’extérieur de la cité » (Pierre Magnard). Il ne dit pas que la ville doit disparaitre  au profit de la campagne mais l’inverse, que la campagne ne doit pas disparaitre au profit de la ville.
En fait, cet ouvrage nous incite, nous Français du XXIe siècle, à retrouver et  à sauver le système ancestral qui fait encore notre force et nous pouvons, avec une oreille attentive, entendre Chesterton nous dire d’outre tombe: 
Vous avez raison, vous Français, de vouloir préservez vos nombreuses communes, votre agriculture, votre artisanat, vos manufactures et votre indépendance. Vous avez raison de rester fidèles aux réalités de ce monde terrestre, de résister aux chants des sirènes.  Car la puissance de l’argent n’existe pas sans sa réalisation. L’argent pour lui-même est de la puissance sans énergie. Une société fondée sur l’argent  et non plus sur le travail serait vouée à perdre son énergie. A l’image de ces personnes privées d’activité physique, professionnelle et victimes du monde « moderne » qui stockent, qui thésaurisent des graisses et qui malgré cette réserve de « puissance » sont sans énergie.                  

Merci à l’auteur pour ce message, cette anticipation venue du passé. Chesterton en revendiquant son identité anglaise et le fait que c’est d’abord le sort de son pays qui le préoccupe, donne une objectivité exceptionnelle et incontestable à ses propos. Et puis, un Anglais qui, avec son système de pensée et toute sa culture anglo-saxonne, analyse les raisons de la supériorité française, voilà en résumé une raison suffisante pour se lancer dans cette lecture passionnante et fort à propos. »
                           
Stéphanie
19/08/2009
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Vendredi 23 octobre 2009

Cette année 2009 sera donc une année faste pour l’actualité chestertonienne en France. Entre avril et septembre dernier, trois nouveaux ouvrages de Chesterton ont été publiés dans notre pays. D’abord Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, aux éditions de l’Homme Nouveau, puis La fin de la sagesse et autres contes extravagants, aux éditions de l’Age d’Homme et enfin, Le meurtre des piliers blancs, dans la belle collection du Cabinet des lettrés, aux éditions Gallimard.

Sur un autre plan, pour la première fois en France, une Table ronde a réuni plus de 150 personnes au Collège des Bernardins pour traiter autour de la figure et de l’œuvre de Chesterton du renouveau littéraire catholique en France et en Angleterre au début du XXe siècle. Un véritable succès puisque le Collège des Bernardins a dû malheureusement refuser du monde en raison des règles de sécurité.

Ajoutons à ce bel ensemble la création de l’association des Amis de Chesterton, à laquelle vous êtes cordialement invités à adhérer pour que puisse se reproduire ce type d’événement et que se développe ce blogue qui en est désormais l’un des organes d’expression.

Mais cette actualité chestertonienne n’est pas seulement celle du passé.

Le 29 octobre prochain sera disponible en librairie « Les arbres d’orgueil », publié dans la collection du Cabinet des lettrés chez Gallimard. Une édition toujours aussi soignée ; une traduction élégante signée Lionel Leforestier ; un petit livre agréable à lire. Nous en reparlerons plus abondamment.

Nous reparlerons aussi de l’autre bonne (et même très bonne) surprise de cette fin d’année : la parution d’une nouvelle traduction d’un très bel ouvrage de Chesterton, Robert Browning. Nous l’avions annoncé et l’éditeur (Le Bruit du temps) en confirme la parution pour la fin novembre.

 

Et nous pouvons déjà annoncer que l'année 2010 se présente sous un bonn augure, avec plusieurs livres de Chesterton en préparation, dont des inédits.

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Lundi 19 octobre 2009
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Samedi 17 octobre 2009

Elle vient en écho à notre Table ronde de jeudi 15 octobre où il fut évoqué longuement Chesterton et Bernanos. Dans une Tribune libre publié ce samedi 17 octobre, dans le quotidien La Croix, Dominique Vermesch, professeur à Agrocampus Ouest (Rennes) et ancien modérateur de la Communauté de l’Emmanuel, s’attache à poser des jalons pour « Redessiner la catholicité de l’université ».  Il pose la problématique de son sujet en recourant à Chesterton et Bernanos :

« À voir les remous suscités par l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur, l’idée de laïcité peut emprunter le mot fameux de G.K. Chesterton, repris par Bernanos et suivant lequel le monde moderne serait saturé d’anciennes vertus et d’idées chrétiennes « devenues folles ». Le comble étant parfois que des chrétiens eux-mêmes se prêtent à cette folie, sur fond d’un ressentiment ecclésial régulièrement réactivé ».

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Vendredi 16 octobre 2009


C'est ce qu'affichait (comme on peut le voir sur cette photographie de l'affiche apposée à l'entrée et que nous avons récupérée en fin de soirée) le Collège des Bernardins jeudi 15 octobre alors que la file n'était pas terminée de ceux qui prenaient leur place pour assister à cette soirée mémorable consacrée à Chesterton et aux écrivains catholiques du début du XXème siècle.
Nous présentons toutes nos excuses à ceux qui n'ont pu entrer dans la salle Lexington et qui ont été refoulés à l'entrée. Nous sommes profondément désolés de cet état de fait, dû à l'organisation du Collège des Bernardins et aux consignes de sécurité.
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Profil

  • : Les amis de Chesterton
  • chesterton
  • : Homme
  • : 02/05/1965
  • : Les Amis de Chesterton se consacrent à l'étude de l'œuvre de Gilbert Keith Chesterton et, plus largement, des auteurs et du courant de pensée qui s'y rattachent.

Colloque GKC à Paris

Le G.K. Chesterton Institute for Faith and Culture (Seton Hall University – USA) et L'Association des Amis de Chesterton (France)

organisent le

jeudi 15 octobre

de 19h30 à 21h30

 

une "Table ronde" au Collège des Bernardins (Paris) sur le thème :

« A Divine "Entente Cordiale": La renaissance de la littérature catholique en France et en Angleterre au vingtième siècle - G.K. Chesterton, Georges Bernanos, Charles Péguy, Paul Claudel, et Cie. »


  Contact : amis.de.chesterton@free.fr

Informations

Pour être tenu au courant des mises à jour de ce blogue, n'hésitez pas à vous inscrire ci-dessous à “La Lettre d'annonce” des Amis de Gilbert Keith Chesterton. Votre adresse de courriel ne sera pas divulguée. Faites connaître ce blogue à vos amis.

Pour nous contacter

Association des Amis de GKC

L'Association des Amis de G.K. Chesterton s’est donnée pour mission « de mieux faire connaître l’œuvre, la vie et la personnalité de G.K. Chesterton à travers son époque et ses contemporains, d’encourager la publication et la réédition d’œuvres de G.K. Chesterton en français, de promouvoir, d’encourager, de publier ou de diffuser des études et travaux sur G.K. Chesterton et sur les écrivains qui peuvent lui être associés (Hilaire Belloc, Maurice Baring, C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien…), de contribuer et de participer à toutes célébrations et manifestations à sa mémoire, en France comme à l’étranger, de contribuer et de participer à ce qui est au cœur de l’œuvre de Chesterton : la réconciliation de la foi et de la culture, d’encourager à l’application des idées chestertoniennes dans le monde contemporain » (art. III des statuts).
Adhésion simple : 15 € (ou seulement 10 €, pour les prêtres, religieux, étudiants, chômeurs) avec, à titre gracieux, une Lettre d'information trimestrielle au format PDF, consacrée à l’actualité chestertonienne en France et à l’étranger (on pourra en recevoir la version papier moyennant un supplément de 4 € pour participer aux frais postaux). Toutefois, le service du Cahier annuel de l’association, qui comprendra articles sur Chesterton et inédits en français de l’écrivain, ne pourra leur être assuré que pour une adhésion de 25 €.
Bienfaiteur : 100 €, comprenant le service gracieux du Cahier annuel qu’ils recevront dans sa version numérotée – tirage dit “de tête” et limité. Ils bénéficieront aussi du service de la Lettre d’information sous la forme qu’ils indiqueront.

Association des Amis de G.K. Chesterton

Aux bons soins des Éditions de l'Homme Nouveau

10, rue Rosenwald

75015 Paris

Livres en français sur GKC

Philippe Maxence : L'Univers de Chesterton, petit dictionnaire raisonné, éditions Via Romana, 2008.
Plus de 400 citations de Chesterton, réparties par thèmes. Pour une découverte d'un talent immense.


Philippe Maxence : Pour le réenchantement du monde, une introduction à Chesterton, éditions Ad Solem, 2003.
Ou comment saisir le cœur de la démarche et de l'œuvre de Chesterton, à travers un essai engagé.

Roger Arnaldez : Chesterton, un penseur pour notre temps, éditions de Paris, 2001.
Un essai sur l'écrivain par un membre de l'Académie des sciences morales et politiques.


Max Ribstein : G.K. Chesterton, création romanesque et imagination, éditions Klincksieck, 1981
Une thèse universitaire qui porte principalement sur l'art du roman chez Chesterton mais qui comprend aussi de très intéressants renseignements sur la vie et l'œuvre de l'écrivain.

Christiane d'Haussy : La vision du monde chez G.K. Chesterton, Didier-Érudition, 1980
Étude publiée dans la collection "études anglaises".

Yves Denis : G.K. Chesterton : paradoxe et catholicisme, Les Belles Lettres, 1978.
La thèse du père Yves Denis est absolument remarquable pour comprendre le sens et la portée du paradoxe chez Chesterton. Un ouvrage essentiel.



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