C’est demain que se tiendra la conférence d’Oxford organisée par The Chesterton Instituteet à laquelle j’ai l’honneur de
prendre part. Il s’agit de poser un regard à partir de la pensée politique, économique et sociale de Chesterton sur la crise actuelle. Et ce, dans un contexte de réaction à la sortie de
l’encyclique sociale de Benoît XVI.
Le catholique catho-neo-con(servateur) George Weigel vient de publier un article dans The National Review (USA), article dans lequel il évoque ses réactions
(critiques) après la publication de Caritas in Veritateet dans lequel il mentionne négativement Chesterton. Nous y reviendrons.
Étant à Oxford, je ne pourrais intervenir sur ce blogue avant lundi. Mais j’aurai alors une actualité fournie à évoquer.
C’est le titre donné à un entretien que j’ai accordé à la toute nouvelle revue de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : Respublica Christiana. Le titre n’est pas de moi, mais il reflète bien, me semble-t-il, toute la philosophie profonde qui animait G.K.
Chesterton. Pour cet entretien, la revue n’a pas lésiné sur la place à accorder à un auteur parfois méconnu. Ce sont pas moins de neuf pages de questions-réponses que propose Respublica
Christiania. Pressé par Catherine Tattegrain, qui connaissait très bien son sujet, j’ai dû répondre à un feu d’artifice de questions évoquant à la fois l’homme, l’œuvre et le climat dans
lequel l’un et l’autre ont évolué. La revue a fait le pari de conserver à cet entretien son ton oral, en ne réécrivant pas les réponses, mais en gardant cette spontanéité que nous avions eu le
jour de l’enregistrement.
Cette évocation de Chesterton ouvre les pages Culture de Respublica Christiania (voir photo ci-dessous). Il m’a semblé intéressant, ici, de reproduire le
texte d’introduction de cette rubrique, texte qui se situe sous la photo d’un Sir Alec Guinness en Father Brown.
« Les papes, depuis le Concile Vatican II, insistent sur l’importance de la culture dans la profession et la possession tranquille de la foi. Ils ne font
en cela que reprendre le grand dessein des papes de la Renaissance, entériné par le Concile de Trente. La foi engendre une culture et s’appuie sur elle. Dans une perspective résolument inductive,
nous voulons ici montrer que le Christ n’est jamais absent du monde culturel, même lorsqu’il n’y apparaît plus qu’en creux, à travers la place vide qu’il laisse aux champions touts catégories de
la négation : littérature, peinture, cinéma, les grandes productions du génie humain font découvrir de manière toujours nouvelle des facettes ignorées du génie du
christianisme »
L’actualité chestertonienne, c’est cette
semaine la parution de la troisième encyclique du pape Benoît XVI : « Caritas in veritate » (La charité dans la vérité). D’une hauteur de vue bien à l’image de son
auteur, se fondant sur le rappel théologique des liens intrinsèques entre la charité et la vérité, cette encyclique réactualise la doctrine sociale de l’Église, en prenant à bras le corps les
problèmes nouveaux posés dans le cadre de la mondialisation. Prudent, évitant de choquer un auditoire avide d’images chocs et de formule à l’emporte-pièce, le seul laïc admis à présenter le texte
du pape lors de la conférence de presse, le professeur Stefano Zamagni de l’université de Bologne a tenu à préciser que « Non, ce n’est pas une encyclique
anticapitaliste ». Preuve hautement paradoxale que certains passages de ce texte très riche pourraient le laisser penser…
On donnera raison au professeur Zamagni, car comme l’explique Chesterton en introduction de son livre Outline of sanity,
traduit en français, de manière un peu paradoxale, bien dans le ton de l’auteur, parPlaidoyer pour une propriété anticapitaliste, ce terme de
capitaliste est devenu polysémique et exige d’être très précisément défini. Or, Chesterton le fait remarquer :« une société de capitalistes ne contient pas trop de
capitalistes, mais trop peu ».
Il ne s’agit pas ici de résumer cette nouvelle encyclique. Force est de constater pourtant que la pensée distributiste de
Chesterton et de Belloc ne peut que se trouver encourager à poursuivre ses efforts et son actualisation par ce texte papal. Dans ce sens, la publication pour la première fois en langue française
du Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste s’inscrit directement dans l’effort de
réflexion auquel le pape invite les catholiques.
Quand il souligne que la question sociale et économique est morale et repose fondamentalement sur une vision
anthropologique ; quand il critique les effets de l’économie uniquement spéculative ; quand il constate que « le marché n’arrive pas à produire la cohésion sociale »
ou que « l’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux » ; quand il rappelle la nécessité de ne pas séparer l’agir économique de l’agir politique ou
quand il évoque l’idée de « subsidiarité fiscale », il est certain que la doctrine chestertonienne entre en harmonie avec le discours du pape comme elle l’était déjà à l’époque
de la parution deCentesimus annusde Jean-Paul II. À ceux qui s’en étonneraient, il faut les inviter à lire lePlaidoyer pour
une propriété anticapitalistequi d’une autre manière, sans la même autorité, et dans un contexte historique différent, repose sur les mêmes principes
d’analyse.
Aux États-Unis, les commentateurs le constatent déjà, notant le regain de vigueur du courant distributiste. Ainsi, par exemple, Kevin Michael Derby, sur
Examiner.com,
s’en prend au catho-con (catholiques conservateurs soutenant le courant néo-conservateur) et montre le lien entre la nouvelle encyclique et le travail des distributistes. À Oxford, samedi
prochain, la rencontre sur la pensée de Chesterton face à la crise économique actuelle ne pourra que se trouver encouragée par l’apport de la nouvelle encyclique.
Pour les vacances, G.K. Chesterton est en
pleine forme. Plus que jamais, on parle de lui. Début juillet s’est, en effet, tenu à Oxford une rencontre sur un éventuel procès de béatification de Gilbert et de son épouse Frances. À l’origine
de cette rencontre de travail, William Oddie, auteur du dernier ouvrage, absolument remarquable, sur l’écrivain, livre publié par Oxford University press : Chesterton and the romance of
Orthodoxy (voir ICI, LÀ et LÀ). Le 11 juillet prochain, toujours à Oxford, aura lieu une rencontre sur la crise mondiale analysée à partir des principes
distributistes mis en avant par Chesterton et Hilaire Belloc.
En France, la surprise est venue de la presse. Après Valeurs actuelles et Libération, l’hebdomadaire catholique Famille chrétienne a consacré
deux pleines pages au père du Father Brown. Sous le titre, « Chesterton, le maître du paradoxe », Marie-Catherine d’Hausen évoque longuement l’écrivain et présente avec
intelligence quatre ouvrages : L’Univers de Chesterton ; Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, La Fin de la
sagesse et le fort volume de l’ensemble des
histoires du Father Brown paru chez Omnibus. Elle mentionne également la parution aux éditions Saint-Rémi de
Hérétiques, Orthodoxie et de L’Homme éternel, trois chef-d’œuvres de Chesterton, trois étapes de son évolution vers la foi chrétienne. On ne peut que se réjouir d’un
tel article car Famille chrétienne touche un très large public. L’article de Marie-Catherine d’Hausen est présenté ainsi :
« Après une longue éclipse, Chesterton connaît depuis une trentaine d’année un véritable renouveau. La moisson éditoriale française 2008-2009 a été
particulièrement riche. Pourquoi ne pas profiter de ce début de vacances pour (re)découvrir le génie paradoxal de l’homme et l’étonnante actualité de l’œuvre ? »
Citons également, la conclusion de ce très bel article : « Si Chesterton amuse, il ne divertit pas : il montre que “la réalité n’est pas uniquement
ce qu’on voit”, mais qu’il faut aller voir “de l’autre côté de la tapisserie”. Seule la foi en Dieu peut résoudre les problèmes de l’âme ».
Enfin, un merci particulier à Marie-Catherine d’Hausen qui est une des rares journalistes à avoir signaler l’existence de ce modeste blogue, en rappelant son
adresse. C’est d’ailleurs la seconde fois dans Famille chrétienne.
Il faut absolument se procurer ce numéro. Soit en allant sur le site du journal et en suivant les démarches pour ce faire; soit en écrivant à Famille
chrétienne, 15-27, rue Moussorgski, 75018 Paris.
En 1911, G.K. Chesterton publie une œuvre quasiment inconnue en France, mais qui est considérée outre-Manche comme l’un de ses chef-d’œuvres. Il s’agit
de The Ballad of the White Horse, un long poème épique de 89 000 signes. Ce texte conte l’épopée du roi Alfred, (représentation ci-contre) souverain du Wessex, et de la victoire
qu’il remporta sur les Danois.Quatrième fils du roi Ethelwulf de Wessex, Alfred, qui est né entre 846 et 849, devient roi du
Wessex et de Mercie en 871. Il est célèbre pour avoir organisé la résistance contre les envahisseurs du Nord (ceux que nous appelons les Vikings) et c’est à la suite de sa victoire sur eux qu’il
gagne l’épithète de « grand ». Homme instruit, il s’occupe activement de la réorganisation du royaume, notamment en encourageant l’éducation et en améliorant le système judiciaire. Il
meurt en octobre 899.
Au-delà de l’aspect directement historique et national, le long poème de Chesterton conte l’affrontement entre le christianisme et le paganisme, la lutte
contre le nihilisme.
Au début du poème, le roi Alfred bénéficie d’une vision de la Vierge. Il désire savoir s’il va gagner la bataille. La réponse n’est pas exactement celle qu’il
attend, et celle que le lecteur, forcément, attend avec lui. La Vierge ne lui dit rien pour le rassurer. La leçon du poème est typiquement chrétienne. Il s’agit de vivre dans l’espérance, en
évitant à la fois les deux écueils que sont la certitude trop forte de gagner ou celle, inverse, d’être certain de perdre la bataille. Chesterton, dans ce poème, au contraire, nous invite à
choisir la bonne cause, même si elle doit conduire à la défaite.
Dans le poème, Alfred parcourt la vallée
du Cheval blanc, la White Horse Vale (photo ci-contre) dans le Berkshire, pour livrer bataille aux Danois. De là, le nom du poème, même si le concept de « Cheval blanc » a toujours joué
un rôle particulier dans la vie de Chesterton. Par exemple, la nuit de noces des Chesterton a eu lieu dans une Auberge portant ce nom. Et The Ballad of the White Horse, est l’œuvre
préférée de son épouse Frances à qui elle est d’ailleurs dédiée.
Le texte commence par une note explicative dans laquelle Chesterton justifie ses choix.
Après la longue Dédicace de 15 strophes, ode à sa femme par laquelle le christianisme s’est ancré en lui, le poème est composé de huit livres :
Premier livre (The vision of the King) : 57 strophes.
Deuxième livre (The gathering of the chief) : 56 strophes.
Troisième livre (The Harp of Alfred) : 80 strophes.
Quatrième livre (The woman in the forest) : 58 strophes.
Cinquième livre (Ethandune : the first stroke) : 61 strophes.
Sixième livre (Ethandune : the slaying of the chiefs) : 63 strophes.
Septième livre (Ethandune : the last charge) : 73 strophes.
Huitième livre (The scouring of the horse) : 71 strophes.
Les strophes sont elles-mêmes variables, généralement de 4 à 6 lignes chacunes. Le style des rimes varie entre ABCB ou ABCCCB.
L’écriture de ce texte aurait débuté en 1905. Le Father O’Connor fut un témoin de sa rédaction, parce qu’il fut tenu au courant par
Frances Chesterton, mais aussi parce qu’une partie du poème fut écrite chez lui. Les discussions entre les deux hommes jouèrent certainement un rôle sur le sens du poème.
Celui-ci fut finalement publié en août 1911. Selon Christopher Clausen, The Ballade of the White Horse aurait exercé une influence sur J.R.R. Tolkien et
son Seigneur des Anneaux.
Le livre de Chesterton édité par les Éditions de
l’Homme Nouveau, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, vient de prouver qu’il était, selon une formule bien contemporaine, « trans-courants ». Le même jour, Valeurs actuellesconsacrait à ce livre une pleine page pendant que Mathieu Lindon, dansLibération, lui offrait les colonnes de sa
rubrique.
Avec sa finesse habituelle, Philippe Barthelet a merveilleusement présenté Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste,
à ses lecteurs deValeurs actuelles. N’hésitant pas à qualifier Chesterton de« l’un des plus grands écrivains anglais de son
siècle », – et Barthelet sait de quoi il parle –, le chroniqueur écrit notamment :« Quatre-vingts ans après qui l’a écrit,
le Plaidoyer de Chesterton est d’une actualité douloureuse : la “crise” financière et économique où nous nous débattons a fait ressortir aux yeux les plus obstinément détournés
l’aberration suicidaire d’un système à peu près fou, tenu par d’opiniâtres irresponsables (…). Sur les conditions d’une agriculture saine, sur le bluff de la publicité et la tyrannie du grand
commerce (qu’on appellerait aujourd’hui “grande distribution”), ce livre, qui tombe à pic, est d’un intérêt jamais démenti ; peut-être parce que Chesterton parie sur l’intelligence de son
lecteur… » Pour lire l'article, c'est LÀ
De son côté, Libérationn’est pas en reste. Loin de là ! Mathieu Lindon est un très bon connaisseur de Chesterton
dont il parle souvent dans sa chronique littéraire. Mais cette fois, il y avait un vrai pari à lui envoyer le livre de Chesterton publié par les éditions de L'Homme Nouveau. D’abord, ces éditions
ne sont pas aussi importantes que Gallimard ou Omnibus, par exemple. Ensuite, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste n’est plus simplement un ouvrage de littérature
« classique ». Beaucoup de critiques de Chesterton lui ont reproché justement ses idées politiques et économiques qu’il fait souvent passer dans ses romans. Là, nous sommes directement
face à un recueil d’essais économiques, à un ouvrage de critique sociale, certes menée à la Chesterton, mais sans « l’excuse » littéraire. C’est dire la difficulté !
I
l faut saluer l’honnêteté de Mathieu Lindon qui sous le titre « Chesterton, le détective de l’économie »
présente longuement et avec sympathie le Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste. « Un essai, précise-t-il, dont le titre est fait pour plaire aux partisans
d’Olivier Besancenot quoique l’éditeur soit plutôt un ferme soutien de Benoît XVI, mélange qui n’a rien d’étonnant quand il s’agit de Chesterton et de son original
catholicisme ».
Offrant à ses lecteurs plusieurs passages du livre, Mathieu Lindon explique : « Le travail et le capital sont au cœur de Plaidoyer pour une
propriété anticapitaliste, tentative de renversement de toutes les valeurs économiques à qui la crise actuelle donne une actualité quoique certaines des propositions de Chesterton aient
souffert du passage du temps (le texte date de 1926). Mais le ton de l’écrivain est présent dans la moindre phrase. »
On peut l’ingralité de cet article sur le site de Libération en cliquant ICI
C'est avec surprise
que nous avons découvert un article, de deux longues colonnes, consacré à ce modeste blogue. Paru dans le dernier numéro du Choc du mois, signé
Olivier Figueras, cet article est fouillé et précis. Le journaliste ne s'est pas contenté d'une petite visite rapide, mais a visiblement lu beaucoup des textes que nous avons publiés et que nous
espérons pouvoir continuer à publier. Il faut avouer qu'un tel article est un véritablement encouragement et nous en remercions son auteur. Pour vous donner le goût d'aller lire ce numéro du
Choc du mois disponible dans les kiosques, voici quelques extraits de cet article (lechocdumois@lechocdumois.fr. Tél : 09 79 04 00 96- Télécopie : 01 40 56 98 19)
« Le blog des amis de Gilbert Keith Chesterton, “Un Nomme Chesterton”, en référence au Nommé Jeudi (The Man Who was Thursday) de l'écrivain anglais, n'a pas vocation à étudier
Chesterton, et à dépouiller l'œuvre immense qu'il nous a heureusement laissée [un peu quand même, note de Philippe Maxence]; mais, ainsi qu'en affirmait l'ambition Philippe Maxence en le lançant
il y a un peu plus d'un an, à tenir informé de l'actualité chestertonienne celui pour qui Chesterton reste un monstre de bon sens. Ce qui explique qu'il s'agisse non d'un site, mais d'un
blog.
[…]
Malgré la mesure annoncée, j'avoue être resté dubitatif en lisant ces premiers mots, tant il me paraissait irréaliste de parler, au sens quasi journalistique du terme, d'une actualité
chestertonienne. L'avenir devait rapidement me donner tort. La réalité apparaît aujourd'hui aux yeux de tous ceux qui se réclament d'une amitié, si minime soit-elle, avec G.K. Chesterton.
Publications, ouvrages, photos, cinéma, objets divers, amis d'esprit et de chair de l'auteur, son physique même, application de ses idées, etc. les articles du blogfoisonnent d'études ou d'anedoctes qui, pour ne pas relever de la lecture quotidienne, laisse rarement l'internaute sur sa faim plus de quelques jours. »
Dans le dernier numéro de
La Nef, Jacques de Guillebon, directeur délégué du mensuel catholique, présente à ses lecteurs Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, édité par les éditions de L'Homme Nouveau. Un article qui a
bien saisi les lignes forces de la philosophie chestertonienne en la matière. En voici un extrait. On peut se procurer cet article auprès de la revue et en profiter pour la décourir [2, cour des
Coulons, 78810 Feucherolles, Tél : 01 30 54 40 14] .
«Ce recueil d’articles et d’essais de Chesterton, qui date quand même de 1926, n’avait en effet jamais été
traduit de ce côté-ci de la Manche. Le scandale cesse donc maintenant. A ceux qui étaient affranchis déjà, à ceux à qui la crise ouvre les yeux, à ceux qui ne veulent pas encore s’avouer les
méfaits du capitalisme, ce livre est également destiné. Le grand Chesterton y développe notamment à l’aide de l’humour furieux qui jamais ne le quitte sa célèbre intuition : « Une
société capitaliste n’est pas une société qui compte trop de capitalistes mais une société qui n’en compte pas assez. »Où il ne faut pas
entendre qu’il plaide pour un développement du capitalisme actuel, mais pour une meilleure répartition du capital, c’est-à-dire pour une redistribution de la propriété privée, dans la lignée des
diggers, pauvres anglais qui déjà au XVIIème s’élevaient contre la loi des enclosuresqui
les privait de l’accès aux terres communales. Le grand ennemi de Chesterton, c’est le monopole (« Où allons-nous même sans le bolchevisme ? La réponse est simple : nous allons
au monopole ») et ce n’est pas notre monde qui le démentira, monde où la multinationale, commerciale ou financière, triomphe même dans son
désastre. »
Dans son dernier numéro, Daoudal-hebdo(n°39) reproduit une partie de la conférence que le professeur Monica
Papazu – ancienne maître de conférence en littérature comparée et théologie orthodoxe – a donné l’an dernier à l’Université d’été du Centre Charlier. Yves
Daoudal [ qui est aujourd’hui l’un des meilleurs chroniqueurs politiques, mais aussi un des rares journaliste à connaître réellement l’Église, connaissance qui s’enracine chez lui dans une
fréquentation des Pères, et également un chroniqueur musical absolument passionnant] nous apprend que Monica Papazu est roumaine, qu’elle est aujourd’hui chercheur indépendant et qu’elle réside
au Danemark où elle est organiste dans un Temple protestant.« Et elle parle un français d’une perfection absolue… »
La conférence de Monica Papazu, dont Yves Daoudal nous apprend qu’elle va être éditée par le Centre Charlier, portait sur « Chesterton et l’Islam », à
travers une exploration de L’Auberge volante(The Flying Inn,1914). C’est, en effet, l’un des
principaux ouvrages – il s’agit d’un roman –, même si c’est loin d’être le seul, dans lequel Chesterton pose le problème de l’Islam. DèsOrthodoxie(1908), Chesterton évoque l’Islam. Il ne cessera pas de l’évoquer jusqu’àL’Homme éternel(1925). En matière
d’illustration, voici deux citations tirées de ces deux œuvres. Chesterton était d’autant plus sensible à l’Islam qu’il venait d’une famille touchée par l’Unitarisme, hérésie chrétienne non sans
un rapport fondamental avec l’Islam qui est lui aussi un unitarisme.
« Du désert, des lieux secs et des soleils terribles, viennent les enfants cruels du Dieu solitaire, les véritables Unitariens qui le cimeterre en main
ont dévasté le monde. Car il n'est pas bon que Dieu soit seul. »
Orthodoxie
La règle, c’est qu’aucun monde pré-chrétien ou païen ne produit l’Église militante. L’exception, ou tout au moins ce que l’on peut s’accorder à considérer comme
tel, c’est l’islam, qui est militant à défaut d’être une Église, précisément parce qu’il est le seul rival religieux du christianisme qui ne soit pas préchrétien ni, en conséquence, païen dans ce
sens-là. L’islam est un produit du christianisme, même si ce n’est qu’un sous-produit, et un mauvais sous-produit. Parodie hérétique et rivale de l’Église, il ne peut éviter de l’imiter. Il n’est
pas plus surprenant de trouver chez les musulmans quelque chose de son esprit combatif que de constater chez les quakers quelque chose de son esprit pacifique. Après le christianisme, on trouve
de nombreux exemples de telles concurrences ou de telles excroissances. Avant, il n’y en a pas.
L’Homme éternel
De son côté, Monica Papzu fait une lecture, absolument passionnante, de Chesterton sur l’Islam à partir de L’Auberge volante, roman qui paraît habituellement rocambolesque mais où elle a su trouver une analyse, quasi-prophétique par rapport à notre époque, de l’Islam, de ses dangers et de ses
forces.
On trouve dans ce numéro de Daoudal-hebdoun extrait d’une page de la conférence de Monica Papzu et qui donne le ton et
la profondeur de son analyse. Nous ne pouvons que recommander cette première lecture avant l’achat de la plaquette qui reproduira la conférence dans son intégralité. Pour ce faire, il faut
contacterDaoudal-hebdoet en profiter pour découvrir cette publication absolument unique dans son genre. Yves Daoudal y évoque un autre
« ami » de Chesterton : le T.R.P. Dom Gérard, fondateur et premier abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, qu’il a bien connu. Une raison de plus pour ne pas
hésiter :
:
Les Amis de Chesterton se consacrent à l'étude de l'œuvre de Gilbert Keith Chesterton et, plus largement, des auteurs et du courant de pensée qui s'y rattachent.
Colloque GKC à Paris
Le G.K. Chesterton Institute for Faith and Culture (Seton Hall University – USA) et L'Association des Amis de Chesterton (France)
organisent le
jeudi 15 octobre
de 19h30 à 21h30
une "Table ronde" au Collège des Bernardins (Paris) sur le thème :
« A Divine "Entente Cordiale": La renaissance de la littérature catholique en France et en Angleterre au vingtième siècle - G.K. Chesterton, Georges Bernanos,
Charles Péguy, Paul Claudel, et Cie. »
Contact : amis.de.chesterton@free.fr
Informations
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Votre adresse de courriel ne sera pas divulguée. Faites connaître ce blogue à vos amis.
L'Association des Amis de G.K. Chesterton s’est donnée pour mission « de mieux faire connaître l’œuvre, la vie et la personnalité de G.K. Chesterton à travers
son époque et ses contemporains, d’encourager la publication et la réédition d’œuvres de G.K. Chesterton en français, de promouvoir, d’encourager, de publier ou de diffuser des études et travaux
sur G.K. Chesterton et sur les écrivains qui peuvent lui être associés (Hilaire Belloc, Maurice Baring, C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien…), de contribuer et de participer à toutes célébrations et
manifestations à sa mémoire, en France comme à l’étranger, de contribuer et de participer à ce qui est au cœur de l’œuvre de Chesterton : la réconciliation de la foi et de la culture,
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être assuré que pour une adhésion de 25 €. Bienfaiteur :100 €, comprenant le service gracieux du Cahier annuel qu’ils recevront dans sa version numérotée –
tirage dit “de tête” et limité. Ils bénéficieront aussi du service de la Lettre d’information sous la forme qu’ils indiqueront.
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Livres en français sur GKC
Philippe Maxence :
L'Univers de Chesterton, petit dictionnaire raisonné, éditions Via Romana, 2008.
Plus de 400 citations de Chesterton, réparties par thèmes. Pour une découverte d'un talent immense.
Philippe Maxence : Pour le réenchantement du monde, une introduction à Chesterton, éditions Ad Solem, 2003.
Ou comment saisir le cœur de la démarche et de l'œuvre de Chesterton, à travers un essai engagé.
Roger Arnaldez : Chesterton, un penseur pour notre temps, éditions de Paris, 2001.
Un essai sur l'écrivain par un membre de l'Académie des sciences morales et politiques.
Max Ribstein : G.K. Chesterton, création romanesque et imagination, éditions Klincksieck, 1981
Une thèse universitaire qui porte principalement sur l'art du roman chez Chesterton mais qui comprend aussi de très intéressants renseignements sur la vie et l'œuvre de l'écrivain.
Christiane d'Haussy : La vision du monde chez G.K. Chesterton, Didier-Érudition, 1980
Étude publiée dans la collection "études anglaises".
Yves Denis : G.K. Chesterton : paradoxe et catholicisme, Les Belles Lettres, 1978.
La thèse du père Yves Denis est absolument remarquable pour comprendre le sens et la portée du paradoxe chez Chesterton. Un ouvrage essentiel.