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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 17:31

En 1914, Chesterton publie chez Cassel and Company, The Barbarism of Berlin, qui est l'une de ses participations à l’effort de guerre. Le livre est composé de quatre chapitres et contient approximativement 13211 mots et 95 pages. Il est publié en novembre 1914 alors que la guerre a débuté en août. L’ouvrage a connu auparavant une publication dans le Daily Mail en octobre et en novembre de la même année.
Il faut considérer que 1914 marque un vrai tournant dans la vie de Chesterton. Non pas d’abord comme écrivain, certains n’hésitant pas à dire que le « créateur » disparaît alors pour laisser place au seul publiciste. C’est un peu rapide comme jugement, qui veut surtout voir dans le catholicisme de Chesterton une diminution de son pouvoir créateur. Mais c’était, nous l’avons signalé, le jugement d’un Valery Larbaud.
Chesterton subit en fait les contre-coups des accusations contre son frère Cecil et le déclenchement de la Première Guerre mondiale entraîne un autre choc psychologique. Ces ondes psychologiques étaient d’autant plus marquantes que l’homme Chesterton n’était vraiment pas en forme. Outre le procès de Cecil, Chesterton avait rompu avec le Daily News et avait dû écrire pour un journal socialiste dont il ne partageait pas les opinions. L’achat de Top Meadow à Beaconsfield l’avait éloigné de ses amis de Londres. La veille de la pendaison de crémaillère, Chesterton de retour à la maison de nuit trébucha et se cassa le bras. De fait il avait un peu trop bu.
Son goût pour la boisson et son embonpoint inquiétaient sa femme. Le terrain était mauvais. À la fin de 1913, Chesterton attrapa une congestion du larynx que l’on prit pour une bronchite chronique. Il était en fait de plus en plus faible et refusait surtout de se soigner par… peur de la maladie. Des vacances en septembre 1914 n’arrangèrent rien. Le 25 novembre de la même année, dans une lettre au Père O’Connor, Frances Chesterton demande des prières pour son mari qui est au plus mal. De fait, Chesterton s’était effondré physiquement et psychiquement. Il était alors dans un état de semi-coma qui dura jusqu’à Pâques 1915. Mais à Noël 1914, le coma fut quasi complet. Or trois ans auparavant, soit vers 1911, Chesterton avait confié au father O’Connor la possibilité de son entrée dans l’Église catholique. Face à ce mourant fallait-il maintenant faire venir un prêtre catholique ?

C’est dans ce contexte d’écroulement généralisé que parurent les livres de guerre : The Barbarism of Berlin ; Letters to an old Garibaldian (janvier 1915) ; The so-called Belgian Bargain ; The Appetite of Tyranny (1915), The crimes of England (1915).

Au fond dans ces livres, Chesterton développe une thèse principale : il accuse l’Angleterre d’avoir un temps cédé au mirage prussien et l’encourage à punir l’Allemagne accusée de tous les maux possibles.

La Barbarie de Berlin contient donc une introduction et quatre chapitres :

 

Introduction : The facts of the case

1. The War on the World

2. The refusal of reciprocity

3. The Appetite of tyranny

4. The escape of Folly

 

« Définir le vrai sauvage, écrit Chesterton, c’est dire qu’il rit quand il vous frappe, et qu’il hurle quand vous le frappez. Cette extraordinaire inégalité de jugement se retrouve dans tous les actes et dans toutes les paroles qui viennent de Berlin ». En quelques mots, on pourrait dire qu’il s’agit de la thèse du livre.
Ailleurs, il écrit : « Il est essentiel qu’on saisisse bien cette dangereuse particularité du Prussien, qui représente le Barbare positif. Il a découvert, pense-t-il, une idée nouvelle, et il veut l’appliquer à tout le monde. En fait, ce n’est autre chose qu’une fausse généralisation, mais qu’il s’efforce réellement de rendre générale. »
Pour Chesterton, la guerre qui vient d’éclater pose donc la question de la civilisation. D’un côté, l’Angleterre et ses alliés la défendent ; de l’autre, l’Allemagne et ses alliés la mettent en péril. Il l’écrit d’ailleurs à la fin de son introduction. La vraie raison de cette guerre et « du mal européen moderne », c’est « la découverte de la source d’où le poison s’est répandu sur toutes les nations du monde ». La révolution française ? Absolument pas ! La philosophie allemande, certainement : « Ils nous disent, écrit en conclusion Chesterton, qu’ils perçent des fénêtres pour la lumière et des portes pour le progrès. La vérité, c’est qu’ils sont en train de démolir la maison entière de l’entendement humain, afin de pouvoir s’enfuir dans toutes les directions. Il y a un sinistre parallèle entre la position de leurs philosophes surfaits et celle de leurs soldats comparativement dépréciés. Car ce que leurs professeurs appellent les routes du progrès sont en réalité les routes de la fuite ». En France, cette position est exactement celle de l'Action Française. 

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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commentaires

restaurant paris 08/12/2009 00:05


tres interessant.