Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 00:00
Dès le lendemain de la mort de Chesterton, dans son édition du lundi 15 juin 1936 donc, Le Figaro annonce la nouvelle à ses lecteurs, en Une, avec une suite, en page 3 (au total, titre compris, 2 016 signes, espaces compris). Comme dans l'article de La Croix (voir ici), on trouvera dans cette annonce du Figaro quelques erreurs. Ainsi The Crimes of England n'a pas été publié en 1905 mais en 1915, au début de la Première Guerre mondiale et The Ball and The Cross date de 1909 et non de l'année suivante. Il s'agit certainement d'une faute de retranscription d'un journaliste pressé (à cause du bouclage ?) et qui connaît mal son sujet. L'article parle d'abord d'une mort à cause d'une embolie puis de troubles cardiaques. Contrairement à La Croix, qui annonce la messe d'enterrement pour le jeudi 18 juin 1936, Le Figaro évoque la date du mardi 16 juin. Mais, surtout, le journaliste se trompe en affirmant que Chesterton s'est converti pendant la guerre. Son entrée officielle dans l'Église catholique date, en effet, de 1922.
Nous retranscrivons, ci-dessous, le texte de cet article.




Mort de G.-K. Chesterton


Londres, 14 juin – M. Gilbert Keith Chesterton vient de mourir. On le connaissait, en Grande-Bretagne sous la simple appellation de « G.K. » – tout comme Bernard Shaw sous celle de « G.B.S. » Il était né à Londres, dans le faubourg aristocratique de Kensigton, en 1874.
Chesterton fit ses premières études à l'école de Saint-Paul – l'une des plus réputées parmi les « public schools » – où, encore tout jeune, il se fit remarquer en se faisant décerner le Prix Milton, pour ses vers anglais.
Après avoir quitté Saint-Paul, il suivit les cours de la « Slade School ». Mais il ne sembla pas cependant avoir trouvé immédiatement sa vocation. Il songea, en effet, tout d'abord à se livrer à l'étude des arts, montrant des dispositions particulières pour le dessin. Il ne donna pourtant pas suite à cette idée. La facilité avec laquelle il écrivait lui permit de collaborer à plusieurs journaux et publications politiques et littéraires.
Il ne tarda pas ainsi à acquérir une grande réputation que vint couronner la publication d'une suite d'ouvrages qui firent de lui l'un des écrivains de langue anglaise les plus connus du monde entier.
L'énumération de ses livres constituerait presque à elle seule un véritable catalogue. Qu'il suffise de rappeler quelques titres : The Napoleon of Notting hill (1904), The Club of queer Trades (1905), The Ball and the Cross (1910), The Crimes of England (1905).
Pendant la guerre, M. Chesterton s'était converti de façon retentissante à la religion catholique, dont il défendit toujours vigoureusement la cause par la suite.
Outre ses ouvrages littéraires et de critique, Chesterton avait également abordé le théâtre et était un conférencier très applaudi.
C'est d'une embolie que G.K. Chesterton est mort. Il était rentré de France il y a quelques jours et presque aussitôt après son retour, il commença à éprouver les troubles cardiaques auxquels il vient de succomber.
Les funérailles seront célébrées mardi prochain à l'église catholique de Beaconsfield.

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article

commentaires