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Voici ce qu'en disait l'éminent historien de philosophie médiévale,
Internationalement reconnu, Charles De Koninck est
professeur invité à l'Université nationale de Mexico en 1944 et à l'Université Notre-Dame de 1957 à 1964. Pendant 25 ans, il prononce d'innombrables conférences dans les deux Amériques et dans
plusieurs pays d'Europe. Il est décédé subitement le 13 février 1965 à Rome où il participait à une sous-commission du Concile Vatican II. Sa disparition fut unanimement déplorée dans la presse
québécoise. À cette occasion, un journaliste soulignait l'influence que Charles De Koninck avait exercée auprès de ses proches tout comme parmi ses adversaires, lesquels ne pouvaient nier,
écrivait-il, qu'il avait "fortement contribué à élever le niveau des études philosophiques" au Québec.
"L'homme avait de la carrure, une étonnante érudition, une rare capacité de travail et le don, plus rare encore, de captiver un auditoire étudiant par ses exposés, même les plus abstraits." Ses prises de position dans le cadre des discussions autour de Vatican II avaient quelque peu ébranlé l'opinion québécoise dans ses convictions religieuses. Dans une société qui repensait son système scolaire, il s'était prononcé en faveur de l'école neutre. Selon lui, les parents agnostiques n'avaient pas simplement le droit, mais le devoir "de faire tout ce qu'ils peuvent [...] afin d'obtenir pour leurs enfants, aux frais de la société civile, l'institution d'une école non-confessionnelle". Ce devoir leur incombait s'ils pensaient que l'enseignement religieux était nuisible à l'idéal qu'ils concevaient pour leurs enfants et s'ils croyaient que, dans une école confessionnelle, ceux-ci "allaient être exposés à des influences contraires à leur bien". (cité dans L'Immigration des Belges au Québec, André Vermeirre, p. 99) Considéré comme un des bâtisseurs de l'Université Laval moderne, on baptisa de son nom un des plus importants pavillons du campus de l'Université Laval. L'important fond d'archives Charles-De-Koninck se trouve au Centre Jacques-Maritain à l'Université Notre-Dame d'Indiana et comprend une importante correspondance philosophique.

Pavillon Charles-De-Koninck, Université Laval
Dynastie universitaire
D'ailleurs, la renommée de Charles De Koninck faisait de sa grande maison du Vieux-Québec, au 25 de la rue Sainte-Geneviève, (classé depuis monument historique) un lieu de fréquentation des personnalités des mondes universitaire, scientifique, intellectuel et politique.
L'écrivain Antoine de Saint-Exupéry visita les De Koninck
en 1942. Son fils, Thomas De Konick était alors âgé de huit ans. "À l'invitation de Charles de Koninck, Saint-Exupéry était venu prononcer une conférence à Québec. Thomas De Koninck a conservé
les bribes de quelques moments vécus avec Saint-Exupéry: "Un grand gaillard. C'était l'aviateur. Un bonhomme attachant, qui s'intéressait à nous, les enfants. Il nous faisait des avions en
papier, des dessins. […] Il aimait les énigmes mathématiques." L'année suivante, Saint-Exupéry publiait Le Petit Prince. Et selon la légende locale, il se serait inspiré du petit De
Koninck, qui avait les cheveux blonds bouclés et posait beaucoup de questions. M. De Koninck refuse cependant cette interprétation: "Le Petit Prince, c'est Saint-Exupéry lui-même". Sur ce
point, la plupart des ouvrages savants s'entendent. Pour Thomas De Koninck cette rencontre est un agréable souvenir d'enfance, 'nimbé' par les printemps qui l'en séparent." (Impact
Campus, 26 septembre 2000).
Soulignons pour les lecteurs français que Charles De Koninck fut l'inspirateur de ceux qui fondèrent en 1969 l'Institut libre de philosophie comparée (IPC). André Clément, qui en fut le premier
doyen, fut, en effet, un élève de Charles De Koninck. Site de l'IPC.