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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 00:12

Importante l'année 1904 ? Oui pour Chesterton car c'est l'année de la parution de son roman Le Napoléon de Notting Hill. On ne résumera pas ici l'histoire du Napoléon, roman qui a déconcerté lors de sa parution, non seulement à cause de la thèse qu'il illustre, mais aussi parce que si l'introduction se situe en… 1984, l'action des trois derniers chapitres se déroule en… 2004. On l'aura compris, Chesterton a composé son roman à la fois comme un roman d'anticipation et comme un roman du temps présent et d'un temps passé – le moyen âge.
 
Au-delà de ces différents aspects, Chesterton illustre ici son attachement au patriotisme local ou ce que nous avons appelé le "patriotisme des petits espaces", refus de l'État moderne et du totalitarisme collectiviste. Il s'attaque directement à l'impérialisme britannique, accepté alors par nombre de ses concitoyens comme une évidence mathématique et confondu avec le patriotisme. Pendant la Seconde Guerre contre les Boers, Chesterton et Belloc (auquel Le Napoléon est dédié) avaient pris position contre la guerre par contestation de cet impérialisme. Leur soutien aux Boers reposait sur le fait que ceux-ci agissaient par patriotisme et légitime défense. On
retrouve ces aspects dans Le Napoléon.

Mais Le Napoléon est d'abord l'histoire rocambolesque de la défense de la souveraineté d'un quartier de Londres. L'humour est
sans cesse mobilisé ainsi que les paradoxes. Pointe déjà également la critique des idées modernes et des penseurs du moment, que l'on trouvera l'année suivante dans Hérétiques. Les savants, les spécialistes, les apôtres du retour à la nature, les socialistes, les scientistes ou les végétariens y sont dénoncés, à travers un récit loufoque, à la construction un peu difficile au point de départ, comme si Chesterton avait eu du mal à prendre son élan.
Reste que ce premier roman illustre parfaitement l'écrivain Chesterton et qu'il est une bonne porte d'entrée pour découvrir son œuvre romanesque.




Le livre est toujours disponible dans sa traduction française (Jean Florence). Il a été réédité en 2001, dans la collection L'Imaginaire/Gallimard (n° 435). Dans cette édition, le livre comporte 246 pages. Il avait déjà connu une réédition en 1980, dans la collection "Du monde entier", toujours chez Gallimard. La première édition française date de 1912, pour les Éditions de la "Nouvelle revue française", située alors 35&37 rue Madame à Paris. Imprimé sur papier épais, l'ouvrage contient 282 pages, vendu alors au prix de 3 francs 50. L'édition française a ignoré les illustrations.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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