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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 13:32

Ils ne sont pas nombreux ceux qui s’en souviennent en France. Et c’est pourquoi il faut saluer l’article publié par Le Magazine des livres et qui, en saluant l’essai de Chesterton, salue son auteur et le rappelle à la mémoire des lecteurs oublieux.
Un article qui réveille, écrit d’une plume trempée dans le feu et qui n’a pas honte de ses choix, de ses amours et de ses tendresses.
Pierre Cormary qui anime également un blog (
ICI) ne met pas son drapeau dans son poche, ni celui de Chesterton d’ailleurs. Cela tombe bien puisqu'il semble que ces étendards soient les mêmes, représentants ceux qui ne croient pas à l’imposture du monde moderne. Voyez l’introduction de l'article :
« C’est l’essai antimoderne capital pour qui veut comprendre le monde moderne. C’est le manuel de catéchisme le plus stimulant jamais écrit - qui fait de la théologie un conte de fée et du conte de fée un dithyrambe du réel. C’est la plus grande et la plus belle apologie du catholicisme de tous les temps - qui redonne le goût de la vérité et réhabilite l’intelligence de l’inquisition. « Après trois pages de Chesterton, le sang et les idées circulent mieux », disait de lui André Maurois qui l’aimait tant. Comment résister aussi à cette incroyable éloquence qui vous fait vous étonner devant le monde comme aucun philosophe n’avait pu le faire ? Qui ré-aiguise votre perception comme aucun sorcier ne le fera plus ? Ah il faut aimer les paradoxes, c’est vrai, il faut aimer la magie des mots – magie blanche évidemment qui vous dévoilera les vertus du ciel et de la terre (et non du ciel contre la terre comme le croient bêtement les matérialistes), qui vous réapprendra à boire et à prier, qui vous prouvera d’ailleurs que le sang du Christ est le meilleur cru du monde, et qui vous redonnera cette joie et cette insouciance que trois siècles d’athéisme critique vous avaient enlevées. Alors, n’ayez pas peur, découvrez l’ouvrage majeur de celui qui fut le maître à penser de Valéry Larbaud, Jacques Maritain, Paul Claudel, François Mauriac, Borges, et tant d’autres. Ouvrez Orthodoxie ! »

Très justement l’auteur remarque que Orthodoxie, édité jusque dans les années 1980 chez Gallimard, n’est plus disponible en librairie. Signalons quand même que l’on pourra le trouver en reproduction aux éditions Saint-Rémi (
), dans la traduction – la première – de Charles Grolleau. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite d’exister.
Je ne voudrais pas déflorer le reste de cet article, et pourtant je ne peux m’empêcher d’en citer quelques passages.
Sur l’écrivain :
« Avec lui, nous avons découvert, et en lettres d'or, la signification de la rhétorique. Car si Chesterton est un croyant du Verbe, il est aussi un prince des mots. Dans un monde aussi fou que le nôtre et dans lequel, dirait Pascal, il est encore plus fou de ne pas être fou, l'orthodoxe doit user du paradoxe s'il veut se faire entendre. Et c'est par là que l'art de Chesterton atteint des sommets. »
Sur la grandeur de l’homme, cette approche surprenante (et vraiment intéressante) :
« Pourquoi Chesterton est si grand ? Parce qu’il est le seul penseur à avoir lu le bouddhisme à l’aune du christianisme à une époque où l’on a plutôt tendance à lire le christianisme à l’aune du bouddhisme – et d’ailleurs à tout ce qui le dénigre. D’abord, ne répétons pas avec les ânes que les religions diffèrent dans leurs rituels et se rejoignent dans leur sagesse, puisque c’est juste le contraire qui est vrai : les religions se rejoignent dans leurs rituels (prière, lieux de cultes, organisation cléricale) et diffèrent dans leur sagesse. »
Un résumé de l’œuvre
« La pensée de Chesterton en dix lignes ? Une rhétorique de la grâce. Une apologie de l'homme et du Dieu réels. Un étonnement théologique devant le monde. Une défense orthodoxe, c’est-à-dire religieuse, de la raison. Une mise au point sur l’écart ontologique qu’il y a entre Dieu et moi et qui me permet d’avoir les pieds sur terre et la tête dans le ciel. La conscience que la vie n’est pas illogique – même si elle est un piège pour logicien. La certitude que le sens vaut mieux que le néant. Mais comment faire comprendre à nos Homo Festivus ce qu'est le néant ? »
Et aussi des confidences sur le rôle par Chesterton dans le retour à la foi catholique et romaine de l’auteur (il ne sera pas le premier) qui le conduit à conclure :
 « Etre catholique aujourd’hui, ce n’est pas seulement croire en Dieu, c’est résister au délire ambiant, à l’irrationnel en diable, qui règne partout. C’est retrouver un peu de joie et de clarté au milieu de la nuit athée et sans étoiles. C’est comprendre que l’Eglise romaine, loin d’appartenir à l’âge des ténèbres, fut toujours la seule qui nous en fit sortir. »

Pour découvrir ce que l'auteur a écrit sur Chesterton, on ira voir notamment :

Chesterton l'enchanteur
 
Le site du Magazine des livres n'est pas encore en ligne, mais en voici déjà l'adresse : www.magazinedeslivres.com


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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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