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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 20:12
Évoquer la vie de G.K. Chesterton, c’est aussi, et c’est peut-être d’abord, évoquer ces ouvrages. Ingénument, le lecteur pourrait s’interroger sur la raison de cette affirmation. La réponse est, au fond, assez simple, et si nous osions, assez « chestertonienne ». Elle tient tout entier et tout simplement au fait que Chesterton est un écrivain. Et qu’un écrivain est, notamment, l’auteur de livres…
C’est pourquoi, nous avons voulu, depuis le début de ce blogue, présenter chronologiquement les livres de Chesterton. Chronologiquement, c’est-à-dire selon leur ordre de parution en Angleterre, en faisant le lien, quand une édition française existait, avec celle-ci.
Nous aurions évidemment pu choisir une autre manière de faire. Nous aurions pu présenter d’abord nos livres préférés dans l’œuvre de Chesterton. Ou, alors, présenter uniquement les livres ayant connu une traduction française. Un peu au hasard (avouons-le), nous avons opté pour cette présentation chronologique dans le but tout simple de montrer la richesse et l’étendue de l’œuvre de Chesterton. Autant le dire, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Mais aussi de nos joies et de nos découvertes.
C’est ainsi que nous avons jusqu’ici présenté :

Greybeards at Play, Literature and art for old gentlemen (Barbons en liberté) paru en 1900 ainsi qu’un recueil de poème : The Wild Knight and Other Poems.
The Defendant, paru en 1901 et édité en langue française sous le titre Le Défenseur.
Twelve Types paru en 1902.
Robert Browning est de 1903 et il en existe une traduction française, La vie de Robert Browning.
G.F. Watts et Le Napoléon de Notting Hill illustrent l’année 1904. Le second de ces ouvrages bénéficie d’une traduction française.
The Club of Queer Trades et Heretics ornent l’année 1905 et bénéficient chacun d’une traduction française : Le Club des métiers bizarres et Hérétiques.
Charles Dickens, a critical study date de 1906. Lui aussi bénéficie d’une traduction française : Dickens.


Nous arrivons maintenant en 1907. Cette année-là, Chesterton a écrit The Man Who Was Thursday, A Nightmare (Un nommé Jeudi, un cauchemar), livre qui ne sera finalement publié qu’en 1908. C’est pourquoi dans les études chestertoniennes ce livre est classé dans l’une ou l’autre année en fonction de la référence prise en compte.
The Man Who Was Thursday, A Nightmare est un livre difficile et il convient de prendre en compte son sous-titre (A Nightmare) pour bien le saisir. C’est une sorte de jeu de piste métaphysique et un roman onirique, à travers lequel Chesterton exprime son propre parcours pour sortir des méandres du doute et du malaise profond qui l’habitaient.
Il s’agit à la fois du deuxième roman de Chesterton, après Le Napoléon de Notting Hill (1904), Le Club des métiers bizarres (1905) étant plutôt une suite d’histoires. C’est aussi son onzième livre en huit ans. Il paraît simultanément à Londres chez Simpkin, Marshall, Hamilton, Kent & Co et à Bristol chez J.W. Arrowsmith, en février 1908. Il comportait dans cette première édition environ 300 pages.

Chesterton a dédié son nouveau roman à son ami Edmund Clerihew Bentley, à travers un long poème que nous reproduisons ici. (photo) C’est un texte important dans la mesure où il donne quelques clefs de compréhension du roman, en ce qu’il exprime une réaction contre le pessimisme et la décadence artistique en même temps qu’il rapporte que les doutes qui ont habité les deux hommes ont été balayés par un recours à la tradition. Malheureusement, cette dédicace n’a pas été reproduite dans les éditions françaises, au moins dans celles que nous possédons.
Cette tension entre le doute et la certitude, c’est, au fond, tout le sujet du livre. C’est le dialogue entre l’anarchie et l’ordre, et plus encore, peut-être, sur la véritable nature de l’une et de l’autre. Dans ce roman policier – car c’en est un –, fantastique, où se mêle la fable philosophique, l’humour, l’étrange et l’incroyable, Chesterton nous lance justement sur la piste de ce qu’est réellement cet ordre honni, non seulement par les anarchistes (ils sont dans leur rôle) mais par une grande majorité des hommes modernes. Le dialogue du début entre Gregory, l’anarchiste, et Syme, l’homme de l’ordre, témoigne justement de cette recherche. Pour Gregory, seule l’anarchie est poétique et il en voit un symbole dans l’arbre, créature vivante et imprévisible. Syme ne le détrompe pas complètement, mais il remarque que l’arbre n’est visible qu’à la lumière du réverbère qui symbolise pour Gabriel l’horreur de l’ordre.


(À suivre…)


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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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