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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 01:36

Particularité de ce livre : il s’agit du troisième roman publié par Chesterton, après Le Napoléon de Notting Hill (cf. ICI) et Le Nommé Jeudi (ICI, , et LÀ) En fait, La Sphère et la croix est dans l’ordre d’écriture le deuxième roman, dont une partie sera publiée en feuilleton dans Commonwealth, entre mars 1905 et novembre 1906. The Commonwealth était l’organe mensuel de la « Christian social Union », fondée en 1889 par Henry Scott Holland, un ami de Chesterton. Mais plus qu’aux autres romans, il faut peut-être rattacher ce livre à Heretics (ICI, , , et ) publié en juin 1905, et donc directement contemporain de l’écriture de La Sphère et la croix. Les thèmes, bien que traités très différemment, y sont semblables. Il s’agit bien de l’incompréhension radicale entre deux visions du monde, la chrétienne et la moderne.
Quoi qu’il en soit, le livre a paru le 24 février 1910. La presse semble avoir bien reçu l’ouvrage, même si certains critiques déplorèrent quelques confusions, la précipitation dans l’écriture ou la volonté de faire passer les vues catholiques de l’auteur.
De fait, ce roman est construit sur deux couples de personnages qui incarnent un positionnement radical par rapport à la foi et à l’Église. Le premier couple est celui des premières pages, formé par le moine Michael et par le professeur Lucifer, deux personnages plutôt allégoriques. (cf. image d'époque) On les retrouve à la fin du livre. L’autre couple est celui d’Evan MacIan et de James Turnbull.
MacIan est écossais, jacobite, catholique alors que Turnbull, tout aussi écossais, est athée. Si MacIan a été associé à Chesterton, les critiques ont pensé que Turnbull pouvait représenter Shaw, notamment à cause de sa description physique, ou, Robert Blatchford, directeur de The Clarion comme Turnbull est directeur de The Atheist.
Comme nous l’avons dit, les rencontres entre MacIan et Turnbull sont formées d’une suite de duels, constamment interrompue et relancés, qui se terminent étrangement dans un asile, qui a tout de l’enfer ou, du moins, du purgatoire.
C’est là certainement que Chesterton annonce Kafka puisque cet asile contient des médecins aussi fous que leurs patients et que l’on entre dans une spirale infernale. Tout prend une allure de folie, jusqu’à la nature elle-même. D’une certaine manière, Chesterton donne l’impression de passer des symboles de la sphère et de la croix à celui de l’asile, endroit clôt sur lui-même, et monde de folie, représentation de l’enfer. À la question de la foi, de la croyance, du respect de la Vierge Marie, prétexte au duel de départ, il substitue donc celui de la folie. Un thème largement abordé dans son œuvre et qui le touche de près. Du fait de ce changement de thème, le lecteur de La Sphère et la croix est un peu surpris par ce passage et ne parvient pas toujours à suivre l’auteur dans la progression de l’histoire. Ce qui sauve l’ensemble d’un climat parfois pesant, surtout à la fin, c’est l’humour, toujours présent chez Chesterton.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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