Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 16:01
Les hasards d’une recherche sur Internet m’ont fait découvrir le site Internet « Vivre pour la Vérité », qui semble être une sorte de site d’apologétique catholique. « Vivre pour la Vérité » (V.I.V.) se définit comme un « Magazine catholique d’information Internet pour personnes en recherche ».
Ce site est réalisé par un québécois, Michel Leblanc, qui a été membre des Témoins de Jéhovah pendant plusieurs années avant de revenir au catholicisme. C’est pour répondre aux questions de ceux qui ont été ou qui sont touchés, directement ou indirectement, par le phénomène des sectes que Michel Leblanc a visiblement monté ce site. Mais il va plus loin, en tentant de redonner ses lettres de noblesse à une discipline bien oubliée aujourd’hui : l’apologétique. Dans ce sens, il propose une « bibliothèque catholique » dans laquelle on trouve un grand nombre d’auteurs dont bien sûr G.K. Chesterton.
Pour découvrir les textes de Chesterton mis en ligne, le mieux est de se rendre sur ce site. Dans la colonne rubrique, choisir « bibliothèque catholique » puis « auteurs contemporains » et enfin, « Chesterton ». À ce jour, 17 textes ou extraits sont proposés.
À titre d’exemple, je me permets de recopier ci-dessous un extrait de L’Église catholique et la conversion, un ouvrage qui date de 1927 :



« Pour un catholique, il n’existe aucune différence particulière entre ces parties de la religion que les protestants ou d’autres acceptent, et les parties qu’ils rejettent. Les dogmes ont bien sûr leurs formes théologiques définies, mais le catholique sent qu’ils concourent tous à une seule unité de foi : la Messe est aussi chrétienne que l’Evangile, l’Evangile est aussi catholique que la Messe. J’imagine que c’est là ce que le monde protestant a trouvé de plus difficile à comprendre et c’est à ce propos que les formes les plus malheureuses de malaise sont apparues. Cependant, tout ceci est né plutôt naturellement de l’histoire réelle de l’Eglise, qui a du lutter sans cesse contre telle hérésie et son hérésie inverse. Non seulement elle a du défaire telles sectes pour défendre telles doctrines, mais elle a aussi du défaire telles autres sectes pour défendre d’autres doctrines, incluant les doctrines que telles sectes conservaient précieusement avec raison. C’est l’Eglise catholique seule qui a sauvé les vérités protestantes. Il est peut être bon de s’appuyer sur la Bible, mais il n’y aurait aucune Bible si les gnostiques avaient prouvé que l’Ancien Testament fut écrit par le Démon, ou avaient encombré le monde avec des Evangiles Apocryphes. Il est peut être juste de dire que Jésus seul sauve du péché, mais personne ne dirait plus cela si le mouvement des Pélagiens avait altéré la notion du péché. Même la petite sélection de dogmes que les réformateurs ont décidé de conserver a été préservée pour eux par l’autorité qu’ils renient.

Il est par conséquent naturel pour les catholiques de ne pas penser sans cesse à l’opposition catholique/protestant, pas plus qu’ils ne pensent à l’opposition catholicisme/pélagianisme. Le catholicisme est accoutumé aux suggestions de réduire la foi à quelques propositions ; mais différentes personnes veulent garder d’assez différentes propositions et en rejeter différentes autres. Par conséquent, le catholique ne trouve pas le respect spécial donné à la Mère de Dieu est une question plus controversée que les honneurs divins donnés au Fils de Dieu, car il sait que le dernier fut aussi contesté par les Ariens que le premier par les Puritains. Le catholique ne ressent pas le siège de Pierre plus sujet à contestation que la théologie de saint Paul, car il sait que les deux ont été sujets de dispute. Il y eu des anti-papes ; il y eu des Evangiles Apocryphes ; il y a eu des sectes détrônant Notre-Dame et des sectes détrônant Notre Seigneur. Après environ deux mille ans de controverses, les catholiques en sont venu à regarder le catholicisme comme un tout, dont toutes les parties sont également attaquées, et qui pourtant sont inattaquables.

Pourtant, il est malheureusement impossible pour un catholique d’exposer ce principe sans passer pour provocant et, ce qui est bien pire, arrogant ; cependant, à moins qu’il ne l’expose, il n’expose pas le catholicisme. Cependant, ayant exposé cela dans sa forme dogmatique et provocante, comme c’est son devoir de le faire, le catholique peut ensuite suggérer pourquoi pour ceux qui en font partie, ce système ne ressemble pas tant à un système qu’à un foyer, voire même qu’à un jour de vacances. Ainsi, ce principe ne signifie pas être supérieur dans le sens de dédaigneux, car c’est dans ce système seul qu’ il n’y a que le saint qui soit supérieur, et ce parce qu’il se sent inférieur. Il ne dit pas que tous les hérétiques sont perdus, car il dit qu’il existe une conscience par laquelle ils peuvent être sauvés. Mais il affirme définitivement que celui qui sait la vérité toute entière pèche s’il n’accepte qu’une demi vérité. Ainsi l’Eglise n’est pas un mouvement, comme tous ceux qui ont rempli le monde depuis le seizième siècle ; c’est-à-dire depuis la rupture de la tentative collective de toute la chrétienté à exposer la vérité toute entière. Elle n’est pas le mouvement de quelque chose à la recherche d’un équilibre : elle est l’équilibre. Mais ce qui est remarquable ici, c’est que même ces hérétiques qui ont arraché des demi vérités, ont rarement arraché les mêmes demi vérités(...) Pour le catholique, chacune de ces choses sera disputée à son tour, mais chacune restera. »

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
commenter cet article

commentaires

Saint+Michel+Archange 06/05/2009 20:21

merci pour cette adresse.