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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 10:52

Sous ce titre est publié dans La Fin de la sagesse, un conte intéressant de Chesterton : Homesick at home, qui date comme le précédent, Le dessin du mardi, de 1896. Ce conte est intéressant en ce qu’il préfigure une idée que Chesterton réutilisera dans Orthodoxie ainsi que dans Manalive. Pour Chesterton, l’habitude et la routine représentent un danger en ce qu’elles risquent de défigurer le familier et il propose de ce fait d’entreprendre un tour du monde pour mieux apprécier son univers de tous les jours. Cette idée, il l’exprime au tout début d’Orthodoxie et j’en retranscris ici quelques lignes dans la traduction d’Anne Joba (Idées/Gallimard) :

« Souvent, j’ai eu la tentation d’ écrire un roman dont le héros serait un yachtman anglais qui, ayant commis une légère erreur de navigation, découvrirait l’Angleterre en croyant aborder une île inconnue des mers du Sud. (…) On peut à bon droit imaginer que l’explorateur (armé jusqu’aux dents et s’exprimant par gestes), venu planter le drapeau anglais sur un temple barbare qui n’est, en fin de compte, autre chose que le Pavillon de Brighton, s’est senti un peu sot. (…) Son erreur fut en vérité des plus enviables ; et, s’il est l’homme que je crois, il le sait. Que peut-il y avoir de plus délicieux, en effet, que de ressentir en l’espace de quelques minutes toutes les terreurs exaltantes d’une expédition lointaine et toute l’humaine sécurité du retour chez soi ? (…) Tel est, en un certain sens, le véritable problème de ce livre. Comment pouvons-nous tout à la fois nous étonner devant ce monde et nous y sentir chez nous ? Comment cette étrange cité cosmique, peuplée de créatures diverses, éclairée par des lampadaires antiques et monstrueux, comment ce monde peut-il nous offrir simultanément la magie d’une ville inconnue et le confort, la fierté d’être notre ville. »

Homesick at home (Le Mal du pays à la maison) avait déjà illustré, sous la forme d’un conte de cinq pages (dans l’édition française) cette idée, décidément au cœur de la pensée chestertonienne. Manalive (traduction française, Supervivant) l’illustrera dans le cadre d’un roman. Dans son excellente étude G.K. Chesterton, création romanesque et imagination (éditions Klincksieck) Max Ribstein remarque également que Chesterton utilise le même patronyme de Wynd dans Homesick at home (White Wynd) et dans Le Miracle de Moon Crescent, histoire publiée dans L’Incrédulité du Père Brown (Warren Wynd) et la première fois en mai 1924 dans Nash’s Magazine.

Homesick at home sera publié en volume dans The Coloured land, qui paraît en 1938 sur six pages ainsi que dans le recueil Daylight and Nightmare, publié en 1986.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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