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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 01:43

Nous avons évoqué récemment le nom de Valery Larbaud (cf. ICI). Dans l’histoire de la réception de Chesterton en France, ce nom se retrouve à plusieurs reprises. Pourquoi revenir sur lui, plus particulièrement aujourd’hui ? Tout simplement parce que l’édition définitive de son Journal vient de paraître aux éditions Gallimard. Pour tous les amoureux de la littérature, c’est un événement considérable. Larbaud occupe, en effet, dans les lettres françaises une place éminente, particulièrement comme critique.

Né à Vichy en 1881, Valery Larbaud sera un enfant particulièrement élevé par sa mère et sa tante puisqu’il perd son père, âgé de 59 ans à sa naissance, alors qu’il a huit ans. Sa santé fragile ne l’empêche pas d’obtenir en 1908 sa licence ès-lettre. Mieux, la même année, pour le prix Goncourt, Octave Mirbeau porte son vote sur Poèmes par un riche amateur, publié par Larbaud. La fortune de la famille lui permet de mener une vie riche de dandy, voyageant à travers l’Europe. Parlant plusieurs langues, il fait connaître en France plusieurs écrivains étrangers dont Samuel Butler, qu’il traduit, et James Joyce dont il est le correcteur-superviseur pour la traduction d’Ulysse. Atteint d’hémiplégie et d’aphasie en novembre 1935, il passe les vingt-deux dernières années de sa vie cloué dans un fauteuil et doit vendre en viager sa très riche bibliothèque (15 000 volumes) à la ville de Vichy pour continuer à vivre. Il est lui-même l’auteur de plusieurs ouvrages dont des romans et des essais de critiques littéraires. Il faut signaler particulièrement Ce vice impuni, la lecture. Domaine anglais et Ce vice impuni, la lecture. Domaine français, publiés chez Gallimard. Le « Domaine anglais » a été réédité en 1998 chez Gallimard et l’on y trouve bien sûr plusieurs pages consacrées à Chesterton. Valery Larbaud a connu les honneurs de la collection de La Pléiade. Il existe une Association internationale des amis de Valery Larbaud et qui décerne chaque année un Prix littéraire Valery Larbaud. On peut écouter ICI une émission de Canal Académie consacrée à cet écrivain, avec Michel Déon.

En août 1910, la Nouvelle Revue Française publie une traduction du chapitre VI d’Orthodoxie (Les paradoxes du christianisme), traduction réalisée par Paul Claudel, mais introduit à la demande d’André Gide par Valery Larbaud. Ce dernier soumet sa notice à Paul Claudel et l’invite à y changer tout ce qu’il souhaite. Il en profite pour indiquer à Claudel une erreur de traduction : Mercie, dans le texte, est l’ancien nom de la province de Birmingham et n’a rien à voir avec la Murcie espagnole. Larbaud recevra de Claudel la réponse suivante : « Votre notice est excellente et je ne vois rien à y changer. J’ignorais tout de mon auteur. Etes-vous sûr qu’il soit catholique ? Je l’ai vu costumé en Dr Johnson pour un pageant anglican ».

À suivre…

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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