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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 00:41
Nous avons évoqué ces jours derniers Chesterton et Valery Larbaud, (Ici, et ) ainsi que le physique de notre écrivain. Il existe un lien entre ces deux thèmes. Ce lien se trouve dans la lettre que Valery Larbaud adresse le 22 juin 1911, depuis Peel, en Angleterre, à Paul Claudel (photo ci-contre), pour lui en dire un peu plus sur cet écrivain que Claudel a traduit sans le connaître. La description vaut vraiment d'être lue. Extraits.

« Je ne croyais pas que Chesterton s'était peint lui-même dans le personnage principal de son roman allégorique The Man who was Thursday; c'est pourtant la vérité; au premier abord, il est repoussant; son obésité est une réelle infirmité et lui donne l'apparence d'un glouton et d'un crétin. Sa figure ressemble à la fraise la plus grosse et la plus difforme du panier. Les journalistes anglais qui n'ont vu que son ventre et sa masse le comparent au Dr Samuel Johnson; en réalité, il a le front de Thackeray, mais avec trois couches de graisse superposées. Enfin, au fond de ces bourrelets et de ces cornes, on trouve deux bons yeux bleus intelligents et dès lors tout va bien.
(…)
Il est plus que négligé dans sa tenue. Je suis sûr qu'on l'habille; et je suis sûr qu'on devrait le faire manger comme un bébé, car, en prenant son thé, il inondait son gilet. Ses cheveux blonds, très longs, paraissent n'être jamais peignés; il en tombe des allumettes quand il baisse la tête. Il porte constamment une vieille canne à épée et ne résiste pas à en montrer la lame à ses invités. »

On retrouve ce texte dans son intégralité dans Ce vice impuni, la lecture, domaine anglais (Gallimard, p. 654).

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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