Dans son dernier numéro, Daoudal-hebdo (n°39) reproduit une partie de la conférence que le professeur Monica
Papazu – ancienne maître de conférence en littérature comparée et théologie orthodoxe – a donné l’an dernier à l’Université d’été du Centre Charlier. Yves
Daoudal [ qui est aujourd’hui l’un des meilleurs chroniqueurs politiques, mais aussi un des rares journaliste à connaître réellement l’Église, connaissance qui s’enracine chez lui dans une
fréquentation des Pères, et également un chroniqueur musical absolument passionnant] nous apprend que Monica Papazu est roumaine, qu’elle est aujourd’hui chercheur indépendant et qu’elle réside
au Danemark où elle est organiste dans un Temple protestant. « Et elle parle un français d’une perfection absolue… »
La conférence de Monica Papazu, dont Yves Daoudal nous apprend qu’elle va être éditée par le Centre Charlier, portait sur « Chesterton et l’Islam », à travers une exploration de L’Auberge volante (The Flying Inn, 1914). C’est, en effet, l’un des principaux ouvrages – il s’agit d’un roman –, même si c’est loin d’être le seul, dans lequel Chesterton pose le problème de l’Islam. Dès Orthodoxie (1908), Chesterton évoque l’Islam. Il ne cessera pas de l’évoquer jusqu’à L’Homme éternel (1925). En matière d’illustration, voici deux citations tirées de ces deux œuvres. Chesterton était d’autant plus sensible à l’Islam qu’il venait d’une famille touchée par l’Unitarisme, hérésie chrétienne non sans un rapport fondamental avec l’Islam qui est lui aussi un unitarisme.
« Du désert, des lieux secs et des soleils terribles, viennent les enfants cruels du Dieu solitaire, les véritables Unitariens qui le cimeterre en main ont dévasté le monde. Car il n'est pas bon que Dieu soit seul. »
Orthodoxie
La règle, c’est qu’aucun monde pré-chrétien ou païen ne produit l’Église militante. L’exception, ou tout au moins ce que l’on peut s’accorder à considérer comme tel, c’est l’islam, qui est militant à défaut d’être une Église, précisément parce qu’il est le seul rival religieux du christianisme qui ne soit pas préchrétien ni, en conséquence, païen dans ce sens-là. L’islam est un produit du christianisme, même si ce n’est qu’un sous-produit, et un mauvais sous-produit. Parodie hérétique et rivale de l’Église, il ne peut éviter de l’imiter. Il n’est pas plus surprenant de trouver chez les musulmans quelque chose de son esprit combatif que de constater chez les quakers quelque chose de son esprit pacifique. Après le christianisme, on trouve de nombreux exemples de telles concurrences ou de telles excroissances. Avant, il n’y en a pas.
L’Homme éternel
De son côté, Monica Papzu fait une lecture, absolument passionnante, de Chesterton sur l’Islam à partir de L’Auberge volante, roman qui paraît habituellement rocambolesque mais où elle a su trouver une analyse, quasi-prophétique par rapport à notre époque, de l’Islam, de ses dangers et de ses forces.
On trouve dans ce numéro de Daoudal-hebdo un extrait d’une page de la conférence de Monica Papzu et qui donne le ton et la profondeur de son analyse. Nous ne pouvons que recommander cette première lecture avant l’achat de la plaquette qui reproduira la conférence dans son intégralité. Pour ce faire, il faut contacter Daoudal-hebdo et en profiter pour découvrir cette publication absolument unique dans son genre. Yves Daoudal y évoque un autre « ami » de Chesterton : le T.R.P. Dom Gérard, fondateur et premier abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, qu’il a bien connu. Une raison de plus pour ne pas hésiter :
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