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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 16:56


Retour en France et au clavier français, avec ses accents : quel bonheur. Un autre moment de bonheur, ce fut aussi la journée d’études et de conférences organisée à Oxford, par The Chesterton Institute, dirigé avec talent par un grand chestertonien, en la personne du Father Boyd. Ce fut une joie de rencontrer cet homme sans lequel la renommée de Chesterton ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui dans le monde. En 1974, il publiait pour la première fois une nouvelle revue : The Chesterton Review, paraissant pour l’automne-hiver. Elle se définissait comme « a newletter of the Chesterton society » et paraissait semestriellement. À l’époque, elle était édité par le département Anglais de St Thomas More College, une université canadienne. Ce premier numéro n’allait pas au-delà de 44 pages. En comparaison, le dernier numéro de la revue fait 440 pages. Aujourd’hui, la revue est éditée par The Chesterton Institute qui est abrité par The Seton Hall University, aux Etats-Unis. L’Institut organise des conférences à travers le monde, sur des thèmes touchant Chesterton et son œuvre, mais aussi sa pensée et sa vision du monde. La dernière de ces rencontres a eu lieu à Oxford.

Father Boyd est un canadien qui est aussi grand que Chesterton et qui a le sourire humain et malicieux de Father Brown. Prêtre catholique, il a littéralement voué sa vie à faire connaître l’œuvre de Chesterton, estimant qu’elle reflète merveilleusement la foi de l’Église. C’est à lui qu’est revenu de présenter l’objet de la journée d’études et de conférences de samedi dernier avant de passer la parole à John G. Odom représentant l’Institut en Grande-Bretagne. Homme charmant, aux manières les plus élégantes, John Odom a servi de « Monsieur loyal » et de maître des cérémonies, toujours avec discrétion, mais efficacité. A lui revenait principalement le soin de présenter les intervenants.


Le premier de ceux-ci était Phillip Blond, un anglais particulièrement dynamique, une personnalité forte, parlant avec force et passion. Phillip Blond représente un étrange phénomène puisqu’il est à la tête du projet « Progressive conservatism project », après avoir suivi des études de théologie et enseigné en université. Les grands journaux anglais lui ouvrent leurs colonnes et l’on dit qu’il est écouté par David Cameron, le leader conservateur anglais.

Conservateur, Phillip Blond ? Les mots sont trompeurs et enferment trop souvent. Surnommé the « Red Tory », Phillip est aussi anti-libéral qu’anti-socialiste. Comme il me le disait le soir de ce samedi, au moment de l’apéritif : « je crois qu’il n’y a qu’une solution, c’est d’appliquer la doctrine sociale de l’Église ». On dit qu’il est proche aussi des milieux de radical orthodoxy de John Milbank et de ses amis.

Phillip est devenu distributiste en lisant The restoration of property de Hilaire Belloc et Outline of sanity de Chesterton. Premier intervenant, il a donné une analyse poussée de la crie actuelle, faisant appel à de nombreux graphiques et schémas, rompant en quelque sorte avec l’habitude des distributistes d’en rester au niveau des principes. Il a montré que la mauvaise situation économique touchant aussi bien les Britanniques que les Américains remonte à 1973. Cette situation aurait été recouverte par l’inflation, puis par l’afflux grandissant du travail féminin et par l'endettement massif des ménages dans le domaine du logement. À terme, ce fardeau serait devenu trop lourd pour les familles. Il a directement mis en cause M. Thatcher, R. Reagan et  B.Clinton qui ont supprimé toutes les limitations dans les mouvements de capitaux.

Phillip a salué la nouvelle encyclique de Benoît XVI comme un texte sortant de la fausse alternative entre néo-libéralisme et socialisme et il a également invité les distributistes à se former à l’économie et à prendre en compte la réalité urbaine pour proposer une économie alternative adaptée à notre époque.

 

 

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Published by Les amis de Chesterton - dans Information
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