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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 00:45

 

 

Si nous continuons notre petit voyage en « chestertonie », nous arrivons pour l’année 1912 à la publication d’un nouveau roman de Chesterton : Manalive. Il est publié pour la première fois en février 1912 en Angleterre chez « Thomas Nelson and Sons » et à New York chez « John Lane company ». Le livre est organisé en deux parties :  L’énigmatique Innocent Smith et Les explications d’Innocent Smith. Chaque partie contient cinq chapitres, ce qui fait de ce roman, un livre relativement équilibré dans sa structure.

 

Manalive a été traduit en français sous le titre « Supervivant ». Il a paru le 3 juin 1936 aux éditions Desclée De Brouwer et Cie, dans la collections « Les îles ». Il comptait dans cette édition 359 pages. La traduction avait été assurée par Maurice Rouneau.

La même traduction a été reprise en 1981 aux éditions de l’Age d’Homme, accompagnée d’une préface de Jean-Baptiste Baronian. Celui-ci est romancier belge de langue française. Il est membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises et président des Amis de Georges Simenon.

Sous le titre, « Un imaginaire métaphysique » Jean-Baptiste Baronian débute ainsi sa préface :

 

« Une certaine tradition intellectuelle veut que les choses sérieuses doivent être dite sérieusement. Elle ne serait peut-être rien si elle n’entraînait pas aussitôt un corollaire désastreux : ceux qui abordent quelques-uns des grands problèmes humains avec des airs bouffons, les traduisent de manière drôle en cultivant l’art du grotesque et de la caricature délirante ne sont jamais considérés que comme de joyeux plaisantins. S’ils ont du talent, ils passent parfois la rampe mais leur humour, fût-il noir, primesautier ou vitriolique, est pris, d’ordinaire, pour une forme abâtardie de la connaissance.

Et il suffit que le prétendu plaisantin soit attiré par le surnaturel et l’insolite pour que les grands esprits haussent les épaules. Comme si la vie, la mort, l’amour, Dieu ne pouvaient être perçus par un éclat de rire, une pirouette de l’intelligence, un brusque dérapage de la raison.

Le zigue, ici, s’appelle Gilbert Keith Chesterton.

En sa présence, le bon bourgeois qui n’a pas fait l’école buissonnière, qui connaît bien son latin, à qui on a appris de composer sagement avec la Culture et de suivre aveuglément toutes les modes fallacieuses propagées par les aréopages aux idées courtes, le bon bourgeois, dis-je, reste positivement confondu, déconcerté. Il est vrai que Chesterton a tout fait pour l’étourdir, le bousculer, le conduire, très vite, vers des perspectives à quatre ou trente-six dimensions devant lesquelles le savoir traditionnel, paresseux par définition, s’état lâchement défilé. »

 

 

Notons que dans la traduction française, Innocent Smith est devenu Innocent Fèvre, ce qui nous rend pas tout à fait l’intention de Chesterton. Le prénom Innocent, heureusement conservé dans la traduction française, évoque la pureté, de la douceur, du respect de Dieu. Smith était là pour évoquer l’homme ordinaire, commun, un des grands thèmes chestertoniens, qui n’est assurément pas rendu pas Fèvre. Or, on risque de ne pas comprendre grand chose à Chesterton en général et à Supervivant en particulier si on met de côté cet aspect essentiel de l’homme ordinaire.

 

Nous terminons cette première présentation en détaillant la table des matière, en anglais puis en français.

Table of Contents

Part I: The Enigmas of Innocent Smith

I. How the Great Wind Came to Beacon House

II.  The Luggage of an Optimist

III. The Banner of Beacon

IV.  The Garden of the God

V.   The Allegorical Practical Joker

Part II: The Explanations of Innocent Smith

I.   The Eye of Death; or, the Murder Charge

II.  The Two Curates; or, the Burglary Charge

III. The Round Road; or, the Desertion Charge

IV.  The Wild Weddings; or, the Polygamy Charge

V.   How the Great Wind went from Beacon House

Table des matières

Première partie : L’énigmatique Innocent Fèvre

I. Comment la rafale aborda Beacon ...

II. Bagages d'un optimiste

III. La bannière de Beacon

IV. Le jardin de Dieu

V. Le mystificateur allégorique

I. Deuxième partie : Où Innocent Fèvre s'explique

I. Sous l'œil de la mort ou l'Accusation de meurtre

II. Les deux curés ou l'Accusation de cambriolage

III. La route ronde ou l'Accusation d'abandon

IV. Les folles épousailles ou l'Accusation de polygamie

V. Comment la rafale quitta Beacon House

 

(A suivre…)

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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