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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 00:58

Ne le dites surtout pas à ceux qui ont toujours pris Chesterton pour un joyeux trublion, un facétieux empêtré dans ses paradoxes, un jongleur de bons mots, un espiègle perdu au milieu des écrivains sérieux et des savants doctes. Non, ne leur dites surtout pas : la nouvelle serait pour eux trop difficile à avaler.

La nouvelle ? Mais quelle nouvelle ?

Pour le monde de la chestertonie, c’est un petit événement. Le père Aidan Nichols, membre de l’Ordre des frères prêcheurs, autrement appelés Dominicains, vient de publier (en anglais) un « G.K. Chesterton, theologian ». Même sans être diplômé d’Oxford, la traduction de ce titre ne s’impose pas tant l’évidence saute aux yeux.

Oui, Chesterton fut aussi un théologien, et c’est un théologien qui nous l’explique au long de plus de 200 pages, dans ce livre qui vient de paraître aux Etats-Unis.

Mais, parlant d’Oxford, c’est plutôt Cambridge qu’il faudrait évoquer puisque Aidan Nichols appartient à la Divinity Faculty de l’Université de cette célèbre cité.

Théologien de qualité et de réputation mondiale, le père Nichols a publié des études sur saint Thomas d’Aquin, sur des théologiens plus contemporains, comme Hans Urs von Balthasar et également sur la théologie de celui qui allait devenir le pape Benoît XVI. Au confluent de plusieurs courants et de plusieurs disciplines, le père Nichols s’est penché également sur la question liturgique, dans la perspective de la « réforme de la réforme » ainsi que sur le renouvellement de la culture chrétienne.

Son dernier livre, consacré à Chesterton, est le fruit d’une série de conférences données à l’Université… d’Oxford.

Composé de 9 chapitres complétés d’une préface, d’une introduction et d’une conclusion, « Chesterton theologian » est un livre accessible à tout public.

Le premier chapitre s’attache à donner un aperçu global de la vie de Chesterton et des grands thèmes de son œuvre. Puis, l’auteur replace l’auteur face à la crise de la société Edouardienne, occasion d’explorer sa première grande œuvre, Hérétiques. Tout naturellement, le chapitre suivant est centré sur Orthodoxie qui déploie en quelques sortes les grandes intuitions chestertoniennes et permet à Chesterton de découvrir le réalisme métaphysique. Bien évidemment, un chapitre entier est consacré à la place et au rôle des paradoxes. À ce sujet, il est permis de pousser un petit cocorico national puisque le père Nichols s’appuie à plusieurs reprises sur la magnifique et indispensable étude du père Yves Denis, Paradoxe et catholicisme.

Ces quatre premiers chapitres constituent comme une première partie de l’ouvrage. Une seconde partie pourrait être constituée par le reste des chapitres qui abordent Chesterton et l’existence de Dieu, l’anthropologie théologique de Chesterton, sa christologie, sa théologie morale, son ecclésiologie et son rapport avec l’Église catholique et la foi.

Pour le père Nichols, il est évident que Chesterton peut être considéré comme un théologien. Non comme un professionnel de la théologie, mais comme un écrivain dont l’œuvre et la perception générale reposent sur une vision profondément théologique.

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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commentaires

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Gégé 17/09/2009 13:30

A propos de monsieur Blatchford, je signale cette amusante vidéo (hélas en anglais) :http://www.youtube.com/watch?v=nBHGPMC-XKw

Gégé 17/09/2009 13:22

C'est vrai que Chesterton a des écrits assez originaux et pleins de bon sens sur les questions religieuses. Une étude des écrits de chesterton sur les rites serait des plus fructueuses je crois.A ce propos, existe-til une traduction française des controverses avec Mr Blatchford?