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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 09:00

Dans le numéro 132 d’Éléments (juillet-septembre 2009), Alain de Benoist publie une recension du Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste de G.K. Chesterton. S’il reconnaît à cet ouvrage de ne pas manquer «  de mérites » et à Chesterton de se montrer « même parfois visionnaire », notamment « dans sa critique des “machines” et de la “standardisation” comme dans sa défense du “petit commerce” contre les “grands magazins” », il estime que l’auteur « n’en reste pas moins à une vision bien sommaire ». Pire, selon lui, Chesterton « par sa défense rigoureuse de la propriété privée des moyens de production (il) rejoint la vulgate libérale qu’il conteste par ailleurs ».

Les raisons selon Alain de Benoist ?

Chesterton « emprunte plus à la doctrine sociale de l’Église qu’à une connaissance en profondeur des doctrines économiques ». Il réduit le libéralisme « au relativisme en matière de croyances et de mœurs ». D’où la conclusion de l’auteur « en fait d’“anticapitalisme”, Chesterton ne propose finalement que le capitalisme pour tous face au capitalisme pour quelques-uns ».

On ne reprochera pas à Alain de Benoist de ne pas démontrer, dans l’espace forcément restreint d’une recension, les deux affirmations qui servent de moyen terme à son argumentation. Reste que l’opposition entre doctrine sociale de l’Église et connaissances des doctrines économiques est facile et en partie factice. Il y a fort longtemps que des économistes ont reconnu la solidité de la doctrine sociale de l’Église, non seulement dans sa critique, mais aussi dans ses propositions.

De la même façon, on veut croire que la reductio du libéralisme à la critique des mœurs chez Chesterton que perçoit Alain de Benoist vient d’une méconnaissance de celui-ci de l’œuvre de l’auteur d’Orthodoxie.

Reste deux choses. Il ne semble pas que Alain de Benoist ait perçu le “paradoxe” un peu forcé utilisé par l’éditeur du livre dans le titre qu’il a donné alors qu’il a bien compris, en revanche, la pensée de Chesterton en concluant que ce dernier propose finalement le capitalisme pour tous face au capitalisme pour quelques-uns. C’est peut-être peu, mais c’était dans la pensée de Chesterton le premier pas à poser. Ajoutons pour finir que ces deux esprits ne pouvaient être plus dissemblables que Chesterton et Alain de Benoist. Il y a donc du mérite de la part de celui-ci à avoir consacré une recension à un livre si peu théorique.

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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