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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 14:22

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Sur l’excellent site Causeur d’Élisabeth Lévy (ICI), Basile de Koch, qu’il est inutile de présenter, consacre un article enflammé à Chesterton, en abordant ce continent par le biais de l’hypothétique canonisation de l’écrivain. Comme d’habitude, c’est enlevé, souvent bien vu, avec un côté vivant que l’on aimerait pouvoir imiter.

Pourtant, et au risque de déplaire une nouvelle fois à ceux qui n’ont pas apprécié quand nous avons relevé les erreurs de citations d’Éric Zemmour (ICI), Basile de Koch est allé un peu vite en besogne. Disons-le tout de suite, on ne lui en veut pas des petites erreurs de détail que nous avons décelées dans cette déclaration d’amour. À titre d’exemple, nous n’en citerons que deux, en vous invitant surtout à passer au-dessus de celles-ci pour lire ce qui constitue un bel hommage revigorant.

Pourtant, en bon Gaulois que nous sommes, nous aimons rendre à César ce qui est César. Après seulement, nous pouvons boire à la santé de nos héros et de nos amours. Donc, ce n’est pas le Chesterton Institute qui a organisé le colloque du 4 juillet dernier (voir ICI) intitulé « The Holiness of G.K.Chesterton ». L’organisateur est la Chesterton society d’Angleterre () qui retrouve une nouvelle vigueur sous l’impulsion de son président, William Oddie, auteur du dernier ouvrage important consacré à Chesterton (, et ). Il se trouve que le Father Boyd, président du Chesterton Institute, que nous interrogions en octobre dernier sur le sujet, ne se montre pas très enthousiaste pour cette histoire de canonisation. Il n’a rien contre la sainteté en général ni contre les saints, mais il craint qu’en élevant l’auteur d’Orthodoxie sur les autels, on le coupe de nombre de lecteurs potentiels. Paradoxalement, il risquerait en devenant un saint officiel de perdre de sa force apologétique.

Autre petite erreur : non Le Défenseur n’a pas été « publié la même année qu’Hérétiques ». Hérétiques (ICI, , et ) date de 1905 et le recueil d’essais Le Défenseur lui est antérieur de plusieurs années puisqu’il apparaît dans les rayons des librairies de Grande-Bretagne en 1901. Après deux recueils de poésie parus en 1900, Le Défenseur (ICI) qui rassemble des articles parus dans The Speaker est le premier livre en prose de Gilbert Keith Chesterton.

Voici au passage deux petites erreurs relevées. Ce qui nous rend d’autant plus libres pour dire combien nous sommes heureux de voir un site comme Causeur évoquer notre écrivain et le rendre aussi vivant sous la plume déjantée de Basile de Koch. Saluons le courage de celui-ci qui, en note, rend aussi hommage en passant à Hilaire Belloc, puissamment honni par tous les biens-pensants. Disons-lui aussi que nous avons aimé certaines fulgurances, comme cette chute finale : « Admettons-le une fois pour toutes en souriant : quelque chose ici-bas nous dépasse ! “Et si les plus vieilles étoiles n’étaient que les étincelles d’un feu de joie allumé par un enfant ?” ». À la manière de Chesterton, qui lui aussi se trompait dans les dates et qui inventait les citations ou les recomposait à sa manière, Basile de Koch a percé intuitivement le secret de GKC : « Journaliste, essayiste et romancier, “confesseur de la Foi” et auteur de polars, Chesterton fut d’abord, dans toutes ces entreprises, un incomparable théoricien mais aussi praticien du Rire (contrairement à l’ami Bergson, qui rit quand il se brûle) ». Il annonce (Basile, pas Gilbert) qu’il reviendra sur le sujet. Nous l’attendons avec impatience.

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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