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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:51

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Nous avons évoqué récemment Charles Sarolea, universitaire belge, professeur de français à l’université d’Edimbourg et qui fut le préfacier de l’édition française des Crimes de l’Angleterre. Charles Sarolea fut aussi le directeur d’Everyman ou plus exactement, selon son titre complet, « Everyman, his life, work and books », un journal également publié à Edimbourg.

Parmi les collaborateurs de ce journal, on trouve la signature de Chesterton. Étrangement, ce titre n’est pas évoqué dans les principales biographies consacrées à G.K.C. que nous avons consultées, notamment celles de Maisie Ward, de Joseph Pearce, de Michael Fflinch ou encore dans l’étude récente de William Oddie. Dans ces mêmes livres, il n’a fait aucunement mention de Charles Sarolea. Il est vrai qu’à côté de The Daily News, de The Illustrated London News ou du G.K.’s Weekly, la collaboration de Chesterton à Everyman peut apparaître anecdotique. Pour autant, cette collaboration mérite de n’être pas complètement ignorée concernant les idées politiques de Chesterton au long de l’année 1912-1913, période pendant laquelle nous avons pu consulter les numéros de cette publication. Mais, avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de présenter rapidement celle-ci.

« Everyman, his life, work and books » se définit comme un « journal littéraire » qui entend entrer dans le courant des livres publiés par la collection « Everyman’s library », laquelle souhaite mettre à la portée du grand public britannique les grands auteurs de la littérature nationale. Le succès rencontré par cette collection, qui permet une démocratisation de la littérature, inspire les fondateurs de cette revue, au premier rang duquel apparaît Charles Sarolea qui en est le directeur. Pour le journal, il s’agit non seulement de favoriser ce mouvement de démocratisation de la littérature, mais plus globalement, de défendre les idéaux et les aspirations de la démocratie.

Sur le plan strictement littéraire, le journal estime qu’il ne suffit pas de dire que les grands auteurs sont destinés à tous et à chacun. Il faut encore comprendre ce qu’ils disent. C’est le désir du journal que d’aider à cette compréhension. Il estime que ce but n’a jamais été aussi urgent dans cette période de changement profond. Il entend donc ne pas regarder les grandes controverses politiques et religieuses du temps avec le recul académique. Ceux qui s’intéressent aux controverses de l’époque et aux débats trouvent donc colonnes ouvertes pour en discuter. Signe de cet intérêt pour les questions de société, des symposiums sont annoncés, notamment sur l’éducation entre A.C. Benson et le Dr. W.H.D. Rouse et sur le « Labour Unrest », entre H.G. Wells et Emile Vandervelde (Belge).

La présence de ce dernier ne doit pas surprendre. « Everyman, his life, work and books » est certes une publication de langue anglaise, mais elle est dirigée par un universitaire belge. Dès le départ, elle entend adopter un caractère international, « cosmopolite » comme on dit alors. Parmi les nombreuses plumes qui apporteront leur concours au journal, on peut noter notamment la présence des Français : Henri Bergson, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, René Bazin, François Coppée, Anatole France et Albert Houtin.

 

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Matériellement, « Everyman, his life, work and books » compte habituellement 32 pages, à l’exception du premier numéro qui en comprend 36. Celui-ci fut publié le 18 octobre 1912 et il était vendu « one penny ».

G.K. Chesterton fut l’un des collaborateurs de « Everyman, his life, work and books ». Mais il n’était pas le seul dans sa mouvance, si l’on peut dire. On trouve également la signature de Cecil Chesterton, son frère, ou celles d’Hilaire Belloc et de Maurice Baring, deux de ses amis très proches. Ses « adversaires » signent également dans ce journal, notamment G.B. Shaw et H.G. Wells.

La collaboration de G.K. Chesterton ne sera pas très étendue. Néanmoins, il est présent dès le premier numéro du 18 octobre 1912, par un article d’une page, publié en page 4 et qui porte directement sur un sujet politique : « The chance of the peasant ». On le retrouve pour un deuxième article politique dans le numéro du 22 novembre 1912, publié page 167-168. Intitulé « The Collapse of Socialism », cet article fera l’objet d’une longue réponse de G.B. Shaw publiée sous le titre « The Alleged Collapse of Socialism ». La première partie paraît dans le numéro du 6 décembre 1912 (p. 231) et la seconde partie dans celui du 13 décembre 1912 (p. 263).

 

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Entre le 18 octobre 1912 et le 10 octobre 1913, il s’agit des seuls articles de G.K. Chesterton. C’est peu – deux articles –, mais cette collaboration mérite d’être signalée parmi les journaux auxquels G.K. Chesterton a apporté sa collaboration. Comme on le verra, son nom, sa présence et sa pensée ont suscité plusieurs réactions parmi les lecteurs, entraînant une mise au point du journal. 

 

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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