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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 16:49

 

 

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C’est ce qu’affirme Alain de Benoist dans le dernier numéro d’Éléments (N° 137, octobre-décembre 2010) dans une présentation critique de quatre derniers ouvrages de Chesterton édités en langue française : Hérétiques, Orthodoxie, Utopie des usuriers et À bâtons rompus.

 

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Face au théoricien de la Nouvelle Droite, Chesterton apparaît évidemment comme un écrivain léger, qui « reste le plus souvent à la surface des choses ». Alain de Benoist lui reconnaît, en revanche, d’être « truculent, incisif, caustique, plein d’humour et d’énergie ». Néanmoins, la critique revient vite sous sa plume : les livres de Chesterton sont « une série de coups de vent, qui déblaient et font place nette, mais ne fournissent pas nécessairement des matériaux pour reconstruire. Sa critique du capitalisme, par exemple, est elle aussi bien superficielle. »

Tout n’est pas faux dans cette approche, à la fois sympathique et sévère, qui relève des traits justes, mais n’en tire pas forcément des conclusions pertinentes.

La légèreté de Chesterton, son humour, sa manière si particulière de balayer les idées fausses, sont indéniables. Indéniable également l’absence de théorisation de sa critique politique et économique. On peut même admettre que sa critique du capitalisme est « superficielle », mais encore faudrait-il s’astreindre à lire l’ensemble de ses écrits sur le sujet. Or Chesterton était principalement un journaliste dont les recueils d’articles forment plusieurs volumes, ce qui est loin de faciliter la tâche du critique.

À ceux qui, aujourd’hui comme hier – la critique n’est pas nouvelle –, estiment Chesterton peu profond, on citera seulement ce passage de la lettre de Valery Larbaud à Claudel : « Un mot çà et là montre qu’il est allé très loin dans une région qu’on lui croyait inconnue dix secondes auparavant ». Il faut du temps – et de la lecture – pour trouver sous la fantaisie du pudique Chesterton une pensée cohérente et profonde. On pourrait lui reprocher – ce qui rejoint le reproche de manque de théorisation – d’avoir caché ou noyé la cohérence de sa pensée et sa profondeur sous une avalanche de livres et de textes. Ici ou là, pourtant, pour reprendre les termes de Larbaud, des indices permettent de s’y retrouver.

Dans cet article, Alain de Benoist s’interroge également sur la pertinence du rapprochement Chesterton/Péguy (à ce sujet voir ICI). Il estime que c’est une erreur (mais sans dire pourquoi) et voit un rapprochement à opérer du côté de Bernanos et de Béraud. Mais l’un empêche-t-il les autres ? Il y a du Péguy en Chesterton, ne serait-ce qu’en raison de la proximité de leur itinéraire – ce qui ne rapproche pas Chesterton d’un Bernanos, par exemple. Mais il y a un certain Bernanos en Chesterton, dans sa critique de la modernité, de la technique, etc.

Quand Alain de Benoist définit Chesterton comme un « catholique anglais conservateur », le dernier terme fait forcément sursauter. Un peu plus, on verrait GKC, le « radical », en tory, ce qui serait singulièrement faire injure à la réalité historique. Ici le mot « conservateur » mériterait d’être précisé pour être bien compris. 

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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commentaires

m.c. 26/10/2010 13:09



A ce propos, voici un article intéressant : http://encoreunefois.net/2010/10/14/chesterton-et-l’art-du-paradoxe/