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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:19

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Godfrey Isaacs en octobre 1912


Nous continuons ci-dessous la présentation du Scandale Marconi, affaire qui secoua l'Angleterre en 1912 et qui est liée de manière particulière à la vie de Chesterton (Premier volet : ICI).

 

 

 

Le Scandale Marconi (2)


De retour en Angleterre, Godfrey Isaacs dîna le 9 avril 1912 avec ses frères Harry et Rufus. La discussion pendant le repas porta principalement sur l’arrangement qui venait d’être conclu au profit de la Marconi américaine. Godfrey proposa donc à ses frères de leur vendre 100 000 parts pour un peu plus d’une £ chaque. Rufus Isaac n’accepta pas de se porter acquéreur, estimant qu’il ne s’agissait pas d’un bon placement. En revanche, Harry en acheta 50 000. Cette histoire prit un nouveau tour quand une semaine plus tard, le 17 avril exactement, Rufus Isaacs acheta finalement 10 000 parts au prix de £2 chaque à son frère… Harry. Il acceptait donc de payer plus cher des parts dont il avait estimé qu’il ne s’agissait pas d’un bon placement. Mais il se fit également vendeur à son tour puisqu’il vendit 1 000 parts au Chancelier de l’Échiquier, David Llyod George, et 1 000 à Alexander William Oliphant Charles Murray, 1er baron Murray of Elibank, secrétaire parlementaire au Trésor. Cependant aucun argent n’avait été déboursé. Rufus Isaacs ne paya pas Harry Isaacs ; Llyod George et Master of Elibank ne payèrent pas Rufus Issacs. En effet, les parts de la Marconi américaine n’avaient pas encore été émises à cette date. Le 19 avril, elles furent mises en vente à £ 3,5 pour atteindre dans la journée £ 4. Ce jour-là, Rufus Isaacs en vendit 7 000 au prix de £ 3,6. Le lendemain, ce fut au tour de Lloyd George et de Master of Elibank de procéder à la mise en vente de leurs parts pour un peu plus de £ 3. Un mois plus tard, ils achètent à nouveaux 3 000 parts, mais cette fois pour un peu plus de £ 2. De la même façon, entre avril et mai, Master of Elibank achètera au nom du Parti libéral 3 000 parts.

Devant la commission d’enquête parlementaire qui se réunit plus tard, les trois hommes reconnurent chacune de ces transactions. À l’exception de la vente de parts le 19 avril par Rufus Issacs, aucune preuve de ces transactions n’existait. À aucun moment, un courtier n’était intervenu. Jusqu’au 6 janvier 1913, soit neuf mois plus tard, Rufus Isaacs n’avait toujours pas payé son frère Harry. Il le fit ce jour-là alors que l’enquête parlementaire était en cours. Il n’en restait pas moins que ces hommes avaient commis de graves irrégularités. On pouvait estimer, en effet, que l’achat d’actions d’une société avec laquelle un contrat d’État est en cours de négociation, par des membres du gouvernement et à un prix avantageux, était comme un cadeau de la part de la société en question. En outre, on pouvait juger aussi que les dits-membres du gouvernement avaient intérêt financièrement à ce que le contrat soit ratifié par le Parlement.

A suivre…

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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