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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 12:31

nous continuons la publication de notre enquête sur la complexe affaire Marconi, liée à la vie de Gilbert et de Cecil Chesterton. Deux volets ont déjà paru (ICI et ).

 

  Image-3-copie-12.png

 

  Rufus Isaacs, Attorney General du gouvernement Asquith

 

 


Le scandale Marconi (3)


Présentée le 19 juillet 1912 devant le Parlement, la question du contrat avec la « Marconi Company » rencontra très vite une vive opposition. Dès le 20 juillet, W.R. Lawson dénonçait le contrat dans un article du Outlook. Le 1er août, un parlementaire travailliste s’interrogeait publiquement sur la hausse des actions Marconi. Le 6 août, dernier jour de la session parlementaire, le Premier ministre Herbert Henry Asquith s’engageait à ne pas conclure de contrat tant que la lumière ne serait pas faite sur cette affaire. Mais la discussion parlementaire sur ce sujet était repoussée à la session d’octobre.

Dès le 8 août, Cecil Chesterton publia son premier article consacré au scandale dans The New Witness. Sous le titre « The Marconi Scandal », il dénonçait un accord secret entre Godfrey Isaacs et Herbert Samuel pour imposer la « Marconi Company » au peuple anglais, favorisant ainsi le monopole, le refus de la concurrence et la corruption. En septembre, la National Review publiait aussi un article critique. Le même mois, le Morning Post et le Spectator lançaient des enquêtes sur le sujet. En octobre, la National Review attirait l’attention sur la question des actions de la Marconi américaine. Le 11 octobre, Rufus Isaacs (photo) prenait la parole devant la Chambre des Communes et présentait les accusations contre lui-même, Llyod George et Herbert Samuel de telle manière qu’ils les niait. Il rappelait que le gouvernement négociait un contrat avec la Marconi anglaise et qu’il n’était nullement question d’acheter des parts de celle-ci.

D’une certaine manière, il disait juste puisque les parts en vente étaient celles de la Marconi américaine. Sur celle-ci, il ne dit mot. De son côté, Herbert Samuel put affirmer qu’aucun de ses ministres n’avaient acheté des parts de la Marconi… anglaise. En fait, aucun d’eux ne parlait clairement de la Compagnie anglaise. Il stipulait à chaque fois « cette compagnie » afin que l’on ne soulevât pas la question de la branche américaine. Le 29 octobre, la commission d’enquête fut constituée. Comme il était habituel, elle donnait une place proportionnelle à la représentativité des partis au Parlement. Les Libéraux et leurs alliés étaient donc majoritaires. Son enquête lui permit de mettre à jour que d’autres systèmes auraient pu être utilisés et à des coûts moindres. Elle montra également que le choix de Marconi se fit sur de simples engagements verbaux alors que l’on avait obligé – ce qui est normal – la concurrence à se soumettre à des tests. De la même façon, la commission d’enquête montra que le gouvernement avait proposé initialement que Marconi participe au niveau de 3% des recettes et que Godfrey Isaacs avait obtenu que ce pourcentage s’élevât à 10%. De ce fait, la question de l’examen des conditions techniques fut très vite posée. On apprit alors qu’un sous-comité technique avait été constitué par le passé, qu’il avait conseillé un autre système que le système Marconi et que son rapport avait été… enterré. Un nouveau comité technique fut alors nommé. Son rapport montra la qualité du système Marconi et combien The New Witness de Cecil Chesterton avait exagéré dans ses attaques contre ce dernier. Malgré tout, le rapport concluait qu’il valait mieux ne pas s’attacher à un système en particulier en raison de l’évolution rapide des techniques.

À suivre…

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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