Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 11:42

Trois volets sont à ce jour publiés sur notre blogue concernant l'affaire Marconi (ICI, et ). Dans ce nouvel épisode, nous présentons la suite du travail de la commission d'enquête parlementaire.

 

  Image-5-copie-11.png

La Une du Matin du 14 février 1913 contenant un article accusant

Herbert Samuel et Rufus Isaacs de délit d'initiés (article ci-dessous)

 



Le scandale Marconi (IV)

 


Mais la commission d’enquête ne se contenta pas de ces examens techniques. Elle convoqua les journalistes qui s’étaient attaqués aux ministres. En revanche, ces derniers ne furent pas appelés. L.J. Maxse, directeur de la National Review fut convoqué par la commission d’enquête. Il attira aussitôt l’attention sur l’étrangeté que représentait l’absence des ministres concernés. C’est alors que la France se mêla de l’affaire Marconi. Le 14 février 1913, le quotidien Le Matin publiait un article de son correspondant à Londres affirmant que L.J. Maxse avait accusé Herbert Samuel, Rufus Isaacs et Godfrey Isaacs d’avoir acheté des actions de l’« English Marconi Company » à 50 francs avant les négociations avec le gouvernement et de les avoir ensuite revendues à 200 francs quand le public avait été averti du contrat passé entre l’État britannique et cette société.

Évidemment, L.J. Maxse n’avait rien déclaré de tel. Comme par hasard, Rufus Isaacs était à Paris quand la nouvelle parut dans Le Matin. Aussitôt, il fit savoir avec Herbert Samuel qu’ils poursuivraient le journal français pour ses allégations. Étrangement, ils n’avaient rien entrepris de tel contre les journaux de leur pays. Le Matin retira ses propos dès le 18 février. Pourtant, les poursuites contre ce journal furent maintenues et le procès eut lieu le 19 mars.

Au cours de l’audience, l’avocat des ministres, le célèbre Edouard Carson mentionna à la fin d’une longue intervention, et comme en passant, l’histoire de l’achat des parts de la compagnie américaine. Le Times devait d’ailleurs le relever dans son édition du 9 juin 1913 : « Le fait a été énoncé en passant, comme s'il s’agissait d’une question futile et non pertinente ». On dit bien alors que Rufus Isaacs avait acheté des parts, mais sans mentionner à qui ; qu’il avait payé le prix du marché, mais pas que les parts n’étaient pas encore sur le marché ; qu’il en avait vendues à Llyod George et à Master of Elibank et qu’il en avait acheté pour eux, mais pas que ces derniers en avait achetées d’autres. On a même déclaré que Rufus Isaacs avait perdu de l’argent dans cette affaire, sans préciser qu’il en avait gagné en vendant une grande partie de ses parts et qu’il en avait perdu sur celles qui lui restaient quand le titre s’était effondré.

 

  Image-9-copie-3.png

 

L'article du Matin le 14 février 1913 qui devait faire scandale.

 

 


Finalement, cinq mois après la constitution de la commission d’enquête, Refus Isaacs fut invité à se présenter devant elle. Il finit par admettre qu’il avait acheté des parts à un prix moindre que celui qui fut proposé. Le 28 mars, ce fut au tour de Llyod George de se présenter devant la commission d’enquête, ce qui conduisit à un échange mouvementé entre Llyod George et Rufus Isaacs. Il s’expliqua sur son silence concernant l’achat des actions de la Marconi américaine, mentionnant qu’il n’avait pas eu le temps de s’exprimer devant le Parlement. Il expliqua également qu’il avait perdu beaucoup d’argent dans cette affaire.

De son côté, The New Witness n’avait pas cessé son action. Le 9 janvier 1913, un article paraissait mettant en cause Godfrey Isaacs et lançait dans les rues des hommes-sandwich l’accusant nommément.


Image-10-copie-4.png
Le démenti du Matin paru le 18 février 1913

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article

commentaires