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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 06:12
Deuxième volet de l'introduction à Utopie des usuriers, un livre de Chesterton inédit en français et qui vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau. L'introduction donne une première idée de cet ouvrage absolument surprenant et le replace dans son contexte historique. Le premier volet a été publié ICI.

COUV CHESTERTON UTOPIE


« La lecture de Chesterton, surtout dans des essais comme celui-ci, ne doit jamais être une occasion de nostalgie. D’ailleurs, on s’en rendra vite compte en découvrant la prose de l’écrivain anglais : le monde d’hier n’était pas forcément fondé sur de meilleures bases que celui d’aujourd’hui. Livre de colère, essai d’hier pour aujourd’hui, Utopie des usuriers implique cependant pour être pleinement saisi que le lecteur ait à l’esprit trois faits historiques dans lesquels il s’inscrit. Le premier de ces faits concerne directement l’Angleterre ; le second l’Irlande et le troisième, le monde dans son ensemble.
Commençons par ce dernier qui habite encore les mémoires contemporaines. Utopie des usuriers paraît alors que l’Europe se déchire dans un premier conflit qui deviendra vite mondial. Certes les articles qui forment la trame de ce petit essai ont été écrits l’année précédant le déclenchement des hostilités. En revanche, les textes qui lui ont été ajoutés évoquent directement ce conflit et l’adversaire de la Grande-Bretagne : la Prusse. À première vue, il ne s’agit pas du meilleur Chesterton. L’homme qui, au début du siècle, avait su s’opposer avec force et talent à la guerre de l’empire britannique contre les Boers semble s’être mué en propagandiste pour sa nation en guerre. On retrouve le même ton dans La Barbarie de Berlin et les Lettres à un vieux Garibaldien, ou encore, dans un ouvrage dont le titre – paradoxal – ne doit pas tromper : Les Crimes de l’Angleterre. Malgré tout, on reste surpris de trouver dans ces « autres essais » des leçons qui dépassent de loin l’œuvre de propagande et la contingence du temps.
À sa manière, Chesterton perçoit bien que la Première Guerre mondiale sonne le glas d’une civilisation ancienne, que la chevalerie qu’il ne cesse d’exalter dans ses livres et ses articles, va disparaître, emportée par l’immense effort de guerre. D’une façon polémique, il en accuse l’Allemagne, « Krupp peut prétendre à juste titre que les immenses et infernales machines de guerre auxquelles son pays doit presque tous ses succès militaires n’auraient pu être construites que dans les conditions de fabrication tout aussi infernales imposées par la civilisation prolétarienne et urbaine », mais derrière elle, il vise la société industrielle qui a détruit les anciennes solidarités humaines et élevé le bénéfice au rang de valeur suprême. Les récentes guerres en Irak nous ont montré, hélas, que rien n’avait fondamentalement changé. Le lecteur aura cependant bien en mémoire quand il lira les essais de Chesterton que ceux-ci furent publiés dans une époque en guerre qui marque aussi la fin d’un monde. Ne serait-ce qu’à titre historique, nous avons pensé que ces lignes chestertonienne méritaient d’être proposées au lecteur d’aujourd’hui. »

Pour commander ce livre, le mieux est de s'adresser directement aux éditions de l'Homme Nouveau, soit en téléphonant au
01 53 68 99 77 (jours ouvrables et horaire de bureau) soit en allant directement sur le site de l'éditeur (paiement sécurisé) : ICI.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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