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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 05:59

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En 1914, G.K. Chesterton publie un nouveau roman, The Flying inn (L’Auberge volante), dont l’action se situe en Angleterre et qui oppose une résistance  à l’envahisseur islamique qui occupe l’Angleterre. Cette résistance prend la forme de la défense des auberges et de la vie sociale autour des pubs  contre le puritanisme moderno-islamique.

Il s’agit de l’un des ouvrages préférés de l’auteur, qui a donné beaucoup de lui-même dans ce roman fantastique. Chesterton a commencé l’écriture de cet ouvrage après le procès intenté à son frère Cecil dans le cadre du scandale Marconi, ce qui explique également nombre de saillies contre le monde capitaliste, les politiciens corrompus, les journalistes vendus, les hygiénistes, etc. Chesterton, fidèle à sa vision politique fondamentale, entend montrer que le citoyen ordinaire, l’homme commun, peut être le véritable défenseur des libertés fondamentales.

Faut-il résumer le livre ? Ce n’est jamais aisé avec les romans de Chesterton. Dans The Flying inn, le jeune héros, Patrick Dalroy rentre en Angleterre après une campagne contre les Turcs. Il découvre que dans son Comté, l’autorité politique, sous influence islamique, interdit désormais l’ouverture des auberges et la consommation de boissons alcoolisées. La suite ? L’entrée en résistance en mettant au point un système d’auberge mobile, la défense, bien sûr, de la dive bouteille, mais au-delà, de la chaleur de ce lieu social qu’est un pub, une auberge, où se retrouvent des hommes ordinaires pour discuter des choses ordinaires mais essentielles concernant la vie des hommes.

The Flying inn est le cinquième roman de Chesterton et il paraît chez Methuen le 22 janvier 1914 et il est dédié à Hugh Rivière. Celui-ci avait hébergé l’écrivain lors d’une hospitalisation de sa femme Frances et il était l’auteur d’un portrait à l’huile de Chesterton.

Ce roman est composé de 25 chapitres et a la particularité de contenir quinze poèmes ou chansons, parus précédemment (mais dans un ordre différent) dans le New Witness et recueillis ensuite dans deux recueils, là aussi dans un ordre différent.

 

 

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Une lecture rapide et contemporaine du roman ferait croire à une mise en garde contre le seul péril musulman. Cet aspect est bien présent dans le roman comme l’est par ailleurs la dénonciation de la prohibition (à l’automne 1914, l’heure d’ouverture des pubs sera diminuée en Angleterre par une loi). Mais la cible principale de Chesterton, c’est encore une fois l’aristocratie anglaise pervertie et qui est personnifiée ici par Lord Ivywood. Chesterton, de manière vraiment facile, en a fait le représentant de l'ensemble des maux dont souffre la société anglaise de son temps : le grand gouvernement, les grandes entreprises, la modernité dans l’art, la philosophie et dans la conception de l’amour (à laquelle l’auteur oppose l’amour courtois car The Flying inn est une nouvelle fois un roman d’amour), mais aussi le chantre de l’abandon de la religion chrétienne au profit d’une religion orientale.


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Pour comprendre ce roman, il faut bien avoir à l'esprit que Chesterton fut marqué à vie par le scandale Marconi et par les conséquences qu'il eut dans la vie de son frère Cecil Chesterton (portrait), alors directeur de The New Witness, journal qui mena une forte polémique contre les membres du gouvernement mis en cause dans le cadre du scandale.

Gilbert avait une profonde vénération pour son cadet et fut scandalisé par la condamnation qui le toucha à la suite de l’affaire Marconi. Il y eut pour lui un avant et un après Marconi, au même titre que d’autres connurent une avant et une après guerre (nous reviendrons bientôt sur Chesterton et l’Affaire Marconi). Pour la petite histoire, Cecil précéda son frère dans la conversion au catholicisme et sorte de Patrick Dalroy il fut un des membres de l’Anti-Puritan League fondée en 1890 [association à laquelle appartint aussi Gilbert, lequel composera La Ballade d’un anti-puritain (1915)].

 

 

À suivre…

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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commentaires

Gégé 03/02/2010 09:42


Quelle est cette affaire Marconi ?

Globalement, en lisant le livre l'Auberge  volante, on se rend compte qu'il y a beaucoup de références par derrière (dont cette affaire Marconi). Mais hélas, une certaine édition que je
possède n'a aucune annotation ou explication permettant une meilleure intelligence du livre.
Dommage.


Philarête 30/01/2010 11:23


Et merci de la réaction rapide à la réaction rapide! Ça me rassure un peu de savoir qu'il n'y avait rien sur le blog à propos de l'affaire Marconi: j'avais l'impression de suivre assez bien la
publication des articles, et j'étais inquiet d'avoir loupé cela…


Philarete 30/01/2010 10:47



Merci de cette mise en bouche sur ce grand roman faussement simple de GKC! J'attends la suite avec impatience (et je vais parcourir le blog pour en savoir plus sur cette affaire Marconi, dont
j'ignorais l'importance pour la formation des idées de Chesterton).



Les amis de Chesterton 30/01/2010 10:53


Merci de votre réaction rapide et encourageante. Il n'y a rien actuellement sur le blog concernant l'affaire Marconi, mais nous préparons un ensemble de textes sur le sujet. Pour dans quelques
jours, si tout va bien.