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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 13:40
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Sous ce titre, les Nouvelles éditions latines ont publié en juin dernier une réédition de la seconde partie de la traduction de L’Homme éternel (Everlasting Man) de Chesterton. Réédition car il s’agit de la reprise quasiment à l’identique de la version publiée par les mêmes éditions en 1947.

La traduction est signée Louis-Marcel Gauthier et elle paraît dans la collection « Les maîtres étrangers ». L’ouvrage comporte 204 pages et il est disponible au prix de 14€.

On peut s’étonner de voir traduit seulement la deuxième partie de ce chef-d’œuvre qu’est L’Homme éternel. Pour en comprendre les raisons, il faut revenir un peu en arrière.

En 1927, Maximilien Vox proposait chez Plon la première partie de Everlasting Man publié deux ans auparavant en Angleterre. Cet ouvrage, important dans l’œuvre de Chesterton, est composé de deux grandes parties, précédé d’une introduction générale et d’une conclusion. La première partie s’intitule « Cet animal qu’on appelle l’homme », et la seconde, « Cet homme qu’on appelle le Christ ». Seulement sous le titre générique, Vox n’avait publié que la première partie de L’Homme éternel, lequel était amputé non seulement de sa seconde partie, mais également de l’introduction et de la conclusion.

Après guerre, les Nouvelles éditions Latines décidèrent de donner la suite du travail de Vox en publiant la seconde partie ainsi que l’introduction et la conclusion. Ce travail fut confié à Louis-Marcel Gauthier qui, d’après ce qu’il dit dans sa préface, s’était engagé à ce travail auprès de Chesterton dès 1932.

Dans son avertissement – un véritable texte de combat qui s’en prend à nombre de ses prédécesseurs dans la tentative de traduire Chesterton –, Gauthier rappelle l’histoire étrange de l’édition française de L’Homme éternel. Alors qu’il indique ne pas suivre certaines habitudes de traduction – comme le fait de traduire par exemple Smith en Dupont –, il précise pourtant qu’il renverra à la première partie de Everlasting Man en parlant de L’Homme éternel. On comprend certes la démarche, mais celle-ci eut le désavantage de perdre encore plus le lecteur qui arrivait difficilement à s’y retrouver dans ces méandres de la traduction.

La traduction de Gauthier est généralement agréable à lire, même si, ici ou là, le lecteur butte un peu sur la version française. Mais traduire Chesterton, avouons-le-, un exercice extrêmement difficile.

Gauthier a ajouté pas mal de notes explicatives qui permettent au lecteur de mieux comprendre les allusions de Chesterton, qui sont toujours très nombreuses. Seulement, Gauthier, qui n’avait pas hésité dans son introduction à se moquer d’autres traducteurs, nous offre quelques surprises. Ainsi, dès la première note, bon connaisseur de l’œuvre de Chesterton il indique que l’image développée par celui-ci dans les premières lignes avait déjà été utilisé dans un roman du même auteur dont le titre en français est Supervivant (il aurait pu dire d’ailleurs que ce même thème constitue aussi les premières lignes d’Orthodoxie). Mais Gauthier indique aussi le titre anglais de ce roman. Et là, surprise ! Manalive est devenue… « Manette ».

Dans son introduction, il indique aussi publier en fin d’ouvrage la liste complète (pour l’époque) des traductions françaises de Chesterton. Étrangement, il n'y se trouve pas Supervivant qu’il présente pourtant en note à la page suivante. À la page 80, démentant son choix de pas franciser les titres ou les noms anglais, une note nous parle de « Pierre Pan ». La surprise est telle que nous sommes heureux de lire le nom de l’auteur, J.M. Barrie qui nous permet de restituer le titre original, Peter Pan, ce qui est quand même plus évocateur.

Reste un ouvrage ainsi disponible en version de poche, facilement lisible et qui offrait alors la lecture de cette seconde partie de L’Homme éternel, perdue depuis 1927.

Depuis, nous savons qu’Antoine Barrois a repris intégralement la traduction de ce livre et que celui-ci est disponible dans son intégralité aux éditions DMM. 

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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