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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 11:26

Tonquédec-GKC

 

L’une des premières et des principales études consacrées en France à G.K. Chesterton a été publiée par le R.P. Joseph de Tonquédec de la Compagnie de Jésus. Cette longue analyse a d’abord paru dans Les Études, revue des pères Jésuites, dans trois numéros successifs du 20 avril, 5 mai et 20 mai 1920. Ces articles ont été ensuite rassemblés dans un livre intitulé G.K. Chesterton, ses idées et son caractère, publié la même année par La Nouvelle Librairie nationale, maison d’édition proche de l’Action française. Comme l’auteur le laisse entendre à la page 9 de ce livre, son étude a été écrite ou a commencé à être écrite fin 1919.

Nous nous proposons de reproduire plusieurs extraits de ce livre, aujourd’hui complètement épuisé et qui n’a jamais été réédité. Son intérêt réside dans le caractère systématique qu’a voulu donner le Père de Tonquédec à son étude. Il envisage son sujet sous plusieurs angles, même s’il ne manque pas de préciser qu’il n’a pas lu l’intégralité des livres de Chesterton, se contentant principalement de trois sources : Heretics, Orthodoxy et The Ball and The Cross, trois ouvrages alors introuvables en français et que le Révérend Père a donc lu dans leur version anglaise. Il signale malgré tout que plusieurs ouvrages de Chesterton ont été édités à cette époque en France, mais peut-être les considère-t-il comme mineurs.

C’est principalement en théologien que le Père de Tonquédec aborde l’œuvre de l’écrivain anglais, essayant de le situer dans le cadre d’une philosophie particulière et dans les débats religieux de l’époque. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, le Père de Tonquédec prend Chesterton au sérieux et perçoit derrière la fantaisie et l'humour, la présence d'une véritable philosophie. Mais il est visiblement déconcerté par son sujet, même s’il éprouve une réelle sympathie envers lui, voire une certaine fascination. 

Et c’est justement ce qui est intéressant de découvrir aujourd’hui dans la lecture du jésuite, la façon et la manière dont les contemporains de Chesterton le percevaient alors même que son parcours n’était pas achevé et sa pensée, arrêtée. Outre la qualité et les limites de son étude, le Père de Tonquédec est un témoin de cette fascination pour Chesterton, du vivant même de l’auteur, sans que le jésuite ait pu avoir toutes les clefs nécessaires pour bien saisir la complexité de cette âme et de cette pensée.

Un mot rapide sur le Père de Tonquédec. Né le 27 décembre 1927 à Morlaix, il était titulaire d’un doctorat de philosophie (1899) et d’un autre en théologie (1905). Il a d’ailleurs enseigné la philosophie à Tours de 1899 à 1901. Il fut également l’exorciste officiel du diocèse de Paris de 1924 à 1962, année de sa mort. Adversaire de Maurice Blondel, il fut aussi un auteur reconnu et on lui doit, outre son livre sur Chesterton :

– L'œuvre de Paul Claudel (1927).

– La Crititique de la Connaissance, (1929)

– La critique de la connaissance (1929).

– Philosophie bergsonienne (1936).

– Les maladies nerveuses ou mentales et les manifestations diaboliques (1938).

– Introduction à l'étude du Merveilleux et du Miracle (1938).

– La philosophie de la nature (1956)

– Léonce de Grandmaison et Joseph de Tonquédec, La Théosophie et l’Anthroposophie (1938)

Nous reproduisons ci-dessous l’introduction à son livre sur Chesterton. Cet ouvrage, outre cette introduction, comprend quatre chapitres : 

I– La philosophie d'un humoriste

II– Une manière de prendre la vie

III– L'Art

IV– La Religion

 

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Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
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