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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 16:05

Après une assez longue interruption due à la préparation de la Table-ronde du 15 octobre dernier, nous reprenons notre exploration rapide et chronologique des œuvres de Chesterton. En 1913, un livre d’un genre un peu particulier paraît : The Victorian Age in Literature. Le livre est édité dans la collection « Home University library of modern knowledge », sous le numéro 61 et il est publié à Londres par « Williams and Norgate » et à New York par « Henry Holt and company », qui en détient d’ailleurs le copyright. Les « éditeurs » de la collection sont Herbert Fisher (M.A. , P.B.A.) et les professeurs Gilbert Murray, J. Arthur Thomson et William T. Brewster. Ces quatre hommes sont à l’époque des personnalités reconnues dans leur domaine de compétence et souvent engagées politiquement.

Dans son édition de 1913, l’ouvrage contient 256 pages dont un index, un ensemble de notes bibliographiques ainsi qu'un avertissement des éditeurs qui prennent bien soin de signaler aux lecteurs que ce livre ne représente pas une autorité en matière d’histoire littéraire mais une approche personnelle du sujet :

« Les éditeurs souhaitent préciser que ce livre ne doit pas être présenté comme une histoire de la littérature victorienne prétendant faire autorité. C’est l’exposé libre et personnel d’opinions et d’impressions relatives à la portée de la littérature victorienne rédigé par M. Chesterton à la demande expresse des éditeurs ».

La Table matière de cette étude, effectivement très personnelle, même si l’opposition entre « autorité » et « exposé libre et personnel d’opinons » peut paraître factice et révélateur surtout d’un véritable embêtement, est le suivant :


Introduction

I. The Victorian Compromise and its enemies

(Le compromis victorien et ses adversaires)

II. The Great Victorian Novelists

(Les grands romanciers victoriens

III. The Great Victorian Poets

(Les grands poètes victoriens)

IV. The Break-Up of the compromise
(La rupture du compris)



 

Si l’on prend soin de bien lire l’introduction de l'auteur, on trouve dans les premières lignes – du pur Chesterton – une sorte de réponse, certainement involontaire, à la prudence bien-pensante des éditeurs. Chesterton débute son livre ainsi :

« Le découpage d’une littérature durable et splendide peut très commodément s’envisager de deux façons : soit de la manière dont on coupe un gâteau aux raisins ou du gruyère, en prenant les raisins – ou les trous – comme ils viennent. Soit comme l’on coupe du bois : en suivant le fil, si l’on pense qu’il y a un fil. Mais les deux ne se recoupent jamais : les noms, dans la réalité, en se présentent jamais dans le même ordre que celui retenu lors de l’étude sérieuse d’un esprit ou d’une tendance. Le critique qui souhaite progresser dans la vie d’une époque doit toujours aller et venir entre de simples dates, tout comme une branche animée d’un mouvement continu de va et vient ; alors que le fil du bois court dans la branche comme un fleuve ininterrompu.

En fait, l’ordre chronologique pur et simple est presque aussi arbitraire que l’ordre alphabétique. Envisager Darwin, Dickens, Browning dans l’ordre du registre des naissances reviendrait à forger une chaîne tout aussi véridique que les “Tacite, Tolstoï, Tupper” d’un dictionnaire biographique. Peut-être l’accent se trouverait-il mis sur la précision, de nature à satisfaire cette école de critique qui estiment que chaque artiste devrait être considéré comme un artisan solitaire, indifférent à la chose publique et dégagé des considérations morales. »

À suivre…

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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