Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:47
Image-1-copie-5.pngDe son vrai nom, Jean Blum, Jean Florence  (photo) est l'un des premiers traducteurs de Chesterton en France. Ce disciple de Bergson fut porté disparu le 6 juin 1915, lors des combats de la Première Guerre mondiale. En 1924, Jean Royère, fondateur de la revue La Phalange, préfaçait un de ses livres, publié de manière posthume. En voici un extrait :


« Je venais de fonder La Phalange... Louis de Gonzague Frick, propréteur, à Nancy, de cette revue naissante, me mit en rapports avec un étudiant qui était déjà un écrivain. Jean Blum, agrégé, bientôt docteur, ayant fait, cet été de 1906, un voyage en Italie, m'expédia de Florence un article que je publiai, le 15 septembre, sous le pseudonyme, dès lors choisi par le jeune enthousiaste, et qu'il allait illustrer parmi nous. Jean Florence venait de naître au public : il avait vingt-deux ans.

De cette époque jusqu'au 20 mars 1914, cinquante études, de lui, d'importance croissante, se succédèrent à La Phalange ; il faut y joindre un assez grand nombre d'articles, parus dans diverses revues, comme Le Mercure de France, Le Divan, Le Spectateur, Le Parthénon, Les Ecrits Français, La Voce (de Florence) etc. — Deux romans de K. G. Chesterton, Le Nommé Jeudi et Le Napoléon du Notting Hill, traduits et publiés aux éditions de La Nouvelle Revue Française et deux thèses pour le doctorat ès-lettres, consacrées à deux auteurs allemands, complètent la bibliographie de Jean Florence, né à Paris, le 21 novembre 1883, mort pour la France, au combat de Neuville Saint-Vaast, le 6 juin 1915. (Son frère, de quatre ans plus jeune que lui, membre de l'Ecole Française d'Athènes, mobilisé comme lui, fut porté disparu le 28 septembre 1914, à Montauban (Somme). Sa mort ne laisse plus malheureusement aucun doute. Les deux frères étaient fils uniques et leur père était mort, lui-même, cinq ans avant la Guerre.)

Jean Florence, un grand garçon d'une robustesse seyante et parfaitement gai, fut un littérateur non moins acharné dans le labeur d'écrire que Valery Larbaud, lequel hume avec passion sur du papier d'épreuves, l'encre d'imprimerie et s'enferme, avec la canicule, dans des bibliothèques d'Italie. Florence écrivait de jour, mais surtout de nuit, et n'éprouvait que mépris pour tels éphèbes de lettres qui estiment la nuit propice au dormir. Son œuvre est considérable — les seuls articles de La Phalange, réunis, formeraient trois forts volumes in-16. Il ne songeait guère à les recueillir, sachant que son œuvre littéraire n'était qu'une des ivresses de sa vie. Elle est, en effet, cette œuvre, l'improvisation émouvante d'une philosophie vitale dont son auteur était comme possédé. Aussi sa disparition laisse-t-elle un vide plus grand, en un sens, que celui de Charles Péguy, robuste et merveilleux artisan, et grand artiste du verbe ».

 

On trouvera davantage d'information sur Jean Florence ICI.

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article

commentaires