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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 06:00

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On trouve la signature de Charles Sarolea en introduction au livre de G.K. Chesterton, Les Crimes de l’Angleterre, publié en France en 1916, aux éditions Georges Crès (cf. ici). Celui qui signe cette introduction, particulièrement bien vue sur plusieurs aspects de la personnalité de Chesterton (cf. ) n’est pas un Français, mais un universitaire belge. Il est né en 1870, soit quatre ans avant Chesterton, et il décédera en 1953, soit la même année qu’Hilaire Belloc, né lui aussi en… 1870.

Universitaire, professeur de français à l’Université d’Edimbourg (Écosse), Charles Sarolea fut aussi un écrivain et un publiciste engagé. Il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, entre 1891 et 1937, portant sur des sujets littéraires, politiques et historiques. Plusieurs d’entre eux comportent une introduction ou un texte de Chesterton en annexe. C’est le cas par exemple de How Belgium Saved Europe qui paraît en 1915 ou de Letters on Polish Affairs qui est publié en 1922. Dans son livre, German problems and personalities, Charles Sarolea évoque à plusieurs reprises G.K. Chesterton.

De son côté, Chesterton le cite au moins deux fois dans… Les Crimes de l’Angleterre. On trouve ainsi mention de Charles Sarolea au chapitre VIII (page 214 dans l’édition Crès). Chesterton fait allusion au livre de Sarolea, Le Problème anglo-allemand (publié également chez… Crès), dans lequel l’auteur ferait ressortir la contradiction « entre le dérèglement de la théorie allemande et la soumission de la pratique allemande ». La deuxième mention se trouve au chapitre suivant (page 245, édition Crès) et constitue un brillant hommage puisque Chesterton évoque « l’admirable et vraiment presque magique exception du docteur Sarolea ».

À Edimbourg, Charles Sarolea représenta également son pays comme Consul. Selon une étude de Michaël Amara, portant sur  « La propagande belge et l’image de la Belgique aux Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale », Charles Sarolea joua un rôle dans la tentative pour pousser les Etats-Unis à entrer en guerre : « D'autres tentèrent de se déplacer sur un plan plus politique. En janvier 1915, le Ministre des Affaires étrangères décida d'envoyer aux Etats-Unis le consul de Belgique à Edimbourg, Charles Saroléa. Celui-ci tenta pendant plusieurs semaines de convaincre les Américains réticents de la véracité des atrocités commises en Belgique. En mai 1915, il attaqua violemment l'attitude neutraliste des Etats-Unis. Ses propos, relayés par le Chicago Tribune, suscitèrent la polémique. Saroléa fut rappelé en Europe et l'incident en resta là mais cette affaire resta dans les mémoires et ce qui devint l'“incident Saroléa” incita le Havre à plus de prudence dans le choix de ses missionnaires. »

 

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Universitaire, représentant de son pays à l’étranger, Charles Sarolea fut également un homme de presse. Entre 1912 et 1917, il fut à la tête d’une publication littéraire éditée à Edimbourg, Everyman. Le premier numéro de cette revue paraît le 18 octobre 1912. Hasard ? On y trouve la signature de G.K. Chesterton pour un article intitulé « The Chance of the peasant ».  Un article d’une page (page 4), à tonalité très distributiste. Les grands noms ne manquent pas dans cette revue. Mais illustrant le courant distributiste, on y retrouve Cecil Chesterton, Hilaire Belloc et, bien sûr, G.K. Chesterton lui-même. Nous y reviendrons. 

 

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 06:25

Nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité l'introduction à l'édition française des Crimes de l'Angleterre, de G.K. Chesterton, livre publié à Paris, en 1916, aux éditions Georges Crès. Cette introduction est signée Charles Sarolea, personnalité sur laquelle nous reviendrons prochainement

 

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« Il existe peut-être des écrivains anglais plus ordonnés et plus systématiques que G. K. Chesterton. Il n'en est pas un qui ait creusé plus profondément, jusqu'au roc, les fondements de la morale et de la politique ou qui ait approché de plus près les vérités éternelles. D’autres ont pu exercer une influence plus étendue; nul n'en possède de plus ennoblissante et de plus inspiratrice. Des personnalités littéraires ont pu être plus brillantes, maîtresses d'un style plus éclatant, il n'en est pas qui possèdent une aussi complète originalité. Il n’y a pas un seul guide spirituel qui soit l'objet d'une telle confiance et d’un tel amour, suivi d'une troupe plus fervente de disciples et d'admirateurs.

G. K. Chesterton n'a que quarante-deux ans; une longue carrière lui reste ouverte. Mais il se dresse déjà comme une figure mythique dans le monde des lettres et si quelque catastrophe devait faire disparaître ce qu'il écrit, lui-même n'en survivrait pas moins comme l'un des personnages héroïques et légendaires du journalisme anglais. Et la raison en est évidente. Si originaux et si suggestifs que soient les écrits de G. K. Chesterton, l'homme reste beaucoup plus grand que son œuvre. Il a le corps d'un géant, l'âme d'un saint, la simplicité et la candeur d'un enfant,  l'exubérante fantaisie d’un poète, l'esprit alerte d'un sophiste et l'intégrité intellectuelle de celui qui cherche la vérité. Il unit le courage agressif d'un croisé à la douceur d'un quaker. Il se sert de sa plume comme d'une épée mais au milieu de ses emportements les plus passionnés, jamais il ne l'empoisonna. Ses discussions qui furent si nombreuses n'ont jamais laissé le dard dans la plaie.

G. K. Chesterton est le penseur catholique le plus pénétrant de la génération actuelle. Sa principale fonction dans l'histoire aura été probablement de détruire le préjugé anglais contre le « Romanisme » et de raviver en Angleterre la tradition catholique de l'Europe. Sa conversion au catholicisme romain a été attribuée à la mystérieuse influence de son fidus Achates, M. Hilaire Belloc. Mais cette influence a été très exagérée. Car Chesterton n'a probablement cédé qu'aux affinités électives de son esprit et non à la pression de l'amitié. En étudiant son apologétique, on voit clairement que le catholicisme romain l'attire aussi bien par ses côtés intellectuels et artistiques que par ses aspects moraux et politiques et que le tempérament de Chesterton est naturellement chrétien.

Bien qu'il ait pris position comme catholique, Chesterton est demeuré un libéral et un radical impénitent et toute l'influence de M. Belloc n'a pu réussir à rendre étroite son intelligence ou à endurcir son sentiment d'humanité. Il est resté résolument loyal aux causes pour lesquelles il a lutté dans sa jeunesse.

G. K. Chesterton n'est pas seulement un libéral-radical par ce fait qu'il croit a la liberté politique et spirituelle pour les autres; il l'est aussi parce qu'il réclame cette liberté pour lui-même et dans une large mesure. Et c'est avec passion qu'il affirme le droit de se contredire. Le paradoxe est l'expression littéraire de son tempérament. Lui-même est un faisceau de paradoxes. Il a écrit deux nobles livres sur l'orthodoxie et un troisième contre les hérétiques mais son orthodoxie a parfois de faux airs d'hérésie. Conservateur dans l'âme, ennemi irréconciliable du socialisme d'État, il est le ferme champion de toutes les institutions sociales, du moins des plus vénérables et des plus individualistes, de la propriété paysanne, par exemple. Et cependant il a aidé avec générosité les socialistes militants et donné sans compter son appui aux feuilles socialistes et révolutionnaires. C'est un bon Européen et il rêve toujours de rétablir l'unité morale et religieuse que la chrétienté connut au moyen âge. Et c'est aussi un nationaliste ardent avec une teinture d'antisémitisme, un cockney de Londres et le seul interprète authentique de Pickwick.

Ce qui caractérise nettement le courage et la sincérité de G. K. Chesterton c'est qu'à l'heure où le sentiment national est devenu d'une sensibilité morbide, il a décidé de révéler les « crimes de l'Angleterre », de débrider les plaies du faux patriotisme, d'en mettre les idoles en pièces et de dénoncer comme d'humiliants désastres bien des victoires glorieuses et d'orgueilleux souvenirs. Lord Castlereagh est cloué au pilori d'infamie et William Pitt est jeté à bas de son piédestal. Il est vrai que cette dénonciation des crimes de l'Angleterre n'est qu'une façon indirecte de dénoncer les crimes de l'Allemagne. Car le plus grand crime moral de l'Angleterre aussi bien que sa principale erreur politique a été de se faire pendant près de deux cents ans l'instrument de la barbarie prussienne. L'accident politique d'une lignée de princes du Hanovre montant sur le trône des Stuarts et la haine non conformiste du catholicisme romain ont réussi à faire de la Grande‑Bretagne le complice de la Prusse protestante et, à une époque qui heureusement n'appartient plus qu'au passé, l'ennemi héréditaire de la France.

L'appui donné à la Prusse et l'hostilité contre la France sont des faits en corrélation intime et c'est pourquoi le plaidoyer de G. K. Chesterton contre l'Allemagne n'est qu'une façon détournée de plaider la cause de la France. De même que l'on doit à la Prusse l'influence sinistre qui s'exerça si longtemps dans la politique européenne, on n'aura vu en général rayonner de l'âme de la France que « douceur et clarté ». Aux jours les plus sombres du désaccord franco-britannique, Chesterton a gardé sans trouble et sans changement sa fidélité â l'ancienne Gaule et il est un de ceux qui auront le plus contribué à forger l'alliance politique et spirituelle qui sauve aujourd'hui l'Europe. Et c'est pourquoi, s'ajoutant aux brillants mérites littéraires des Crimes de l'Angleterre en dehors de l'intérêt passionnant qu'offre cet examen philosophique de l'histoire contemporaine de l'Europe et de la Grande‑Bretagne, les sympathies françaises de G. K. Chesterton recommandent suffisamment cette traduction de son dernier livre à l'attention du public français

 

CHARLES SAROLEA. »

 

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 06:51

L’un des buts de ce blogue, qui est l’une des vitrines de l’Association des Amis de Chesterton, est de présenter les ouvrages de Chesterton en suivant l’ordre de parution de ses livres en anglais. Nous sommes arrivés en 1915, pendant cette Première Guerre mondiale qui allait ravager l’Europe, engloutir un monde et des façons de vivre, pour déboucher quelques années plus tard sur une seconde boucherie planétaire.

En 1915, G.K. Chesterton publie The Crimes of England, un essai au titre profondément paradoxal quant à son contenu et quant au moment où il paraît. Alors qu’il avait été un adversaire farouche de la guerre contre les Boers, Chesterton se montre un défenseur tout aussi acharné de la guerre contre l’Allemagne. Son argumentation est très simple. La guerre contre les Boers était une guerre impérialiste, une guerre que l’on pourrait qualifier « d’offensive ». Celle contre l’Allemagagne est une guerre défensive : défense de la civilisation et défense d’un territoire envahi.

L’argument de défense de la civilisation peut paraître spécieux. Après tout, l’Angleterre et la France d’une part, l’Allemagne et l’empire austro-hongros d’autre part, appartiennent à la même civilisation européenne. C’est pour l’avoir oublié, nous semble-t-il aujourd’hui, que ces nations ont embrasé l’Europe.

Chesterton, lui, est persuadé qu’il s’agit bien d’une guerre de civilisation. Il en est tellement persuadé qu’il consacre toutes ces forces à le démontrer dans des livres comme La barbarie de Berlin, l’Appétit de la tyrannie ou Lettres à un ami garibaldien.

Dans Les Crimes de l’Angleterre, il repart sur le même thème.  Mais cette fois-ci, il opère une sorte de retournement, bien dans sa façon de faire, en mettant en cause l’Angleterre elle-même. On aurait tort de penser qu’il ne s’agit que d’un effet stylistique.

De quoi accuse-t-il, en effet, l’Angleterre, son pays ? Tout simplement, d’avoir été le porte-parole de la Prusse, de sa politique et de sa philosophie. Le tournant historique de cette réalité, c’est, bien sûr, l’arrivée sur le trône d’Angleterre des Hanovre à la place des Stuarts, au nom de la préservation des acquis de la Réforme. Derrière l’Angleterre accusée, derrière la Prusse villipendée, c’est l’esprit de la réforme protestante que remet en cause Chesterton, à travers l’évocation du passé de sa nation. Il en donne lui-même une sorte de résumé au chapitre IV, intitulé « L’arrivée des Janissaires » :

« Dans les deux chapitres qui précèdent, j’ai esquissé la manière dont l’Angleterre, soit par accident historique, soit par fausse philosophie, fut entraîné dans l’orbite de l’Allemagne dont le cercle avait déjà son centre à Berlin. Je n’ai pas besoin de récapituler ici tout au long les causes de cet entraînement. Luther était à peine un hérésiarque pour l’Angleterre bien que Henry VIII le tînt pour un niais. Mais le germanisme négatif de la Réforme, son avance vers le nord, sa mise en quarantaine de la culture latine furent dans un sens le commencement de l’affaire. C’est ce que représentent bien deux faits : le refus barbare du nouveau calendrier astronomique simplement parce qu’il fut inventé par un Pape et la singulière décision de prononcer le latin comme s’il s’agissait de n’importe quoi, en faisant non pas une langue morte mais une nouvelle langue. Plus tard, le rôle joué par certaines royauté est complexe et accidentel ; “l’Allemand furieux” vint et passa ; les Allemands beaucoup moins intéressants virent et demeurèrent.  Leur inflience fut négative mais non négligeable ; elle tint l’Angleterre à l’écart de ce courant de vie européenne où l’auraient emportée les Stuarts gallophiles. Un seul des Hanovriens fut activement  allemand, si allemand qu’il s’enorgueillissait réellement du nom d’Anglais (de Briton) et l’écrivait mal » (pp. 100-102).

 

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The Crimes of England parut en novembre 1915,  à Londres, chez « C. Palmer & Hayward ». Il comprenait dans cette édition 127 pages. En 1916, il fut publié aux Etats-Unis, chez « John Lane Company » (voir photo) et comprenait 173 pages. L’édition française date de la même année. Traduit par Charles Grolleau, Les Crimes de l’Angleterre, fut publié par les éditions Georges Crès et Cie, dans la collection Varia. Cette édition comprenait 275 pages, dont une introduction de Charles Sarolea (pp 3-11) et un portrait de l’auteur (photo).

 

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La table des matières est la suivante :

Introduction

1. Quelques mots au professeur Tourbillon

2. Le héros protestant

3. L’énigme de Waterloo

4. L’arrivée des Janissaires

5. L’Angleterre perdue

6. Hamlet et les Danois

7. Le minuit de l’Europe

8. Le mauvais cheval

9. Le réveil de l’Angleterre

10 La bataille de la Marne

 

Voici reproduit la table des matières de l’édition américain :

Image-2-copie-11.png Image-3-copie-14.png Image-4-copie-12.png

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À suivre…

 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 15:17
C’est le fruit d’un travail courageux et de longue haleine que nous offre le blogue Ora, Labora et Lege en mettant en ligne le texte de l’entretien mené par Alain Finkielkraut lors de son émission Répliques, le 8 mai dernier.

Il recevait ce jour-là le philosophe Jacques Dewitte, auteur d’un très intéressant essai anti-utilitariste, La manifestation de soi : Eléments d'une critique philosophique de l'utilitarisme (éditions de La Découverte, Bibliothèque du Mauss) et Basile de Koch (qui a remplacé au dernier moment Alberto Manguel) pour évoquer Chesterton à travers deux ouvrages, Hérétiques et Orthodoxie (éditions Climats).

Cette émission, de très grande qualité, pouvait être réécoutée grâce au système postcast. On peut désormais la lire, en allant sur ce lien. Un très beau travail (malgré quelques erreurs faciles à corriger). Nos félicitations à l’auteur de ce travail. Il rend aux amateurs de Chesterton un très grand service. 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 16:02

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Pour la troisième fois, cette année, Causeur, le portail d’Élisabeth Lévy, et la revue éponyme, parlent de Chesterton. Après deux articles de Basile de Koch (ici et ), c’est autour de Bruno Maillé de nous livrer un éblouissant article sur l’édition Climats d’Hérétiques et d’Orthodoxie. On voudrait évidemment tout citer, mais ce serait dommage de ne pas montrer à Causeur que des lecteurs sont intéressés par Chesterton. Aussi, je vous invite à cliquer sur ce lien et à découvrir cet article. Pour la bonne bouche, en voici un extrait composé du premier et du dernier paragraphe:

 

« Entre 1903 et 1908, une innombrable foule d’hommes modernes, saisie par la terreur, sillonne l’Angleterre, poursuivie par un éléphant. Dans cette cohue, on distingue confusément les silhouettes talentueuses de Rudyard Kipling, de George Bernard Shaw, de H. G. Wells. L’éléphant, guerrier, ardent et farceur, se nomme Gilbert Keith Chesterton. Cette cavalcade oubliée et inoubliable, ce grand moment de littérature et de pensée porte deux titres : Hérétiques (1905) et Orthodoxie (1908). La réédition par Climats et la nouvelle traduction que nous donne Lucien d’Azay de ces deux chefs d’œuvre longtemps introuvables en français compte au nombre des heureuses nouvelles de l’année 2010. Sale temps pour les modernes ! »

 

(…)

 

« Gloire au monde moderne, qui nous a donné Chesterton ! D’une trompe ferme et joviale, mille et trois fois Chesterton nous saisit par les pieds, nous autres modernes qui flottions doctement et majestueusement tête en bas dans les airs. Mille et trois fois, il nous retourne, nous fait virevolter vivement pour nous remettre à l’endroit. Mille et trois fois, sa trompe chaude nous colle et recolle affectueusement les pieds sur terre. Sur la terre ferme, sur le sol bête, sur l’ineffable plancher des vaches. Avec bonté, avec prodigalité, avec la joie d’un jeune animal jouant. Chesterton nous replace au cœur du miracle ordinaire. Au cœur du miracle d’être homme. Au cœur du rugueux miracle terrestre.Il veut nous donner ce qui est bon. Il veut nous donner le sol, la terre. Il veut que nos pieds, nos orteils endormis par leur séjour dans l’éther, retrouvent la joie nue de toucher la terre, la joie délicieuse, sensuelle, charnelle des orteils humains foulant la terre, la terre bonne et commune, extraordinairement ordinaire – il veut réveiller nos corps de la torpeur moderne, de l’anesthésie moderne, réveiller, au fond de nos corps, la joie foudroyante de la finitude. »

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:52


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Le Monde comme il ne va pas (traduction française réalisée par Marie-Odile Fortier-Masek pour les éditions de l’Age d’Homme) célèbre cette année ses cent ans. C’est un ouvrage important pour comprendre la pensée sociale de Chesterton et pour goûter dans le même temps sa truculence.

À l’époque de Chesterton, les mythes du progrès et de l’industrialisation déroulent devant les optimistes béats un tapis rouge qui prendra vite l'aspect du sang. À leurs yeux, le monde est beau, resplendissant et les malheurs appartiennent au temps passé, à l’âge des ténèbres. Une fois encore, Chesterton se trouve là où personne ne l’attend. Le monde, ou plus exactement, la création, il l’aime suffisamment pour ne pas accepter qu’on la défigure constamment. Il met donc en application sa pédagogie du renversement de perspective. Il déchire le voile des faux-semblants qui mine la société anglaise et qui l’enfonce dans une paradoxale satisfaction béate devant ses propres malheurs. Chaque aspect du monde moderne, chaque courant de la pensée moderne, constitue une terrible machine qui déracine l’homme de son terreau naturel en lui promettant le bonheur et en le rendant esclave.

Tout y passe ! La vision moderne de l’homme qui est un réductionnisme, l’aristocratie qui n’est plus qu’une oligarchie du « fric », l’impérialisme, destructeur des nations et serviteur du despotisme commercial, la « suffragette » qui met au placard sa féminité pour être davantage un homme, l’éducation moderne qui se refuse à éduquer, etc.

C’est une mise en cause, mais joyeuse, truculente, heureuse, le fruit d’un amoureux de la vie. C’est aussi une constante ouverture de réflexion sur une autre conception de la vie sociale, qui refuse de réduire l’homme à être un instrument de l’utilitarisme moderne.

Si l’on veut absolument un résumé de ce livre, pourquoi ne pas le trouver dans ce passage consacré à la famille, institution si importante pour Chesterton qu’il écrit : « Nous ne considérerons les tendances cosmiques et politiques qu’en fonction de leur incidence sur ce toit ancien et unique ».

Alors, que dit-il de la famille ?

« On peut dire que cette institution qu’est le foyer est l’institution anarchiste par excellence. C’est-à-dire qu’elle est plus ancienne que la loi, et qu’elle se tient à l’écart de l’État. De par sa nature, elle est revigorée ou corrompue par des forces indéfinissables issues de la coutume ou de la parenté. Cela ne veut dire pour autant que l’État n’ait pas autorité sur les familles : dans de nombreux cas qui sortent de l’ordinaire, on a recours, et il le faut, à cette autorité de l’État. Toutefois, l’État n’a pas accès à la plupart des joies et des chagrins familiaux, ce n’est pas tant que la loi ne doive pas interférer mais plutôt qu’elle ne le peut. Certains domaines sont trop éloignés de la loi, d’autres en sont trop proches ; il est plus facile à l’homme de voir le Pôle Nord que de voir sa propre échine. Des affaires sans importances et immédiates seront tout aussi difficiles à gérer que d’autres, plus importantes et lointaines. Les vraies peines et les vraies joies de la famille en sont un parfait exemple. Si un bébé réclame la lune en pleurnichant, le gendarme ne pourra pas plus aller la lui décrocher qu’il ne pourra le calmer. »

 

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Sa politique, ou si l’on préfère sa vision sociale, on le voit, est fort simple. Elle vise à marier ce couple apparemment  impossible, liberté et institutions. Au terme de Le Monde comme il ne va pas, il l’exprime à travers la parabole de la « petite fille » :

 

« Cette parabole, ces dernières pages, et mêmes toutes ces pages, visent à démontrer que nous devons tout recommencer, à l'instant, et par l'autre bout. Je commencerai par les cheveux d'une petite fille. Si mauvais que soit le reste, la fierté d'une bonne mère pour la beauté de sa fille est chose saine. C'est l'une de ces tendresses inaltérables qui sont les pierres de touche de toutes les époques et de toutes les races. Tout ce qui ne va pas dans ce sens doit disparaître. Si les propriétaires, les lois et les sciences s'érigent là-contre, que les propriétaires, les lois et les sciences disparaissent. Avec les cheveux roux d'une gamine des rues, je mettrai le feu à toute la civilisation moderne.

Puisqu'une fille doit avoir les cheveux longs, elle doit les avoir propre; puisqu'elle doit avoir les cheveux propres, elle ne doit pas avoir une maison mal tenue; puisqu'elle ne doit pas avoir une maison mal tenue, elle doit avoir une mère libre et détendue; puisqu'elle doit avoir une mère libre et détendue, elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier; puisqu'elle ne doit pas avoir une propriétaire usurier, il doit y avoir une redistribution de la propriété; puisqu'il doit y avoir une redistribution de la propriété, il doit y avoir une révolution.

Cette gamine aux cheveux d'or roux (que je viens de voir passer en trottinant devant chez moi), on ne l'élaguera pas, on ne l'estropiera pas, en rien on ne la modifiera; on ne la tondra pas comme un forçat. Loin de là. Tous les royaumes de la terre seront découpés, mutilés à sa mesure. Les vents de ce monde s'apaiseront devant cet agneau qui n'a pas été tondu. Les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées. Les vêtements, les demeures qui ne conviennent pas à sa gloire s'en iront en poussière. Sa mère peut  lui demander de nouer ses cheveux car c'est l'autorité naturelle, mais l'empereur de la Planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est l'image sacrée de l'humanité. Autour d'elle l'édifice social s'inclinera et se brisera en s'écroulant; les colonnes de la société seront ébranlées, la voûte des siècles s'effondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché. »

 

Nous célébrerons en octobre prochain à Paris ce grand livre chestertonien. Nous serons précédés, en quelque sorte, par l’American Chesterton Society, qui consacre sa conférence annuelle à ce centenaire. Cette 29ème  conférence annuelle aura lieu à Mt. St. Mary’s University, à Emmitsburg dans le Maryland, du 5 au 7 août prochain. Sous la houlette du président de l’American Chesterton Society, Dale Ahlquis, plusieurs interventions auront lieu qui décrypteront les erreurs de notre temps. Ainsi, Joseph Pearce sur les erreurs au sujet du progrès ; Geir Hasne, sur les erreurs au sujet de la science ; James Woodruff, en partant des liens entre GKC et Edmond Burke, sur les erreurs concernant le conservatisme ; James O’Keefe, sur les erreurs concernant les services sociaux ; William Marshner, sur les erreurs dans le domaine de la théologie.

Plus positives, d’autres interventions nourriront aussi la réflexion en traitant :

– La femme qui était Chesterton, par Nancy Brown, l’une des grandes plumes de l’American Chesterton Society ;

– Chesterton, Shakespeare et aujourd’hui, par le father Peter Milwar ;

– L’évangélisation de l’imagination, par Regina Doman ;

–Chesterton et Newman, par le father Ian Ker ;

Sans oublier bien sûr l’intervention toujours attendue de Dale Ahlquis.

Un grand moment auquel on regrette seulement de ne pas pouvoir assister…

 

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 11:20

Les amis de Chesterton connaissent-ils J.B. Morton ? Si vous habitez outre-Manche, vous avez certainement entendu parler de celui qui illustra les colonnes du Daily Express de 1924 à 1975 sous la signature de « Beachcomber ». Si, au contraire, vous habitez nos rivages, il est peu probable que ce nom évoque pour vous quelque chose, à part un parfait inconnu. Mais rassurez-vous : cette ignorance nous sommes nombreux à la partager. Elle montre d’ailleurs que nous avons encore des choses à découvrir et de bons moments de rigolade à passer.

 

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Désireux de soigner notre cas, les éditions du Dilettante viennent de publier Mr. Thake ou les tribulations, les infortunes et les déboires d’un gentleman anglais. La traduction a été assurée par Thierry Beauchamp, qui signe fort heureusement une postface qui nous permet de mieux connaître cet extraordinaire maître du nonsense.

 

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Poète à l’origine, journaliste par nécessité, « Royal Fusilier » à cause des humeurs politiques de la première décennie du XXe siècle, John Cameron Andrieu Bingham Michael Morton, dit J.B. Morton (c’est quand même plus simple…) récupéra, en 1924, une chronique de potins loufoques, illustrée jusqu’ici par John Bernard Arbuthnot sous le nom de « Beachcomber » puis par Dominic Bevan Wyndham Lewis. Ce dernier partageait avec Morton, outre le même bureau, un certain penchant pour le vin, la France, le catholicisme et le goût des facéties heureuses. Devant rejoindre le Daily Mail, il pistonna Morton qui prit place dans les habits de « Beachcomber » pour ne plus les quitter avant 1975. Il fit de cette chronique quelque chose de bien à part. « Peu à peu, écrit Thierry Beauchamp, il relégua au second plan la voix de Beachcomber, son double moqueur, pour lui préférer celles de correspondants imaginaires, représentants farfelus d’une haute société anglaise à cheval sur son sens du ridicule ». Parmi ces personnages, Oswald Thake, sorte de Bertie Wooster dont le Jeeves s’appelle en l’occurrence Saunders et se montre, lui, plus incapable que son maître…

Ce sont les échanges entre Mr. Thake et Beachcomber que nous offre de lire aujourd’hui ce premier volume. Il s’agit d’une sorte de nonsense à l’état pur. Il faudrait être fou pour vouloir résumer les escroqueries que subit ce bon Mr Take, les femmes qui l’ensorcellent, les départs en bateau qui ne se produisent jamais ou les soirées mondaines dans lesquelles il patauge. Des Etats-Unis à la France, en passant par l’Angleterre, ces aventures déconcertent, étonnent avant de nous emporter dans un sourire complice. De Morton, Evelyn Waugh disait qu’il avait « une fertilité comique inégalée chez les Anglais ». Chesterton le décrivait comme « Un vent grondant de rire élémentaire et essentiel ».

Catholique, Morton se lia aux Belloc, père (Hilaire) et fils (Peter). Il fut proche du courant politique illustré par le « Chesterbelloc ». Quelques allusions, légères et sans pesanteurs, le montrent dans ce volume des éditions du Dilettante. Il écrivit d'ailleurs un livre d'hommage à Hilaire Belloc « Hilaire Belloc A Memoir » et fit paraître une sélection de textes du célèbre écrivain.

 

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Mr. Take est le premier d’une longue série de livres (voir liste ci-dessous). Espérons que la rencontre avec le public français permettra de découvrir ces autres recueils.

 

Mr Thake (1929)

Mr Thake Again

By The Way (1931)

Morton's Folly

The Adventures of Mr Thake (republished 2008)

Mr Thake and the Ladies

Stuff and Nonsense

Gallimaufry

Sideways Through Borneo

A Diet of Thistles

A Bonfire of Weeds

I Do Not Think So

Fool's Paradise

Captain Foulenough and Company

Here and Now

The Misadventures of Dr Strabismus

The Dancing Cabmen

The Tibetan Venus

Merry-Go-Round (1958)

 

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 15:58

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Le courant distributiste, inspiré de la philosophie politique et sociale de Chesterton et Belloc, connaît aujourd’hui un véritable renouveau, notamment dans un pays comme les États-Unis. En 2004, les éditions (américaines) IHS Press publiaient un petit recueil de textes intitulé Distributist Perspectives, avec comme sous-titre « Essays on the economics of Justice and Charity ». On y trouvait des textes des grands noms du courant distributiste anglais, à commencer par ceux de G.K. Chesterton, Hilaire Belloc, Arthur J. Penty ou Eric Gill (voir ICI et ).

Ce premier volume vient de connaître une suite, avec un second volume, préfacé par l’Américain Allan C. Carlson qui retrace brièvement dans son introduction l’implantation aux États-Unis des idéaux distributistes avant la Seconde Guerre mondiale et les évolutions de certains de ses ténors pendant la Guerre froide. Celle-ci ne fut cependant pas la seule cause du désenchantement pour le « distributisme » puisque selon Carlson la mécanisation à outrance de l’agriculture américaine dans les années cinquante changea radicalement la situation.

Dans ce nouveau recueil, le volume II des Distributist Perspectives, on ne trouve pas de textes de Chesterton, mais ce dernier reste le grand inspirateur auquel se réfèrent les différents auteurs. Les différentes contributions réunies ici datent d’une période allant de 1943 à 1948, postérieure donc à la mort de Chesterton.

Eric Gill, par exemple, célèbre sculpteur et typographe, à l’origine de la communauté des artistes de Ditchling, consacre une étude sur l’instruction qu’il regrette voir se focaliser sur le carriérisme au détriment de la religion et du bien de l’enfant. La romancière Dorothy Sayers, célèbre reine du polar anglais, envisage les conditions d’une presse vraiment libre, notamment vis-à-vis de la publicité. Gerard Vernon Wallop, vicomte Lymington, souligne l’importance de la vie rurale pour la famille. H.J. Massingham expose, pour sa part, la manière dont les gouvernements britanniques ont supprimé la petite agriculture. Un propos repris par Harold Robbins qui l’élargit à l’importance du village comme communauté de vie. Philip Hagreen, partant de l’exemple de saint Joseph et de Jésus, montre qu’ils ont produit des objets destinés aux besoins normaux du voisinage, utilisant une matière première locale. Ils étaient les propriétaires de leur outil de production et leurs intelligences pratiques ont produit de véritables œuvres d’art. Mais Hagreen ne se contente pas d’évoquer ces modèles de l’artisan, selon la vision distributiste. Il dénonce vigoureusement les responsables des Églises qui ne sont pas opposés aux maux de l’industrialisme. D’autres auteurs, comme George Maxwell ou Jorian Jenks développent des idées similaires.

Le texte le plus important, en tous les cas, le plus théorique, est signé S. Sagar. Il s’agit d’une série d’articles publiés d’octobre à novembre 1946 dans The Weekly Review qui avait pris la succession du G.K.’s Weekly et qui paraîtra jusqu’en 1948. Sous le titre « Distributism », Sagar présente les grandes lignes de ce courant, sa philosophie et les difficultés qu’il rencontre dans une société et dans une économie entièrement bâties sur des fondements opposés. Il recentre l’ensemble du distributisme autour de la propriété familiale des moyens de production.

L’intérêt de ces textes ? Il est multiple. D’abord ils montrent que le courant distributiste, porté sur les fonts baptismaux par Chesterton et Belloc, a touché un nombre d’intellectuels plus grands qu’on ne le pense. Ces derniers ont cherché à explorer les pistes ouvertes par leurs devanciers, même s’ils ont été pris dans l’étau de la Guerre froide, peu propice à des chemins divergents. Ce qui frappe, enfin, c’est l’actualité de nombreux thèmes abordés alors et qui reviennent aujourd’hui sous les effets de la mondialisation. Il est étonnant de constater, en revanche, l’absence de réflexion sur l’État, son rôle, ses limites, de la part de ce courant. 

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 06:00

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L’année 2010 est l’année du centenaire de Comme le Monde ne va pas (What’s Wrong With the World) auquel sera consacré principalement (mais pas uniquement) le colloque de Paris au mois d’octobre prochain.

Mais c’est aussi l’année d’un autre centenaire, celui du Father Brown. Le premier recueil regroupant les premières histoires du Father Brown fut publié en 1911. Mais les premières histoires parurent, elles, dès 1910. Il y a donc cent ans que le petit prêtre détective de Chesterton est né. Cent ans et toujours aussi jeune ! Formidable, n’est-ce pas ?

Nous reviendrons, bien sûr, sur ces deux événements.

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:42

Un magazine entièrement et uniquement consacré à Chesterton, est-ce que cela existe ? Est-ce, tout simplement, possible ? Disons, imaginable ?

Un magazine qui, de l’éditorial aux critiques de livres en passant par le courrier des lecteurs et des reportages, parlerait principalement de G.K.C, sans donner l’impression de vraiment en faire trop ?

Oui, c’est possible ! Ce magazine, je l’ai rencontré. Son nom ? Gilbert Magazine, édité par la puissante American Chesterton Society qui ferait pâlir d’envie bien des associations littéraires. Gilbert Magazine fait beaucoup plus que de traiter de Chesterton. Il aborde nombre de sujets à la lumière de la pensée et de l’esprit de G.K.C. Cela donne un journal unique en son genre, absolument passionnant.

 

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Le maître-d’œuvre de cette affaire s’appelle Dale Ahlquist, (ci-dessus) président de l’Americain Chesterton Society et fin connaisseur de l’écrivain. À l’aide d’une vingtaine de collaborateurs, il publie ce journal passionnant que tous auront intérêt à lire.

 

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Le dernier numéro vient de me parvenir. Dans le courrier des lecteurs, j’ai remarqué une lettre d’Aidan Mackey, l’un des plus grands chestertoniens au monde, qui se montre un lecteur attentif de Gilbert Magazine. Dans cette lettre, il précise les liens entre Chesterton et Charles Williams (ci-dessus). Celui-ci est peu connu en France. Né en 1886, décédé en 1945, ce fut un poète, un romancier et un théologien du groupe des Inklings, petit groupe informel réunissant J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis, Warren Lewis et Hugo Dyson. Mackey nous apprend la collaboration de Charles Williams au G.K. 's Weekly et un admirateur du talent de poète de Chesterton.

 

 

 

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Dale Ahlquist, lui, consacre tout un article (deux pages) à Eric Gill, sculpteur de la pierre tombale de G.K.C, et comme lui fervent du distributisme, fondateur de la communauté des artistes de Ditchling, à l‘origine d’un type de caractères typographique et collaborateur du G.K.'s Weekly. Dale Ahlquist ne cache pas qu'Eric Gill fut, en fait, un pervers sexuel comme l’a révélé son dernier biographe en s’appuyant sur son Journal. Cet aspect était inconnu de Chesterton. Comme l’écrit Dale Ahlquist, « Gill et Chesterton étaient amis, et ils étaient réunis dans la même foi catholique et dans les mêmes idées économiques. Gill était un ardent distributiste, le fondateur d’une communauté distributiste, et du mouvement Art and Crafts. C’était aussi un contributeur rélgieur au G.K’s Weekly ». Il nous apprend que les deux hommes ne partageaient cependant pas le même avis sur l’art.

Un mot pour finir : on trouve évidemment dans Gilbert Magazine de nombreux extraits de textes de Chesterton.

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