Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:02
Nous publions ci-dessous un premier extrait de l'introduction à Utopie des usuriers qui vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau.  Le livre venant de sortir, on a tout intérêt à le commander auprès de l’éditeur (tirage limité). Soit directement par téléphone au tel : 01 53 68 99 77 (jours ouvrables et horaire de bureau) ; soit sur le site de l'Homme Nouveau (paiment sécurisé) : ICI.

COUV CHESTERTON UTOPIE« C’est un Chesterton peu familier au public français que va découvrir le lecteur en lisant Utopie des usuriers et les autres essais qui lui ont été ajoutés. Chesterton bénéficie, en effet, dans notre pays d’une image de joyeux écrivain, jongleur des mots, manieurs de paradoxes, capable d’asséner des coups en évitant pourtant toujours qu’ils soient mortels. Que l’on goûte ou non son style, il profite d’emblée d’un instinctif capital de sympathie qui découle certainement d’une corpulence jugée trop imposante pour être vraiment dangereuse.
Lecteur, attention ! Dans ce livre, Chesterton est en colère. D’une colère qui tonne et qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions. On pourrait le rapprocher ici de notre Bernanos qui lui aussi a souvent été révolté devant les lâchetés de son époque et n’a pas hésité à clamer son dégoût, s’en prenant avec un talent immense aux « imbéciles » laminés par chacune de ses phrases. La colère de Chesterton, pour être aussi réelle, ne prend pourtant pas les mêmes chemins. Elle n’a pas éteint son humour ni sa capacité à montrer les contradictions d’une situation apparemment normale. S’il tonne et frappe, sa colère est subtile et sa moquerie permanente. Certes, c’est un homme blessé qui écrit et qui déverse son courroux. Mais on sent chez lui comme un effort à ne pas se laisser enfermer dans ce qui pourrait se transformer en haine.

Face à une société aux mains des puissances de l’argent, l’écrivain encore jeune – ce recueil paraît en 1917 alors que Chesterton est âgé de 43 ans – ne cache pas son écœurement et dissèque quelques aspects d’un système qui peu à peu donne tous les droits à l’argent au détriment des anciennes valeurs morales. À son habitude, il ne suit pas une démonstration rigoureuse, mais pourfend les fauteurs de scandales, les puissants du moment. L’homme est en colère, nous l’avons dit, mais cela ne l’empêche pas au détour d’une phrase, au coin d’un bon mot, d’inviter son lecteur à contempler une vérité profonde qui traverse le temps.

C’est justement en raison de l’universalité de certains de ses propos que nous devons aller à sa rencontre aujourd’hui. Il ne s’agit pas en effet simplement de nous replonger dans une époque révolue et qui, pour une grande part, ne nous concerne qu’indirectement. La lecture de ce petit livre doit nous offrir au contraire l’occasion d’ouvrir les yeux sur notre propre monde et de trouver les ressources nécessaires pour ne pas nous endormir devant un système qui décortique les âmes comme on effeuille une pâquerette et détruit les relations humaines et la vie en société au profit de l’individu-consommateur, sorte de monade perdue dans les étendues du grand marché.
»

À suivre…


Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
commenter cet article
12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:54
COUV-CHESTERTON-UTOPIE.jpg


Les éditions de l’Homme Nouveau viennent de publier un ouvrage peu connu de Chesterton en France, et jusqu’ici complètement inédit : Utopie des usuriers. Paru en 1917, ce petit livre, auquel l’éditeur a ajouté dix-huit autres essais de l’écrivain, fit scandale lors de sa sortie en librairie. En fait, il s’agit même du seul livre de Chesterton qui fut publié directement aux États-Unis sans connaître une édition anglaise préalable.

 

Si les choses se présentent mieux aujourd’hui – Utopia of usurers est disponible en Angleterre désormais –, ce livre, qui s’insère dans la série des essais sociaux de Chesterton,  comme Le Monde comme il ne va pas (L’Age d’Homme) et Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (éditions de l’Homme Nouveau), mérite lui aussi d’être découvert et lu alors que notre société est confronté à une crise de longue durée qui touche jusqu’à la conception de l’homme qu’elle induit.

 

À sa manière, toujours paradoxale et stimulante, Chesterton surprend son lecteur à chaque page de ce nouvel essai. On ne peut qu’en conseiller la lecture, d’autant que la traduction a été réalisée par Gérard Joulié (traducteur également du Plaidoyer et du gros volume des contes parus à l’Age d’Homme : La fin de la sagesse).

 

En attendant de découvrir plus en détail Utopie des usuriers, en voici la présentation de l’éditeur :

 

 

 

« Lecteur, attention ! Dans ce livre, Chesterton est en colère. Face à une société aux mains des puissances de l’argent, l’écrivain, habituellement si débonnaire, ne cache pas son écœurement et dissèque quelques aspects d’un système qui peu à peu donne tous les droits à l’argent au détriment des anciennes valeurs morales. À son habitude, il ne suit pas une démonstration rigoureuse et conserve son humour pour pourfendre les fauteurs de scandales, les puissants du moment.

 

Livre de colère, essai d’hier pour aujourd’hui, Utopie des usuriers nous apprend qu’il y a un moment où le silence se fait complice et qu’il faut se réveiller au moins pour respecter son propre honneur.

 

On trouvera aussi dans ce livre 18 autres essais à travers lesquels Chesterton aborde la question irlandaise, l’industrialisme prussien, la Révolution française, le mauvais journalisme ou la situation sociale de son temps.

 

Lors de sa publication en 1917, l’ouvrage ne fut pas publié en Angleterre, en raison de sa virulence, mais directement à New York. »

 

 

 

 Le livre venant de sortir, on a tout intérêt à le commander auprès de l’éditeur (tirage limité). Soit directement par téléphone au tel : 01 53 68 99 77 (jours ouvrables et horaire de bureau) ; soit sur le site ICI.

 

 

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
commenter cet article
2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 06:50
Fin de notre présentation de l'Affaire Marconi (six volets au total dont celui-ci. Pour les précédents voir ICI, LÀ, , et )

Image-2-copie-8.png
Le 11 mars 1913 le New York Times répercute l'action en justice contre Le Matin.
L'Affaire Marconi devient internationale.

Dans son autobiographie, Chesterton s'explique sur l’accusation d’antisémitisme à propos du scandale Marconi. « Nous rejoignons ici, écrit-il, une autre légende sur le cas Marconi ; c’est que ce fut une attaque contre les Juifs. Comme disait M. Belloc quand il témoigna devant la justice, il serait difficile d’imaginer quelqu’un qui ressemblât moins à un juif que M. Llyod George. Et c’est le moment d’ajouter ici une bien curieuse conséquence de l’affaire ; curieuse et ironique aussi ; bien des années après que mon frère eut reçu, avant de mourir, les derniers sacrements dans un hôpital français, son vieil ennemi Godfrey Isaacs mourait peu de temps après s’être lui-même converti à la même Église catholique universelle. Nul plus que mon frère ne se serait réjoui de savoir cela. » Difficile évidemment de savoir quelles auraient été les véritables réactions de Cecil Chesterton. Force est de voir cependant ici l’expression du sentiment de Chesterton lui-même.

L’affaire Marconi eut pour ce dernier une autre conséquence. Il collaborait au Daily News depuis le 6 janvier 1901. Or la direction de ce journal soutint le gouvernement au moment de l’affaire Marconi, ce qui révolta bien évidemment le chroniqueur. Son dernier article dans le journal libéral date du 1er février 1913, mais c’est la direction qui prit l’initiative de le remercier.
À partir du mois d’avril suivant, il trouva refuge au
Daily Herald qui venait d’être lancé l’année précédente par les milieux syndicalistes et socialistes. Cette collaboration dura jusqu’au 26 septembre 1914 et permit à Chesterton d’écrire les articles réunis plus tard sous le titre d’Utopia of Usurers. Lors de sa publication en 1917, l’ouvrage ne fut pas publié en Angleterre, en raison de sa virulence, mais directement à New York.


FIN.


Image-1-copie-14.png

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 04:15

Depuis plusieurs jours nous présentons aux lecteurs de ce blogue l'Affaire Marconi qui toucha l'Angleterre en 1912 et qui eut une répercussion directe sur la vie de Chesterton. Nous arrivons maintenant à la présentation de ce dernier aspect. 

Image-2-copie-7.png


Cecil Chesterton (1879-1918)


L'Affaire Marconi (5)
Et Chesterton dans tout cela ? En fait, comme nombre de ses confrères de la presse, le jeune frère de l’écrivain, Cecil Chesterton, alors directeur du journal The New Witness, fondé avec Hilaire Belloc, s’était lancé dans une vive polémique contre le gouvernement, accusé de faire le jeu des financiers et de s’enrichir sur le dos du peuple anglais. Il s’en était particulièrement pris à Godfrey Isaacs, frère de l’Attorney General et surtout directeur de la Compagnie Marconi.
Celui-ci le poursuivit devant la justice et le tribunal condamna Cecil Chesterton à une amende de cent livres sterling. Cependant, le tribunal se garda bien de juger le fond de l’affaire. Il n’entendait se prononcer que sur le fait de savoir si Cecil Chesterton avait injustement représenté et dépeint Godfrey Isaacs. Chesterton écrit dans son autobiographie : « Les jurés furent invités à trouver, et ils trouvèrent, en effet, que le portrait du promoteur de compagnies était inexact. Mais les jurés ne trouvèrent nullement, et il leur fut expressément déclaré qu’ils n’étaient pas compétents pour trouver que la conduite des ministres Marconi avait été régulière ».
Toujours dans son autobiographie, Chesterton aborde cet épisode de son existence avec une sorte de détachement dont il ne faut pas être dupe. Il fut fortement révolté par le fait que son frère Cecil, qu’il admirait profondément, fut condamné le 27 mai 1913 pour « Criminal lebel » (diffamation) alors que les ministres s’en tirèrent, certains même bénéficiant d’un titre aristocratique. Comme il le confesse pourtant dans le même ouvrage : « C’est la mode à présent de partager l’histoire récente en avant-guerre et après-guerre. Je crois qu’il est presque aussi important de la diviser en jours d’avant Marconi et jour d’après Marconi. Ce fut durant l’agitation provoquée par l’affaire Marconi que l’Anglais moyen perdit son incurable ignorance ; ou, plus simplement, son innocence ».
N’en doutons pas : Chesterton est bien cet Anglais moyen et c’est bien lui qui perdit alors son innocence politique à l’occasion de ce scandale. 


A suivre… 
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 11:42

Trois volets sont à ce jour publiés sur notre blogue concernant l'affaire Marconi (ICI, et ). Dans ce nouvel épisode, nous présentons la suite du travail de la commission d'enquête parlementaire.

 

  Image-5-copie-11.png

La Une du Matin du 14 février 1913 contenant un article accusant

Herbert Samuel et Rufus Isaacs de délit d'initiés (article ci-dessous)

 



Le scandale Marconi (IV)

 


Mais la commission d’enquête ne se contenta pas de ces examens techniques. Elle convoqua les journalistes qui s’étaient attaqués aux ministres. En revanche, ces derniers ne furent pas appelés. L.J. Maxse, directeur de la National Review fut convoqué par la commission d’enquête. Il attira aussitôt l’attention sur l’étrangeté que représentait l’absence des ministres concernés. C’est alors que la France se mêla de l’affaire Marconi. Le 14 février 1913, le quotidien Le Matin publiait un article de son correspondant à Londres affirmant que L.J. Maxse avait accusé Herbert Samuel, Rufus Isaacs et Godfrey Isaacs d’avoir acheté des actions de l’« English Marconi Company » à 50 francs avant les négociations avec le gouvernement et de les avoir ensuite revendues à 200 francs quand le public avait été averti du contrat passé entre l’État britannique et cette société.

Évidemment, L.J. Maxse n’avait rien déclaré de tel. Comme par hasard, Rufus Isaacs était à Paris quand la nouvelle parut dans Le Matin. Aussitôt, il fit savoir avec Herbert Samuel qu’ils poursuivraient le journal français pour ses allégations. Étrangement, ils n’avaient rien entrepris de tel contre les journaux de leur pays. Le Matin retira ses propos dès le 18 février. Pourtant, les poursuites contre ce journal furent maintenues et le procès eut lieu le 19 mars.

Au cours de l’audience, l’avocat des ministres, le célèbre Edouard Carson mentionna à la fin d’une longue intervention, et comme en passant, l’histoire de l’achat des parts de la compagnie américaine. Le Times devait d’ailleurs le relever dans son édition du 9 juin 1913 : « Le fait a été énoncé en passant, comme s'il s’agissait d’une question futile et non pertinente ». On dit bien alors que Rufus Isaacs avait acheté des parts, mais sans mentionner à qui ; qu’il avait payé le prix du marché, mais pas que les parts n’étaient pas encore sur le marché ; qu’il en avait vendues à Llyod George et à Master of Elibank et qu’il en avait acheté pour eux, mais pas que ces derniers en avait achetées d’autres. On a même déclaré que Rufus Isaacs avait perdu de l’argent dans cette affaire, sans préciser qu’il en avait gagné en vendant une grande partie de ses parts et qu’il en avait perdu sur celles qui lui restaient quand le titre s’était effondré.

 

  Image-9-copie-3.png

 

L'article du Matin le 14 février 1913 qui devait faire scandale.

 

 


Finalement, cinq mois après la constitution de la commission d’enquête, Refus Isaacs fut invité à se présenter devant elle. Il finit par admettre qu’il avait acheté des parts à un prix moindre que celui qui fut proposé. Le 28 mars, ce fut au tour de Llyod George de se présenter devant la commission d’enquête, ce qui conduisit à un échange mouvementé entre Llyod George et Rufus Isaacs. Il s’expliqua sur son silence concernant l’achat des actions de la Marconi américaine, mentionnant qu’il n’avait pas eu le temps de s’exprimer devant le Parlement. Il expliqua également qu’il avait perdu beaucoup d’argent dans cette affaire.

De son côté, The New Witness n’avait pas cessé son action. Le 9 janvier 1913, un article paraissait mettant en cause Godfrey Isaacs et lançait dans les rues des hommes-sandwich l’accusant nommément.


Image-10-copie-4.png
Le démenti du Matin paru le 18 février 1913
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 12:31

nous continuons la publication de notre enquête sur la complexe affaire Marconi, liée à la vie de Gilbert et de Cecil Chesterton. Deux volets ont déjà paru (ICI et ).

 

  Image-3-copie-12.png

 

  Rufus Isaacs, Attorney General du gouvernement Asquith

 

 


Le scandale Marconi (3)


Présentée le 19 juillet 1912 devant le Parlement, la question du contrat avec la « Marconi Company » rencontra très vite une vive opposition. Dès le 20 juillet, W.R. Lawson dénonçait le contrat dans un article du Outlook. Le 1er août, un parlementaire travailliste s’interrogeait publiquement sur la hausse des actions Marconi. Le 6 août, dernier jour de la session parlementaire, le Premier ministre Herbert Henry Asquith s’engageait à ne pas conclure de contrat tant que la lumière ne serait pas faite sur cette affaire. Mais la discussion parlementaire sur ce sujet était repoussée à la session d’octobre.

Dès le 8 août, Cecil Chesterton publia son premier article consacré au scandale dans The New Witness. Sous le titre « The Marconi Scandal », il dénonçait un accord secret entre Godfrey Isaacs et Herbert Samuel pour imposer la « Marconi Company » au peuple anglais, favorisant ainsi le monopole, le refus de la concurrence et la corruption. En septembre, la National Review publiait aussi un article critique. Le même mois, le Morning Post et le Spectator lançaient des enquêtes sur le sujet. En octobre, la National Review attirait l’attention sur la question des actions de la Marconi américaine. Le 11 octobre, Rufus Isaacs (photo) prenait la parole devant la Chambre des Communes et présentait les accusations contre lui-même, Llyod George et Herbert Samuel de telle manière qu’ils les niait. Il rappelait que le gouvernement négociait un contrat avec la Marconi anglaise et qu’il n’était nullement question d’acheter des parts de celle-ci.

D’une certaine manière, il disait juste puisque les parts en vente étaient celles de la Marconi américaine. Sur celle-ci, il ne dit mot. De son côté, Herbert Samuel put affirmer qu’aucun de ses ministres n’avaient acheté des parts de la Marconi… anglaise. En fait, aucun d’eux ne parlait clairement de la Compagnie anglaise. Il stipulait à chaque fois « cette compagnie » afin que l’on ne soulevât pas la question de la branche américaine. Le 29 octobre, la commission d’enquête fut constituée. Comme il était habituel, elle donnait une place proportionnelle à la représentativité des partis au Parlement. Les Libéraux et leurs alliés étaient donc majoritaires. Son enquête lui permit de mettre à jour que d’autres systèmes auraient pu être utilisés et à des coûts moindres. Elle montra également que le choix de Marconi se fit sur de simples engagements verbaux alors que l’on avait obligé – ce qui est normal – la concurrence à se soumettre à des tests. De la même façon, la commission d’enquête montra que le gouvernement avait proposé initialement que Marconi participe au niveau de 3% des recettes et que Godfrey Isaacs avait obtenu que ce pourcentage s’élevât à 10%. De ce fait, la question de l’examen des conditions techniques fut très vite posée. On apprit alors qu’un sous-comité technique avait été constitué par le passé, qu’il avait conseillé un autre système que le système Marconi et que son rapport avait été… enterré. Un nouveau comité technique fut alors nommé. Son rapport montra la qualité du système Marconi et combien The New Witness de Cecil Chesterton avait exagéré dans ses attaques contre ce dernier. Malgré tout, le rapport concluait qu’il valait mieux ne pas s’attacher à un système en particulier en raison de l’évolution rapide des techniques.

À suivre…
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:19

Image-4-copie-11.png

Godfrey Isaacs en octobre 1912


Nous continuons ci-dessous la présentation du Scandale Marconi, affaire qui secoua l'Angleterre en 1912 et qui est liée de manière particulière à la vie de Chesterton (Premier volet : ICI).

 

 

 

Le Scandale Marconi (2)


De retour en Angleterre, Godfrey Isaacs dîna le 9 avril 1912 avec ses frères Harry et Rufus. La discussion pendant le repas porta principalement sur l’arrangement qui venait d’être conclu au profit de la Marconi américaine. Godfrey proposa donc à ses frères de leur vendre 100 000 parts pour un peu plus d’une £ chaque. Rufus Isaac n’accepta pas de se porter acquéreur, estimant qu’il ne s’agissait pas d’un bon placement. En revanche, Harry en acheta 50 000. Cette histoire prit un nouveau tour quand une semaine plus tard, le 17 avril exactement, Rufus Isaacs acheta finalement 10 000 parts au prix de £2 chaque à son frère… Harry. Il acceptait donc de payer plus cher des parts dont il avait estimé qu’il ne s’agissait pas d’un bon placement. Mais il se fit également vendeur à son tour puisqu’il vendit 1 000 parts au Chancelier de l’Échiquier, David Llyod George, et 1 000 à Alexander William Oliphant Charles Murray, 1er baron Murray of Elibank, secrétaire parlementaire au Trésor. Cependant aucun argent n’avait été déboursé. Rufus Isaacs ne paya pas Harry Isaacs ; Llyod George et Master of Elibank ne payèrent pas Rufus Issacs. En effet, les parts de la Marconi américaine n’avaient pas encore été émises à cette date. Le 19 avril, elles furent mises en vente à £ 3,5 pour atteindre dans la journée £ 4. Ce jour-là, Rufus Isaacs en vendit 7 000 au prix de £ 3,6. Le lendemain, ce fut au tour de Lloyd George et de Master of Elibank de procéder à la mise en vente de leurs parts pour un peu plus de £ 3. Un mois plus tard, ils achètent à nouveaux 3 000 parts, mais cette fois pour un peu plus de £ 2. De la même façon, entre avril et mai, Master of Elibank achètera au nom du Parti libéral 3 000 parts.

Devant la commission d’enquête parlementaire qui se réunit plus tard, les trois hommes reconnurent chacune de ces transactions. À l’exception de la vente de parts le 19 avril par Rufus Issacs, aucune preuve de ces transactions n’existait. À aucun moment, un courtier n’était intervenu. Jusqu’au 6 janvier 1913, soit neuf mois plus tard, Rufus Isaacs n’avait toujours pas payé son frère Harry. Il le fit ce jour-là alors que l’enquête parlementaire était en cours. Il n’en restait pas moins que ces hommes avaient commis de graves irrégularités. On pouvait estimer, en effet, que l’achat d’actions d’une société avec laquelle un contrat d’État est en cours de négociation, par des membres du gouvernement et à un prix avantageux, était comme un cadeau de la part de la société en question. En outre, on pouvait juger aussi que les dits-membres du gouvernement avaient intérêt financièrement à ce que le contrat soit ratifié par le Parlement.

A suivre…
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 11:44

L'Affaire Marconi ? Ce nom évoquera certainement peu de choses à beaucoup de nos lecteurs. Pourtant ce scandale représente un moment important de la vie de Chesterton, et même des Chesterton, puisque son frère Cecil fut aux avant-postes pour dénoncer ceux qui profitaient de cette affaire.
Quand elle est connue, l'affaire Marconi entraîne beaucoup de jugements sommaires, d'idées fausses, d'approches tronquées. Nous avons mis plusieurs jours avant de commencer à comprendre de quoi exactement il retournait.
Nous livrons ci-dessous la première partie de notre enquête. Celle-ci doit beaucoup à Maisie Ward qui, pour sa grande biographie de Chesterton, n'a pas hésité à attaquer le sujet de front. 
Dans ce livr (Gilbert Keith Chesterton, Sheed and Ward, 1944), Maisie Ward consacre un chapitre entier à cette affaire. Elle rapporte qu’elle a lu les deux mille pages de rapport de l’enquête parlementaire consacrée à l’affaire, les six cents pages du rapport concernant Cecil Chesterton ainsi que l’ensemble des articles de presse sur ce sujet. Une grande partie de nos propos s’appuie sur son travail.

Pourquoi parler de l'Affaire Marconi ? Nous l'avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blogue, à chaque fois comme en passant (ICI et ) et notamment récemment à propos de la compréhension de L'Auberge volante ( et ). Des lecteurs nous ont demandés des explications sur cette affaire et son lien avec G.K. Chesterton. Comme à chaque fois, nous essayons de faire un travail sérieux, recherchant les sources, vérifiant les données, essayant de rendre clair ce qui ne l'est pas toujours. Confessons-le humblement : nous ne sommes pas par certain du (bon) résultat. Nous livrons à partir d'aujourd'hui le fruit modeste de plusieurs heures de lecture et de recherche. Que les lecteurs n'hésitent pas à nous poser des questions. Elles nous aideront à mieux cerner les contours du Scandale Marconi. 

 

 L'Affaire Marconi (1)

 

 

Image 2-copie-6

 

Pendant l’été 1912, l’Angleterre est secouée par un délit d’initiés aussitôt connu sous le nom de scandale Marconi. À vrai dire, le physicien italien Guglielmo Marconi, considéré alors comme l’inventeur de la radio (cette position sera contestée par un jugement de la Cour suprême des États-Unis qui en 1943 reconnaîtra l’antériorité des travaux de Nikola Tesla) n’a qu’un rapport indirect avec le scandale qui passera à la postérité sous son nom.

Tout commence en 1911 quand le cabinet britannique dirigé par Herbert Asquith s’accorde pour mettre sur pied une station de radio d’État en Angleterre et dans le reste de l’Empire britannique. Financièrement, l’enjeu est de taille. L’entreprise qui décrochera le contrat s’assurera obligatoirement des revenus importants et une notoriété qui vaut, à elle seule, toutes les publicités. L’homme chargé de trouver cette entreprise s’appelle Herbert Samuel, Postmaster General, c’est-à-dire ministre de la Poste. Son choix s’arrête finalement sur la « Marconi Wireless Telegraph Company » dont l’offre a été acceptée le 7 mars 1912. Un choix normal et compréhensible au regard de la position et de la notoriété de Marconi dans le monde de la radio. Seulement, l’un des dirigeants pour l’Angleterre de la « Marconi Wireless Telegraph Company » s’appelle Godfrey Isaacs, non seulement ami de Herbert Samuel mais également frère de Rufus Isaacs, Attorney General et à ce titre membre du même gouvernement.

Le contrat qui liait la « Marconi Wireless Telegraph Company » à l’État britannique stipulait qu’elle se chargeait d’établir différents relais à travers l’Empire en facturant à chaque fois 60 000 £ par station. Seulement il fallait encore que ce contrat fut entériné par le Parlement pour devenir réellement effectif. Or, c’est le 19 juillet suivant qu’il fut présenté devant la Chambre des Communes. L’affaire Marconi s’est jouée pendant les quatre mois qui séparent l’acceptation de l’offre de la compagnie le 7 mars et l’ajournement du contrat le 19 juillet 1912 par la Chambre des Communes.

Que s’est-il passé pendant ce laps de temps ?

Alors que Herbert Samuel n’a rien fait savoir officiellement de l’accord avec la « Marconi Wireless Telegraph Company », dès le 8 mars 1912 celle-ci informait ses actionnaires de la bonne nouvelle que constituait pour elle le choix du gouvernement britannique. Elle omettait cependant une information capitale : la clause 10 du contrat indiquait que le gouvernement pouvait rompre à tout moment l’accord qui le liait à la compagnie s’il trouvait un système plus intéressant.

Mais l’affaire allait surtout naître d’une autre raison. Peu après l’accord, Godfrey Isaacs se rendait aux États-Unis où il cumulait, en plus de ses responsabilités au sein de la branche anglaise de la « Marconi Company » celle de directeur de son équivalent américain. Pour faire simple, la moitié du capital (d’un montant de 1 600 000 dollars) de la compagnie américaine appartenait à la compagnie anglaise. Très entreprenant, Godfrey Isaacs acheta au nom de cette dernière les parts de la rivale de la Marconi américaine. À celle-ci, sans que l’on sache exactement le bénéfice réalisée, il revendit ces parts pour un montant de 1 400 000 dollars. La branche américaine de la « Marconi Company » se réorganisa et son capital fut porté à 10 000 000 de dollars dont deux millions étaient répartis en action de 5 dollars. Cette augmentation de capital impliquait cependant que la branche anglaise se portât garant de la branche américaine en raison de la mauvaise réputation de celle-ci. Godfrey Isaacs s’était pour sa part engagé à vendre 500 000 parts. C'est de cette vente qu'allait partir le scandale. 

A suivre…


 
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 00:30
Nous venons de tomber sur le blogue de Martin Page, qui ce 14 février, a consacré quelques lignes à Chesterton. Qui est Martin Page ? Selon la biographie publiée sur son blogue : « Né en 1975, Martin Page passe sa jeunesse en banlieue sud de Paris. Son premier roman, Comment je suis devenu stupide, est publié en 2001. Suivront, au Dilettante, La Libellule de ses huit ans (2003), On s’habitue aux fins du monde (2005). Peut-être une histoire d’amour paraît en 2008 aux éditions de l’Olivier. Auteur d’un livre sur la pluie, il écrit également pour la jeunesse à l’Ecole des Loisirs (Conversation avec un gâteau au chocolat, Je suis un tremblement de terre…). Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays. »
Il vient visiblement d’écrire un article sur Chesterton – bonne nouvelle – et retire de cet exercice les réflexions suivantes :
« Article sur Chesterton terminé. Il a l’image d’un auteur brillant mais aussi d’un auteur catholique et réactionnaire. Il ne faut pas le laisser à la droite et aux catholiques ; ils le servent mal, on est pas loin du kidnapping. Je suis pour une collectivisation de Chesterton. Il est pour tout le monde. Une citation : “Ma première et ma dernière philosophie (en laquelle je crois avec une certitude inébranlable), je l’ai apprise dans mon enfance. Les choses que je croyais alors, les choses auxquelles je crois aujourd’hui, sont ce que l’on appelle des contes de fées. Ce sont des choses parfaitement raisonnables. Ce ne sont pas des fantaisies.” Plus loin il écrit : “L’arbre donne des fruits car il est MAGIQUE. La rivière coule de la montagne car elle est MAGIQUE”. Comment ne pas aimer cet homme ? »
Nous ne cacherons pas que nous sommes d’accords en grande partie avec cette vision. Oui, Chesterton est pour tout le monde et il n’appartient à personne en propre.
N’empêche ! Parler de « kidnapping » parce que des catholiques, comme lui s’en réclament, c’est un peu facile. « kidnapping » pour « kidnapping », l’inverse est aussi vrai.
Réactionnaire ? Voire ! Le mot est passe-partout et désigne davantage une étiquette accusatrice qu’une réalité profonde. Réactionnaire l’auteur de l’Utopie des usuriers, recueil d’articles parus dans le socialiste Daily Herald ? Réactionnaire l’auteur de Ce qui cloche dans le monde et Outline of sanity (Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste), charge contre le capitalisme des trusts ? Peut-être ! À condition de définir les mots et de s’entendre sur le sens qu’on leur donne. En tous les cas, l’ancien « radical » ne fut jamais un homme de droite au sens que ce mot a pris en France. Certes, ce beau défenseur des contes de fées fut un catholique, d’abord en pensée, puis en acte, à partir de 1922. Le livre où il présente une belle défense des contes de fées ; le livre d'où vient la citation – tronquée – de Martin Page, est aussi le livre de la défense du christianisme, livre qui fut jugé dans l’Angleterre de l’époque comme un scandale parce qu’il semblait crypto-catholique.
Oui, Chesterton est à tout le monde et oui, d’une certaine manière, faut-il le collectiviser. Mais si on apprécie celui qui écrit sur les contes de fées, prenons aussi le risque de ne pas oublier qu’il le fait en défense du catholicisme et que donc le catholicisme ne correspond peut-être pas à l’image facile que l’on s’en fait.
Il ne s’agit pas de croire ou de ne pas croire. La foi est un don, pas une marchandise d’occasion que l’on troque au terme d’une lecture et d’une argumentation. Ce n'est surtout pas un article publicitaire ! Il s’agit de savoir si l’homme qui défend cette vision des contes de fées et le catholicisme – les deux ensembles, il ne s'agit pas d'un supermarché où l'on prend à sa guise – n’a pas un regard plus juste que le notre sur le catholicisme. C’est d’ailleurs un effort qui doit être effectuer par tout lecteur de Chesterton. L’une des raisons qui nous pousse à l’aimer, au-delà de nos désaccords avec certaines de ses positions, c’est bien qu’il ne nous laisse pas tranquille avec notre médiocrité.
Pour finir, voici la citation intégrale sur les contes de fées dans la traduction d’Anne Joba (Orthodoxie,Idées/Gallimard, 1984, p. 72). Dès que nous le pourrons, nous donnerons aussi la nouvelle traduction de ce passage dans la nouvelle édition d’Orthodoxie à paraître chez Climats :
« Ma première et dernière philosophie, celle en laquelle je crois avec une certitude inébranlable, je l’ai apprise dans ma chambre d’enfant. D’une manière générale, je l’ai apprise d’une nourrice, c’est-à-dire de la prêtresse solennelle, désignée par les astres pour veiller sur la démocratie et sur la tradition. Ce à quoi je croyais le plus alors, ce à quoi je crois le plus aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle les contes de fées. Ils me paraissent tellement sensés. Ils n’ont rien d’une fantaisie. »
et plus loin, il écrit :
« Un arbre donne des fruits parce que c’est un arbre magique. L’eau ruisselle de la colline parce qu’elle est encorcellée » (p.77).
Seulement, Chesterton veut simplement dire par là que le fantastique, l’extraordinaire et le miraculeux, pour peu que le regard ne soit pas embué, se trouvent dans les choses ordinaires de l’existence puisque la naissance même de chaque homme est un miracle. Face à un monde scientiste et rationaliste, il propose une défense enthousiaste du miracle. S’il y a un conte de fées, c'est aussi qu’il y a un conteur…
Voici maintenant l'original anglais  :
« My first and last philosophy, that which I believe in with unbroken certainty, I learnt in the nursery. I generally learnt it from a nurse; that is, from the solemn and star-appointed priestess at once of democracy and tradition. The things I believed most then, the things I believe most now, are the things called fairy tales. They seem to me to be the entirely reasonable things. They are not fantasies: compared with them other things are fantastic. »
et :
« A tree grows fruit because it is a MAGIC tree. Water runs downhill because it is bewitched. »

Que nous soyons catholiques ou non, que l'on ne nous empêche pas d'aimer et de lire Chesterton.
Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
commenter cet article
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 13:28

Image-1-copie-13.pngLe dernier numéro de Minute nous apporte un excellent article de Joël Prieur consacré en une page à la présentation du recueil À bâtons rompus (Voir ICI et LÀ). Une recension enthousiaste, joyeuse et qui cache sous ce manteau d’émerveillement une très fine analyse de l’intelligence chestertonienne. Déjà Joël Prieur s’était signalé par un précédent article, paru également dans Minute, en mettant le doigt sur un élément essentiel de la pensée de Chesterton, à savoir son « soubassement anthropologique » (ICI). Son analyse était tellement juste que nous l’avions bien sûr signalée et qu’elle avait été reprise et saluée jusqu’aux Etats-Unis où les chestertoniens sont nombreux et avisés.

Joël Prieur donc récidive, et se plaçant peut-être sous les auspices de saint Thomas d’Aquin ou de l’un de ses brillants commentateurs, le cardinal Thomas de Vio plus connu sous le nom de Cajetan, il établit que le « génie chestertonien » se situe dans le maniement de « l’analogie » qui est au cœur du réalisme chrétien, de son esprit anti-système et de sa pertinence face aux nombreux problèmes que nous rencontrons. Mais, foin des commentaires et des présentation, la parole est à Joël Prieur lui-même, qui mène rondement sa barque sur la mer parfois agitée des saillies chestertonienne :

« Y a-t-il un secret de l’intelligence chestertonienne? On peut invoquer « l’esprit anglais » et cette manière « so british » de manier les concepts, mais cela ne me satisfait pas beaucoup plus que lorsqu’on met à l’origine du génie de Dostoïevski le fait qu’il écrive « des romans russes »

Non, ce qui caractérise le génie de Chesterton, c’est le maniement souple de cette figure bien oubliée que l’on nomme « analogie ». Exemple? A partir de la remarque banale d’un journaliste ordinaire qui avait eu le malheur d’expliquer que danser le charleston était une très bonne manière d’apprendre à jouer au golf, on a non seulement des considérations sur la danse en général et le charleston en particulier, mais une ébouriffante mise au point sur le rapport entre les fins et les moyens et l’inconvénient qu’il y a à mélanger moyens et fins.

Pour Chesterton (même si vous n’y aviez jamais pensé sous cet angle), il vaut mieux jouer au golf pour apprendre à danser que danser pour apprendre à jouer au golf. La raison? « La danse peut atteindre la beauté pure et absolue même si ce n’est pas toujours le cas des danseurs », tandis que la poursuite d’un club de golf… ce n’est jamais que « jouer à la balle ». La langue débridée de Chesterton est une merveilleuse école de vie, qui vous aide à discerner toujours l’extraordinaire dans l’ordinaire et la loi la plus générale dans le cas le plus particulier. L’éditeur a cru bon d’intituler ce livre A bâtons rompus, mais ce sont des lances que rompt ce Don Quichotte du verbe avec toutes les trivialités de l’existence. Lire Chesterton, c’est déclarer la guerre à la banalité! »

On peut lire (soyons clair, quand nous disons on peut lire, c’est une formule de politesse. Il faut bien sûr comprendre : il faut lire…) cet article dans le dernier numéro de Minute disponible en kiosque ou auprès de la rédaction (15, rue d’Estrées 75007 Paris).

Repost 0
Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
commenter cet article