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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 13:41

Qui l’aurait cru ? Et pourtant, Antonio Gramsci, membre fondateur du parti communiste italien, théoricien célèbre, mort quelques jours après être sorti de prison, dans la nuit du 26 au 27 avril 1937, lisait Chesterton. Justement, c'est dans une lettre écrite en prison, à sa belle-sœur Tania, qu'il évoque Chesterton à propos des aventures du Père Brown.

« Prison de Turi, 6 octobre 1930

(…)

Je te remercie de tout ce que tu m'as envoyé. On ne m'a pas encore remis les deux livres : la bibliographie fasciste et les contes de Chesterton que je lirai volontiers pour deux raisons. D'abord parce que j'imagine qu'ils sont aussi intéressants. que ceux de la Première série et ensuite parce que je vais essayer d'imaginer l'impression qu'ils ont dû faire sur toi. Je t'avoue qu'il y aura là, pour moi un plaisir extrême. Je nie souviens avec précision de ton état d'âme à la lecture de la première série : tu avais une heureuse disposition à recevoir les impressions les plus immédiates et les moins compliquées. Tu n'avais pas d'autre part réussi à t'apercevoir que Chesterton a écrit une très fine caricature des romans policiers proprement dits. Le Père Brown est un catholique qui se moque de la manière de penser mécanique des protestants et le livre est fondamentalement une apologie de l’Église romaine opposée à l’Église anglicane. Sherlock Holmes est le policier protestant qui trouve en parlant de l'extérieur, en se basant sur la science, sur la méthode expérimentale, sur l'induction. Le Père Brown est le prêtre catholique qui, à travers les expériences psychologiques raffinées fournies par la confession et les travaux de casuistique des pères, et cependant sans négliger la science et l'expérience, mais en se basant surtout sur la déduction et sur l'introspection, bat Sherlock Holmes à plate couture, le fait apparaître comme un petit gamin prétentieux, en montre l'étroitesse et la mesquinerie. D'autre part, Chesterton est un grand artiste alors que Conan Doyle était un médiocre écrivain malgré qu'il ait été fait baronnet à titre littéraire; il y a chez Chesterton une distinction à établir entre le contenu, l'intrigue policière et la forme, et aussi envers la matière traitée une subtile ironie qui rend les récits plus savoureux. Qu'en penses-tu ? je me souviens que tu lisais ces contes comme s'il s'était agi de faits réels et que tu les faisais tiens au point d'en arriver à exprimer ton admiration pour le Père Brown et sa merveilleuse finesse avec une ingénuité qui me divertissait beaucoup. Ne te formalise pas de cela, car, dans mon plaisir, il y avait une pointe d'envie pour ta capacité à recevoir des impressions fraîches et pures.

Je t'embrasse affectueusement.

ANTOINE »

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 14:52
Anne Brassié, écrivain et journaliste de talent, nous transmet ce texte d'une de ses amies après sa lecture du Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste de Chesterton, à nouveau disponible après la sortie de la deuxième édition, revue et corrigée (A commander ICI). Nous la remercions de nous avoir transmis cette note de lecture que nous mettons à la disposition de tous. Et nous remercions l'auteur pour ce regard de bons sens.

« La traduction en français de « Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste » de G.K. Chesterton, nous permet d’entrer dans la confidence d’un texte destiné aux coreligionnaires de l’auteur.
Il écrit en 1926 et pressent une crise majeure qui pourrait remettre en cause la « supériorité » anglaise et l’Empire.
Chesterton prévient  que son pays, l’Angleterre, se fragilise tout les jours en favorisant la concentration de la propriété entre les mains de quelques uns. Il constate que collectivisme et concentration des moyens de production mènent aux mêmes impasses. Son antidote face au fléau de la concentration du capital est la parcellisation de celui-ci. Plus il est parcellisé plus le système est réellement capitaliste et plus il se protège de possibles dérives.
Il démontre que les sociétés stables sont construites sur de profondes fondations agricoles et cite l’exemple des sociétés de type français (Québec, France). Il admire notre humilité, notre conscience, notre capacité à courber le dos pour travailler la terre et par là à pérenniser nos systèmes sociaux/économiques et au-delà, à sauver notre âme.
Chesterton explique que « la vérité  demeure à l’extérieur de la cité » (Pierre Magnard). Il ne dit pas que la ville doit disparaitre  au profit de la campagne mais l’inverse, que la campagne ne doit pas disparaitre au profit de la ville.
En fait, cet ouvrage nous incite, nous Français du XXIe siècle, à retrouver et  à sauver le système ancestral qui fait encore notre force et nous pouvons, avec une oreille attentive, entendre Chesterton nous dire d’outre tombe: 
Vous avez raison, vous Français, de vouloir préservez vos nombreuses communes, votre agriculture, votre artisanat, vos manufactures et votre indépendance. Vous avez raison de rester fidèles aux réalités de ce monde terrestre, de résister aux chants des sirènes.  Car la puissance de l’argent n’existe pas sans sa réalisation. L’argent pour lui-même est de la puissance sans énergie. Une société fondée sur l’argent  et non plus sur le travail serait vouée à perdre son énergie. A l’image de ces personnes privées d’activité physique, professionnelle et victimes du monde « moderne » qui stockent, qui thésaurisent des graisses et qui malgré cette réserve de « puissance » sont sans énergie.                  

Merci à l’auteur pour ce message, cette anticipation venue du passé. Chesterton en revendiquant son identité anglaise et le fait que c’est d’abord le sort de son pays qui le préoccupe, donne une objectivité exceptionnelle et incontestable à ses propos. Et puis, un Anglais qui, avec son système de pensée et toute sa culture anglo-saxonne, analyse les raisons de la supériorité française, voilà en résumé une raison suffisante pour se lancer dans cette lecture passionnante et fort à propos. »
                           
Stéphanie
19/08/2009
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 18:34

Cette année 2009 sera donc une année faste pour l’actualité chestertonienne en France. Entre avril et septembre dernier, trois nouveaux ouvrages de Chesterton ont été publiés dans notre pays. D’abord Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, aux éditions de l’Homme Nouveau, puis La fin de la sagesse et autres contes extravagants, aux éditions de l’Age d’Homme et enfin, Le meurtre des piliers blancs, dans la belle collection du Cabinet des lettrés, aux éditions Gallimard.

Sur un autre plan, pour la première fois en France, une Table ronde a réuni plus de 150 personnes au Collège des Bernardins pour traiter autour de la figure et de l’œuvre de Chesterton du renouveau littéraire catholique en France et en Angleterre au début du XXe siècle. Un véritable succès puisque le Collège des Bernardins a dû malheureusement refuser du monde en raison des règles de sécurité.

Ajoutons à ce bel ensemble la création de l’association des Amis de Chesterton, à laquelle vous êtes cordialement invités à adhérer pour que puisse se reproduire ce type d’événement et que se développe ce blogue qui en est désormais l’un des organes d’expression.

Mais cette actualité chestertonienne n’est pas seulement celle du passé.

Le 29 octobre prochain sera disponible en librairie « Les arbres d’orgueil », publié dans la collection du Cabinet des lettrés chez Gallimard. Une édition toujours aussi soignée ; une traduction élégante signée Lionel Leforestier ; un petit livre agréable à lire. Nous en reparlerons plus abondamment.

Nous reparlerons aussi de l’autre bonne (et même très bonne) surprise de cette fin d’année : la parution d’une nouvelle traduction d’un très bel ouvrage de Chesterton, Robert Browning. Nous l’avions annoncé et l’éditeur (Le Bruit du temps) en confirme la parution pour la fin novembre.

 

Et nous pouvons déjà annoncer que l'année 2010 se présente sous un bonn augure, avec plusieurs livres de Chesterton en préparation, dont des inédits.

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 00:30
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 00:54

Elle vient en écho à notre Table ronde de jeudi 15 octobre où il fut évoqué longuement Chesterton et Bernanos. Dans une Tribune libre publié ce samedi 17 octobre, dans le quotidien La Croix, Dominique Vermesch, professeur à Agrocampus Ouest (Rennes) et ancien modérateur de la Communauté de l’Emmanuel, s’attache à poser des jalons pour « Redessiner la catholicité de l’université ».  Il pose la problématique de son sujet en recourant à Chesterton et Bernanos :

« À voir les remous suscités par l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur, l’idée de laïcité peut emprunter le mot fameux de G.K. Chesterton, repris par Bernanos et suivant lequel le monde moderne serait saturé d’anciennes vertus et d’idées chrétiennes « devenues folles ». Le comble étant parfois que des chrétiens eux-mêmes se prêtent à cette folie, sur fond d’un ressentiment ecclésial régulièrement réactivé ».

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:40


C'est ce qu'affichait (comme on peut le voir sur cette photographie de l'affiche apposée à l'entrée et que nous avons récupérée en fin de soirée) le Collège des Bernardins jeudi 15 octobre alors que la file n'était pas terminée de ceux qui prenaient leur place pour assister à cette soirée mémorable consacrée à Chesterton et aux écrivains catholiques du début du XXème siècle.
Nous présentons toutes nos excuses à ceux qui n'ont pu entrer dans la salle Lexington et qui ont été refoulés à l'entrée. Nous sommes profondément désolés de cet état de fait, dû à l'organisation du Collège des Bernardins et aux consignes de sécurité.
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 01:33

 



150 personnes étaient présentes, ce jeudi 15 octobre 2009, dans la salle Lexington du Collège des Bernardins, à Paris, pour entendre les six conférenciers prévus évoqués « la divine entente cordiale » entre écrivains catholiques des deux côtés de la Manche au début du XXè siècle. Le Collège des Bernardins a dû refuser du monde et il afficheé complet, les capacités de la salle étant largement dépassées.

Le Père Ian Boyd, fondateur et président du Chesterton Institute, a prononcé la première conférence consacrée à Claudel et Chesterton. Puis le professeur Sudlow, maître de conférence à l’Université de Reading a dressé un panorama général de la renaissance catholique au XXe siècle dans la littérature, en partant du « réalisme catholique » dégagé par Bernanos. Philippe Maxence, président des Amis de Chesterton, a ensuite évoqué la réception de Chesterton en France avant de laisser la parole à Rémi Soulié qui a parlé d’un Péguy très personnel. En parlant avec talent du Sous le soleil de Satan de Bernanos, le professeur Lanavère a littéralement conquis la salle qui a découvert ou redécouvert ainsi une œuvre fondatrice. Il revenait enfin au professeur Dermot Quinn du Seton Hall University (USA) d’offrir une conférence conclusive de très haut niveau, en partant à nouveau de Claudel et de Chesterton.

Une soirée réussie qui a malheureusement dépassé le temps imparti, empêchant ainsi un échange entre la salle et les conférenciers. On remarquait dans l’assistance des étudiants très attentifs et prenant nombre de notes. Parmi les personnalités qui ont honoré de leur présence cette soirée notons la présence de Chantal Delsol, de Charles Millon, de Gérard Leclerc, de Denis Sureau, de Didier Rance et du père Iborra.

Merci à tous les amis de Chesterton qui étaient présents pour cette grande première historique, inimaginable voici quelques années encore. Pour que ce type d'événement puisse se reproduire et pour que Chesterton soit à nouveau traduit, n'hésitez pas à apporter votre soutien à l'association des Amis de Chesterton en adhérant. Sans vous, nous ne pouvons rien faire.


Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous contacter :
Les Amis de Chesterton
10/12, rue Rosenwald, 75015 Paris
Tél. 01 53 68 99 72
amis.de.chesterton@free.fr

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 00:45
150 personnes ont rempli la salle Lexington au College des Bernardins pour écouter les six confèrenciers évoquer Chesterton, Claudel, péguy et Bernanos. Un moment exceptionnel sur leque nous reviendrons plus longuement.
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 11:10

L’hebdomadaire France Catholique a annoncé la tenue de la Table ronde de ce jeudi 15 octobre en publiant l’intégralité du communiqué de presse. L’éditorialiste du journal, Gérard Leclerc, a annoncé, en direct, sur Radio Notre-Dame sa présence à ce rendez-vous.

Vous pouvez visiter le site de France Catholique : ICI

 

 

Connaissez-vous le BDP3. Il s’agit du Bureau des Doctorants de l'université Paris 3. Le forum de ce Bureau a également annoncé la Table ronde de ce jeudi et nous l’en remercions. Un grand merci à la personne qui a répercuté l'information. À découvrir ICI.

 

 

 


 

 



L’agence de presse indépendante Novopress a également répercuté l’information, en y associant sur son site une belle photographie de G.K. Chesterton. C’est ICI

Le site du diocèse de Paris a également relayé l’information en renvoyant ses lecteurs vers la page du Collège des Bernardins qui accueille sur son site extraordinaire cet événement unique.

À aller voir sur ce lien.

Dans son édition de jeudi 15 octobre, le quotidien Présent a reproduit l’intégralité de l’annonce de la Table ronde de ce soir. Présent, c’est ICI.

 

 

 

 

 


Pendant plusieurs semaines, le Forum catholique a relayé spontanément l'annonce de la Table ronde aux Bernardins de ce jeudi 15 octobre. Une nouvelle, il a mis en avant cette rencontre en relayant l'émission radiophonique de ce matin sur les ondes de Radio Notre-Dame. Un grand merci pour ce soutien constant. On peut retrouver les discussions du Forum catholique ICI.


 

 

 

 

 

 

Un immense merci aussi à Radio Notre-Dame pour avoir reçu Danie Hamiche, secrétaire général de l'Association des Amis de Chesterton ainsi que Brian Sudlow, professeur à l'Université de Reading, grands témoins de ce jeudi 15 octobre. Vous pouvez réécouter cette émission en allant ICI.

 

 

 


Nous vous attendons nombreux à cette soirée de grande qualité. Il est encore temps de venir. Vous pouvez signaler votre venue ou venir directement ce soir. N’hésitez pas à venir dès 19h00 pour que nous puissions commencer à l’heure.


Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous contacter :
Les Amis de Chesterton
aux bons soins des Éditions de L’Homme Nouveau
10, rue Rosenwald, 75015 Paris
Tél. 01 53 68 99 72
amis.de.chesterton@free.fr

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 15:27
Ce jeudi Louis Daufresne reçoit dans les studios de Radio Notre-Dame le Père Ian Boyd, président du Chesterton Institute, le professeur Brian J. Sudlow, intervenant à la Table ronde, et Daniel Hamiche, secrétaire général des Amis de Chesterton.
Soyez nombreux à l'écoute de cette émission du matin avant que nous nous retrouvions le soir au Collège des Bernardins à partir de 19H00.

www.radionotredame.net/
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