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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 04:40
 


Quand il paraît en 1938, Supervivant (Manalive) est présenté dans les rubriques littérature de la presse francophone. À titre d’exemple, et pour sortir de nos limites nationales, nous publions ci-dessous la notule consacrée à ce roman de Chesterton et qui fut publiée en novembre 1938 (p. 279) dans L’Action nationale, revue de l’association éponyme québécoise, la ligue d’action nationale. D’abord catholique et nationaliste, favorable au nationalisme canadien-français, la revue va évoluer vers le nationalisme indépendantiste tout en se laïcisant.

Supervivant

Par G.-K. Chesterton. Traduction de Maurice Rouneau. Collection "Les Iles". Desclée-De Brouwer, éditeurs, Paris.

Parmi les vieilles querelles d'écoles, il en est une qui semble de nos jours se rajeunir avec de nouvelles forces: c'est celle qui se dispute entre les intuitifs et les spéculatifs. Prétendre que l'homme qui sent est supérieur à l'homme qui pense présente un intérêt qui n'est pas affublé de cette qualité ésotérique propre à presque tous les autres débats d'écoles comme, pour citer un exemple, à celui entre parnassiens et symbolistes. Voilà ce que Chesterton a réussi à prouver en démontrant sa théorie très vingtième siècle, dans un roman à sa façon.

Les aventures funambulesques d'Innocent Fèvre, destinées à parodier le jeu du hasard, où il gagne à tous les coups, se conjuguent avec les données savantes et l'empirisme scientifique du docteur Pym et du docteur Warner, pour énoncer que derrière l'homme qui sent se cache l'homme qui devine et postuler que le cérébral n'est pas doué de divination. L'auteur, très habile dans la fantaisie, s'est cependant joué une mauvaise farce en concluant involontairement de ces prémisses à la primauté de l'optimisme sur le pessimisme: conclusion qui nous paraît discutable en supposant que le pessimisme abrite toujours un fond de vérités, un aspect réel de la vie, tandis que l'optimisme pourrait fort bien n'être qu'une mer d'illusions et de mirages, un gouffre d'idéalisme.

L'innocent Fèvre est-il fou parce qu'il cherche des voix dans la vie cachée des choses ? Le docteur Pym et le docteur Warner tournent-ils le dos à la Sagesse en faisant supporter tous les chocs par le cerveau? Supervivant répond non à la première question et oui à la seconde. Alors, nous sommes avec monsieur Chesterton. Qu'il nous fasse croire que l'exubérance, la spontanéité, la bonne humeur ne sont pas des crimes contre la civilisation ou contre la vie, nous serions bien prêts à l'admettre pourvu qu'à éblouir le présent nous ne nous voyions pas privés du flirt avec l'éternité. Mais qu'il nous force à voir, à travers les fantasmagories de son héros, un Supervivant, nous n'y sommes plus... mais là plus du tout.

H.-Paul Péladeau
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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 00:31

 


Selon Max Ribstein, que l’on ne saurait trop consulter en ce qui concerne l’œuvre romanesque de Chesterton (cf. Création romanesque et imagination, Max Ribstein, éditions Klincksieck), Manalive aurait été rédigé en 1911, année pendant laquelle Chesterton publie ce monument qu’est The Ballad of the White Horse ainsi que le premier recueil des Father Brown stories sans oublier cet autre recueil qu’est Appreciations and Criticisms of the Works of Charles Dickens.

Dale Ahlquist, le président de l’American Chesterton society a pu écrire que chaque roman de Chesterton était un hommage à Dickens et que Manalive ne manque à la comparaison puisque la description d’un grand vent soufflant sur la ville, en ouverture du roman, rappelle le début de Bleak House. Mais il faut ajouter que Chesterton reprend aussi dans ce nouveau roman une idée qu’il a déjà exprimé par deux fois. La première fois dans Homesick at home et la deuxième fois dans Orthodoxie. Cette idée, ce thème, c’est celui de notre emprisonnement dans la routine et la nécessité de sortir de notre cadre habituel pour retrouver le côté merveilleux de l’existence ordinaire.

Max Ribstein, lui, voit surtout dans Manalive un roman sur la difficulté du mariage, « l’impossibilité d’un amour idéal qui comblerait à la fois la soif d’absolu et les rêves de l’adolescence et les élans de la jeunesse ». On pourra peut-être reprocher à l’auteur de mettre souvent Chesterton sur le divan, ce qui est une caractéristique de l’époque (le livre est publié en 1981). Mais, en même temps, il a le mérite de relier l’œuvre de Chesterton à la vie de celui-ci et d’explorer cette vie en ne se limitant pas aux aspects joyeux et heureux. Le couple, sans enfant, formé par Chesterton et Frances fut-il un couple heureux ? En permanence ? Il ne faudrait rien connaître à la vie conjugale pour ne pas savoir que les épreuves renforcent ou brisent une union. A ce titre, l’histoire de la rédaction de Manalive serait à replacer dans l’histoire plus générale de la vie de Chesterton, et singulièrement dans le cadre de l’histoire de son couple.

Mais un autre thème mérite d’être mis en avant. C’est la pédagogie du renversement du regard qui traverse toute l’œuvre de Chesterton et que l’on retrouve singulièrement dans Manalive à travers ce passage notamment  :

« Aussitôt après, il parut se renverser en arrière, comme s’il allait se détacher de l’arbre auquel, pourtant, il restait accroché par ses jambes, qu’il avait longues et robustes, dans la position d’un singe qui se serait balancé par la queue ». Innocent Smith fera d’ailleurs davantage :

« le fou, se lançant en avant sur ses deux mains, les bottines en l’air, agita ses deux jambes comme deux enseignes symboliques (chacun pensait malgré soi au singulier télégramme) et saisit son chapeau avec les pieds ».

Cette position à l’envers n’est pas une facétie de l’auteur. Chesterton défend le regard du poète, regard souvent surprenant, renversant parfois, mais qui va au fond des choses. Smith, qui courtise sa propre femme sous différents aspects tout au long de Manalive, qui se livre à des cabrioles inquiétantes, apparaît à première vue, davantage comme un fou que comme un poète parce qu’il ne contente pas de déclamer des vers. En fait, parce que plus exactement il transforme chaque moment de sa vie en autant de vers qui forment le long poème de son existence. Il y a une sagesse du poète ou du fou. Cette sagesse implique un renversement intégral du regard dont Chesterton donnera la clef dans son Saint Françoise d’Assise : « Voir à l’envers, c’est voir un monde plus brillant et plus saisissant, qui offre une ressemblance certaine avec le monde qu’un mystique voit tous les jours – à l’endroit. »

 

 

 

 

Frontispice de l'édition originale

 

(À suivre…)
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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 00:45

 

 

Si nous continuons notre petit voyage en « chestertonie », nous arrivons pour l’année 1912 à la publication d’un nouveau roman de Chesterton : Manalive. Il est publié pour la première fois en février 1912 en Angleterre chez « Thomas Nelson and Sons » et à New York chez « John Lane company ». Le livre est organisé en deux parties :  L’énigmatique Innocent Smith et Les explications d’Innocent Smith. Chaque partie contient cinq chapitres, ce qui fait de ce roman, un livre relativement équilibré dans sa structure.

 

Manalive a été traduit en français sous le titre « Supervivant ». Il a paru le 3 juin 1936 aux éditions Desclée De Brouwer et Cie, dans la collections « Les îles ». Il comptait dans cette édition 359 pages. La traduction avait été assurée par Maurice Rouneau.

La même traduction a été reprise en 1981 aux éditions de l’Age d’Homme, accompagnée d’une préface de Jean-Baptiste Baronian. Celui-ci est romancier belge de langue française. Il est membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises et président des Amis de Georges Simenon.

Sous le titre, « Un imaginaire métaphysique » Jean-Baptiste Baronian débute ainsi sa préface :

 

« Une certaine tradition intellectuelle veut que les choses sérieuses doivent être dite sérieusement. Elle ne serait peut-être rien si elle n’entraînait pas aussitôt un corollaire désastreux : ceux qui abordent quelques-uns des grands problèmes humains avec des airs bouffons, les traduisent de manière drôle en cultivant l’art du grotesque et de la caricature délirante ne sont jamais considérés que comme de joyeux plaisantins. S’ils ont du talent, ils passent parfois la rampe mais leur humour, fût-il noir, primesautier ou vitriolique, est pris, d’ordinaire, pour une forme abâtardie de la connaissance.

Et il suffit que le prétendu plaisantin soit attiré par le surnaturel et l’insolite pour que les grands esprits haussent les épaules. Comme si la vie, la mort, l’amour, Dieu ne pouvaient être perçus par un éclat de rire, une pirouette de l’intelligence, un brusque dérapage de la raison.

Le zigue, ici, s’appelle Gilbert Keith Chesterton.

En sa présence, le bon bourgeois qui n’a pas fait l’école buissonnière, qui connaît bien son latin, à qui on a appris de composer sagement avec la Culture et de suivre aveuglément toutes les modes fallacieuses propagées par les aréopages aux idées courtes, le bon bourgeois, dis-je, reste positivement confondu, déconcerté. Il est vrai que Chesterton a tout fait pour l’étourdir, le bousculer, le conduire, très vite, vers des perspectives à quatre ou trente-six dimensions devant lesquelles le savoir traditionnel, paresseux par définition, s’état lâchement défilé. »

 

 

Notons que dans la traduction française, Innocent Smith est devenu Innocent Fèvre, ce qui nous rend pas tout à fait l’intention de Chesterton. Le prénom Innocent, heureusement conservé dans la traduction française, évoque la pureté, de la douceur, du respect de Dieu. Smith était là pour évoquer l’homme ordinaire, commun, un des grands thèmes chestertoniens, qui n’est assurément pas rendu pas Fèvre. Or, on risque de ne pas comprendre grand chose à Chesterton en général et à Supervivant en particulier si on met de côté cet aspect essentiel de l’homme ordinaire.

 

Nous terminons cette première présentation en détaillant la table des matière, en anglais puis en français.

Table of Contents

Part I: The Enigmas of Innocent Smith

I. How the Great Wind Came to Beacon House

II.  The Luggage of an Optimist

III. The Banner of Beacon

IV.  The Garden of the God

V.   The Allegorical Practical Joker

Part II: The Explanations of Innocent Smith

I.   The Eye of Death; or, the Murder Charge

II.  The Two Curates; or, the Burglary Charge

III. The Round Road; or, the Desertion Charge

IV.  The Wild Weddings; or, the Polygamy Charge

V.   How the Great Wind went from Beacon House

Table des matières

Première partie : L’énigmatique Innocent Fèvre

I. Comment la rafale aborda Beacon ...

II. Bagages d'un optimiste

III. La bannière de Beacon

IV. Le jardin de Dieu

V. Le mystificateur allégorique

I. Deuxième partie : Où Innocent Fèvre s'explique

I. Sous l'œil de la mort ou l'Accusation de meurtre

II. Les deux curés ou l'Accusation de cambriolage

III. La route ronde ou l'Accusation d'abandon

IV. Les folles épousailles ou l'Accusation de polygamie

V. Comment la rafale quitta Beacon House

 

(A suivre…)

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:54
Le Chesterton Institute, fondé et dirigé par le Father Boyd, vient de lancer un nouveau bulletin d'information, destiné à tenir au courant ses lecteurs des diverses manifestations organisées par ses soins.
Le premier numéro revient sur la rencontre du 11 juillet dernier, consacrée à la réponse distributiste à la crise actuelle. Cette manifestation s'est déroulée à Oxford et a bénéficié d'un article, reproduit en partie ici, dans The Catholic Herald dans son édition du 24 juillet dernier.



Mais The Catholici Herald ne fut pas le seul journal à parler de cette manifestation. Citons par exemple The Tablet qui lui a consacrée deux pages dans son édition du 1er août dernier :






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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 00:25

Cette Table-ronde n’est donc pas destinée aux seuls passionnés de littérature anglaise ?

 

Non, et c’est justement là toute la délicatesse de la proposition de Brian Sudlow. Il s’agit aussi de parler de nos écrivains, et à travers l’évocation d’un phénomène identique des deux côtés de la Manche – le renouveau catholique en littérature – de montrer l’universalité de l’Église catholique. À travers des particularités nationales bien réelles, on rencontre en effet un fond commun chez les écrivains catholiques de cette époque. Cependant, plutôt que de forcer le rapprochement, les intervenants auront cœur d'évoquer chacun d’entre eux.

 

Mais, alors, Chesterton disparaît complètement ?

 

Bien au contraire ! Chesterton est le point central et en quelque sorte le lien unificateur entre ces différents écrivains. D’ailleurs, il suffit de voir ses relations avec Claudel pour le comprendre. Ne vous inquiétez pas, nous parlerons abondement de notre écrivain pendant cette soirée-événement.

 

Vous parlez d’événément ! Pourquoi, au juste ?

 

En fait, pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’est la première fois à ma connaissance qu’une rencontre de ce type a lieu en France autour d’un écrivain comme G.K. Chesterton. Celui-ci connaît aujourd’hui un véritable renouveau : il est lu, de nouvelles traductions en langue française paraissent, des éditeurs s’y intéressent, des passionnés se réunissent autour de sa mémoire et de son œuvre.

Ensuite, parce que cette rencontre est le fruit d’une collaboration internationale entre des Américains, des Anglais et le petit noyau de Français qui se sont réunis dans l’Association des Amis de Chesterton dont la naissance a eu lieu pendant l’été.

Enfin, nous sommes accueillis dans un cadre prestigieux, celui du Collège des Bernardins. Je ne suis pas loin de penser que Chesterton n’aurait pas été insensible à ce lieu du moyen-âge, à sa beauté, à la qualité de sa restauration.

 

Justement, comment arrivez-vous à vous « offrir » un tel endroit aussi prestigieux ?

 

Soyons clair : cette rencontre est le fruit d’un partenariat à trois : The Chesterton Institute, le Collège des Bernardins et l’Association des Amis de Chesterton. Mais il faut rendre là un hommage particulier à la générosité de nos amis Américains du Chesterton Institute qui finance cette manifestation. Qu’ils en soient chaudement remerciés. Sans eux, rien ne serait possible !

 

Puisque nous parlons finances, à combien s’élève l’entrée ?

 

Là aussi, il faut souligner le prix modique qui est de 5€ l’entrée normal et de 3€ pour les étudiants et les chômeurs. Je pense que tous peuvent faire l’effort de se déplacer pour cette soirée de rencontre culturelle dans un cadre historique pour un tel prix.

 

Et le programme ?

 

Une grande place est laissée aux intervenants Français puisque Sébastien Lapaque évoquera Georges Bernanos dont il est un excellent connaisseur. De son côté, Rémi Soulié, auteur d’un essai remarqué sur Péguy, nous parlera de l’auteur De notre jeunesse. Pour ma part, outre la présentation générale de la soirée, dans laquelle je parlerai de Chesterton et la France, j’évoquerai aussi les liens entre Chesterton et Paul Claudel. Il reviendra à notre ami anglais, Brian Sudlow de dresser un tour d’horizon plus général sur l’ensemble des écrivains français et anglais qui furent les acteurs du renouveau catholique au début du siècle dernier. Et puis, nous aurons le Father Boyd qui évoquera Chesterton et nous ne serons pas déçus.

 

Attendez-vous des retombées de cette rencontre pour l’Association des Amis de Chesterton ?

 

Nous attendons d’abord des retombées pour la connaissance de l’œuvre de Chesterton en France. Nous essayons de la faire mieux connaître par le blogue des Amis, par notre projet de revue (en préparation). Mais il y a en France de véritables spécialistes de notre écrivain : François Rivière, Max Ribstein, Christian d’Haussy. Nous voudrions faire davantage que nous n’avons fait jusqu’ici pour que leurs travaux soient connus. Ils le méritent amplement. Pour l’association proprement dit, nous voudrions que cette Table-ronde soit un premier lieu de rencontre et l’occasion aussi de nous faire connaître, de recruter de nouveaux membres, pour continuer à éditer Chesterton, encourager des travaux le concernant, etc. Plus nous aurons de membres, plus nous serons capables de répondre à nos objectifs.

 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 00:02



Pourquoi une Table-ronde sur Chesterton et le renouveau catholique en France et en Angleterre ?


Alors que nous voulions lancer une association des Amis de Chesterton, à partir du blogue que nous avions déjà créé et qui rencontrait un certain succès, nous avons pris contact avec The Chesterton Institute, organisme international dont le siège est à Seton Hall University aux Etats-Unis. Les premiers contacts ont été très vite très bons et l’idée d’un colloque en France est vite apparue.


The Chesterton Institute a donc l’habitude d’organiser ce type d’événement ?


Oui, c’est l’une de ses principales fonctions, même si ce n’est pas la seule. Quand nous prenions nos premiers contacts avec les représentantes du Chesterton Institute qui avaient fait le voyage à Paris, le Chesterton Institute venait d’organiser ou allait organiser des conférences en Amérique latine, région particulièrement intéressée par l’œuvre de GKC, mais aussi en Italie, pays particulièrement vivace au plan intellectuel et éditorial. Très vite, The Chesterton Institue nous a demandés si la France pouvait au moins accueillir le projet d’une Table-ronde. Après réflexion, nous avons pensé que « oui » au regard du nombre d’abonnés à notre Lettre d’information. C’est dire que nous attendons de ceux qui habitent en Ile-de-France une présence effective le jeudi 15 octobre prochain.


Mais le thème, comment a-t-il été fixé ?


Une nouvelle rencontre a eu lieu, une nouvelle fois à Paris, en présence de Brian Sudlow, maître de conférence à l’Université de Reading en Grande-Bretagne. Brian est un être exquis, qui connaît bien la littérature française, et notamment Adolphe Retté, un anarcho-monarchiste français, converti au catholicisme. Brian a consacré sa thèse à Retté et celle-ci doit prochainement paraître chez un éditeur universitaire anglais. Mais pour en revenir à notre sujet, c’est Brian qui a proposé d’élargir le sujet de notre Table ronde en parlant du renouveau littéraire catholique en France et en Angleterre à l’époque de Chesterton. C’était une manière de parler aussi d’auteurs français, ce que souhaitait d’ailleurs le Père Boyd, passionné de Charles Péguy.


Le Père Boyd ?


Oui, pardon. Le Father Boyd, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire ici, est le Président du Chesterton Institute. C’est certainement l’un des hommes au monde qui a le plus fait pour maintenir et faire connaître l’œuvre immense et riche de GKC. Prêtre catholique, religieux, Father Boyd est un géant, au bon sourire et sa gentillesse fait d’emblée penser au Father Brown. Il connaît tout de Chesterton et l’entendre parler est un véritable plaisir. Mais plus incroyable encore, cet homme s’efface pour donner la parole à d’autres et pour permettre que l’on parle, discute de Chesterton. Sa venue en France, dans le cadre de cette Table-ronde, est plus qu’une grande nouvelle. C’est un honneur.

Pour les informations pratiques, c'est ICI
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 00:31

A Divine “Entente Cordiale”

La renaissance de la littérature catholique

en France et en Angleterre au XXe siècle


G. K. Chesterton, Georges Bernanos

Charles Péguy, Paul Claudel

et les autres...


Jeudi 15 octobre 2009

de 19h30 à 21h30

au Collège des Bernardins,

Salle Lexington

20, rue de Poissy,

75005 Paris



Orateurs:

– Père Ian Boyd, éditeur de la Chesterton Review et président du G. K. Chesterton Institute;

– Philippe Maxence, journaliste, écrivaín et président de l’Association “Les Amis de Chesterton”;

– Sébastien Lapaque, écrivain et journaliste au Figaro littéraire, sur Georges Bernanos;

– Rémi Soulié, écrivaín, sur Charles Péguy;

– Brian Sudlow PhD, maître de conférence à l’université de Reading, (Angleterre).


Pour informations et réservations:

amis.de.chesterton@free.fr — Tél. 01 53 68 99 72

chestertoninstitute@shu.edu —Tél. (00) 1 973 275 2431

recherche.contact@collegedesbernardins.fr — Tél. 01 53 10 74 37


Entrée : 

5€ (plein tarif),

3€ (tarif réduit: moins de 26 ans, étudiants, chômeurs, etc.)

Il s'agit d'un événement unique, à ne pas manquer. Nous vous attendons tous. Une rencontre à faire connaître autours de vous,

notamment auprès des plus jeunes. 


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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 09:26


 

 














 

Un jeune avocat nommé Gandhi.


Apparemment, rien ne rapproche les deux hommes, l’un écrivain catholique anglais et l’autre grande figure nationale et spirituelle de l’Inde. Mais les apparences sont trompeuses. Sous l’écorce qui s’impose d’abord, on peut trouver entre les deux hommes quelques rapprochements à faire.

Certes, ce n’est pas le physique qui relie l’un et l’autre Chesterton et Gandhi, le bon vivant et l’ascète. Ni la religion, ni la nationalité, ni la culture. L’époque ? Oui, d’une certaine manière. L’époque et une certaine conception politique partagée d’un côté comme de l’autre.

Dans un livre consacré à Gandhi (Gandhi: Voice of a New Age Revolution, Axios Press) Martin Green affirme que Chesterton a influencé Gandhi dans sa recherche d’une voie pour l’indépendance indienne.

Il confirme ainsi les propos plus anciens de Philip Nicholas Furbank qui affirmait, dans Chesterton the Edwardian (in G.K. Chesterton: A Centenary Appraisal, John Sullivan, ed., Harper and Row, 1974) que les idées de Chesterton étaient en partie à l’origine du livre de Gandhi  Hind Swaraj. Dans le même livre, Furbank allait jusqu’à déclarer que Gandhi avait été « abasourdi » en lisant un article de Chesterton paru dans The Illustrated London News du 18 septembre 1909. De son côté Geoffrey Ashe avait également signalé la même histoire dans son livre consacré à Ghandi ((Stein & Day, NY, p. 137-138, 1968) et il l’a redit dans un ouvrage plus récent, The Offbeat Radicals (London, Metheun, 2007).

Gandhi a, en effet, lu la chronique de Chesterton du 18 septembre 1909 parue dans The Illustrated London News. Consacrée au nationalisme indien, cette chronique lui reproche non d’être indien ou nationaliste, mais d’être trop imbu de l’esprit moderne et notamment d’Herbert Spencer. D’où la question de Chesterton : quelle est la force de l’esprit national indien s’il ne peut pas protéger les Indiens contre les idées de Spencer ?

Dans le New York Times du 21 mai 1916, Chesterton reviendra sur la question en affirmant, à l’encontre de la pensée de la majorité des Britanniques d’alors, que l’Inde doit appartenir aux Indiens. L’écrivain répondait aux questions de Herendranath Maitra, auteur de « Hinduism, the World Ideal » et responsable du périodique « A Voice from India ».

Les influences sur Gandhi dépassent largement Chesterton. Le dirigeant Indien a subi l’influence de John Ruskin, de Tolstoï, de Thoreau, d’Emerson et de bien d’autres encore. Il a néanmoins témoigné lui-même de sa proximité avec Chesterton dans son combat contre la civilisation moderne et contre le fait que l’élite indienne se laissait trop souvent séduire par celle-ci. Par deux fois au moins, Gandhi a évoqué publiquement Chesterton dans Indian Opinion, un journal hebdomadaire. Dans l’édition du 22 janvier 1910 du Indian Opinion, Gandhi dit son accord explicite avec Chesterton dans l’analyse de celui-ci (parue dans The Daily News du 22 octobre 1909) dans lequel l’écrivain dit son admiration pour l’ère médiévale.

Mais c’est dans un article précédent de Gandhi (Indian Opinion du 8 janvier 1910) que celui-ci indique clairement sa proximité de pensée avec GKC. Son article commence ainsi :

« M. G.K. Chesterton est l'un des grands auteurs actuels. C’est un Anglais d'une trempe libérale. Son talent d’écrivain fait que ses articles sont lus par des millions de personnes avec une grande avidité. Dans The Illustrated London News du 18 septembre, il a écrit un article consacré au Réveil indien, qui mérite d’être lu. Je crois aussi que ce qu'il a écrit est juste ».  Dans cet article déjà évoqué plus haut, Chesterton indique que « la première difficulté, c’est que le nationalisme indien n’est pas national ». Une leçon reçue avec enthousiasme par Ghandi qui invite les Indiens à réfléchir sérieusement aux propos de Chesterton et de s’interroger sur leur fidélité aux traditions de leur pays.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 19:10


 

Le Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, titre français du recueil d’essais de Chesterton paru sous le titre original, Outline of sanity, est complètement épuisé.

Cette édition était la première en langue française de cet essai de réflexions politiques et économiques. La presse, toutes tendances confondues, a généralement fait un bon accueil à ce livre dont la première édition date de 1926. Chesterton tentait, à sa manière – unique – de décrypter les maux de nos sociétés modernes et annonçait trois ans à l’avance (quatre si l’on prend en compte le fait qu’il s’agit d’un recueil d’articles parus l’année précédente) la crise de 1929.

Deux facteurs semblent avoir aider la diffusion de ce livre :

a)     le fait que nous vivions une crise qui remet en cause les certitudes d’un monde globalement sous emprise libérale ;

b)    la proximité des thèses chestertoniennes avec plusieurs thèmes abordés par le pape Benoît XVI dans sa dernière encyclique ;

 

À cela s’ajoute une véritable curiosité et un bon accueil de la part de ceux qui suivent habituellement l’édition en langue française d’ouvrages signés de GKC.

 

Que ceux qui n’ont pas encore l’ouvrage se rassurent : la réédition est en route et contient même une proposition toute particulière pour les membres de l’association des Amis de Chesterton qui s’est lancée cet été. Au fait, si vous adhériez ?

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 17:58


 

 

Qui l’aurait cru ? Chesterton pourrait être utile pour dénouer un problème de la démocratie suisse. C’est en tous les cas ce que suggère un article du Temps, journal de la Suisse romande et francophone fondé en 1998. Signé Joëlle Kuntz (photo), cet article, Le Détective et le criminel, montre que la méthodologie policière adoptée par Chesterton, notamment à travers son héros de prêtre détective, le fameux father Brown, est exactement celle qu’un jury populaire doit adopter avant de juger une affaire criminelle.

La journaliste, qui s’inspire en fait de la nouvelle Le Meurtre des piliers blancs  écrit : « Les citoyens suisses ne sont pas détectives mais comme jury populaire aux affaires douteuses de l’Etat, ils ont besoin de connaître en détail la nature des méfaits, l’identité des commettants et surtout leur mobile. A ce stade de l’affaire libyenne, ils sont comme le détective de Chesterton: les seuls ignorants de l’histoire, entièrement dans le bleu alors que tous les linkparticipants au drame connaissent chacun au moins un bout de l’histoire. Tenus par de mystérieuses loyautés, ils n’en disent évidemment rien. »

Pour que son discours soit mieux entendu, Joëlle Kuntz précise : « Mais si la méthode de Chesterton était la bonne? Avant de comprendre le crime, son détective essaie de comprendre les hommes. Et que voit-il? Des personnages envahis de passions: l’un veut venger un fils dont le nom aurait été sali par la police genevoise. Il a pour lui la puissance du pouvoir et de l’argent. Deux autres sont en rivalité pour le sauvetage d’intérêts économiques cachés sous une burka mais dont on reconnaît les pieds. Ils se disputent le sauvetage de deux concitoyens appelés «otages» depuis peu, mais dont la libération sauvera leur carrière de conseillers fédéraux à Berne. Ils sont entourés de toutes sortes de conseillers, d’avocats, de médiateurs secrets dont Chesterton observe sans méchanceté mais sans admiration les manigances inefficaces. »

Incroyable Chesterton ! Ici ou là, il se dit que c’est un auteur vieux jeu, perdu dans ses idées réactionnaires, un catholique accroché à sa foi comme à une bouée de sauvetage, un polémiste d’un autre temps, un écrivain d’un sérieux douteux et d’un humour pesant. Et pan, tranquillement, la Suisse nous rappelle que les écrits de Chesterton contiennent bien davantage qu’il n’y paraît et que s’en inspirer pourrait aider à sauver la justice du pays. La France pourrait prendre exemple ? Au fait, vous avez adhéré à l’Association des Amis de Chesterton ?

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