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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 11:51
Et, oui, ils ont osé en parler et même le signaler. Le site Europae Gentes recommande la lecture de Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (éditions de l'Homme Nouveau), traduction française inédite de Outline of sanity.
Au fait, amis visiteurs de ce blogue, lecteurs ou curieux de l'œuvre de Chesterton, vous êtes-vous procuré cet ouvrage ?
Si ce n'est pas le cas, faites le vite !
D'abord parce qu'il s'agit de Chesterton.
Ensuite parce que le tirage est limité.
Encore parce que la vente de ce livre déterminera l'édition éventuelle d'autres livres inédits de Chesterton.
Enfin, parce qu'en temps de crise, il est toujours utile de réfléchir et de confronter ses propres idées à une pensée non conforme.

Le livre est désormais distribué en librairie (demandez-le, n'hésitez pas et indiquez à votre librairie que le diffuseur est la Serdif) ou, sinon, toujours en vente, sur le site de l'éditeur. C'est-à-dire ICI.






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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 12:00
Si Gilbert Keith Chesterton recommence à être un peu connu en France, Hilaire Belloc, paradoxalement, est quasiment tombé dans l’oubli. Paradoxalement, car Joseph Hilaire Pierre René Belloc est né à La Celle-Saint-Cloud, en France donc, à proximité de Paris, le 27 juillet 1870. Pourquoi cette naissance française ? Parce que son père était tout simplement Français.
Louis Belloc, un jeune avocat, avait épousé en 1867 une jeune britannique, Elizabeth Rayner Parkes (1829-1925) qui sera également écrivain. Si celle-ci était l’arrière-petite-fille du chimiste Joseph Priestley, Louis Belloc avait pour père un artiste en la personne de Jean-Hilaire Belloc. Né le 27 novembre 1786 à Nantes, Jean-Hilaire Belloc exerçait la profession de peintre de tendance néoclassique. Élève dans l’atelier d’Antoine Gros puis de Jean-Baptiste Regnault, Jean-Hilaire Belloc obtint une médaille au Salon de 1810. Par la suite professeur de dessin de la rue de l’École-de-Médecine, Jean-Hilaire Belloc sera fait Chevalier de la  Légion d’honneur en 1864, deux ans avant de mourir. On trouve certaine de ses œuvres au musée national du château et des Trianons de Versailles, au Paris, au musée du Louvre département des Peintures, à Paris et au musée national Magnin, à Dijon.

ARTHUR, COMTE DE DILLON, LIEUTENANT GENERAL (1749-1794)
Peinture de Jean-Hilaire Belloc (Versailles)





Peu après la naissance de Hilaire Belloc, sa famille part en Angleterre, pour éviter les affres de la guerre civile consécutive de la défaite de 1870, et les difficultés du siège de Paris, en septembre de la même année. En lisant The Times, ils apprendront que leurs maisons de Bougival et de La Celle-Saint-Cloud ont été mises à mal. Pourtant, en juin 1871, ils reprennent le chemin de la France et s’y installe à nouveau. Mais ce séjour devait s’avérait tragique. Lors d’un voyage en Auvergne, pour vister des amis, Louis Belloc se sent mal. Il se met à l’écart pour se reposer. Il sera impossible de le réveiller. À quarante-deux ans, il vient d’effectuer son dernier voyage. Le 22 août 1871 il est enterré au cimetière de La Celle-Saint-Cloud. La famille reste en France jusqu'au jour des morts, le 2 novembre 1871, puis elle reprend le chemin de l’Angleterre.
D’une certaine manière, la vie du jeune Hilaire est scellée. Avec un père vivant, il aurait certainement grandi en France. Celui-ci disparu, sa jeune veuve reprend naturellement le chemin de son pays natal.
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 14:32




L’amitié qui lia Gilbert Keith Chesterton à Hilaire Belloc fut si grande et  si forte que George Bernard Shaw, leur ami commun, et néanmoins adversaire idéologique, en fit un monstre imaginaire, le « Chesterbelloc ». Comme souvent, la caricature fut reprise par ceux-là même qu’elle visait. Et Chesterton en fit un dessin humoristique, reconnaissant en quelque sorte la part de vérité de cette étrange bestiole tout en donnant quelque gage à l’autodérision.
Dans L’Homme à la clef d’or, son autobiographie, Chesterton a raconté sa rencontre avec Hilaire Belloc
« Mes amis venaient de sortir d’Oxford, Bentley de Merton et Oldershaw de “The House”, où ils avaient fait figure de vedettes dans un groupe de jeunes libéraux opposés à des degrés divers à l’impérialisme courant […] Peu après notre rencontre à Londres, je fus retrouver Lucian Oldershaw dans un petit restaurant de Soho. […] Je n’ai jamais été ce personnage raffiné qu’on appelle un gourmet ; je suis donc tout heureux de dire que je suis encore très capable d’être un glouton. […] Mais ceux qui préfèrent vraiment manger de bonnes grillades et des omelettes savoureuses plutôt que d’évoluer dans du plâtre doré parmi des valets de pantomime, ceux-là avaient déjà trouvé le chemin de ces plaisants petits repaires, en marge de Leicester Square, où, dans dans ce temps-là, on pouvait encore se procurer pour six pence une demi-bouteille d’un vin rouge absolument parfait. C’est vers l’un d’eux que j’allais retrouver mon ami. Il entra, suivi d’un solide gaillard coiffé d’un de ces chapeaux de paille que l’on portait alors, et qu’il vous avait enfoncé jusqu’aux yeux, ce qui accentuait la longueur et le volume particuliers de son menton. Il avait une façon de porter le veston au sommet des épaules qui donnait au vêtement l’allure d’un pardessus pesant ; je pensai tout de suite aux portraits de Napoléon, et, pour quelque raison obscure, surtout aux portraits de Napoléon à cheval. Mais, le regard, les yeux, pourtant non exempt d’inquiétude, avaient cette curieuse acuité lointaine que l’on voit aux yeux des gens de mer ; dans sa démarche même on percevait quelque chose de ce qui a été comparé à l’allure du matelot balancé par le roulis. […]
Il s’assit lourdement sur une des banquettes, et tout de suite se mit à discuter je ne sais quelle controverse. Je compris qu’il s’agissait de savoir si l’on pouvait raisonnablement prétendre que le roi John fut le meilleur roi des Anglais. Il conclut judicieusement dans le sens de la négative ; mais d’après les principes de l’Histoire d’Angleterre de Madame Markham, (à laquelle il était très attaché) il se montra clément pour le Plantagenêt. […] Il continua de parler à mon grand plaisir et mon vif intérêt, comme il n’a cessé de parler toujours depuis lors. Car c’était là Hilaire Belloc, déjà fameux comme orateur à Oxford, où il était cosntamment dressé contre un autre orateur brillant, nommé F.E. Smith, qui devait être plus tard Lord Birkenhead. Belloc était censé représenter le progressisme, Smith l’idée conservatrice ; mais le contraste entre eux était plus profond, et il eût résisté à l’échange à l’échange de leurs étiquettes respectives. En fait, les deux carrières et les deux personnages pourraient être présentés comme une étude et comme un problème sur le sens des mots “échec” et “succès”. »

À suivre…
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 00:42
Comment fut reçu de son temps, et en France, Chesterton ? Les principaux critiques sont souvent cités. On connaît l’accueil que lui réserva Paul Claudel. On sait celui que lui témoignèrent le Père de Tonquédec, Henri Massis, André Maurois ou Valery Larbaud. Mais ils furent loin d’être les seuls. En guise d’exemple, voici l’extrait d’un article paru dans La Revue des Deux Mondes (1er janvier 1907), par lequel T. de Wyzewa  présente le Dickens de Chesterton.



Romancier, essayiste, critique dramatique,, M. Chesterton est certainement aujourd'hui l'un des plus originaux parmi les jeunes écrivains anglais. Peut-être même aurait-il une tendance à exagérer sa crainte, d'ailleurs très légitime, de la banalité : et il n'y a pas jusqu'à son livre sur Dickens qui, tout excellent qu'il soit, ne nous laisse l'impression d'un ouvrage incomplet, faute pour l'auteur d'avoir pu se résigner à traiter telles parties de son sujet où d'autres avaient déjà touché avant lui. Mais son livre n'en est pas moins, et à beaucoup près, le meilleur qu'on ait écrit depuis longtemps sur ce sujet; et nulle part encore M. Chesterton n'a tiré un aussi heureux parti  ses qualités natives, dont la plus précieuse est, si je ne me trompe, un humour à la fois très simple et très délicat, s'appuyant sur la plus droite et solide raison pour aboutir aux déductions les plus imprévues. Sous une forme volontiers paradoxale, le Dickens de M. Chesterton ne nous apporte rien qui ne soit profondément médité et pesé, ni dont on ne soit forcé de reconnaître la parfaite justesse, quand on a fini de s'étonner de l'agréable fantaisie de son expression. C'est un livre que je ne saurais mieux comparer, pour la manière dont il tranche toutes les questions qu'il aborde, qu'à l'admirable Balzac de M. Brunetière (1) : comme lui, il achève de mettre au point toute sorte de faits d'histoire littéraire que personne, jusqu'ici, n'avait encore nettement exposés; comme lui, il consacre définitivement la gloire du grand romancier dont il indique le vrai rôle et les vrais mérites.
L'écrivain anglais nous dit, quelque part, « qu'il suppose bien qu'aucun malin (prig) ne survit plus qui ose encore nier la très haute place occupée par Dickens dans la littérature de tous les temps : » mais, en tout cas, nous pouvons être certains qu'aucun « malin » de ce genre, s'il en reste encore, ne survivra à la publication de son livre sur Dickens, tout de même que nous pouvons être certains, après la Balzac de M. Brunetière, que jamais plus quelqu'un ne se trouvera pour nier sérieusement la «  très haute place » occupée, dans le roman français, par l'auteur du Curé de Tours et du Cousin Pons. Balzac et Dickens, l'heure de la justice est décidément venue pour ces deux grands hommes, dont chacun est peut-être la plus vivante incarnation de ce que contiennent de plus essentiel l'esprit et le cœur de la race.

Avec sa pénétration et son ingéniosité ordinaires, M. Chesterton nous explique quelques-uns des motifs de la défaveur témoignée longtemps à Dickens par un très grand nombre de lettrés anglais. C'est que, d'abord, la génération « réaliste » d'il y a vingt ans a été choquée du caractère excessif, et absolument irréel, – ou plutôt « anti-naturaliste, » – des peintures d'un écrivain qui, avant tout et par-dessus tout, avait toujours été un poète; et lorsque ensuite le goût est revenu aux poètes, la nouvelle génération « symboliste » et « décadente » s'est choquée de ce que la « poésie » de Dickens avait de puissant, de joyeux, de foncièrement naturel et sain; tandis qu'elle ne prenait plaisir qu'à une poésie toute maladive, tout artificielle, et toute désolée. Mais aujourd'hui la beauté de l'art de Dickens a triomphé des diverses préventions élevées contre elle, comme il arrive, à Londres même, par les après-midi d'été, que le soleil traverse victorieusement la masse des brouillards. Et nul obstacle ne l'empêchera plus de briller, de charmer les yeux, et d'échauffer les âmes.
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 10:57
Roman très riche, La Sphère et la croix mérite certainement une exploration plus longue et plus profonde que celle que nous proposons en guise de simple apéritif. Pour terminer sur ce chapitre, quelques mots de la traduction française.
Signée Charles Grolleau, elle a d’abord paru Crès en 1921 et comprend alors 328 pages. L'éditeur a pris soin de souligner alors qu'il s'agit de la « seule traduction autorisée par les éditeurs MM. Wells, Gardner, Darton & C° ». À cette époque, il semble que ne soit disponible en traduction française que le Charles Dickens (parution 1909); Le Nommé Jeudi (parution 1911); Le Napoléon de Notting Hill (parution 1912); La Barbarie de Berlin (parution 1915); Les Crimes de l'Angleterre (parution 1916) et La Clairvoyance du Père Brown (1919).
La traduction de La Sphère et la croix par Charles Grolleau connaît une deuxième édition, à Bruges, chez Desclée De Brouwer le 13 mai 1937. Le volume comprenait 399 pages. C’est cette même traduction qui est reprise par les éditions de l’Age d’Homme, en 1981, permettant ainsi aux lecteurs d’aujourd’hui d’avoir accès à cette « fable métaphysique » qui constitue selon l’éditeur « une des plus belles inventions de G.K. Chesterton, un des plus fascinants modèles de délire logique de la littérature mondiale ». Dans cette édition de l’Age d’Homme, La Sphère et la croix comprend 220 pages. Enfin on retrouve cette même traduction dans le reprint des éditions Saint-Rémi qui reproduisent l'éditions Crès de 1921, en 328 pages.
Notons au passage que Charles Grolleau fut aussi le traducteur de deux autres ouvrages de Chesterton : Les crimes de l’Angleterre, paru chez Crès en 1916, dans la collection Angha, d'Orthodoxie, paru chez L. Rouart et J. Watelin, en 1923. Né le 28 juin 1867 à Paris, décédé le 15 juin 1940 à Chateauneuf-sur-Loire (Loiret), Charles Grolleau a traduit plusieurs ouvrages d’origine anglo-saxonne. Parmi les auteurs catholiques traduits, citons Dom Bède Camm (un récit de conversion), dom Cuthbert Butler (une étude sur la règle bénédictine) et enfin le célèbre Mgr Benson et ses Paradoxes du catholicisme. Parmi les auteurs profanes, Charles Grolleau fut notamment le traducteur d’Oscar Wilde et de William Blake.
Tout récemment (1er mars 2009), l’Association de la Médaille miraculeuse a établi un lien entre le roman de Chesterton et la médaille de la rue du Bac à Paris :
« Traduction d’un écrit anglais publié en 1909, il y a tout juste cent ans, La Sphère et la Croix est un beau livre de Gilbert K. Chesterton, un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle. A ceux pour qui, symbole du christianisme, la croix reste un symbole de sauvagerie et de déraison, Chesterton répond : Vous commencez par briser la croix, et pour finir vous brisez le monde habitable. Car si vous enlevez Dieu, qu’est-ce que l’humanité devient? Dans quelle sorte de monde sommes-nous réduits à vivre? Notre Dieu est si loin d’être le rival de l’homme qu’il a voulu que l’homme partage sa propre nature divine et son bonheur éternel.
La Sphère et la Croix nous fait naturellement penser à l’apparition de la rue du Bac. Dans ses mains, la Vierge Marie tient une sphère surmontée d’une croix polaire. Depuis les premiers princes chrétiens, c’était l’emblème usité pour exprimer la puissance. A juste titre, on a donné à la statue de la Vierge, la représentant dans cette attitude, le nom de Vierge puissante. »
La suite, à lire ICI.
Notons enfin que « La Sphère et La Croix » sera aussi le titre d’une collection au Seuil.
Pour avoir un aperçu du texte de La Sphère et la croix, vous pouvez vous rendre , en n'oubliant pas qu'il est préférable d'acheter le livre, au risque sinon de voir les éditeurs disparaître et les livres avec eux.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 14:39
Membre de l’Académie française, aujourd’hui encore l’un de nos plus grands écrivains, Jean Dutourd vient de publier un nouveau livre chez Flammarion. Il s’agit d’un recueil de « chroniques littéraires », réunies sous le titre, La chose écrite. Un joli titre, pour un livre que je vais m’empresser de lire, page après page.
Cédant à mes instincts les plus immédiats, je me suis précipité sur l’index des noms propres. Heureusement, il y en a un, Flammarion connaissant encore son travail d’éditeur. J’étais sûr que Jean Dutourd évoquerait Chesterton. Cette certitude ne repose sur aucune prescience. Mais deux raisons me poussent toujours à aller vérifier si notre Académicien évoque son illustre confrère britannique.
La première de ces raisons tient au fait que Jean Dutourd fut l’un des traducteurs de Chesterton, pour la collection dirigée par Jorge Luis Borges et dont le volume chestertonien, L'Œil d'Apollon, a été réédité récemment. aux éditions du Panama (première édition 1977 chez Retz, Franco Maria Ricci). 
L’autre raison est plus personnelle. J’avais dans l’une des chroniques littéraires que j’écrivais pour L’Homme Nouveau consacré un article à Jean Dutourd. J’avais cru déceler une parenté entre lui et GKC et je n’avais pas hésité à faire de Dutourd notre Chesterton français. Dutourd m’écrivit pour me dire que cette comparaison, qu’il estimait trop flatteuse, lui avait procuré néanmoins un vif plaisir.
À ce deux raisons, je pourrais en ajouter une autre, qui me fut rapportée par le directeur des éditions DMM. Éditeur de Chesterton, il avait envoyé lors de la parution de L’Homme éternel dans sa version intégrale le livre à Jean Dutourd. À l’époque, celui-ci fréquentait le plateau des "Grosses têtes" de Philippe Bouvard et offrit à l’ouvrage une publicité gratuite mais éloquente qui permit aux ventes de décoller.
Rien d’étonnant donc de voir Chesterton évoqué par Jean Dutourd. Qu’en dit-il ? « Deux choses me frappent dans Chesterton, écrit Dutourd. D’abord sa foi catholique qui était puissante et joyeuse comme celle de Bernanos ; ensuite une méthode qu’il emploie constamment et que son ami Belloc appelait le “parallélisme”. Cela consiste à démontrer des vérités obscures ou douteuses en les comparant à des vérités claires et incontestables. En fait, c’est la démarche du poète, qui pénètre à l’intérieur des secrets grâce à la métaphore ».
La conclusion de cette chronique sur Chesterton est aussi à retenir :
« Chesterton est un des plus grands écrivains anglais du XXe siècle (il est mort en 1936). Belloc prétend qu’il est mal connu en France parce qu’il n’a jamais été bien traduit, au rebours de Kipling qui lui est très inférieur ».
On discutera quand même Jean Dutourd sur un point. Il affirme que « Chesterton a fait de son détective un prêtre » parce qu’il « était catholique fervent ». Or, quand il publie les premières histoires de Father Brown – c’est-à-dire en 1911 – Chesterton n’est absolument pas catholique. Il ne se convertira qu’en 1922. À l’époque, il est encore de confession anglicane, même s’il appartient alors à la branche la plus proche du catholicisme romain.
Dans La chose écrite, Dutourd évoque encore Chesterton à propos d’André Maurois qui se disait marqué par le rire de GKC qui « ressemblait à celui des dieux de l’Olympe ».



La chose écrite, chroniques littéraires, par Jean Dutourd, Flammarion, 576 pages, 25 €
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 08:10
En exclusivité pour les lecteurs du blogue des Amis de Chesterton, l'entretien avec Gérard Joulié, traducteur de Outline of sanityPlaidoyer pour une propriété anticapitaliste –, à paraître dans l'Homme Nouveau de samedi prochain.



Qu’est-ce qui vous a frappé le plus dans le livre de G.K.C. que vous avez traduit ?
>>Gérard Joulié : En traduisant ce livre, j’ai découvert tout un pan de l’oeuvre de G.K.C. que j’ignorais. Je connaissais le polémiste, l’apologiste, le romancier, le nouvelliste, le poète même, j’ignorais le journaliste politique engagé dans les combats de son temps. Ce qui m’a frappé, c’est moins son optimiste légendaire, qui m’était déjà familier, que sa détermination et son courage à manier le gourdin. Il ne dit pas comme Bloy : j’attends les cosaques et le Saint-Esprit. Il rame avec les autres naufragés sur ce radeau de la méduse qu’est devenu la terre, même s’il rame dans un sens contraire. Il ne se contente pas d’attendre la fin du monde, même s’il l’attend en chrétien et en croyant. Il a déclaré la guerre au plus terrible des monstres : la machine, fruit de l’arbre de la connaissance. Je pense en disant cela à Bernanos et à son pamphlet : La France contre les robots. Le combat de G.K.C. est identique. Combattre les machines et au besoin les détruire afin de ne pas en devenir une soi-même et de finir comme un être virtuel dans un monde virtuel. J’ai été particulièrement frappé par une phrase du livre : «Ce que l’homme a fait, il peut le défaire. » Le peut-il et l’a-t-il fait de son plein gré ? Ou a-t-il été poussé à le faire ? Je nuancerai la phrase de la manière suivante : ce que l’homme a fait sous l’action du démon, il peut le défaire sous celle de l’Esprit Saint. Sans l’assistance de l’Esprit Saint, il ne fera que le mal. Il y a si longtemps que la ville a commencé de grignoter la campagne. L’anticapitalisme de G.K.C. rejoint la défense du petit contre le gros, le trust, le cartel, la multinationale. C’est la défense du chevalier du MoyenÂge se battant contre des dragons. Nous avons nous aussi nos dragons, et il y a belle lurette que nous en sommes devenus les serfs. Jadis l’Église en condamnant l’usure condamnait déjà le capitalisme. Car tout se tient, le dérèglement est universel : dans les coeurs, les esprits, les âmes, les corps et les oeuvres des hommes.
Pourquoi lire Chesterton aujourd’hui ?
>>En partie pour les raisons que je viens d’indiquer et en partie également pour la raison qu’il est bon de lire G.K.C. en tout temps, en tout lieu et à tout âge. Son livre a été écrit il y a près d’un siècle, et l’on mesure les ravages qui ont été accomplis depuis, et dans quel sens catastrophique la terre a continué de tourner. Peut-on modifier le cours de l’histoire, faire marche arrière ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. G.K.C. veut remettre à la terre une partie de notre population, or notre humanité ne veut rien lâcher de son confort. Elle veut sauver la planète en ne sacrifiant rien. C’est impossible. L’homme, selon Chesterton, n’est pleinement lui-même que lorsqu’il chante dans son nid, le nid sur la branche de l’arbre natal pris avec tout son peuple d’ancêtres et de racines, sa motte de terre, sa marge de terroir et de territoire. Sa défense de Dieu est aussi sa défense de l’homme, car si Dieu meurt, l’homme meurt également. Le Créateur et sa créature sont inséparables.
Chesterton est-il un auteur difficile à traduire ? Dans le jeu de la langue et des mots, comment caractériseriez- vous l’écrivain Chesterton ?

>>Chesterton n’est pas un styliste. Il s’est fait une langue à son image, énorme et délicate. C’est un homme pressé et un homme en colère, qui ne se contient pas toujours. Il ne craint ni le pléonasme ni la redondance, mais comme l’a dit très bien Ludwig Wittgenstein, la tautologie n’estelle pas l’ange gardien de la pensée ? La langue de G.K.C. est jaillissante et bondissante. L’essayiste est plus facile à traduire que le romancier aux prises avec la végétation fantastique et luxuriante de sa pensée.
Le Chesterton « politique » est-il différent du Chesterton romancier ou poète ?
>>Nullement. Le politique prolonge l’artiste. Ils sont inséparables. G.K.C. est le peintre d’une civilisation paysanne militaire et chrétienne hors de laquelle il ne saurait vivre, car n’a de goût que ce qui est local. Ce qui est grand, international, cosmopolite est insipide, comme tout ce qui voyage et circule.
Avez-vous une dette particulière à son égard ?
>>Il me rappelle que l’Angleterre n’a pas toujours été la nation protestante et moderniste asservie aux puissances de l’argent que nous connaissons. Il me rappelle aussi qu’il n’y a de conversions qu’individuelles et qu’un être humain, au Jugement dernier, aura à répondre non seulement de ses propres crimes mais également de ceux de sa nation. Il a ce mot : Dieu nous distingue, Dieu nous sépare. Même damnés, nous ne serons pas confondus. On pourrait presque dire qu’à la limite il vaut mieux être damné et distingué que sauvé indistinctement. Nous ne sommes pas seulement distingués, nous appartenons à un corps qui est l’Église, laquelle ne remplit pleinement son rôle que lorsqu’elle se donne pour tâche non seulement d’évangéliser, mais également de rebâtir une chrétienté, comme le pensaient aussi chez nous des chrétiens comme Péguy et Bernanos. Il a su rendre au Bien et à l’orthodoxie les couleurs flamboyantes dont les romantiques avaient paré leurs chétives hérésies. Il n’est pas le compatriote de William Blake pour rien.

Propos recueillis par Philippe Maxence
Reproduit avec l'autorisation de L'Homme Nouveau
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 00:45
Suite de la vidéo de Father Brown, selon l'adaptation diffusée par EWTN, la chaîne de télévision catholique américaine.




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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 00:40
Voici la première partie d'une adaptation de Father Brown diffusée sur la célèbre chaîne de télévision catholique américaine, EWTN. La présentation est faite par Dale Ahlquist, président de l'American Chesterton society et auteur de plusieurs ouvrages sur Chesterton.



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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 01:36

Particularité de ce livre : il s’agit du troisième roman publié par Chesterton, après Le Napoléon de Notting Hill (cf. ICI) et Le Nommé Jeudi (ICI, , et LÀ) En fait, La Sphère et la croix est dans l’ordre d’écriture le deuxième roman, dont une partie sera publiée en feuilleton dans Commonwealth, entre mars 1905 et novembre 1906. The Commonwealth était l’organe mensuel de la « Christian social Union », fondée en 1889 par Henry Scott Holland, un ami de Chesterton. Mais plus qu’aux autres romans, il faut peut-être rattacher ce livre à Heretics (ICI, , , et ) publié en juin 1905, et donc directement contemporain de l’écriture de La Sphère et la croix. Les thèmes, bien que traités très différemment, y sont semblables. Il s’agit bien de l’incompréhension radicale entre deux visions du monde, la chrétienne et la moderne.
Quoi qu’il en soit, le livre a paru le 24 février 1910. La presse semble avoir bien reçu l’ouvrage, même si certains critiques déplorèrent quelques confusions, la précipitation dans l’écriture ou la volonté de faire passer les vues catholiques de l’auteur.
De fait, ce roman est construit sur deux couples de personnages qui incarnent un positionnement radical par rapport à la foi et à l’Église. Le premier couple est celui des premières pages, formé par le moine Michael et par le professeur Lucifer, deux personnages plutôt allégoriques. (cf. image d'époque) On les retrouve à la fin du livre. L’autre couple est celui d’Evan MacIan et de James Turnbull.
MacIan est écossais, jacobite, catholique alors que Turnbull, tout aussi écossais, est athée. Si MacIan a été associé à Chesterton, les critiques ont pensé que Turnbull pouvait représenter Shaw, notamment à cause de sa description physique, ou, Robert Blatchford, directeur de The Clarion comme Turnbull est directeur de The Atheist.
Comme nous l’avons dit, les rencontres entre MacIan et Turnbull sont formées d’une suite de duels, constamment interrompue et relancés, qui se terminent étrangement dans un asile, qui a tout de l’enfer ou, du moins, du purgatoire.
C’est là certainement que Chesterton annonce Kafka puisque cet asile contient des médecins aussi fous que leurs patients et que l’on entre dans une spirale infernale. Tout prend une allure de folie, jusqu’à la nature elle-même. D’une certaine manière, Chesterton donne l’impression de passer des symboles de la sphère et de la croix à celui de l’asile, endroit clôt sur lui-même, et monde de folie, représentation de l’enfer. À la question de la foi, de la croyance, du respect de la Vierge Marie, prétexte au duel de départ, il substitue donc celui de la folie. Un thème largement abordé dans son œuvre et qui le touche de près. Du fait de ce changement de thème, le lecteur de La Sphère et la croix est un peu surpris par ce passage et ne parvient pas toujours à suivre l’auteur dans la progression de l’histoire. Ce qui sauve l’ensemble d’un climat parfois pesant, surtout à la fin, c’est l’humour, toujours présent chez Chesterton.
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