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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 00:05
Dans Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (Outline of sanity), Chesterton écrit :
« La distribution peut être un rêve ; trois acres et une vache peuvent être une plaisanterie ; les vaches peuvent être des animaux fabuleux comme la licorne; la liberté peut n’être qu’un mot, l’entreprise privée peut être une chimère que le monde ne peut plus se permettre le luxe de poursuivre. Soit ! Mais à ceux qui laissent entendre que la propriété et l’entreprise privée sont encore aujourd’hui des principes en vigueur, je dis qu’ils sont sourds, aveugles et inconscients des réalités de leur existence quotidienne, et qu’en conséquence ils n’ont rien à faire dans notre débat.
Utopiques nous le sommes, certes, dans le sens où notre tâche est aussi ardue que celle d’Hercule nettoyant les écuries d’Augias. Nous sommes aussi révolutionnaires dans le sens où une révolution signifie un renversement : un renversement de direction, même s’il doit s’accompagner d’un ralentissement du rythme. »


Au début de cet extrait, Chesterton utilise la formule « trois acres et une vache » dont on trouve une représentation dans le dessin  utilisé ici et signé… Chesterton. De quoi s'agit-il ?
C'est en fait un slogan rendu célèbre par Chesterton. C'est une formule qu'il a remise à l'honneur, mais qui lui est antérieure. Ce slogan symbolise la nécessité du retour à la terre. La formule remonte aux années 1880 et viendrait de Jesse Collings, un député agrarien du Devonshire qui a encouragé les petites exploitations. Elle a longtemps été attribuée à Joseph Chamberlain, ministre britannique dans les années 1880 et promoteur de la réforme agraire. Cependant, elle aurait pu être utilisée pour la première fois par Eli Hamshire, un philosophe terrien, vivant dans le village de Ewhurst dans le Surrey, en Angleterre, dans sa correspondance avec Chamberlain et Collings. Grâce à Chesterton et au courant distributiste, elle connaîtra une seconde vie dans les années 20 et 30 du XXe siècle.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 00:35


Dans Outline of sanity (traduction française : Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste), recueil d’articles parus dans le G.K’S Weekly, Chesterton défend l’idée distributiste de la société. En1926, l’écrivain avait présidé à la naissance de la « Distributist League », mouvement politique et économique, visant à défendre l’idée d’une large et massive distribution de la propriété privée en Angleterre, et de ce fait, un type de société plus lente, plus artisanale et paysanne. Du côté de Chesterton, le but est double. Il s’agit de rendre les familles et les hommes plus libres et donc responsables de leurs destins. Pour ce faire, il faut qu’ils puissent bénéficier d’un minimum de moyens matériels correctes pour vivre. L’autre but visé est qu’ainsi le christianisme pourra trouver le terreau nécessaire pour prendre racine et s’épanouir.
La première réunion de ce qui sera la Ligue distributiste a lieu le 17 septembre 1926, à Essex hall. Les participants y élisent un premier bureau, composé de Chesterton comme Président, d’un certain capitaine Went comme secrétaire et d’un trésorier du nom de Maurice Reckitt. Comme pour toute association naissante – il ne s’agit pas d’un parti politique –, la dénomination du groupe occupe tout d’abord les esprits. Le nom de « Cobbet club » est avancé. Chesterton a publié l’année précédente un essai biographique sur ce ruraliste anglais. On propose aussi celui de « Ligue des Luddites » du nom de ce groupe opposé aux machines, ou encore « Ligue de la petite propriété », « La vache et les acres », du nom du slogan symbolisant l’idéal rural des distributistes. Beaucoup soutiennent l’idée d’une « Ligue des lutins », clin d’œil amusant à l’importance que Chesterton accorde à l’éthique des fées, comme il l’a développé dans Orthodoxie. On propose encore le nom de « Ligue de la propriété perdue » ou « Ligue de la liberté et de la propriété perdue », noms censés résumer l’idéal poursuivi.
En Octobre 1926 une autre réunion a lieu sur le thème justement de la perte de la liberté. Finalement ce sera la « Ligue distributiste », même si ce terme ne remporte pas tous les suffrages, certains considérant qu’il est laid et qu’il ne résume pas toutes les ambitions de l’association. C’était le cas notamment du dominicain Vincent McNabb, très engagé dans la diffusion de la propriété privée paysanne, ou encore de Hilaire Belloc, qui aurait préféré que l’on parle de la « Restauration de la propriété privée » (nom de l’un de ses essais) ou encore que l’on prenne comme nom « Outline of sanity », que l’on peut traduire, entre autre possibilité, par « plan de santé morale ».
Outline of sanity était le titre d’une série d’articles que Chesterton avait publié dans le G.K.’s Weekly. Dans ces articles, l’écrivain argumentait en faveur d’un retour à la santé de l’esprit, aussi bien dans le monde paysan qu’artisanal, par une libération de la place trop grand accordé au machinisme et à l’industrie ainsi qu’à la grande distribution, alors encore embryonnaire. Ces articles et le lancement de la Ligue ont entraîné une augmentation du tirage du G.K.’s Weekly. Mais le lectorat n’était pas sans réaction face aux articles de Chesterton et des autres journalistes de la Ligue. Il demandait davantage de conseils pratiques et d’explicitation des principes ainsi que moins de critiques. Surtout, les lecteurs demandaient quand la Ligue entreprendrait quelque chose.
À cette question, la réponse de Chesterton était invariable. Son rôle était d’écrire et de parler, de travailler à la « propagande ». Il ne cessait d’expliquer que la société qu’il préconisait était la société normale alors que le monde moderne était anormal et aliéné. La difficulté se trouvait pourtant dans le fait qu’il fallait rendre normal l’anormal, ce qui nécessitait un effort surhumain. Dans Outline of sanity (traduction française Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste), Chesterton ne cesse d’expliquer que l’homme peut refaire le chemin en sens inverse dès lors qu’il s’aperçoit qu’il a suivi la mauvaise route.
Vraie pour une erreur d'itinéraire, l'affirmation se vérifie-t-elle pour les sociétés ? Très vite, les responsables de la Ligue distributiste sont tombés en désaccord sur la place des machines dans une société distributiste. Certains, fidèles en cela à l’exemple luddite, s’opposaient à toute idée de machines ; d’autres, au contraire, en défendait le principe.
Et Chesterton ? Il consacre une partie de son livre Outline of sanity à cette question. Sa position est médiane. Il estime que la machine peut être nécessaire pour aider à développer des petites entreprises et de petites exploitations agricoles. La machine peut aider à s'affranchir du machinisme. Le but premier pour Chesterton consistait à répandre la propriété privée, moyen par lequel l’homme est libre effectivement. La machine, dans la mesure où elle pouvait jouer un rôle dans ce sens, n’était pas systématiquement à combattre. Cette question de la machine montrait en tous les cas la difficulté à faire machine arrière – c'est le cas de le dire – pour refaire une société plus conforme à la nature humaine.
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 00:22
Voici un extrait du livre de Chesterton qui vient de paraître sous le titre de Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (éditions de l'Homme Nouveau). Cet extrait forme la conclusion de la première partie consacrée à poser le problème de la large diffusion de la propriété privée dans le contexte de l'époque.





On m’a parfois reproché de ne pas être un homme de mon temps et plus encore de croire à ma propre religion. On m’a traité de médiéval, et l’on a même détecté en moi un préjugé en faveur de l’Église catholique à laquelle j’appartiens. Eh bien, parlons Église et parlons Moyen Âge. Si l’on nous disait que les rois médiévaux et les pays agricoles modernes avaient tort de tolérer chez eux des zones de bolchevisme avoué, nous serions quelque peu surpris de voir que cette remarque se référait en réalité au fait de tolérer des monastères. Or il est très vrai de dire que les monastères sont des communautés régies sur le principe de la communauté des biens ou plus exactement sur l’absence et la négation même de toute propriété. En ce sens les moines sont tous communistes. Leur vie économique et morale est une exception à la loi générale qui gouverne les sociétés et en particulier la féodalité et la vie de famille. Cependant leur situation privilégiée était considérée plutôt comme un soutien de l’ordre social. Ils conféraient à certains idéaux communautaires leur juste place dans l’État ; il en était de même des terres communales.Nous trouvons bon d’accorder à des guildes et des corporations leur juste place dans l’État, et nous n’avons rien contre l’idée de terres communales. Nous disons seulement que de vouloir nationaliser toutes les terres, cela revient à vouloir faire vivre tout le monde dans des monastères ; c’est donner à ces idéaux une place disproportionnée dans l’État. Dans le communisme, ce n’est pas seulement une petite portion de la population qui est communiste, c’est tout le monde qui doit l’être. Ce n’est pas avec un tel critère que nous définirons quant à nous la société distributive. Notre intention n’est pas que tout le monde soit distributiste. De même dans une société paysanne tout le monde n’est pas paysan. Par société paysanne nous entendons seulement dire qu’elle aurait le caractère général d’une telle société, à savoir que la terre serait exploitée de telle ou telle manière, que les lois obéiraient à tel ou tel esprit et que toute autre institution serait considérée comme une exception notable sur ce haut plateau d’égalité.

Si une telle idée est inconsistante, rien n’est consistant ; si elle est impraticable, c’est que la vie humaine elle-même est impraticable. Si quelqu’un désire avoir une roseraie, il plantera des roses là où elles peuvent le mieux pousser de manière à donner à son jardin le caractère général d’une roseraie ; cela ne veut pas dire que les roses envahiront son jardin ; elles se contenteront de le colorer. Il ne s’attendra pas à voir des roses pousser dans les cheminées, le long des grilles ou des arbres. S’il désire un potager au lieu d’une roseraie, il procédera autrement. Il sait ce qu’il veut réaliser mais il sait aussi, car il est intelligent, qu’il ne pourra pas le réaliser partout de la même manière, ou disons d’une manière unilatérale. Il sait qu’il devra composer avec d’autres réalités. Le jardinier ne reléguera pas les capucines dans le potager parce que certaines personnes aiment à les manger. Aussi n’exclurions-nous pas automatiquement de notre jardin social toute machine moderne, pas plus que nous n’en exclurions toute espèce de monastère médiéval. Mon apologue est assez juste, me semble-t-il, car il y est fait l’apologie de ce bon sens humain élémentaire que les hommes ne perdent qu’en perdant leur jardin, ainsi que l’a montré l’histoire de nos premiers parents, qui perdant la raison – je parle de cette raison supra-humaine dont ils avaient été dotés – ont en même temps perdu leur jardin.


Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (traduction française de Outline of sanity) est uniquement en vente auprès des éditions de l'Homme Nouveau, soit par le biais du site sécurisé www.hommenouveau.fr
soit par courrier au 10, rue Rosenwald 75015 Paris, soit encore par téléphone au 01 53 68 99 77. Inédit en France, ce nouveau livre de Chesterton (traduction Gérard Joulié, 238 pages) est disponible au prix de 22 €.
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 09:11
L'événement du moment pour les amis de G.K. Chesterton est constitué par la sortie de Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, traduction française de Outline of sanity, livre que Chesterton fit paraître en 1926. Inédit en langue française, cet ouvrage complète ainsi la vision que nous pouvions avoir de l'écrivain, qui ne fut pas seulement un romancier, un apologiste, un essayiste chrétien, mais aussi un homme engagé pour une plus grande justice sociale.
Édité par les Éditions de l'Homme Nouveau, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, est formé de cinq grandes parties, comprenant chacune de deux à quatre chapitres. Il se termine par un ultime chapitre conclusif dans lequel Chesterton, conscient de l'aspect un peu éparpillé de ses essais, donne une synthèse générale de sa pensée.
L'ouvrage a une coloration nettement polémique, au meilleur sens du terme. Chesterton défend une vision de la société, argumente en sa faveur, mais, par le fait même, la distingue de conceptions opposées. Bien sûr, le contexte dans lequel furent publiés les articles réunis dans ce livre est aujourd'hui largement dépassé. Bien sûr, le vocabulaire a évolué et le monde est devenu largement plus complexe. Chesterton écrit à une époque où le monde est sorti de la Première Guerre mondiale depuis moins de dix ans. Le fascisme est au pouvoir en Italie depuis quatre ans seulement. En revanche, le monde libre regarde en direction de la Russie, devenue l'URSS, et affiche une grande crainte devant la menace communiste. En France, l'expérience du Front populaire n'a pas encore eu lieu; l'Espagne ne connaît pas encore la guerre civile. En Allemagne, le nazisme devra attendre 1933 pour parvenir au pouvoir. Deux grands modèles socio-économiques s'affrontent donc alors : le capitalisme et le socialisme étatique. L'un est incarné par les États-Unis et l'autre par l'URSS.
C'est face à ces deux conceptions que Chesterton propose une autre vision, inspirée directement de l'encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII. C'est si l'on veut une vision chrétienne de la société, une conception conforme à la doctrine sociale de l'Église, mais qui, en même temps, ne nécessite pas forcément d'avoir la foi. Chesterton et ses amis, notamment Hilaire Belloc, lui ont donné le nom de « distributisme ». Ce terme n'est pas en soi très clair et il demande quelques explications.
Distributisme implique l'idée de « distribution ». Mais de « distribution » de quoi ? C'est ici que le contexte anglais est largement différent du contexte français. En France, les catholiques sociaux, également inspirés par Rerum novarum de Léon XIII, ont été amenés à porter leurs efforts dans une direction différente de celle qui fut prise par les catholiques sociaux anglais comme Chesterton. En France, l'effort sera mis sur la réconciliation des classes à travers la proposition d'un ordre corporatif, capable également d'améliorer la condition ouvrière. De ce fait, une partie des catholiques sociaux français estimera nécessaire de parvenir à changer les structures de l'État pour permettre l'émergence de cet ordre corporatif. En revanche, comme la société française est encore largement paysanne et que la propriété privée, même de petite dimension, y est présente, l'accent est moins mis sur cette question.
L'Angleterre se trouve dans une autre situation. La question du régime ne se pose pas. Mais les chrétiens sociaux sont confrontés à une organisation sociale qui réserve encore la majorité des terres à une petite classe : l'aristocratie. Il n'y a quasiment pas d'équivalent de la paysannerie française en Angleterre. Les prolétaires – c'est-à-dire ceux qui ne sont pas propriétaires (et d'abord d'eux-mêmes) – ne sont pas seulement les ouvriers de l'industrie, mais également les paysans qui peuvent du jour au lendemain se retrouver sans emploi. En gros, c'est cette situation que dénonce Chesterton, tout en tentant d'y apporter une réponse satisfaisante au plan humain et politique. Il lui donne le nom de distributisme puisqu'il s'agit de rendre les familles et les hommes vraiment libres en leur donnant à tous la propriété privée des moyens de production. À partir de là, il développe toute une conception de la vie sociale qui s'oppose au mythe du progrès, base commune de la conception « capitaliste » et de la conception « socialiste ».
En quoi, un tel livre peut-il concerner des Français du XXIe siècle ? Au-delà des mots et du contexte d'une époque, Chesterton montre bien que notre monde n'est pas le fruit du hasard. Il répond à un développement logique, dont il dénonçait les prémisses en 1926 et dont il voyait bien ce qu'il donnerait. Dans un monde globalisé, en partie grâce à la technologie, en partie grâce aux moyens de communication et en partie, en raison de la victoire de l'idéologie libérale, la situation dénoncée par Chesterton est devenue la nôtre. Alors que l'effort et le travail sont des valeurs mises en avant constamment, il semble que seuls certains en bénéficient. Alors que le monde de l'entreprise est exalté, seuls les grands groupes internationaux bénéficient de l'intérêt de l'État, au détriment des petits commerces, qui formaient encore naguère le tissu économique de notre pays. Alors que la famille traditionnelle n'est en soi ni une valeur de droite ni une valeur de gauche, celle-ci ne cesse d'être attaquée au point non seulement de n'être plus considérée comme la cellule de base de la société, mais d'être mis en concurrence avec d'autres formes de « famille ». Alors que la France est une terre paysanne, comprenant un large éventail de productions agricoles, notre agriculture n'a cessé de diminuer, transformant autant le visage économique de la France que le visage de la société.
La question qui se pose est donc de savoir si cette nouvelle situation a rendu l'homme plus heureux, la société plus stable, la paix plus assurée ?
En lisant les propositions de Chesterton – qui reste toujours habité de la flamme de l'espérance et d'une philosophie de la gratitude même en matière politique – il ne s'agit pas forcément de tomber d'accord avec chacune d'entre elles, mais de prendre le temps de réfléchir un instant en compagnie d'un auteur qui reste un grand écrivain. L'enjeu, c'est tout simplement notre propre liberté, notre capacité à redevenir réellement les maîtres de notre destin, à redevenir propriétaire de nous-mêmes.
Pour se procurer le livre, il suffit de le commander en ligne sur www.hommenouveau.fr (envoi immédiat) ou en écrivant aux Éditions de l'Homme Nouveau, 10 rue Rosenwald 75015 Paris ou en téléphonant au 01 53 68 99 77. Le prix du livre est de 22 €. Ce tirage est limité et il est offert en priorité à ceux qui commanderont le livre au mois de mars, avant que le reste éventuel soit mis en vente en librairie en avril.
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:06



Après une longue interruption due à un déménagement et à plusieurs voyages à l'étranger, le blog des Amis des Chesterton reprend son activité. Avec une bonne nouvelle que nous avons déjà signalée : la parution d'un nouveau livre en français du grand écrivain français.
Si vous êtes abonné à la Lettre d'information, vous avez reçu la Lettre n°10, qui comprend en exclusivité la présentation de ce nouveau livre, en forme d'un long avertissement.
Pour ceux qui n'ont pas encore pris le temps de s'abonner – un clic suffit et c'est gratuit – voici le début de cette Lettre. N'hésitez pas à vous abonner et à nous demander (amis.de.chesterton@free.fr) de vous envoyer l'avertissement en guise de bienvenue.



Une fois n’est pas coutume, il y a un thème unique pour cette nouvelle Lettre d'information, réservée aux abonnés. Comme nous l'avons annoncé mercredi 4 mars, un nouveau livre de G.K. Chesterton vient de paraître en France. Il s'agit d'un inédit, remarquablement traduit par Gérard Joulié, fin connaisseur de notre auteur et qui avait traduit en 2007 Les Contes de l'arbalète (titre d'origine : Tales of the Long Bow) chez l'Age d'Homme. Gérard Joulié est également le traducteur d'un autre fort volume de Chesterton qui devrait paraître cette année, toujours à l'Age d'Homme, un recueil de Contes et nouvelles.
Pour l'heure, sous le titre Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, les éditions de l'Homme Nouveau publient pour la première fois en France la traduction d'un des principaux essais politiques de Chesterton : Outline of sanity.
Nous publions, en exclusivité pour les abonnés à la Lettre d'information, l'avertissement de l'éditeur, qui explique ce qu'est ce livre qui a connu plusieurs rééditions dans le monde anglo-saxon. Pour l’instant ce livre, en tirage limité, n’est disponible que sur le site de l’Homme Nouveau (ICI)  ou par correspondance (10, rue Rosenwald, 75015 Paris). Il ne sera en librairie qu’à partir du mois d’avril.
N'hésitez pas à vous le procurer pour découvrir une face peu connue de Chesterton : sa verve, son humour, son talent et son sens du paradoxe mis au service d'une vision non conforme de la société.
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 16:51

Le dernier né des éditions de L'Homme Nouveau vient d'arriver. Inédit en langue française,  Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (titre d'origine : Outline of sanity) de G.K. Chesterton est l’un de ses principaux ouvrages de réflexions politiques. Dans ce recueil d’essais de 1926, le grand écrivain britannique, que la France redécouvre actuellement, s’emploie à dessiner sans dogmatisme les principes qui pourraient guider une société vraiment humaine entre les écueils du totalitarisme collectiviste et du chaos d’un capitalisme « bling bling » qui ne profite qu’à des privilégiés.
Ce n’est pas une mince surprise de constater qu’en usant des mots qui sont les siens, Chesterton avait déjà pensé la crise de l’environnement, la faillite de banques, la perversité du système de la grande distribution, la destruction de l’agriculture ! Avec la philosophie de la gratitude qui le caractérise tant, émaillant ses propos d’un feu d’artifice de paradoxes révélant la complexité des choses, Chesterton propose la large distribution de la propriété comme facteur de justice sociale et de développement économique maîtrisé.


Pour l'instant uniquement disponible auprès des éditions de l'Homme Nouveau, en vente en ligne (ICI) ou par correspondance (10, rue Rosenwald, 75015 Paris), ce nouveau livre bénéficie d'une présentation simultanée sur le blog de L'Homme Nouveau, le blog Un nommé Chesterton (Les amis de G.K. Chesterton) et le blog Caelum et Terra.

 

 


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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 14:19
Initialement, j’avais annoncé ce roman de Chesterton comme appartenant aux ouvrages parus en 1909. Je m’étais fondé, pour cela, sur une liste donnée par l’« American Chesterton Society ». Or, en consultant mon exemplaire, je me suis aperçu qu’il portait comme date l’année 1910. Dans sa remarquable étude, G.K. Chesterton, création romanesque et imagination (1874-1936) [Éditions Klincksieck], Max Ribstein indique également l’année 1910. Cette date est également confirmée par le dernier ouvrage paru sur Chesterton, celui de William Oddie, Chesterton and the Romance of Orthodoxy (Oxford University Press), qui consacre toute une partie à cet ouvrage. Il convient donc de corriger la date de parution indiquée initialement sur ce blogue [ICI].
Est-ce une raison pour ne pas parler de ce livre ? Ce serait dommage. D’abord, il s’agit de l’un des romans les plus connus du corpus chestertonien en France, en dehors de la série des father Brown. Ensuite, parce que ce livre exige du souffle quand on s’engage dans sa lecture, en raison de sa richesse et de son étonnante construction. Enfin, parce que Chesterton nous entraîne dans un univers quelque peu kafkaïen, susceptible de déplaire à des lecteurs, capable, en revanche, d’en séduire un certain nombre.
Dans son édition d’origine, The Ball and the Cross est publié chez Wells Gardner, Darton and Co (dont l’adresse est savoureuse : 3&4 Paternoster Building, E.C.), avec une couverture orange et sans illustrations. Il faudra attendre 1937, presque un an après la mort de l’auteur pour que les éditions DDB en offre une traduction française le 13 mai de cette année-là. La traduction est assurée par Charles Grolleau, déjà traducteur de Chesterton. Cette même traduction sera reprise en 1981 par les éditions suisses de l’Age d’Homme () puis, plus récemment, dans une forme de reprint, par les éditions Saint-Rémi (ICI).
La Sphère et la Croix comporte vingt chapitres :
– Une discussion un peu en l’air
– La religion du juge
– Antiquités
– Une discussion à l’aube
– Le pacifiste
– L’autre philosophe
– Le village de Grassley-in-the-Hole
– Un intermède
– La dame étrange
– Une passe d’armes
– Un scandale au village
– L’île déserte
– Le jardin de la paix
– Un musée d’âmes
– Le rêve de MacIan
– Le rêve de Turnbull
– L’idiot
– Rencontres
– La dernière conférence
– Dies Iræ L’histoire ?

De manière rapide, on pourrait la résumer comme une série de duels ratés entre un ultra catholique et son pendant athée. Duels armés, mais aussi duels de paroles, et donc une sorte de débat permanent. Mais, se limiter à une telle présentation reviendrait certainement à passer à côté de la richesse de ce roman, qui va bien au-delà d’une histoire de duels qui ne peuvent jamais se dérouler. Mais, alors, de quoi s’agit-il ?
La Sphère et la Croix est sans aucun doute une fable métaphysique sur le bien et le mal, sur la foi et la raison, sur le monde et la folie. Mais c’est également un étonnant délire logique qui tourne parfois la tête. Mais avant toute chose, il convient de s’interroger sur le titre lui-même de l’ouvrage. Tout commence, en effet, par l’arrivée à l’intérieur d’un dirigeable de deux personnages qui survolent Londres et parviennent à la hauteur de la cathédrale Saint-Paul. L’un s’appelle le professeur Lucifer et l’autre est le moine Michæl. Ainsi, d’entrée de jeu, par le choix même de ces prénoms et de ces « professions », Chesterton identifie ses personnages à deux « croyances » absolument opposées. La foi contre le rationalisme ; le rationalisme contre la foi.
Comme le dirigeable percute le dôme de la cathédrale, une discussion s’engage entre les deux hommes, à partir du symbole que représente la sphère qui soutient la croix au faîte de l’édifice religieux. Le professeur Lucifer défend la sphère, symbole parfait de la science, lisse, sans imperfection, inamovible. Ainsi affirme-t-il que « la sphère est la perfection. (…) la sphère est le fruit mûr et final » avant de conclure que la sphère devrait reposer sur le sommet de la croix et non l’inverse. D’accord avec le professeur Lucifer sur le fait que la croix représente la contradiction, « le conflit de deux lignes hostiles, de deux directions inconciliables », mais précisant que son illogisme est à l’image de l’homme « quadrupède qui ne se sert que de deux pattes », le moine Michæl en appelle au bon sens pour signifier à son interlocuteur le danger de son affirmation. En effet, si la sphère reposait sur la croix, elle tomberait tout simplement. C’est sur cette confrontation que débute donc La Sphère et la croix, qui voit au terme de ce premier chapitre le moine Michæl prendre le chemin d’une maison de santé.


À suivre…
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 14:57
La blogsphère est loin d’être inattentive à Chesterton. Tout récemment, Bernard Quiriny a consacré un excellent texte à notre auteur sur son blogue. On en trouvera l’intégralité à l’adresse suivante (ICI)

L’introduction du texte est originale et donne le ton d’une approche littéraire du sujet, à l’occasion de la parution des Enquêtes du Père Brown. Extrait :

« Si la grandeur d’un artiste se mesure à la stature de ceux qui l’ont admiré, alors il ne fait aucun doute que Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) fut un immense écrivain du vingtième siècle. Jugez plutôt : Borges répétait qu’aucun auteur ne lui avait apporté plus de bonheurs de lecture, Claudel trouvait ses essais si fascinants qu’il en traduisait des chapitres entiers dans la NRF (Nouvelle Revue Française) et Gombrowicz le citait élogieusement dans son journal. Encore aujourd’hui, le philosophe Zlavoj Zizek recourt volontiers à lui pour illustrer ses théories et l’éminent Lakis Proguidis, de la revue L’Atelier du roman, affirme que Chesterton «fait partie du cercle très restreint des écrivains qui veillent sur (sa) santé mentale et esthétique ». Même les gros bras du groupe Iron Maiden semblent l’admirer, qui ont repris l’un de ses vers dans leur chanson Revelations! Pourtant, malgré ces références prestigieuses, Chesterton demeure assez mal connu du public hexagonal : tout le monde a lu Wells ou Kipling, ses grands contemporains, mais lui demeure un auteur discret, dont les fanatiques se recommandent les oeuvres à la manière d’un cercle d’initiés. «Cela tient en partie au fait que les Français s'intéressent peu à la littérature étrangère, explique Philippe Maxence, auteur du premier blog francophone sur Chesterton(1). En outre, sa forme d'écriture, qui n’est pas toujours bien rendue par les traductions, exige un effort d’attention. Il faut entrer dans cet univers ; mais une fois que le pas est franchi, une véritable joie s’en dégage. »

Intéressante présentation, n'est-ce pas ? N'hésitez pas à lire la suite, en allant sur le blogue dont j'ai donné l'adresse ci-dessus. C'est un plaisir. Merci également à Bernard Quiriny d'avoir signalé l'existence de notre petit blogue
Qui dira, encore, que Chesterton ne suscite pas la curiosité des Français ?
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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 07:58
L’année 1909 est également marquée pour Chesterton par la parution de Tremendous Trifles. C’est un recueil d’articles ou si l’on préfère de petits essais parus à l’origine dans The Daily News. On y retrouve un Chesterton particulièrement savoureux, avec une grande maîtrise de son art du renversement paradoxal, capable de nous enchanter en abordant des thèmes d’apparence loufoque (voire très loufoque) desquels pourtant il sait tirer des leçons de vie.
Le livre est paru chez Dodd, Mead and Company Published, en octobre 1909, puis à New York,  en 1910, toujours chez Dodd, Mead and Company.

Après une courte préface de l’auteur, l’ouvrage rassemble trente-neuf textes dont le premier a donné son titre à l’ensemble. Chesterton ne cache pas la fantaisie qui habite ces articles, et qui est certainement le vrai point commun entre eux tous. Il se justifie surtout en affirmant que les sujets évoqués, malgré la surprise qu’ils peuvent susciter auprès du lecteur, sont là pour que ce lecteur justement apprenne à se laisser surprendre par les choses banales, les éléments ordinaires de la vie, que l’œil ne remarque habituellement pas. Au contraire clame Chesterton, il faut que l’œil se réveille et que nous devenions des champions oculaires, réorientant constamment notre regard. C’est un vieux thème chestertonien dont le but est de déboucher sur une philosophie de la gratitude.

Ce livre n’a pas été traduit intégralement en français et l’on peut le regretter. C’est, pourtant, de bout en bout un festival typiquement chestertonien. Certains textes, comme par exemple « The Toy Theatre » sont très révélateurs de la personnalité même de l’auteur, lequel a été marqué à vie par le petit théâtre de marionnettes de son enfance.
Cependant, certains de ces textes sont disponibles dans le recueil Le Paradoxe ambulant, recueil de 59 essais choisis par l’écrivain Alberto Manguel, traduits de l’anglais par Isabelle Reinharez et publié par les éditions Actes Sud, dans la collection Le Cabinet de lecture, 2004 (ci-contre image de l'édition anglaise). Le livre est toujours disponible (voir ICI et ).
Dans cette édition, on trouve au total 11 essais extraits de Tremendous Trifles. 11 sur 39 ! Par ordre d’arrivée, citons :

Un morceau de craie (A Piece of Chalk)
Des avantages de n’avoir qu’une jambe (The Advantages of Having One Leg)
Du bonheur de rester au lit (On Lying in Bed)
Une course en taxi dans la campagne (A Cab Ride Across Country)
Les petits oiseaux qui refusent de chanter (The Little Birds Who Won't Sing)
Le théâtre de marionnettes (The Toy Theatre)
L’ange rouge (The Red Angel)
Le secret d’un train (The Secret of a Train)
Dans un pays à l’envers (In Topsy-Turvy Land)
Les douze hommes (The Twelve Men)
Deux agents de police et une morale (Some Policemen and a Moral)


Signalons que l’un des textes de Tremendous Trifles, non traduit hélas, concerne l’un de nos symboles nationaux : la prise de la Bastille. Chesterton médite justement, à partir de cet exemple, sur l’importance des symboles dans la vie des hommes. Il sait que la Bastille a marqué la fin d’une époque, et que cette prison était, au moment de sa prise et de sa destruction, assez peu dangereuse. L’écrivain anglais voit dans la prise de la Bastille une sorte de geste religieux, avec une signification rituelle, qui va bien au-delà de sa portée politique.

Un mot pour finir sur le théâtre de marionnettes, texte que l’on peut lire dans Le Pardoxe ambulant. Chesterton y décrit l’importance de ce type de théâtre et de ce qu’il représente pour l’enfant, la difficulté qu’il entraîne pour l’adulte (« c’est que s’amuser avec des jouets prend tellement plus de temps et donne tellement plus de mal que n’importe quelle autre activité »). Quant à lui, qui est un enfant-adulte ou un adulte avec un gros cœur d’enfant, il confesse que cela lui donne « le sentiment de toucher du doigt le véritable sens de l’immortalité. Dans ce monde nous n’avons pas le droit au plaisir pur ». Il en tire surtout une philosophie : « toutes les valeurs morales que l’homme moderne a besoin de connaître pourraient être tirées de ce jouet ». Exemple ? Le théâtre de marionnettes rappelle le principe de l’art qui est fait de « restriction ». Il nous enseigne à regarder les choses « par la petite fenêtre », à les remettre dans leur véritable perspective.
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 10:19
Une nouvelle biographie consacrée à Chesterton vient de sortir en Grande-Bretagne, chez Oxford University press, l’éditeur de la célèbre université. Signée William Oddie, elle s’intitule « Chesterton and the romance of Orthodoxy ». Elle s’attache à explorer la période qui va de 1874, année de naissance de Chesterton, à 1908, année de la parution d’Orthodoxie. Cette étude a déjà été saluée par les spécialistes anglo-saxons de Chesterton et nous ne manquerons pas d’y revenir plus en détail.

Autre parution, le numéro automne/hivers de The Chesterton Review. Plus de 400 pages (oui, vous avez bien lu) consacrées à Chesterton et à la sphère qui s’y rattache, avec bien sûr des critiques de livres et de films, le commentaire d’informations pouvant intéresser les amoureux de Chesterton ainsi qu’ne forte partie consacrée aux échanges avec les lecteurs. Plusieurs articles sont mis en avant. D’abord pour nous Français, la publication de textes de Charles Péguy, le Father Ian Boyd, directeur de la revue, étant aussi un passionné de l’écrivain français. On peut y lire également des études consacrées à Orthodoxie, au Nommé Jeudi ainsi qu’à la crise financière. Il s’agit d’une revue internationale, publiée en anglais. Il existe aussi une version espagnole.
Signalons, à ce sujet, que The Chesterton Institute, qui édite la revue, a changé de site Internet, lui donnant un nouvel aspect et une nouvelle configuration. Un site à visiter à l'adresse suivante : http://www.auth.shu.edu/catholic-mission/chesterton-index.cfm

Enfin, signalons que nos cousins du Canada s’intéressent aussi à Chesterton. J’ai déjà parlé ici de Georges Allaire, fin connaisseur de l’écrivain et son traducteur en langue française. Le Devoir, quotidien de Montréal, vient de publier dans son édition de fin de semaine, samedi 17 et dimanche 18 janvier, un article signé Gilles Archambault
et consacré aux enquêtes du Père Brown. En voici un extrait :
« Chesterton est un ironiste de haut vol. Il décrit avec force détails une atmosphère, y insère une intrigue dont la solution fournie par le père Brown découle toujours d'un raisonnement imparable. La plupart du temps, l'ecclésiastique n'apparaît qu'en fin de course. L'auteur n'en a pas parlé, à peine l'a-t-il mentionné. Et le fin mot du mystère découle invariablement de l'observation. «Pour ce qui est de l'évocation de la sauvagerie manifeste de la grande cité, le roman policier est manifestement son Iliade. Personne n'aura manqué de remarquer que le héros, ou le détective, traverse Londres avec quelque chose de la solitude et de la liberté d'un prince de conte de fées...» Cet extrait du toujours même plaidoyer, tout éclairant qu'il est, ne s'adresse qu'aux néophytes. Les autres ont déjà fait leur miel de ces nouvelles dans lesquelles le prêtre irlandais à l'allure lourdaude mais au cerveau si opérant apparaît vite comme l'illustration même de la sympathie. D'autant que Chesterton sait décrire une situation, se livrer à une crique sociale en multipliant les traits les plus fins et les plus acérés. »
Pour lire l’intégralité de l’article : ICI.
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