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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 16:11
G.K. Chesterton vient de se trouver citer dans une querelle qui ne le concerne pas. Ce n’est pas la première fois, et certainement pas la dernière. Lecture et Tradition, bulletin littéraire contrerévolutionnaire, dans son numéro 373-374 de mars-avril 2008, mais qui vient seulement de parvenir aux lecteurs, publie une longue étude de Étienne Couvert, sur « La tradition gnostique en Angleterre ». À ce titre, Étienne Couvert se penche sur le cas Shakespeare et affirme qu’il était lui-même imprégné d’occultisme et de magie. C’est dans ce cadre qu’il cite Chesterton :
« “On peut dire en un sens que Shakespeare était païen, explique Chesterton, en ce sens qu’il n’est jamais si grand que lorsqu’il décrit les grands esprits enchaînés. Ses pièces les plus sérieuses sont un Enfer.”
Non, M. Chesterton ! William Stanley-Shakespeare
(le comte William Stanley serait selon Étienne Couvert le « vrai » Shakespeare, ndlr) n’était pas un païen, mais un satanique et c’est pour cela que ses personnages évoluent dans un monde infernal. “Ce qui n’est pas un hasard, continue Chesterton, c’est que, dans Shakespeare, le nombre de fous soit si grand. On dit qu’il les mettait là pour éclaircir un peu le fond sombre de ses drames. Je pense plutôt que c’était pour l’assombrir encore”. Évidemment, quand on vit en Enfer, on finit par devenir fou et c’est un jsute retour des choses…
Pour Hamlet, le Danemark est une prison, et pour Shakespeare, c’est le monde qui en est une” précise Chesterton. En effet tout le monologue d’Hamlet est un appel au suicide. »

Nous ne rentrerons pas dans la querelle concernant Shakespeare. Mais nous regrettons qu’il ne soit pas fait mention de l’origine des citations de Chesterton.
Dans son Chaucer, Chesterton va dans un sens qui semble contredire Étienne Couvert puisqu’il écrit :
« Que Shakespeare ait été catholique est une chose que chaque catholique sent dès le premier abord. Cette impression est d’ailleurs renforcé les quelques faits que nous connaissons de sa vie publique et politique. Elle est rendue tout à fait certaine par l’esprit et l’atmosphère de son œuvre, notamment par ce scepticisme qu’on serait tenté de prendre pour une preuve de paganisme. »

Rappelons que plusieurs ouvrages ont parus récemment dans le monde anglo-saxon pour établir la catholicité de Shakespeare.


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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 20:07




En 1908, l’œuvre chestertonienne s’agrandit de deux nouveaux ouvrages. Le premier est All Things Considered. C’est un recueil d’articles publiés dans l’Illustrated London News. À ce jour, il n’a pas été traduit en français dans son intégralité. On trouve, en revanche, la traduction d’un article dans Le Paradoxe ambulant, 59 essais, choisis par Alberto Manguel et traduits par Isabelle Reinharez (Actes Sud). Peux-être pourra-t-on en trouver d’autres, disséminés ici ou là.
Le livre comporte au total 33 textes, dont au moins deux concernent la France : « French and English » et « The Zola controversy ». 

Il s’agit du premier recueil des articles que Chesterton écrira dans l’Illustrated London News. Au total, entre 1905 et 1936, Dale Ahlquist, président de The American Chesterton Society, a calculé que l’écrivain anglais avait occupé 1 535 colonnes de cette publication. Plus de 300 autres articles publiés dans le même journal seront par la suite rassemblés dans des livres.
Dans son introduction, Chesterton s’étonne que des articles puissent trouver le chemin du livre. A priori, on peut partager son étonnement. Celui qui signe les lignes de ce blogue est journaliste. Il sait très bien que nombre de ses textes perdent vie et intérêt quelques mois après leur parution (sans même parler de jours et de semaines). Mais Chesterton se trompe en ce qu’il le concerne. Nombre de ses articles peuvent encore se lire aujourd’hui. Notamment pour leur fraîcheur, leur qualité littéraire et parce qu’ils sont moins démodés que les philosophies du moment. Fondamentalement, celles-ci s’en prennent à la dignité de l’homme que Chesterton entend défendre. Il voit en l’homme une exception et un paradoxe. « L'homme est une exception quelle que soit d’autre qu’il puisse être… Il est toujours quelque chose de pire ou de mieux qu’un animal. » « Aucun animal explique Chesterton n’a inventé quelque chose d’aussi mauvais que l’ivresse ou d’aussi bon que la boisson ». Mais pourquoi l’homme est-il un paradoxe ? C’est qu’il est « supérieur à toutes les choses qui se trouvent autours de lui mais qu’il est aussi à leur merci ».
Face aux idéologies du moment, Chesterton défend aussi la plaisanterie car c’est une « grave question théologique ». En effet, chaque plaisanterie porte, au final, sur la chute de l’homme et sans une philosophie qui détermine ce qui est juste de ce qui ne l’est pas, vous n’êtes pas capable de l’apprécier.
On le voit, ce recueil contient des perles qui nous font regretter qu’il ne soit pas traduit en français. Ci-dessous les dates des différentes éditions, jusqu'en 1919 :




Petit rappel :
Conférence à l'occasion du Centenaire d'Orthodoxie et de la sortie de L'Univers de Chesterton, le mardi 18 novembre, à partir de 20h00, au Centre Saint-Paul, 12, rue Saint-Joseph, 75002 Paris (0140264178). Métro Sentier (ligne 3) ou Grands Boulevards (lignes 8 et 9). Pour se rendre au Centre Saint-Paul, voir ICI.
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 09:45

Je vous signale la parution aujourd'hui dans Le Figaro Magazine d'un article consacré à Chesterton (en ligne, ici).


Pour les Parisiens ou pour les provinciaux de passage à Paris, ce samedi, je leur donne rendez-vous à la Librairie France Livres 6 rue du Petit Pont, 75005, pour dédicacer L'Univers de Chesterton, à partir de 15h00. Pour plus de renseignements : ICI.


Pour me faire pardonner cette petite page du publicité, voici un extrait d'Orthodoxie (dont c'est le centenaire) consacré à la Joie :

« La joie, qui fut la petite agitation extérieure du païen, est le secret gigantesque du Chrétien. Et comme je clos ce volume chaotique, je rouvre l'étrange petit livre d'où vint tout le Christianisme et je suis de nouveau hanté par une sorte de confirmation. L'imposante figure qui remplit les Évangiles domine sous ce rapport, comme sur tout autre, tous les penseurs qui ont pu croire à leur grandeur. Son pathétique fut naturel, presque insouciant. Les Stoïques anciens et modernes eurent l'orgueil de cacher leurs larmes. Il n'a jamais caché ses larmes; Il les a montrées simplement sur son visage, à découvert, devant un spectacle de la vie quotidienne tel que le jour où il vit de loin sa ville natale. Pourtant il a caché quelque chose. De solennels surhommes et d'impériaux diplomates ont l'orgueil de contenir leur colère. Il n'a jamais contenu sa colère. Il a jeté les tables des marchands sur les degrés du Temple et demandé aux hommes comment ils espéraient échapper à la damnation de l'Enfer. Pourtant il a contenu quelque chose. Je le dis avec respect : il y a dans cette personnalité troublante un je ne sais quoi qui pourrait être nommé de la réserve. Il y eut quelque chose qu'il cachait à tous les hommes quand il gravissait une montagne pour prier. Il y avait quelque chose qu'il recouvrait constamment par un silence brusque ou un isolement impétueux. Il y avait une chose qui était trop grande pour que Dieu nous la montrât quand il a marché sur la terre et j'ai quelque imaginé que c'était sa Joie.  »
(L'Univers de Chesterton, p. 159)
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 21:17
Je prends la liberté de publier ci-dessous un texte que j'ai mis sur un autre blogue, plus personnel, (voir ICI) le 6 février dernier. L'actualité du moment concernait la parution des Contes de l'arbalète à l'Age d'Homme. C'est un moyen – facile, j'en conviens – que de présenter ce livre.


Quel est le point commun entre le sociologue Marcel Gauchet, le député souverainiste Paul-Marie Coûteaux, l’écrivain flamboyant Maurice G. Dantec, l’économiste David Friedman, le romancier Jean Echenoz, le penseur catholique Jean Madiran ou le journaliste anti-mondialiste, Eric Zemmour ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas ! La réponse se trouve outre-Manche. À un moment ou l’autre, ils ont tous cité l’écrivain catholique Chesterton.
Chesterton ? Oui, Chesterton ! Gilbert Keith Chesterton pour être plus précis. D’ailleurs, la liste ne s’arrête pas là. On a même vu un Commissaire européen, Philippe Busquin agrémenter un discours à la "Friedrich-Ebert-Stiftung", le 18 janvier 2001, d’une référence à Chesterton. Comme quoi, tout est possible !
G. K. Chesterton est aujourd’hui en France l’un des auteurs les plus cités en même temps qu’il est l’un des moins lus. On pille son œuvre, mais on ne sait pas que c’est une œuvre. On se contente d’à peu près, de citations toutes faites et souvent mal recuites. Dernier exemple en date : Eric Zemmour. Dans le grand cirque de Ruquier, il dénonce les bons sentiments des membres de l’Arche de Zoé en appelant à la rescousse G.K. Chesterton. Sûr de son fait, il lance que les idées modernes sont des idées chrétiennes devenues folles. Dans une Tribune du Figaro du 8 novembre, intitulée très justement « Nicolas Sarkozy ou le soixante-huitard malgré lui », le journaliste récidive en affirmant que « le néocolonialisme humanitaire » « prouve une fois encore, selon le mot de Chesterton, que « le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles ».
 
Quand Zemmour se trompe
90de09f7e1e10b1baf7a87953c4b8bb9.jpegBingo ! Ce n’était pas mal vu. Sauf que ce n’est pas tout à fait bien vu. La phrase renvoie à l’un des best-sellers de Chesterton : Orthodoxie. Au chapitre III, l’écrivain anglais ne parle pas d’idées, mais de vertus : « Le monde moderne est envahi de vieilles vertus chrétiennes devenues folles. ». Ni le texte original en anglais, ni les traductions françaises ne parlent d’idées mais bien de vertus qui sont, selon Chesterton, une réalité profondément incarnée et passionnelle, « le heurt entre deux passions apparemment opposées ». Pas question, bien sûr, d’intenter à Éric Zemmour un procès en citations mal formulées. Disons simplement qu’il est le dernier exemple en date de la situation paradoxale de Chesterton en France. Inconnu, au mieux mal connu, mais souvent utilisé tant certaines de ses phrases font mouches.
Heureusement, Chesterton n’est pas un homme à se laisser faire. Il revient en force en ce début d’année, avec la publication de deux ouvrages. Le bruit court même que son héros de prêtre-détective, le Father Brown, pourrait lui aussi opérer un retour remarqué dans les rayons de nos librairies, malgré sa discrétion constitutionnelle [C'est désormais fait avec L'Intégrale chez Omnibus, note du 14 novembre 2008). On parle même d’un recueil qui aiderait les journalistes trop pressés à faire des citations… exactes ! [C'est également fait avec la publication de L'Univers de Chesterton, chez Via romana, voir ci-contre].
Pour l’heure, il convient assurément de se plonger dans Les Contes de l’Arbalète (1), paru aux éditions de l’Age d’homme et déjà présenté rapidement sur ce blogue (ici). Précédemment publié chez le même éditeur sous le titre Le Club des fous, ce roman profite d’une nouvelle et magnifique traduction de Gérard Joulié qui signe un avant-propos montrant sa parfaite connaissance de Chesterton et de son œuvre. Avec cet ouvrage, il nous est livré un véritable carquois de huit contes, qui s’imbriquent les uns dans les autres, pour faire flèche de tout bois. Cible visée ? Le monde moderne dans sa version mercantile et capitaliste, le vieux monde essoufflé à force d’être repu et engraissé, sans rêve parce que sans poésie.
 
Les désordres de la City
ebf923841826a3161112276b51c70bbf.jpg Les héros des Contes de l’arbalète ont décidé de relever chacun un défi parce que résonnent en eux les vieux échos du monde médiéval et qu’ils sont décidés à ne pas laisser régner trop longtemps le désordre établi de la City. Ils veulent remettre le monde à l’endroit parce qu’il ne tourne décidément pas rond. Qui sont-ils  ? Des êtres de chair et de sang, traversés de passions et d’idéaux, amoureux, excentriques et pourtant attachés à l’ordre vrai des choses. Petit signe qui trouvera un écho à notre époque où s’entremêlent politiquement et hygiéniquement corrects, l’un d’entre eux se croise pour défendre les cochons dont on veut interdire l’élevage et que Chesterton élève au rang de symbole de la civilisation.
Sous ses vrais airs de contes fantastiques, ce roman propose un véritable manifeste politique. Mais attention : cartésien, s’abstenir ! Que l’on n’attende  pas ici un exposé systématique des idées politiques chestertoniennes même si elles ne cessent pas de vivre et de s’incarner à travers ces contes. En tout point, Chesterton est un anti-Marx comme il est un anti-Adam Smith. Il n’en partage pas les idées, mais il ne recourt pas non plus à la même façon de s’exprimer. On le lui a d’ailleurs souvent reproché…
Quoi qu’il en soit, pour ceux qui savent lire, il défend ici la petite propriété et la nécessité de sa distribution sur une large échelle tout autant que la société rurale anti-industrielle traversée des idéaux médiévaux. Il pourfend la publicité et la confiscation du pouvoir par une clique oligarchique et ploutocratique. Sous le nom de Ligue de l’arbalète, il transpose dans un univers romanesque une partie de l’histoire de la Ligue distributiste fondée par ses soins et ceux de son alter ego, l’écrivain franco-britannique, Hilaire Belloc.
Les critiques, qui avaient tous des liens avec les puissants du jour, décidèrent que ce livre était un mauvais roman. Les lecteurs de Chesterton eurent un avis opposé. On a oublié les critiques, et grâce à Gérard Joulié et les éditions de l’Age d’homme, Les Contes de l’Arbalète sont à nouveau disponibles en langue française.
 
Contes métaphysico-policiers 
ec7da9159ef77aa2e0fd70fa2c4df73c.jpgNaguère publié chez Glénat, sous le titre La Tour de la trahison (mais devenu introuvable et recherché par les collectionneurs), un autre livre de Chesterton nous revient lui aussi avec un nouveau nom : Le Jardin enfumé (2). Il s’agit en fait du même ouvrage, l’éditeur ayant juste inversé l’ordre des contes et donné au recueil le titre du premier. On se hasarderait à la pire déconvenue si l’on tentait de donner un bref aperçu des trois contes de ce recueil. Mise à part la date de leur composition – 1919 et 1920 –, aucun point commun entre eux. Aucun, vraiment ? Si, bien sûr, le talent de l’auteur. Mais c’est un peu facile. Disons alors que ces histoires semblent nous mener nulle part et parviennent toujours à nous conduire là où nous ne pensions pas aller. Ajoutons enfin l’ambiance qui combine merveilleusement le fantastique et le récit policier. Pas de visée politique ici, mais de purs joyaux de la littérature, bousculant avec force les convenances d’un ordre trop bourgeois et mettant notre intelligence sans cesse en éveil. À l’évidence, un bon remède contre la grisaille du monde moderne.



1) 190 pages, 18€
2) Éditions L’Arbre vengeur, 162 pages, 11€
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 00:12
Ce vendredi sort en librairie un nouveau livre de G.K. Chesterton sous le titre, L'Assassin modéré, suivi de L'Homme au renard. Il s'agit de deux nouvelles (dont la première a déjà fait l'objet d'une publication à l'Age d'Homme dans le recueil Les Quatre petits saints du crime) absolument délicieuses.
L'éditeur est Gallimard et c'est la collection « Le Cabinet des lettrés » qui accueille ce petit recueil de 144 pages, tiré à 2500 exemplaires. La traduction française est l'œuvre de Lionel Forestier. Comme toujours dans cette collection, l'édition est soignée et agréable.
Comme souvent chez Chesterton, ces deux nouvelles sont l'occasion de glisser quelques allusions à sa pensée sociale et politique. Cet aspect peut échapper au lecteur qui prendra de toute façon plaisir à lire ces deux histoires aussi incroyable l'une que l'autre.
Dans Livre hebdo du 7 novembre dernier (une publication destinée aux libraires et aux bibliothécaires), Jean-Maurice de Montremy écrit :
« Il s'agit de deux brèves histoires criminelles se déroulant dans le meilleur monde : l'une dans l'Égypte sous protectorat britannique, l'autre chez les chasseurs de renards du Wessex. Dans les deux cas, le crime est bien sûr commis par la personne la plus inattendue, qui ne songe d'ailleurs pas même à se cacher, n'éprouvant aucun remord. »

Un regret cependant : plutôt que de republier et de retraduire une nouvelle déjà disponibile, il aurait été intéressant de proposer aux lecteurs des textes encore indisponibles en langue française. Concernant Chesterton, cela ne manque singulièrement pas. Si les éditeurs ne savent pas lesquels choisir, ils peuvent toujours s'adresser ici. Il est dommage que L'Assassin modéré, par exemple, soit sorti du recueil dans lequel il a paru en librairie. On trouvera ce dernier dans sa version française ICI.
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 17:13

À l'invitation du Cercle Jacques Bainville, je parlerai de « La Pensée sociale de Chesterton », lors d'un Café politique, le jeudi 27 novembre, chez Orestias, 1er étage, 4 rue Grégoire de Tours - Paris 6e - M° Odéon / Mabillon. Accueil à partir de 19h30.

Le blogue Caelum et Terra vient de reprendre (tout doucement) son activité. Pour beaucoup, il reste influencé par la pensée de Chesterton. Parmi les nouveautés : la présentation d'un livre évoquant des alternatives au capitalisme et au socialisme ainsi que la liste de différents rendez-vous. C'est ICI.


Rappel :

– Je serai reçu par Anne Brassié, dans son émission Trésors en poche, de Radio Courtoisie, ce jeudi 13 novembre, à partir de 10h30. L'émission sera également rediffusée le lendemain, vendredi 14 novembre, à partir de 6h00 du matin. (Pour les fréquences de Radio Courtoisie, il suffit de cliquer ICI).

– Le vendredi 14 novembre prochain, j'aurai la joie de dédicacer L'Univers de Chesterton, petit dictionnaire raisonné, à la Librairie Duquesne, 27, avenue Duquesne, 75007 Paris, de 15h30 à 18h30. Les renseignements pratiques et le plan d'accès est disponible sur le site de la librairie : ICI.

– Le lendemain, samedi 15 novembre, je serai à la Librairie France-Livres, 6 rue du Petit Pont, 75005, pour dédicacer L'Univers de Chesterton, à partir de 15h00. Pour plus de renseignements : ICI.

 

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 15:43
Au premier abord, Le Nommé Jeudi est principalement un roman policier, sur fond d'intrigue politique. Mais peu à peu, il apparaît comme étant aussi autre chose, un roman sur le mystère de la Création elle-même.

Outre le poème dédicatoire absent des éditions françaises, Le Nommé Jeudi comprend quinze chapitres :
1– Les deux pièces de Saffron Park
2– Le Secret de Gabriel Syme
3– Jeudi
4– L'histoire d'un détective
5– Le repas épouvantable
6– Démasqué !
7– Conduite inexplicable du professeur de Worms
8– Explications du professeur
9– L'Homme aux lunettes
10– Le duel
11– Les malfaiteurs à la poursuite de la police
12– La terre en anarchie
13– À la poursuite du président
14– Les six philosophes
15– L'accusateur

Comme nous l'avons déjà écrit, l'un des héros, Gabriel Syme est à la fois un poète et un policier. Lucien Gregory, lui, est également un poète mais il est à l'inverse de Syme, un anarchiste. Entre les deux hommes, un « duel intellectuel » s'est engagé. Parvenu à infiltrer le milieu anarchiste, Syme obtient de  remplacer le précédent « Jeudi » au Conseil central européen. Il est le nouveau Jeudi, chacun des membres ayant un nom de jour et le chef suprême étant lui-même désigné sous le nom de Dimanche. On peut s'étonner de voir des anarchistes dirigés par une sorte de conseil d'administration. C'est tout le paradoxe que fait ressortir Chesterton : pour détruire l'ordre, il faut un ordre; pour détruire l'armée, il faut une autre armée, une autre hiérarchie, une autre force. D'autres chefs et d'autres commandements.
Mais le paradoxe n'est pas seulement du côté de l'anarchie. Il est aussi du côté des conservateurs. Syme est détective parce qu'il se rebelle contre la rébellion. Mais le plus étonnant n'est peut-être pas encore là. Syme découvre peu à peu qu'il n'est pas le seul policier à être déguiser, à avoir usurper l'identité d'un « jour ». Dès lors, une question s'impose toujours davantage au lecteur : qui est vraiment Dimanche  ? Au chapitre XIII, intitulé très justement « À la poursuite du Président », Syme s'interroge sur cette découverte :
« Que signifiait tout cela, en effet ? S'ils étaient tous d'inoffensifs policiers, qu'était-ce que Dimanche ? S'il ne s'était pas emparé du monde, qu'avait-il donc fait ? ». Par cette recherche, le roman prend alors une direction plus métaphysique. Celle-ci cependant n'est pas si simple. L'un des personnages ne se sent pas tout à fait à l'aise dans cette quête :
« Le professeur réfléchissait.
– Peut-être avez-vous raison, dit-il, peut-être nous dira-t-il tout. Mais je n'aurais pas le courage de l'interroger, de lui demander qui il est.
– Est-ce de la bombe que vous avez peur ? demanda le secrétaire.
– Non. J'ai simplement peur… qu'il ne me réponde. »

On n'insistera pas sur l'image de Dimanche. On peut noter, en revanche, que Le Nommé Jeudi contient un aperçu de la pensée sociale de Chesterton. Pour lui, il y a plus dangereux pour la société que les anarchistes, ce sont ceux qui détiennent des privilèges qui empêchent la majorité des citoyens d'être des propriétaires, d'avoir cette élémentaire dignité que leurs biens, leur outil de travail, leur appartiennent. C'est un aspect peu vu dans ce roman, mais bien dégagé par Dale Ahlquist le Président de l'Americain Chesterton Society.
Le Nommé Jeudi, malgré son déroulement étrange, cumulant mystère sur mystère, est aussi un hymne à la vie : « le rare, le merveilleux, c'est d'atteindre le but; le vulgaire, le normal, c'est de le manquer. »
Dans sa préface à l'édition française, Pierre Klossowski donne ce résumé de ce roman :
« Telle apparaît dans Le Nommé Jeudi l'antique vision de la Création en Six jours – que Chesterton s'avisa de transcrire sous la forme inversé d'un “cauchemar” que ferait l'un de ses contemporains – précisément un poète pour qui l'ordre quotidien constitue le miracle – ce qui revenait à confier au développement onirique le soin d'éveiller cette vision dans la conscience de ses lecteurs, obnubilée par les questions de l'actualité d'alors (tel l'anarchisme). »

À sa parution, The Man Who Was Thursday reçut plutôt un bon accueil, même si les critiques furent parfois un peu déconcertés. Difficile de définir un tel roman – et la difficulté n'a pas disparu. Difficile aussi d'indiquer la signification finale de l'ouvrage puisque plusieurs sont possibles. Tous les critiques ont vu une allégorie derrière l'absurdité apparente de l'histoire. La difficulté était de s'accorder sur cette allégorie.
La veille de sa mort, dans un article paru dans Illustrated London News (le 13 juin 1936), Chesterton a précisé lui-même que la clef de l'ouvrage se trouve dans son sous-titre : « Un cauchemar ». Il apparaît que Le Nommé Jeudi contient une grande part de données biographiques. Il concerne sa jeunesse, cette époque difficile où il est pris par des sentiments morbides et un grand sentiment de culpabilité. Il s'en est expliqué dans son Autobiographie :

« La cause essentielle, c'est que mes yeux étaient tournés vers le dedans plutôt que ver le dehors, ce qui donnait, je crois bien, à ma personnalité morale un strabisme des moins attrayants. J'étais encore comme oppressé par le cauchemar métaphysique des négations sur l'esprit et sur la matière, plein de l'imagerie morbide du mal, portant comme un fardeau le mystère de mon cerveau et celui de mon corps; mais dès cette époque, j'étais déjà en révolte contre l'un et l'autre; déjà en train de m'efforcer d'établir une plus saine conception de la vie cosmique, quitte à courir le risque qu'elle s'égarât du côté de la santé. J'allais jusqu'à m'appeler un optimiste; mais c'est que j'étais si terriblement près d'être un pessimiste. C'est la seule excuse que je puisse invoquer. Toute cette partie de mon expérience fut jetée plus tard dans le moule informe d'une œuvre de pure imagination que j'appelai : Le Nommé Jeudi. (…)  Personne ou presque, parmi ceux qui lurent le titre, ne parut avoir retenu le sous-titre; lequel était “Un cauchemar”, et qui fournissait la réponse à bon nombre de questions critiques. J'insiste ici sur ce point parce qu'il est de quelque importance pour la compréhension de ce temps-là. On m'a souvent demandé ce que j'entends par le monstrueux ogre de pantomime qui, dans  ce récit, s'appelle Dimanche; certains ont suggéré, pas trop faussement dans un certain sens, que je l'avais mis là comme un symbole blasphématoire du Créateur. Or la question, c'est que toute l'histoire est un cauchemar de choses; de choses qui sont, non point telles qu'elles sont, mais telles qu'elles apparaissaient au jeune demi-pessimiste des années qui ont suivi 90; l'ogre, qui paraît brutal, mais qui d'une façon assez mystérieuse, est également bienveillant, n'est pas tant Dieu, dans le sens religieux ou irréligieux, que la Nature telle qu'elle apparaît au panthéiste, au panthéiste dont le panthéisme cherche à se dégager laborieusement du pessimisme. Pour autant que l'histoire ait un sens en elle-même, elle fut conçue dans le dessein de peindre d'abord le monde dans ce qu'il a de pire, et de modifier le tableau de manière à suggérer que le monde n'est pas aussi noir qu'on l'avait peint d'abord ».

Pour terminer sur Le Nommé Jeudi, voici l'adaptation de ce roman pour la radio. Une adaptation réalisée en octobre 1938 par Orson Wells en personne et son « Mercury Radio Theater of the Air ». Wells y interprête lui-même le rôle de Gabriel Syme. Un grand moment :



















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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 01:45
J'ai oublié de signaler que Joël Prieur avait consacré un très intéressant article à Chesterton à l'occasion de la sortie de L'Univers de Chesterton, petit dictionnaire raisonné (Via Romana). C'était dans le numéro 2382 du mercredi 29 octobre dernier de Minute. En voici deux courts extraits, tirés du début et de la fin de l'article :

« Lire Chesterton au fil des notions, par ordre alphabétique, c’est le pari qu’a fait Philippe Maxence pour reconstituer l’univers du grand écrivain catholique anglais. Le résultat est à la hauteur de l’ambition « universelle» affichée dans le titre. D’abstraction à vulgarité, de Oscar Wilde à Honoré de Balzac, rien n’échappe àl’auteur de ce « dictionnaire raisonné », et son initiative est particulièrement opportune portant sur un écrivain comme Chesterton, dont la fantaisie se trouve heureusement canalisée et comme mise une deuxième fois à la disposition du lecteur par la rigueur de l’ordre alphabétique que lui impose Philippe Maxence.
(…)
Parfaitement édité, ce dictionnaire raisonné, permettant la lecture rapide par tous d’un grand auteur et d’un des meilleurs apologistes du christianisme au XXe siècle, peut être une excellente idée de cadeau de Noël. »

Un conseil que nous faisons nôtre, bien évidemment.

Merci aussi à l'excellent blogue américain, The ChesterBelloc Mandate, qui diffuse les idées distributistes de Chesterton, de Belloc et des autres, au fil de l'actualité. Il n'a pas hésité à tenir informer ses lecteurs de la publication de L'Univers de Chesterton.


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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 10:44
Nous avons évoqué récemment (voir ICI) The Man Who Was Thursday, traduit en français sous le titre Le Nommé Jeudi, et publié aux éditions Gallimard. Nous fêtons cette année le centenaire de ce livre qui a, lors de sa publication, marqué les esprits.
Voici en vidéo un extrait de ce livre. La scène se situe au chapitre (L'histoire d'un détective). Auparavant, c'est-à-dire avant la scène jouée ici, Chesterton décrit son héros, Gabriel Syme :
« Gabriel Syme n'était pas simplement un policier déguisé en poète : c'était vraiment un poète qui s'était fait détective. Il n'y avait pas trace d'hypocrisie dans sa haine de l'anarchie. Il était un de ceux que la stupéfiante folie de la plupart des révolutionnaires amène à un conservatisme excessif. Ce n'était pas la tradition qui l'y avait amené. Son amour des convenances avait été spontané et soudain. Il tenait pour l'ordre établi par rébellion contre la rébellion ».
On notera, au passage, la distinction que Chesterton établit entre tradition et conservatisme. Il fait de ce dernier une rébellion qui n'est qu'une défense d'un ordre pré-existant sans considération aucune pour la valeur de celui-ci. Refusant radicalement le conservatisme, Chesterton rejettera aussi la révolution, leur opposant la force dynamique de la tradition.
Dans la description de son héros, Chesterton note plus loin que après l'explosion d'une bombe, la haine de Syme envers les anarchistes pris un tournant nouveau :
« Depuis lors, il continua de vivre, en apparence, comme par le passé, calme, poli, de manières douces; mais il y avait, dans son esprit, un endroit qui n'était plus parfaitement normal et sain. »

La scène que nous allons pouvoir regarder se place après cette description. Croisant un policier, Gabriel Syme s'enflamme contre son calme et le dialogue s'engage. [Si vous avez du mal à suivre ce dialogue – il est en anglais – prenez une édition française du Nommé Jeudi, allez au chapitre quatre – l'échange se trouve dans les premières pages – à défaut de suivre mot à mot – toute traduction est une trahison – vous aurez au moins l'idée générale].




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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:40
Après quelques jours d'absence, le blogue des Amis de Chesterton va reprendre son activité normale. Mais absentez-vous une semaine et vous pouvez constater que certains se chargent de votre travail. Merci au Forum catholique et à XA. D'ailleurs vous pouvez constater par vous-même :





Le Forum Catholique, c'est ICI.
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Published by Les amis de Chesterton - dans Information
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