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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 00:44
Henri Massis est aujourd'hui un auteur oublié bien qu'il eut une influence importante dans les milieux catholiques, entre les deux guerres, et même jusqu'à sa mort en 1970. Proche de Péguy et de Maritain (dont il se séparera à propos de l'Action française), directeur de La Revue universelle avec Jacques Bainville, Henri Massis a publié une quarantaine d'ouvrages, littéraires, religieux, historiques et politiques (liste complète ICI). Élu à l'Académie française en 1960, il a droit à une notice officielle de la vénérable institution dans laquelle on peut lire cette présentation rapide d'une vie :
"Né à Paris, le 21 mars 1886.
Après des études au lycée Condorcet, où il fut l’élève d’Alain, puis à la Sorbonne et au collège de France, où il suivit les cours de Bergson, Henri Massis obtint en 1908 sa licence de philosophie.
Reçu chez Anatole France et Maurice Barrès, il devait faire une entrée précoce dans le monde des lettres en publiant à 19 ans son premier ouvrage :
Comment Émile Zola composait ses romans. Devaient suivre en 1907 Le Puits de Pyrrhon, et en 1909 La Pensée de Maurice Barrès. Voué à la littérature et au journalisme, il collabora à L’Opinion, où il publiait, avant la Grande Guerre, avec Alfred de Tarde, et sous le pseudonyme d’Agathon, deux enquêtes d’un grand retentissement : « L’Esprit de la nouvelle Sorbonne » et « Les Jeunes Gens d’aujourd’hui » où se trouvait brossé le portrait de la nouvelle génération nationaliste dont il faisait partie.
Durant la guerre, il servit dans les chasseurs à pied, avant d’être détaché à la mission navale en Grèce, puis en Syrie.
Rédacteur en chef (1920-1936), puis directeur (1936-1944) de
La Revue universelle, qu’il avait fondée avec Jacques Bainville, il s’éloigna de Bergson, dont il se considérait disciple, pour se rapprocher de Maurras, dont il devint dans l’entre-deux-guerres un compagnon de route, adhérant au « nationalisme intégral », sans toutefois jamais écrire dans L’Action française.
Engagé aux côtés des intellectuels de droite, Henri Massis fut l’un des principaux rédacteurs du
« Manifeste des intellectuels français pour la défense de l’Occident et la paix en Europe », publié en octobre 1935 en soutien à la politique d’expansion mussolinienne. Il se rallia, après la défaite de 40, au maréchal Pétain, et occupa un temps un poste de chargé de mission au secrétariat général de la Jeunesse. Son anticollaborationnisme certain lui valut cependant, après un mois d’internement administratif à la Libération, de ne pas être autrement inquiété.
Ses essais et études sur Romain Rolland, Renan, France, Barrès, Psichari, Proust, Lyautey, Maurras, ses entretiens avec Mussolini, Salazar, Franco, ses écrits politiques, dont Défense de l’Occident, fut le plus célèbre, composent une œuvre nombreuse.
Après un échec au fauteuil Madelin contre Robert Kemp en 1956, Henri Massis fut élu à l’Académie française le 19 mai 1960, au fauteuil de Mgr Grente. Il fut reçu dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, la coupole étant alors en réfection, le 3 juin 1961, par le duc de Lévis Mirepoix.
Mort le 16 avril 1970."


Henri Massis signa donc une longue introduction à Hérétiques qui paraissait enfin en langue française en 1930. On remarquera qu'il y parle surtout… d'Orthodoxie. Nous en publions ci-dessous la première partie :

Jamais le vieil adage qui assure que les livres ont leurs destins ne s’est mieux appliqué qu’aux traductions françaises des ouvrages de G.K. Chesterton. La plus paradoxale fantaisie semble avoir réglé le cours de leur publication : rien de plus déroutant que la successive découverte qui nous en a été faite, rien de plus illogique aussi, même au point de vue de cette logique chestertonienne qui consiste à prendre les choses à l’envers pour montrer que c’est le bon côté. Non, il ne s’agit en l’occurrence que du hasard et de ses caprices ; car, depuis l’étude de M. André Chevrillon qui nous révéla le nom même de Chesterton, il y a plus de 20 ans, le soin de le traduire a été laissé à l’initiative toute fortuite des uns et des autres. L’admirable essai sur Dickens, édité pour la première fois en 1907, passa presque inaperçu. Paul Claudel, un des premiers fervents de G.K. Chesterton, dut renoncer à poursuivre la version d’Orthodoxie, dont il publia un magnifique fragment en 1910, et ce n’est qu’en 1923 que Charles Grolleau nous donna le texte intégral de ce grand livre. À la vérité, c’est par des romans comme Le Nommé Jeudi (1909), Le Napoléon de Notting Hill (1911), puis La Clairvoyance du Père Brown, la Sphère et la Croix que le public français a pris, dès l’abord, contact avec Chesterton. Quoi de plus déconcertant que de tels livres quand on ignore la conception du monde qu’ils illustrent, la philosophie où s’alimentent ce fol humour et cette extravagante poésie ? On dut attendre longtemps encore pour avoir un exposé de l'apologétique chestertonienne; mais les larges extraits que le P. de Tonquédec y donnait d'Hérétiques et d'Orthodoxie, ces deux pièces maîtresses de l’œuvre de Chesterton, ne pouvaient suppléer aux traductions qui continuaient à nous manquer. Orthodoxie parut enfin et voici qu’Hérétiques va lui succéder, à plusieurs années de distance, après la Nouvelle Jérusalem, après Saint François d’Assise, après L’Homme éternel, c’est-à-dire après des ouvrages bien postérieurs et qui témoignaient de la récente conversion de l’écrivain anglais au catholicisme romain. Comment s’y reconnaître ? À tout le moins le lecteur français qui chercherait à recomposer la démarche de la pensée de Chesterton, à retracer son itinéraire spirituel, d’après l’ordre où ses traductions ont vu le jour, risquerait de s’égarer fâcheusement.
Hérétiques, pourrait-il penser, n’est-ce pas la suite nécessaire d’Orthodoxie ? Après avoir établi les fondements de sa doctrine, exposé ses raisons de croire, l’auteur a senti le besoin de mettre ses idées à l’épreuve de l’expérience, en les affrontant à celles de ses adversaires. Pour un polémiste de son espèce et qui possède une métaphysique à qui il peut tout rapporter, quel incomparable instrument de combat ne devait-elle pas lui fournir !



(À suivre)
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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 00:33
Déjà éditeur de plusieurs ouvrages de Chesterton proposés en « réimpression », les éditions Saint-Rémi proposent aujourd’hui huit livres de notre auteur. Parmi les derniers titres parus, Hérétiques. En fait, ce livre était déjà à son catalogue, mais l’éditeur a ajouté dans la nouvelle édition "un index alphabétique et biographique des auteurs anglais cités".
Cette édition est une reprise par des moyens numériques de l’édition Plon, parue en 1930 (et non 1920 comme l’indique la couverture du livre), dans la collection du Roseau d’or (dont le nom précis est « Le Roseau d’or, œuvres et chroniques »). Dirigée par Jacques Maritain, la collection paraît aux éditions Plon. Elle se donne pour but de publier chaque année une série de 10 volumes, alternant « les œuvres » (livres complets) et « les chroniques ». Hérétiques est ainsi le 10ème volume de la quatrième série et le quarantième de la collection. Dans son édition originale (couverture ci-dessous), Hérétiques comprend 290 pages. La traduction est assurée par Jenny S. Bradley. Henri Massis, écrivain catholique, alors proche de Jacques Maritain, mais également de Charles Maurras et de l’Action française, signe une longue introduction à ce livre qui paraît en France, contrairement à l’Angleterre, après la traduction française d’Orthodoxie. Nous publierons dans les jours qui viennent cette introduction qui montre bien la perception de Chesterton par un auteur catholique de l'époque.
Dans un court avant-propos, le responsable des éditions Saint-Rémi, André Saugera (dont nous sommes loin de partager plusieurs affirmations), se trompe en affirmant qu’Hérétiques a paru en 1908 en Angleterre et Orthodoxie en 1910, toujours dans le pays natal de G.K.C. En fait, Herétiques (Heretics) a paru en 1905 et Orthodoxie en 1908. Nous fêtons  donc cette année le centenaire de dernier.

Le lien vers les éditions Saint-Rémi
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 00:55
C’est ainsi que Stéphane Hoffmann décrit le père Brown dans un article paru dans Madame Figaro (un article qui avait  échappé à notre veille chestertonienne).
Paru le 7 juin, l’article de Stéphane Hoffmann est toujours disponible en ligne (
ICI). Il précise que le père Brown est « prêtre catholique dont les déductions sont, en Angleterre, célèbres comme celles de Sherlock Holmes. Pourtant, cet homme « aussi banal qu’une pomme du Norfolk » et dont les yeux sont « aussi vides que la mer du Nord » a des méthodes particulières et fines. Au lieu de faire des déductions à partir d’observations, il se fie à son intuition et à la psychologie du criminel. »

Si d’autres articles ont échappé à notre vigilance, n’hésitez surtout pas à nous le faire savoir (avec le maximun de renseignements).
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 17:08
Deux livres récents citent G.K. Chesterton. Le premier est celui de Daniel J. Mahoney dont la version française de son livre sur Soljénitsyne vient de sortir aux éditions Fayard/Commentaire (Alexandre Soljénistyne, en finir avec l’idéologie. Brève présentation ICI). Dans ce livre, l’auteur cite Chesterton à propos de « la démocratie des morts ». Il fait là référence, en la qualifiant de « célèbre » (ce qui est juste dans le contexte anglo-saxon) à un passage d’Orthodoxie dans lequel Chesterton évoque la Traditione et la démocratie :
« La tradition signifie donner des votes à la plus obscures de toutes les classes, à nos ancêtres. C’est la démocratie des morts. La tradition refuse de se soumettre à la petite et arrogante oligarchie de ceux qui n’ont fait que de naître. Tous les démocrates s’opposent à ce que des hommes soient disqualifiés par l’accident de leur naissance ; la tradition s’oppose à les voir disqualifiés par l’accident de la mort. La démocratie nous dit de ne pas négliger l’opinion d’un brave homme même s’il est notre valet de chambre ; la tradition nous demande de ne pas négliger l’opinion d’un brave, même s’il est notre père. En tous les cas, je ne puis, quant à moi, séparer les deux idées de démocratie et de tradition ; il me semble évident que ce n’est là qu’une seule et même idée. Nous voulons avoir les morts dans nos conseils. Les anciens Grecs votaient avec des cailloux ; ceux-ci voteront avec des pierres tombales. C’est tout à fait régulier et officiel car la plupart des pierres tombales, comme la plupart des bulletins de vote, sont marqués d’une croix. »

De son côté, Jacques Julliard, directeur délégué de la rédaction du Nouvel observateur vient de publier un très intéressant ouvrage consacré à Péguy, Bernanos et Claudel (L’Argent, Dieu et le diable, Flammarion). Un livre très personnel, rempli de réflexions passionnantes, d’affirmations plus discutables, mais en tous les cas, très stimulant. Une des bonnes nouvelles de la rentrée. Il cite Chesterton, lui aussi, à propos des « idées chrétiennes devenues folles », reprenant hélas à son tour l’erreur si courante à ce sujet.
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 14:44


À force d’entendre dire que Chesterton n’intéresse pas les Français, j’aurais pu finir par y croire. Un soir de lassitude, par exemple, après avoir tenté une fois encore d’expliquer à un éditeur l’intérêt de cet écrivain britannique, qui n’entre pas dans les catégories faciles des petits-fils de Descartes. De ce point de vue, les éditeurs catholiques ou ceux qui se disent spiritualistes (!) sont les pires. Ils savent à peine qui est Chesterton et quand ils le connaissent c’est pour le réduire à quelques idées toutes faites. Souvent fausses ! Ou approximatives ! Voire injustes ! En tous les cas, banales.
Grâce à la sortie de l’Intégrale du Père Brown chez Omnibus, précédée notamment d’une nouvelle traduction d’un chapitre d’Orthodoxie chez Mille et une nuit (La morale des elfes, trad., notes et postface de Jérôme Vérain), la presse a accueilli favorablement Chesterton. Les articles ne manquent pas et nous avons essayé ici d’en parler autant que possible.
Le dernier en date est tiré du numéro de septembre (n°387) de… Fluide Glaciale. Rencontre étonnante et presque surréaliste. Rencontre joyeuse, qui nous vaut un papier bien troussé, signé Yves Fremion,qui loin de reprendre les poncifs sur le sujet (mauvais écrivain ; mauvais poète ; antisémite ; catho obtus) les abordent franchement pour conclure généralement de manière positive. Il y a bien une ou deux petites erreurs ou détails qui mériteraient une petite disputatio. Reste que dans l’ensemble, l’article est excellent.
Il l’est d’autant plus qu’il se voit agrémenter de quelques citations de notre auteur (pas seulement extraites du Père Brown mais aussi du Monde comme il ne va pas, pour présenter la vision politique de GKC) et de magnifiques dessins signés Steven.
En guise de mise en bouche de cet article de deux pages, en voici l’introduction. Le reste se trouve en kiosque :
« On connaît son nom, on répète ses bons mots, on cite son héros favori, mais bien peu l’ont lu, en France en tout cas. Pourtant, régulièrement on le réédite ou on le retraduit, des biographies sortent. En Angleterre c’est un grand auteur. Il l’est. Borges l’adorait. C’est aussi un des humoristes les plus étranges qui soient. Son actu est forte ces derniers mois. Applaudissons un maître du polar. »
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 13:32

Ils ne sont pas nombreux ceux qui s’en souviennent en France. Et c’est pourquoi il faut saluer l’article publié par Le Magazine des livres et qui, en saluant l’essai de Chesterton, salue son auteur et le rappelle à la mémoire des lecteurs oublieux.
Un article qui réveille, écrit d’une plume trempée dans le feu et qui n’a pas honte de ses choix, de ses amours et de ses tendresses.
Pierre Cormary qui anime également un blog (
ICI) ne met pas son drapeau dans son poche, ni celui de Chesterton d’ailleurs. Cela tombe bien puisqu'il semble que ces étendards soient les mêmes, représentants ceux qui ne croient pas à l’imposture du monde moderne. Voyez l’introduction de l'article :
« C’est l’essai antimoderne capital pour qui veut comprendre le monde moderne. C’est le manuel de catéchisme le plus stimulant jamais écrit - qui fait de la théologie un conte de fée et du conte de fée un dithyrambe du réel. C’est la plus grande et la plus belle apologie du catholicisme de tous les temps - qui redonne le goût de la vérité et réhabilite l’intelligence de l’inquisition. « Après trois pages de Chesterton, le sang et les idées circulent mieux », disait de lui André Maurois qui l’aimait tant. Comment résister aussi à cette incroyable éloquence qui vous fait vous étonner devant le monde comme aucun philosophe n’avait pu le faire ? Qui ré-aiguise votre perception comme aucun sorcier ne le fera plus ? Ah il faut aimer les paradoxes, c’est vrai, il faut aimer la magie des mots – magie blanche évidemment qui vous dévoilera les vertus du ciel et de la terre (et non du ciel contre la terre comme le croient bêtement les matérialistes), qui vous réapprendra à boire et à prier, qui vous prouvera d’ailleurs que le sang du Christ est le meilleur cru du monde, et qui vous redonnera cette joie et cette insouciance que trois siècles d’athéisme critique vous avaient enlevées. Alors, n’ayez pas peur, découvrez l’ouvrage majeur de celui qui fut le maître à penser de Valéry Larbaud, Jacques Maritain, Paul Claudel, François Mauriac, Borges, et tant d’autres. Ouvrez Orthodoxie ! »

Très justement l’auteur remarque que Orthodoxie, édité jusque dans les années 1980 chez Gallimard, n’est plus disponible en librairie. Signalons quand même que l’on pourra le trouver en reproduction aux éditions Saint-Rémi (
), dans la traduction – la première – de Charles Grolleau. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite d’exister.
Je ne voudrais pas déflorer le reste de cet article, et pourtant je ne peux m’empêcher d’en citer quelques passages.
Sur l’écrivain :
« Avec lui, nous avons découvert, et en lettres d'or, la signification de la rhétorique. Car si Chesterton est un croyant du Verbe, il est aussi un prince des mots. Dans un monde aussi fou que le nôtre et dans lequel, dirait Pascal, il est encore plus fou de ne pas être fou, l'orthodoxe doit user du paradoxe s'il veut se faire entendre. Et c'est par là que l'art de Chesterton atteint des sommets. »
Sur la grandeur de l’homme, cette approche surprenante (et vraiment intéressante) :
« Pourquoi Chesterton est si grand ? Parce qu’il est le seul penseur à avoir lu le bouddhisme à l’aune du christianisme à une époque où l’on a plutôt tendance à lire le christianisme à l’aune du bouddhisme – et d’ailleurs à tout ce qui le dénigre. D’abord, ne répétons pas avec les ânes que les religions diffèrent dans leurs rituels et se rejoignent dans leur sagesse, puisque c’est juste le contraire qui est vrai : les religions se rejoignent dans leurs rituels (prière, lieux de cultes, organisation cléricale) et diffèrent dans leur sagesse. »
Un résumé de l’œuvre
« La pensée de Chesterton en dix lignes ? Une rhétorique de la grâce. Une apologie de l'homme et du Dieu réels. Un étonnement théologique devant le monde. Une défense orthodoxe, c’est-à-dire religieuse, de la raison. Une mise au point sur l’écart ontologique qu’il y a entre Dieu et moi et qui me permet d’avoir les pieds sur terre et la tête dans le ciel. La conscience que la vie n’est pas illogique – même si elle est un piège pour logicien. La certitude que le sens vaut mieux que le néant. Mais comment faire comprendre à nos Homo Festivus ce qu'est le néant ? »
Et aussi des confidences sur le rôle par Chesterton dans le retour à la foi catholique et romaine de l’auteur (il ne sera pas le premier) qui le conduit à conclure :
 « Etre catholique aujourd’hui, ce n’est pas seulement croire en Dieu, c’est résister au délire ambiant, à l’irrationnel en diable, qui règne partout. C’est retrouver un peu de joie et de clarté au milieu de la nuit athée et sans étoiles. C’est comprendre que l’Eglise romaine, loin d’appartenir à l’âge des ténèbres, fut toujours la seule qui nous en fit sortir. »

Pour découvrir ce que l'auteur a écrit sur Chesterton, on ira voir notamment :

Chesterton l'enchanteur
 
Le site du Magazine des livres n'est pas encore en ligne, mais en voici déjà l'adresse : www.magazinedeslivres.com


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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 17:45
La reprise du blogue des Amis de Chesterton démarre sur une triste nouvelle : la disparition de Francis Laccasin. Parmi ses nombreux auteurs de prédilection se trouvait G.K. Chesterton.
Francis Laccasin est ainsi à l’origine de la publication de l’ensemble des histoires du Père Brown (Omnibus), assortie d’une longue postface. Celle-ci, détaillée, précise, manquait de sel et de verdeur aux yeux de certains. Elle conserve son intérêt cependant pour tout ce qu’elle nous apprend de l’élaboration de cette série policière très particulière. Ayant envisagé une émission de radio sur Chesterton en juin dernier, j’avais fait contacter Francis Lacassin. Son éditeur nous avait alors appris sa maladie. La nouvelle m’avait été confirmée, en juillet, par François Rivière, autre excellent connaisseur français de Chesterton.
Le Monde (notamment) a consacré un article retraçant la vie de Francis Lacassin, que l’on peut lire à partir de ce lien (
).
Le Monde, justement, dans son édition de vendredi, consacre un long article aux Enquêtes du Père Brown. C’est également en lien
ICI.
Par ailleurs, la matière n’a pas manqué cet été. Nous parlerons prochainement de "Orthodoxie a cent ans", article paru dans Le Magazine des livres. Un numéro à se procurer. Il doit être encore disponible chez votre marchand de journaux. Nous évoquerons aussi un site sur les grands détectives, avec une page consacrée au Père Brown et à son créateur.
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 08:25
Sous ce titre, l'hebdomadaire Minute (ICI) publie cette semaine un intéressant article de Joël Prieur rendant compte du volume Omnibus. Le journaliste est visiblement séduit puisque dans cette page consacrée au roman policier, il accorde la principale place au Père Brown et qu'il invite ses lecteurs à faire du volume Omnibus leur lecture de vacances. Heureuse idée, n'est-ce pas ?
Il faut saluer le titre de cette chronique littéraire car il apparaît bien, au fil des enquêtes du père Brown, qu'il existe une sorte de maïeutique du petit prêtre détective. Très justement, Joël Prieur met en relief le fait que
« Au lieu de regarder les choses de l’extérieur, dans la fausse objectivité qu’elles donnent à voir, le père Brown, en bon prêtre qu’il est, "essaie de se mettre dans la peau de l’assassin” ».
En revanche, on discutera probablement davantage l'affirmation du journaliste quand il écrit :
« En 1910, lorsqu’il invente ce personnage atypique, devenu sous sa plume une sorte d’archétype de la littérature universelle, Chesterton n’est pas catholique. Ce qu’il demande à son héros, c’est de lui montrer comment fonctionne un croyant. Nous sommes en plein scientisme. Bouvard et Pécuchet, les deux cuistres savants de Flaubert, ne sont pas loin. Le croyant est un être étrange, doué d’un étrange savoir. Chesterton, quant à lui, est simplement convaincu que la vie la plus ordinaire est bien trop romanesque pour que le scientifique ait le dernier mot à son sujet. Comment imaginer le vrai savoir et la vraie vie sans un minimum de poésie ? »
Peut-être lisons-nous trop vite ? Mais si Chesterton n'est effectivement pas catholique en 1910, il est trop rapide de laisser entendre qu'il n'est pas croyant. Oui, il est bien convaincu que l'extraordinaire se trouve dans la vie ordinaire, tout en étant par ailleurs non seulement un croyant, mais un chrétien, non seulement un chrétien, mais un anglican du courant anglo-catholique, proche par certains côtés du catholicisme romain. Si la naissance du père Brown date bien de 1910, il ne faut pas oublier que Chesterton publie en 1905 Hérétiques. Ce livre secoue tellement le petit monde intellectuel de l'époque qu'on demande à Chesterton d'exposer son propre système de croyance. Ce sera Orthodoxie qui paraît en 1908. Pour le grand public, il est clair alors que Chesterton est un catholique romain ou, au moins, un crypto-catholique romain. Ce n'est évidemment pas le cas. Mais il est clairement croyant et chrétien.
Joël Prieur termine son article en reprenant l'affirmation selon laquelle
« Sans l’avoir cherché, sans l’avoir voulu, en 1922, le père Brown est parvenu à convertir son créateur, Gilbert Keith Chesterton. » C'est évidemment une facilité d'écriture. Elle est plaisante, parlante par certains côtés, mais elle n'est pas tout à fait exacte. Les deux premiers recueils du Father Brown datent de 1911 et de 1914. Les trois suivants sont de 1926, 1927 et 1935. Les deux premiers sont donc de la période anglo-catholique et les trois derniers de la période catholique. En soi, cela ne prouve rien. Cependant entre 1914 et 1922, Chesterton va subir une crise spirituelle importante. Cette période est justement celle pendant laquelle le père Brown n'apparaît pas. Il est absent. Quand on lui demandera finalement pourquoi il s'est converti, Chesterton répondra parce que le catholicisme est vrai :
« La difficulté d'expliquer "pourquoi je suis catholique” provient du fait qu'il y a mille raisons revenant toutes à la même raison: c'est que le catholicisme est vrai. Je pourrais remplir tout l'espace qui m'est alloué de phrases séparées commençant par les mots, "C'est la seule chose qui…" Ainsi, par exemple (1) c'est la seule chose qui empêche vraiment le péché d'être un secret. (2) C'est la seule chose où le supérieur ne peut pas être supérieur au sens de hautain. (3) C'est la seule chose qui libère un homme de l'esclavage dégradant d'être l'enfant de son temps. (4) C'est la seule chose qui parle comme si c'était la vérité; comme un vrai messager qui refuse de porter atteinte à un vrai message. (5) C'est le seul type de christianisme qui réunit réellement toutes les sortes d'hommes; même l'homme respectable. (6) C'est la seule grande tentative de changer le monde de l'intérieur; travaillant par les volontés et non par les lois; et ainsi de suite. Ou je pourrais traiter du sujet personnellement et décrire ma propre conversion, mais j'éprouve une profonde crainte que cette méthode fasse paraître l'affaire plus petite qu'elle ne l'est en réalité. Bien de meilleurs hommes se sont convertis avec sincérité à des religions bien pires. Je préférerais essayer de dire ici, au sujet de l'Église catholique, ces choses précisément qui ne peuvent être dites de ses très respectables adversaires. Bref, je dirais principalement de l'Église catholique qu'elle est catholique. J'aimerais mieux essayer de suggérer non seulement qu'elle est plus vaste que moi, mais qu'elle est plus vaste que n'importe quoi au monde; qu'elle est, en effet, plus vaste que le monde, mais vu qu'en si peu d'espace je ne puis traiter que d'un point, je la considérerai comme gardienne de la vérité. » (Twelve Modern Apostles and their Creeds).
Il dira la même chose, mais autrement dans son Autobiographie en mettant en avant la place de la confession dans le catholicisme : « Quand on me demande, ou quand on se demande : “pourquoi vous êtes-vous rallié à l’Église de Rome ?”, la première réponse qui me vient, la réponse essentielle, bien que partiellement elliptique encore, c’est : “pour me débarrasser de mes péchés”. (…) Ceci rejoint directement le souvenir de ces visions ou de ces fantaisies dont j’ai parlé dans le chapitre sur mon enfance. J’ai parlé alors de cette indescriptible et indestructible certitude que j’ai dans l’âme, que ces premières années furent le commencement de quelque chose de digne, de plus digne peut-être qu’aucune des choses qui lui ont succédé. » (L'Homme à la clef d'or). Du père Brown, il n'en est pas vraiment question. Ou indirectement par celui qui l'a inspiré : le père John O'Connor qui sera bien présent avec le père Rice lors de l'entrée de Chesterton dans l'Église catholique. Dans son Autobiographie Chesterton précise au sujet des liens entre O'Connor et Brown : « j’empruntais quelques unes des sérieuses qualités d’intelligence à mon ami le père John O’Connor, de Bradford, lequel ne répond en rien au portrait dans son apparence extérieure. Le père John n’est nullement négligé, mais au contraire net ; il n’est pas balourd, mais, au contraire, délicat à l’extrême, et adroit et non seulement il est amusant, et amusé, mais il a réellement l’air d’être l’un et l’autre. C’est l’Irlandais sensible, à l’esprit prompt, ayant cette ironie profonde et même un peu d’irritabilité que les gens de sa race tiennent toujours en réserve. » Mais il ne s'étend pas sur son rôle dans son passage au catholicisme, ni sur celui du père Brown.
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 00:11

(Mgr O'Connor, le modèle du Father Brown, avec un portrait de Chesterton, après la mort de celui-ci)

c'est tous les jours dans La Croix, à lire pour ceux qui voudraient découvrir un peu mieux les histoires de ce prêtre-détective, qui est né de la rencontre entre le réel (le père O'Connor) et l'imagination de G.K. Chesterton.
Les nouvelles sont publiées depuis le 7 juillet et jusqu'au  8 août
Un grand bravo au quotidien.
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 06:36


dans le quotidien Libération. Il date du 10 juillet dernier, mais nous venons seulement de le découvrir. Il est signé, comme d'habitude, de Mathieu Lindon qui écrit toujours des articles intéressants sur le sujet. Titre retenu : « Les très bonnes œuvres du Père Brown ».
On peut lire cet article qui est en ligne en cliquant ICI.
Bonne lecture.
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