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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 00:41


(Couverture de l'une des éditions anglaises : The Club of Queer Trades
de G. K. Chesterton, avec une introduction de Martin Gardner - 1988)


Lorsque nous avons évoqué Le Club des métiers bizarres (voir
ICI), nous écrivions que nous n’avions pas retrouvé trace de la première édition française. En fait, celle-ci date de 1937. La préface de Pierre Mille, qui précède cette version française, nous en apprend un peu plus sur la traductrice, Kathleen St Clair Gray :
 « Mlle St Clair Cray, écrit Pierre Mille, est écossaise – ne dîtes pas Anglaise, je craindrais qu’elle ne protestât ! – mais elle est devenue Française et “amante” si j’ose dire, de notre langue, de nos lettres, à un degré incroyable. À tel point qu’elle auraot composé cette introduction bien mieux que moi… Voici du reste un aute miracle auquel je voudrais bien que Chesterton eût songé pour nous l’expliquer à sa manière : de nos jours, il y a, ou il y eut, au moins deux éminents écrivains, deux poètes très purs nés en terre anglo-saxonne, Stuart Merril et Francis Vielé-Griffin, et un romancier de grand talent, M. Green, qui n’ont jamais pu vivre qu’en France, n’ont jamais écrit que le plus exact et le plus chaste français, alors que je connais pas mal de Français qui vivent en Angleterre et s’y plaisent, et s’y naturalisent, mais pas un seul qui s’y soit fait un nom dans les lettres anglaises. »
À cette affirmation un peu rapide de Pierre Mille, Chesterton, assurément, aurait pu répondre, comme le souhaitait d’ailleurs l’auteur de cette préface. Et pour dire que ce dernier se trompait. Au moins en partie ! Il y avait bien un Français, né en France, scolarisé en partie en France, qui avait fait son service militaire en France et qui s’était fait un nom dans les lettres anglaises. Il s’agit, bien sûr, du grand ami de Chesterton, Hilaire Belloc, petit-fils du
peintre français, Jean-Hilaire Belloc (1786-1866).
Concernant
Le Club des métiers bizarres (ci-contre dessin de Chesterton illustrant la première histoire de ce livre), Pierre Mille tente dans sa préface introductive quelques explications :
« Cette thèse littérairement justifiable, en tous cas littérairement féconde, que c’est le contraire qui est vrai, ou du moins pourrait bien l’être ; que par conséquent, les apparences doivent être fausses ; que c’est l’irréel qui est réel, le réel irréel, peut suffire à vous donner la clef de ce Club des métiers bizarres, si surprenant et si amusant par son élément de systématique dédain du réel. Vous y retrouverez Chesterton en personne, se moquant de lui-même et se dépassant en se moquant. Vous y retrouverez le roman policier pris à l’envers. Vous y retrouverez dans le main du détective amateur qui se trompe toujours, même la canne à épée de la jeunesse de Chesterton. Vous y retrouverez la démonstration de ce que, si un fait paraît invraisemblable c’est qu’il est vrai ; si un personnage a l’air d’un incorrigible et perpétuel blagueur, c’est qu’il toujours la vérité. Vous y découvrirez, bien entendu, qu’il n’y a que les fous qui vendent la sagesse (…). Avez-vous lu quand étiez enfant, Alice au pays des merveilles, ce chef-d’œuvre que seule pouvait produire une imagination anglaise ? Le Club des métiers bizarres c’est Alice aux pays des merveilles écrit pour grandes personnes ».
On suivra évidemment Pierre Mille dans sa démonstration, mais tant qu’il reste dans le domaine littéraire. Lorsqu’il applique sa thèse – « c’est le contraire qui est vrai » – aux positions politiques de Chesterton, peut-être va-t-il un peu trop loin, en forçant le trait. Ainsi, il écrit : « naturellement Chesterton se déclare “pro-Boër” en donnant des motifs qui valent ce qu’ils valent ; en réalité parce que, puisque tous les Anglais pensaient “anti-Boër”, le sentiment inverse avait des chances d’être le bon. » C’est écrire depuis la France et ne pas voir qu’une position aussi légère eut été scandaleuse au regard du nombre de morts lors de cette seconde guerre anglo-boërs. La véritable raison, Chesterton l’a manifesté souvent et à plusieurs reprises, expliquant combien cette guerre impérialiste dénaturé le vrai visage de l’Angleterre en subvertissant le patriotisme anglais en un impérialisme belliqueux. Il retrouvait dans la réaction des paysans sud-africains la même vision patriotique que la sienne. Pierre Mille pousse donc un peu un art littéraire en clef d’explication d’une vie. Peut-être aussi parce qu'il est lui-même un chantre de l'empire colonial ?
Le journaliste et écrivain Pierre Mille (
1864-1941) a notamment écrit

BARNAVAUX AUX COLONIES, que l'éditeur L'Harmattan présente ainsi : « Personnage littéraire surgi à une époque d'expansion coloniale agressive, Barnavaux était vu comme le type même du soldat de l'infanterie coloniale française. Les critiques contemporains voyaient en son créateur, le journaliste Pierre Mille (1864-1941), l'incarnation de l'esprit colonial lui-même. »


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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 07:53


Une nouvelle fois, la bande dessinée salue Chesterton. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une adaptation d’un livre de GKC comme dans le cas de La Croix bleue (voir
ICI), mais d’une mention de notre auteur en exergue d’un nouvel opus de Neil Gaiman.
C’est Cecil McKinley qui nous l’apprend dans le dernier numéro de COMIC BOOK HEBDO n°33 du 12 juillet. Dans le huitième volume de Sandman : au bout des mondes (Panini Comics, Vertigo Cult), Neil Gandman plonge son lecteur dans « Un contexte assez lovecraftien pour la situation géographique, mais clairement créé en hommage aux Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer, dans la grande tradition des histoires contées par les personnages et formant un tout parcellaire. Neil Gaiman porte résolument cette création chorale vers un éventail de récits surnaturels se complétant de belle manière : fantastique, horreur, anticipation, aventures, mythologie… pour encore une fois explorer toutes les strates qui se dégagent de son concept. »
Déjà avec Chaucer nous sommes un peu en Chestertonie. Mais Cecil McKinley nous en dit davantage encore sur la place de Chesterton chez Neil Gaiman : « "Pour toi et moi, et tous les hommes de courage, mon frère", psalmodia Wayne, "on versera du bon vin à l’auberge Au Bout des Mondes". Cet extrait du Napoléon de Notting Hill de Gilbert Keith Chesterton mis en exergue de l’album montre encore une fois à quel point Gaiman a été profondément impressionné et influencé par ce grand auteur britannique encore trop souvent mésestimé. Un indice supplémentaire pour mieux comprendre ce qui constitue et pétrit l’univers de ce scénariste devenu star mais resté un doux rêveur à la simplicité confondante. Bref, lisez, lisez, lisez Sandman, sans modération, et plongez dans un univers qui ne ressemble à nul autre pareil. Incontournable ! Indispensable ! ».

Pour lire l’intégralité de cet article :
ICI

Au fait qui est Neil Gaiman ? Né le 10 novembre 1960 à Portchester, sujet de sa Gracieuse majesté, mais vivant aux Etats-Unis, Neil Gaiman écrit aussi bien des romans que des scénarios de bande dessinée. Il doit notamment sa célébrité à la série Sandman publiée par DC comics dans les années 1990. Neil Gaiman n’a pas caché qu’il devait en partie sa vocation d’écrivain à C.S. Lewis qu’il a découvert à travers Les Chroniques de Narnia, lu alors qu’il venait d’avoir sept ans. C’est ce qu’il raconte dans un discours, dans lequel il a évoqué les trois auteurs qui ont changé son existence.
Il ne cache pas pas qu’au début il n’a pas saisi l’allégorie religieuse (un terme que n’aurait pas aimé C.S. Lewis) que l’on trouve dans Les Chroniques de Narnia. C’est à partir de 12 ans qu’il saisit certains parallèles.
Mais Neil Gaiman s’est dit choqué alors de découvrir que les livres qu’il avait tant aimés pouvaient avoir un autre sens. L’aspect religieux ou la religion dans une œuvre de fiction ne le choquait pas en soi. C’est plutôt l’impression (elle sera passagère) d’avoir été trahi par C.S. Lewis. À l’époque, Neil avait déjà lu Tactique du diable (Screwtape Letters), un autre des chefs-d’œuvre de Lewis et il se passionnait déjà pour Chesterton. Bien qu’il critique certains aspects de l’œuvre de Lewis, Neil Gaiman n’hésite pas à déclarer qu’il a été « la première personne à me convaincre d'être un écrivain ».
Tolkien occupera aussi une place importante dans son itinéraire. Il en aimé la poésie. Il a lu et relu la trilogie du Seigneur des anneaux, au point de penser que celui-ci est certainement le meilleur livre jamais écrit. De quoi le placer devant un dilemne : comment faire mieux, ou, au moins, aussi bien ? En faisant autrement !
C’est dans la même bibliothèque scolaire où il avait trouvé Le Seigneur des anneaux que Neil Gaiman fit la connaissance avec Chesterton. Le premier ouvrage lu fut le recueil de toutes les histoires du father Brown. Malgré les autres auteurs découverts alors, Chesterton aura pour Neil Gaiman une place particulière et jouera un rôle similaire à celui qu’avait joué C.S. Lewis. Il a aimé les phrases de Chesterton et la joie qui les habitaient. Father Brown sera le lien avec les autres ouvrages de Chesterton que lira Neil Gaiman : Le Napoléon de Notting hill (son roman d’anticipation
préféré et qui a influencé l’un de ses romans, Neverwhere), Le Nommé Jeudi (qu’il voit comme le prototype de toutes les histoires d’espionnage) et enfin L’Auberge volante. Neil Gaiman déclare aimé aussi, à divers degrés, les essais et les poèmes de Chesterton.
C’est donc par Lewis, Tolkien et Chesterton qu’il est devenu lui-même un écrivain.






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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 17:18



Pierre Assouline dans son blogue La République des lettres a consacré un long article à Chesterton après la parution des Enquêtes du Père Brown. Cet article a suscité beaucoup de commentaires et mérite d'être lu. L'adresse ? La voici :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/07/13/le-pere-brown-detective-thomiste/
Un grand merci au passage à Pierre Assouline pour avoir signalé l'existence de notre modeste blogue.
Peut-on dire que father Brown est un détective thomiste ? Au sens strict, non !  Rien dans les histoires du père Brown ne le laisse penser de manière visible. Chesterton n'était pas lui-même un thomiste. Et lorsqu'il écrira son Saint Thomas, il devra faire venir une quantité de livres sur le sujet pour en savoir un peu plus. Suffisamment, pourtant, pour que Etienne Gilson assure qu'il n'aurait pu faire mieux. Et, pourtant, ce titre choisi par Pierre Assouline est assez bien vu.  En effet, c'est la démarche de father Brown qui est "thomiste", pour les raisons que décrit bien Pierre Assouline.
Ce dernier conclut son article en estimant que Chesterton ne sera jamais un "classique". Difficile de répondre, simplement selon l'air du temps. C'est peut-être une vue très franco-française car dans les pays anglo-saxons Chesterton l'est certainement aujourd'hui, même si toute son œuvre n'est pas lue et n'a pas la même valeur. "I
l pensait qu’un grand classique, c’est un homme dont on peut faire l’éloge sans l’avoir lu." C'est vrai que l'on ne fait pas spécialement l'éloge de Chesterton aujourd'hui. En revanche, on le cite souvent comme nous l'avons déjà remarqué et même jusque dans les couloirs de Bruxelles. C'est peut-être une autre définition du "classique" : celui que l'on cite sans l'avoir lu. En tous les cas bravo à Pierre Assouline qui ne nous parle pas des "idées chrétiennes devenues folles" mais qui fait bien référence "aux vertus chrétiennes devenues folles". Pas si courant finalement !
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 19:23
Chesterton, inconnu ? Non, encore une fois, non ! Chesterton est méconnu, placé à l’écart, oublié par certains éditeurs, moqué par d’autres, jugé de haut par certains critiques littéraires. Mais inconnu des lecteurs qui aiment la littérature, non ! Mais oublié des journalistes qui aiment aller au fond des choses, absolument pas !
Le Choc du mois dans son numéro de juillet/août consacre ainsi deux pages à Chesterton sous la signature de Géraldine Chabrier. Deux pages enlevées, vivantes, impertinentes même, pleines de sympathie pour l’auteur du father Brown dont le volume Omnibus est présenté ici. Sous le titre, « Un myope clairvoyant, crimes métaphysiques et curé détective », Géraldine Chabrier nous offre vraiment un très bon article qui mérite d’être salué à la fois parce qu’il va à l’essentiel de la pensée chestertonienne et qu’il ne manque pas de sympathie pour le sujet traité. Elle écrit très justement par exemple : « l’abbé est un détective, le commissaire est un assassin, le voleur se rachète ». En peu de mots, l'essentiel des personnages est présenté. C'est une belle description de father Brown, du commissaire Valentin et de Flambeau, le grand alter ego du père Brown et qui mériterait que l’on parle davantage de lui.
Peu ou pas d’erreurs dans cet article, seulement des précisions que l’on aimerait voir à tel ou tel endroit. Autant dire rien.
Avec l’autorisation du Choc du mois, nous reproduisons ci-dessous l’introduction de l’article :.

" Il est petit, voûté, mais rien n’échappe au regard myope du père Brown. Confesseur habitué à observer le fond des âmes, il connaît l’homme jusqu’au bout de ses vices et résout ainsi toutes les intrigues et les crimes les plus complexes. C’est l’anti-Sherlock Holmes, version Chesterton.”

ainsi que sa conclusion :

“On a beau être dans l’humour, le jeu de rôle, le conte de fées où tout est mystère et enchantement, ce détective en soutane résout les crimes comme s’il les éclairait d’une parabole, il ramène les pêcheurs sur le droit chemin. Chesterton s’est converti assez tard au catholicisme. C’est son ami et confesseur le père O’Connor, un curé de campagne, qui va lui inspirer le personnage du père Brown. Ce qui est vrai dans Les Enquêtes du père Brown, c’est l’amour du prochain qui déborde de ce détective du Bon Dieu. Il n’y a pas d’ennemis à détruire, de criminels à exclure de l’humanité. Non, loin de là. Si les circonstances font de Brown un détective, il reste toujours un prêtre, ou comme le Christ se qualifiait lui-même, un pasteur.
Traquer le criminel, chercher la brebis égarée, c’est identique pour le père Brown. Il bat le rappel du troupeau divisé, il marche à ses côtés vers le bercail du Père.”



Pour commander ce numéro et lire cet article dans son intégralité (ainsi que le très intéressant dossier sur l’Irlande, un sujet qui a mobilisé en son temps Chesterton) :
ICI
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 20:13
Si nous continuons notre présentation rapide des livres de G.K. Chesterton, année après année, nous arrivons maintenant en 1905. Deux livres paraissent alors :

–      The Club of Queer Trades

–      Et le célèbre Heretics.
 


Le premier a été traduit en français sous le titre : Le Club des métiers bizarres, à ne pas confondre avec Le Club des fous, selon le titre adopté par l’Age d’Homme pour sa première traduction de Tales of the long bow (traduction par P.-A. Gruénais) paru en 1983. La deuxième traduction, qui date de 2007, est due à Gérard Joulié et porte comme titre : Les Contes de l'Arabalète.
Le Club des métiers bizarres a connu plusieurs éditions en France, toutes aux éditions Gallimard. Nous n’avons pas retrouvé la première parution de cette traduction. Réalisée par Kathleen Saint Clair Gray, elle a été remise en librairie en 1980, chez Gallimard, dans la collection « Du Monde entier ». Elle est précédée d’une préface de Pierre Mille (1864-1941). Elle est à nouveau publiée en 1996 chez Gallimard dans la collection « L’Étrangère ». C’est cette même traduction que l’on retrouve en 2003, dans le collection « L’Imaginaire », toujours chez Gallimard et sans préface.
 

Le Club des métiers bizarres contient six histoires, six aventures de Basil et de Rupert Grant qui sont confrontés à des crimes étranges et dont les explications sont encore plus étranges. C’est une sorte de parodie des romans policiers de l’époque et particulièrement du scientiste Sherlock Holmes. Dans la deuxième histoire, il y a un petit passage qui reflète déjà les idées de Chesterton :
« Évidement, j'excuse ce cher vieux Cholmondeliegh, dit Lord Beaumont, tout en nous aidant à enlever nos pardessus. Il n'a pas l'esprit moderne.
– Qu'est-ce que l'esprit moderne ? demanda Grant.
– Oh !… c'est un esprit de lumière et de progrès, qui envisage sérieusement les réalités de la vie. À ce moment un autre accès d'hilarité éclata derrière la porte.
– Je demande cela, dit Basil, à propos de deux de vos récents amis qui avaient l'esprit moderne : l'un croyait mal de manger des poissons, l'autre croyait bien de manger des hommes. Pardon… c'est par ici, si je me rappelle bien.
– Savez-vous, dit Lord Beaumont avec une sorte d'exaltation fiévreuse, en trottinant derrière nous, je n'arrive pas à comprendre de quel côté de la barrière vous êtes. Quelques fois, vous paraissez tellement libéral et quelque fois tellement réactionnaire. Basil, êtes-vous un homme moderne ?
– Non, dit Basil à voix haute et joyeusement au moment où nous pénétrions dans le salon rempli de monde. »


On l'aura compris Chesterton ne porte pas un culte énorme à la modernité et au progrès, tout en étant bien ce libéral-réactionnaire ou plus exactement celui qui échappe aux étiquettes.

Mais ce « club » dont le nom forme le titre de l’ouvrage, de quoi s’agit-il ? En voici rapidement l'explication :
« La nature de cette société […] peut facilement se résumer en quelques mots : c'est un club excentrique et bohème; la seule condition exigée pour en faire partie consiste en ceci, que le candidat doit avoir inventé la profession qui le fait vivre et que cette profession doit être entièrement nouvelle. La définition exacte de cette exigence tient en deux règles principales :
1° Il ne faut pas que ce soit une simple application ou variante d'un métier déjà existant. Ainsi, par exemple, le club n'accepterait pas comme membre un agent d'assurances simplement parce que, au lieu d'assurer le mobilier des gens contre l'incendie, il assurerait, mettons, leur culotte contre les morsures d'un chien enragé. […]
2° Cette profession doit être une véritable source de revenus commerciaux, le gagne-pain de son inventeur. Ainsi, le club n'admettrait pas comme membre un individu simplement parce qu'il lui plairait de passer ses journées à ramasser des boîtes à sardines vides, à moins qu'il ne réussisse par ce moyen à gagner un argent fou »
.
 
 
Les héros de ce livre sont au nombre de deux. Rupert Grant, le détective qui mène l’enquête sur différents crimes. Comme Sherlock Holmes, Rupert Grant se fie beaucoup à son pouvoir de déduction. Seulement, il a toujours tort. Et, en fait, c’est son frère Basile Grant, juge à la retraite, qui semble le véritable héros, en démontrant à son frère qu’il n’y a pas eu de crimes et pas de héros. Dale Ahlquist, président de l’American Chesterton society, et très fin connaisseur de l’œuvre de l’écrivain, émet l’hypothèse que les deux frères du roman reflète Gilbert et Cecil Chesterton, les deux frères dans la vie réelle. Qui serait qui ? Gilbert pourrait se retrouver du côté de Basil pendant que Cecil aurait son pendant en Rupert.
Voici le portrait que donne Chesterton de Basil Grant :
« Très peu de gens savaient quoi que ce fût  au sujet de Basil. Non pas qu'il fût un ours le moins du monde, car si un inconnu était entré chez lui, il l'aurait fait parler jusqu'au matin. Il avait peu de relations parce que, comme tous les poètes, il pouvait s'en passer. Il accueillait un visage humain comme il aurait accueilli un subit changement de teinte dans un coucher de soleil, mais il n'éprouvait pas plus le besoin d'aller dans le monde que de modifier les nuages du couchant. Il habitait une mansarde bizarre mais confortable sous les toits de Lambeth. Il était entouré d'un chaos d'objets qui faisaient un contraste étrange avec les bouges d'alentours : de vieux livres fantastiques, des épées, des armures, tout le bric-à-brac du romantisme. Parmi toutes ces reliques don-quichottesque, sa figure paraissait curieusement expressive et moderne, une figure puissante de magistrat. »

Les chapitres du livre :

Les aventures formidables du major Brown
Pour écouter (en anglais) :
ICI
Le pénible effondrement d'une grande réputation
Pour écouter :
ICI
L'effroyable raison de la visite du pasteur
Pour écouter :
ICI
La curieuse affaire de l'agent de location
Pour écouter :
ICI
La singulière conduite du professeur Chadd
Pour écouter :
ICI
L'excentrique séquestration de la vieille dame
Pour écouter :
ICI

Une adaptation a été réalisée pour la radio par la BBC et a été diffusée en avril 2005.
Notos que le livre contient plusieurs allusions à la France. La première phrase de l'ouvrage est d'ailleurs celle-ci : « Rabelais, ou son illustrateur fantastique Gustave Doré, … »

Pour la petite histoire, le livre n'eut pas un grand succès à sa parution en mars 1905. Et Chesterton avait alors besoin d'argent… Les histoires du Club of Queer Trades parurent d'abord en livraisons mensuelles dans l'Idler, entre juin et décembre 1904. On retrouve dans ce livre des thèmes abordés dans son Napoléon de Notting Hill, mais sans la transposition à la fin du XXe siècle et sans l'aspect médieval. Il s'agit de montrer le fantastique ou la romance qui se trouvent au cœur même du réel, lesquels exigent d'ouvrir les yeux à la façon d'un poète pour les déceler. Max Ribstein note à raison la présence de trois thèmes majeurs : le cauchemar, les dangers de l'Orient et la folie. On s'accordera avec lui pour dire que ces thèmes, notamment les deux derniers relèvent chez Chesterton d'une vision métaphysique mais également découlent de son propre existence et de ses interrogations. Heureusement, l'humour et la fantaisie habillent tout cela et offrent un roman qui connaît aujourd'hui un succès plus important que lors de sa parution. Le livre étant disponible en français le mieux est encore de le lire.
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 20:40
Après un trop long temps d'interruption, nous reprenons ce blogue, non sans vous présenter nos excuses pour ce long silence. Parmi les nouvelles de l'actualité chestertonienne, nous voudrions signaler la réimpression aux éditions Saint-Rémi de 8 titres de Chesterton, dont certains ouvrages importants de notre auteur. Nous ne les avons pas encore reçus. C'est pourquoi nous nous contentons pour l'heure d'une simple indication.


Orthodoxie








Hérétiques








Le Retour de Don Quichotte









La Sphère et la Croix









Lumières sur deux villes








Saint Thomas d'Aquin








Saint François d'Assise








L'Homme éternel







Ces ouvrages sont disponibles par correspondance à l'adresse suivante :

www.saint-remi.fr
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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 17:11
L'hebdomadaire, pour lequel "il n'est de richesses que d'hommes" (Jean Bodin), publie une page entière consacrée à Chesterton et indique à la fin l'adresse de ce blogue. Un grand merci.
Pour en savoir plus, on peut acheter ce numero dans tous les kiosques ou se rendre sur le site de l'hebdomadaire :

Il s’appelle Brown. Father Brown! Sous ce nom insignifiant se cache l’un des détectives les plus célèbres du monde anglo-saxon,lequel n’en manque pourtant pas.L’insignifiance, c’est en quelque sorte la marque de fabrique de ce petit prêtre détective, mis au monde en 1910 par un géant de la littérature anglaise. Cette année-là, en effet,G. K.Chesterton publie dans le “Storyteller” une histoire policière intitulée la Croix bleue.Le sait-il lui-même? Il vient d’ajouter à la grande famille des romans policiers un héros appelé au plus grand succès.


L'intérêt d'acheter le numéro ? Notamment celui de découvrir une photo peu connue de Chesterton en compagnie de son épouse.
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 12:19
Voici plusieurs jours que nous avons alimenté ce blogue consacré à Chesterton. Nous vous prions de nous en excuser. Cette fin d'année est particulièrement chargée et, d'ici début juillet, nous aurons encore un peu de retard. Même chose pour la "Lettre d'annonce" réservée aux abonnés. Promis, nous ne vous oublions pas. D'ailleurs, il faut se réjouir car l'actualité chestertonienne ne s'arrête pas et nous aurons l'occasion de vous tenir au courant.
Nous en profitons aujourd'hui pour proposer la reproduction photographique de La Croix bleue, lors de sa parution dans le Saturday Evening Post. On remarquera dans la première image que l'histoire s'intitule alors, non pas The Blue cross, mais Valentin Follows a Curious Trail. Les dessins sont de George Gibbs et restituent très bien l'atmosphère de cette histoire et, notamment, la physionomie de Father Brown.




























































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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 21:59



En deux citations pour choisir vite. Mais il y aurait beaucoup à dire encore sur le sujet :


« Nous ne savons pas ce qu'est l'Irlande; et nous ne le saurons jamais tant que l'Irlande ne sera pas libre, comme n'importe quelle nation chrétienne, de créer ses institutions. »


« L'Irlande, tout en étant l'île des rebelles et aussi l'île des saints, pourrait être appelée l'île des vierges. »
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 00:02
Le but de ce blogue est aussi de vous tenir au courant de l'actualité concernant G.K. Chesterton, principalement en France.
Petit rappel : L'Homme Nouveau a consacré trois pages de son numéro 1422 à Chesterton, avec notamment la publication d'un inédit en langue française consacré à Paul Claudel. L'Homme Nouveau : ICI
Le dernier numéro de Monde&Vie publie un article d'une page sur le volume Omnibus du Père Brown. Monde&Vie : (mais le site semble avoir un problème).
Le  revue LIRE, disponible en kiosque, publie une longue présentation du volume Omnibus du Père Brown. On peut la trouver sur le site de la revue : LIRE.

D'autres publications sont encore attendues. Nous vous tiendrons, bien sûr, au courant.
Puisque nous avons évoqué le Father Brown voici la reproduction d'un timbre du Nicaragua, édité dans le cadre d'une série sur les grands policiers de la littérature.




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