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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 15:10

Orthodoxie.png

 

 

 

 

Un blogue d’un chrétien orthodoxe vient de consacrer plusieurs posts au distributisme de Chesterton et de Belloc (ICI, et ). L’auteur ne cache pas qu’il s’agit d’une découverte pour lui. Il offre en fait la traduction d’un texte orthodoxe américain sur le sujet qui permet de se faire une bonne idée du sujet. Voici comment il présente son sujet :

 

« Voici la traduction de la 1ère partie d'un article paru sur le site orthodoxe In Communion et dans lequel je vais avancer en même temps que vous, c'est à dire que je sais que le sujet m'intéresse mais que je ne sais pas du tout si je vais en recevoir les conclusions. Quoi qu'il en soit le sujet de réflexion posé par cette étude me paraît venir dans une bonne période à double titre : d'une part que parce que la conjoncture économique internationale contemporaine n'améliore pas la situation des gens modestes et pas seulement de ceux qui ont été ruinés après avoir fait fortune, et d'autre part parce que nous sommes dans une période, celle de l'avant Nativité, où se pose périodiquement cette fameuse question du partage. »

 

 

 

Suggérons lui cependant de lire les textes de Chesterton sur le sujet traduits en langue française :

 

Le monde comme il ne va pas, aux éditions de l’Age d’Homme ;

Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, aux éditions de l’Homme Nouveau ;

Utopie des usuriers, aux éditions de l’Homme Nouveau.

 

Enfin puis qu’il évoque Small is beautiful (à raison), soulignons dans la lignée de Belloc et Chesterton, la mise à jour de ce livre de E.F. Schumacher, avec l’ouvrage de Joseph Pearce publié cette année :

 

Small is toujours beautiful, aux éditions de l’Homme Nouveau. 

 

On ne peut que se réjouir de voir des chrétiens non catholiques romains s'intéressaient à cette pensée. On notera d'ailleurs le titre très chestertonien de ce blogue qui se veut celui d'un « orthodoxe ordinaire »…

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 06:56

Bibliotheque-claudel.png

 

En 1979 paraissait aux éditions des Belles Lettres, en collaboration avec les Annales littéraires de l’Université de Besançon le Catalogue de la bibliothèque de Paul Claudel. À plusieurs reprises, nous avons évoqué sur ce blogue les rapports et les liens entre G.K. Chesterton et Paul Claudel. Il était donc intéressant de voir quels livres de Chesterton possédait le grand poète français.

Le Catalogue en question est celui de la bibliothèque de Brangues et la bibliothèque de l’appartement du boulevard Lannes y a été ajoutée. Cet inventaire (qui a peut-être été complété depuis, à nos lecteurs de nous le préciser) avait été réalisé par Maryze Bazaud, avec la collaboration de Claudine Lang et de Marianne Malicet.

La bibliothèque de Paul Claudel comprenait 13 ouvrages de G.K. Chesterton, soit en version anglaise, soit en traduction française. Cinq livres sont en anglais.

Il s’agit de l’Autobiography de Chesterton (dans l’édition américaine de 1936. Plusieurs passages sont soulignés par Claudel.), de The Innocence of Father Brown (dans l’édition Tauchnitz de 1911) ; de Poetry (dans le collection « The Augustan Books of Modern Poetry, Ernest Benn, ss date) ; de The Thing, why I am a catholic ( dans l’édition américaine Dood, Mead & Co de 1930) et de What’s wrong with the Wordl (dans l’édition Tauchnitz de 1910).

Les traductions françaises comportent Hérétiques (Plon 1930) ; L’Homme éternel (Plon, 1927) ; Le Napoléon de Nothing Hill (NRF, 1912) ; Le Nommé Jeudi, un cauchemar (NRF, 1911) ; Poèmes choisis (Cahiers des Poètes catholiques, 1938) ; Saint François d’Assise (Plon, 1925) ; Saint Thomas d’Aquin (Plon, 1935) et Supervivant (Desclée de Brouwer, 1915).

Tous les livres sont découpés, plusieurs sont dédicacés par les traducteurs et plusieurs sont surlignées ou annotés.

On trouve également un livre de Mary Webb, The Golden arrow (Jonathan Cape, 1934) qui comprend une introduction par G.K. Chesterton.

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 06:55

 

Crimes.png

 

 

Nous avons déjà évoqué ici le livre de Chesterton, Les Crimes de l’Angleterre (ICI, et ). La traduction française de cet ouvrage, qui date de 1916 vient d’être rééditée par les éditions Archives Karéline.

Il s’agit d’une reprise à l’identique de l’édition de l’époque, publiée par les éditions Georges Crès et Cie, aujourd’hui disparues. Épuisé depuis de longues années, ce livre de Chesterton est donc à nouveau disponible, bien qu’il ne soit pas indiqué sur le site de l’éditeur. En revanche, celui-ci étant diffusé par L’Harmattan, on devrait pouvoir le trouver en librairie ou auprès des libraires Internet. Il est d’ailleurs disponible sur le site du diffuseur au prix de 37,05 € au lieu de 39€ (prix de vente). Les Crimes de l’Angleterre dans cette nouvelle version reprint comprend donc 276 pages comme l’édition Crès.

Le même éditeur annonce d’ailleurs la publication prochaine des Poèmes choisis de Chesterton, un recueil de poèmes choisis, traduits et présentés par Madame E.M. Denis-Graterolle et édité dans la série des Cahiers des poètes catholiques en 1938. L’ouvrage comprenait alors 78 pages. Nous vous tiendrons, bien évidemment, au courant dès la sortie de ce livre.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:53
M.-Collins.png

 

Comme nous l’avons souligné en présentant le livre Irish Impressions(ICI et ), G.K. Chesterton s’est rendu pour la première fois en Irlande en 1918 afin d’y recruter des volontaires irlandais pour aller combattre sur le front contre l'Allemagne.

Or, hasard et paradoxe des influences, il semble que l’écrivain anglais ait influencé un authentique républicain irlandais, et même l’un des plus ardents, en la personne de Michael Collins.

Qui est Michael Collins, rendu célèbre chez nous par le film éponyme du cinéaste Neil Jordan ?

Né le 16 octobre 1890 dans le comté de Cork, fils d’un petit fermier, Michael Collins est une figure centrale du nationalisme irlandais. Membre de la Gael League et de la Gaelic Athletic Assocation (GAA), il adhère à l’âge de 19 ans, à l’Irish Republican Brotherhood (IRB), puis devient membre en 1914 des Irish volunteers. Le 15 janvier 1916, il quitte Londres et retourne en Irlande. Tout naturellement, il participe au soulèvement de Pâques, en tant qu’aide de camp de Joseph Plunkett. Arrêté, il est interné au camp de Frongoch au Pays-de-Galles. Il est libéré en décembre 1916, lors de la première vague d’amnistie. Il devient dès lors une figure montante du Sinn Fein et des Irish Volunteers tout en réorganisant l’IRB. Quand le premier Dáil Eireann est élu, en janvier 1919, Michael Collins est nommé ministre de l’Intérieur et ministre des Finances ainsi que président de l’IRB. Concrètement, il est surtout le commandant en chef de l’Irish Republican Army (IRA) dont il réorganise le service de renseignements. Il a tiré les enseignements de l’échec de Pâques 1916. À la confrontation frontale, il oppose la guérilla, fondée sur le renseignement et sur le démantèlement des réseaux d’espionnage adverses. Il lève aussi un emprunt national et infiltre jusqu’à l’administration britannique. Les Britanniques mettent sa tête à prix. Pourtant, envoyé par De Valera négocier avec les Britanniques, il signe le Traite de 1921 qui sanctionne la partition de l’île et maintient l’Irlande sous l’autorité britannique. Sa vie bascule. Pour ses anciens amis, il devient un traître. Devenu Commandant de la Free State army, Collins combat ses anciens compagnons. Le 22 août 1922, alors qu’il se rend dans son comté natal, son convoi est pris en embuscade. Michael Collins meurt d’une balle à la tête.

Selon l’un de ses biographes, James Mackey, auteur de Michael Collins : A life (1997), Collins aurait discuté de Chesterton en 1921 avec Sir William Darling, représentant du gouvernement britannique. Les deux hommes auraient découvert leur intérêt commun pour Chesterton. À cette occasion, Michael Collins aurait déclaré que son livre préféré était Le Napoléon de Notting hill, qui met en scène la révolte d’un quartier de Londres pour obtenir son indépendance et comment ce quartier se réapproprie son âme car une nation ne peut vivre réellement sans ses racines religieuses …

James Mackey souligne également que Joseph Plunkett, dont Collins était l’aide de camp pendant le soulèvement de Pâques 1916, lui prêta un autre livre de Chesterton : Un Nommé Jeudi. Une phrase de ce roman aurait particulièrement marqué le futur chef de l’IRA. Dans Un Nommé Jeudi, Dimanche, le chef des anarchistes, conseille de se cacher en ne se cachant pas du tout (« il a résolu de nous cacher en ne nous cachant pas du tout » selon la traduction de Jean Florence, Gallimard, P. 83 de l’édition de 2002 dans la collection L’Imaginaire). L’idée est d’apparaître visiblement pour ne pas laisser supposer des activités clandestines bien réelles et donc apparaître comme inoffensif. Cette idée sera exactement reprise par Michael Collins dans l’organisation de l’IRA et du Squad.

Mais il y a un autre aspect qui relie Michael Collins et Chesterton. Dans son livre The Path of Freedom, Collins développera l’idée que l’industrie de la nouvelle Irlande pour laquelle il se battait devait exclure les monopoles et favorisait une organisation fondée sur la coopération et le mutualisme plutôt que de s’inspirer de l’organisation capitaliste fondée sur des sociétés en action. Ainsi, il comptait éviter le socialisme d’État, contraire selon lui aux besoins de l’Irlande, et qui n’était qu’un monopole d’un autre nom. Un discours, on en conviendra, qui cadre parfaitement avec le distributisme de Chesterton.

Pour terminer, voici quelques images d'archives sur Michael Collins : 

 

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 16:20

 

 

Des lecteurs brésiliens de Chesterton ont lancé un site entièrement consacré à l’écrivain anglais. Le but est de faire connaître l’œuvre et de diffuser la pensée de Chesterton auprès des Brésiliens et plus largement de tous ceux qui utilisent le portugais.

Le but est aussi de préparer le lancement d’une société chesterton sur le modèle de celles qui existent dans le monde. Pour l’heure plusieurs rubriques sont disponibles sur le site qui permettent de mieux connaître Chesterton. Un beau travail.  Bienvenue à nos amis brésiliens et longue vie à « Chesterton Brasil ».

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 07:53

 

Chesterton est entré (indirectement) en Classe préparatoire. Cette année ! Le but d’une classe préparatoire consiste souvent à préparer un concours, voire plusieurs. Vu le profil de l’auteur, on s’attendrait à voir son nom surgir dans le programme des classes préparatoires littéraires. Ce serait déjà un (petit) miracle.

Et bien, le miracle a bien eu lieu, mais pas dans la filière littéraire. Le blog de la PTSI-A du Lycée Gustave Eiffel de Brodeaux recommande la lecture d’un texte de Chesterton consacré aux Macbeth et publié dans Le Sel de la vie, que vient d’éditer dans sa collection Revizor les éditions de l’Age d’Homme (voir ICI).

Un des professeurs de cette classe, à l’esprit curieux visiblement, a noté ce texte et en a mis en ligne plusieurs extraits (ICI, et ). Pour quelle raison ? Il l’explique en introduction du premier extrait :

« Vient de paraître un recueil d'essais de G. K. Chesterton (1874-1936) dans la collection Revizor de L'Âge d'Homme. On y trouve un texte intéressant sur une des œuvres à votre programme. »

Pour nourrir et élargir l’esprit de ses élèves, il n’hésite pas à recourir à Chesterton, ce que l’on ne peut que saluer.

Au fait, si vous êtes aussi ignare que moi, peut-être vous demandez-vous ce que signifie PTSI. Il s’agit visiblement, sauf erreur de ma part, des classes de « Physique, Technologie et Sciences de l'Ingénieur », voie qui prépare aux concours des écoles d’ingénieurs.

Signalons que l’auteur de ces postes, Jean-Philippe Qadri, est agrégé de physique et qu’il est passionné par un autre écrivain anglais, proche sur plus d’un point de Chesterton : J.R.R. Tolkien. Il a notamment participé à un ouvrage collectif Tolkien, trente ans après (1973-2003), publié chez Christian Bourgois éditeur, en 2004. Le thème de son intervention fut : « “…un concours avec nous, mon trésor !” : étude du tournoi d’énigmes entre Bilbo et Gollum ».

Jean-Philippe Qadri aime aussi l’illustration et s’y laisse parfois aller comme le montre cet article (ICI). Il lit aussi parfois ce blogue comme je le découvre en cliquant sur le lien contenu dans le premier extrait des Macbeth. On ne peut que le remercier d'avoir mis en ligne ces extraits du texte de Chesterton, initialement paru dans le John O'London's Weekly. Comme pour ses élèves, c'est une belle invitation à lire ce texte et plus largement le recueil dont il est issu. 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:26

 

Irish-Impressions.png

 

 

La parution en novembre 1919 de Irish Impressions, récit d’un voyage de Chesterton en Irlande, entraîne une question : pourquoi l’écrivain se rendit-il dans ce pays si particulier, alors sous domination britannique ?

On l’a dit, le motif premier de ce voyage est une campagne de recrutement pour l’armée britannique qui se bat alors sur le front en France et qui a besoin de renforts. En 1914, John Redmond avait convaincu une partie des Irish Volunteers, une milice autonomiste, de former un corps expéditionnaire rattaché à l’armée britannique. Les National Volunteers – ce fut leur nom – allèrent donc combattre en France, démontrant la vaillance des Irlandais. Mais ce premier apport irlandais était considéré comme insuffisant. De plus, les Britanniques refusèrent de constituer des régiments uniquement irlandais et disséminèrent les volontaires dans des différentes unités. C’est donc pour convaincre à nouveau des Irlandais de se battre contre la « barbarie prussienne » que Chesterton effectue ce voyage. C’est du moins le motif officiel. Il estime que le soulèvement de Pâques 1916 a été essentiellement un fait dublinois et qu’il n’a pas de conséquences politiques majeures, ce en quoi il se trompe.

Mais Chesterton veut aussi découvrir ce pays car c’est la première fois qu’il s’y rend. Il admire les Irlandais, notamment ceux qu’il a côtoyés à Londres et entend découvrir ce peuple sur ses terres même. Il se montre aussi très favorable au Home Rule, c’est-à-dire à l’idée d’une certaine autonomie irlandaise qui s’incarnerait par un Parlement national à Dublin, mais rattaché à la Grande-Bretagne.

Pour le guider pendant son voyage, il est accompagné par Horace Plunkett, une figure importante de l’Irlande du début du XXe siècle.

Né en 1854, exactement vingt ans avant Chesterton, Sir Horace Plunkett, après des études à Oxford, est retourné définitivement vivre en Irlande en 1889. Élu député unioniste à partir de 1892, siège qu’il perd en 1900, Horace Plunkett est un chaud partisan du Home Rule, projet qu’il soutiendra à travers la fondation de l'Irish Dominion League. Mais c’est aussi l’artisan d’une profonde réforme qui touche l’Irlande : la coopération agricole. Il fonde en 1894, l'Irish Agricultural Organisation Society (IAOS). Sous son impulsion également, le Parlement établit, à partir de 1899, un ministère de l'Agriculture et de l'Enseignement technique d'Irlande dont il est nommé vice-président. Comme chef de file de la coopération agricole, il travaille ardemment à l’accession à la propriété des petits fermiers irlandais, dépossédés par les grands propriétaires angle-irlandais ou tout simplement anglais. Un premier pas avait été fait dans ce sens en 1885 par l’Ashbourne’s Land Act, qui sera complété en 1903 par Wyndham’s Land Act. De son côté, Horace Plunkett entendait appuyer la reconstruction d’une Irlande autonome sur deux principes : le « self-help » (pas d’intervention de l’État) et le « mutual help » (la coopération mutuelle). Les points de rencontre avec le distributisme de Chesterton sont évidents. Les deux hommes étaient sur la même longueur d’ondes.

Alors qu’Horace Plunkett guide Chesterton en Irlande, il est étrange qu’il ne l’éclaire pas davantage sur l’impact très fort des Pâques sanglantes de 1916. Même si pour sa part il est resté dans la légalité et soutien la solution du Home Rule, Horace Plunkett ne peut être indifférent à cet épisode tragique de la récente histoire irlandaise. Son propre fils Joseph fut l’un des signataires de la déclaration d’indépendance des Républicains irlandais au début du soulèvement. Il est l’une des grandes figures de cet Easter Rising, qui n’en manque d’ailleurs pas. Joseph Plunkett était un intellectuel et un poète. Bien que tuberculeux, il participa néanmoins aux combats et il fut arrêté lors de la reddition générale des insurgés. Emprisonné dans la prison de Kilmainham Gaol, il y épousa Grace Gifford la veille de son exécution le 4 mai 1916. Pour la petite histoire, Grace Gifford était une ancienne élève de Slade School of art de Londres comme Chesterton.

Contrairement pourtant à sa condisciple, qui en mémoire de son jeune mari fusillé par les Britanniques adoptera une attitude intransigeante, Chesterton est un partisan du Home Rule. Il l’est d’autant plus qu’il voit en Irlande un pays fidèle à ses traditions catholiques (il a des mots sévères pour les Protestants d’Ulster), qui a retrouvé sa dignité par la diffusion large de la propriété agricole, qui a favorisé la vie de famille et a préféré la frugalité heureuse à l’adoration de Mammon, en s’appuyant sur une société dont les piliers, outre l’Église, sont le foyer familial, le village et l’agriculture. Une Irlande qui est tout sauf puritaine comme le montrent ses Pubs où l’on chante encore en buvant joyeusement une bière du pays.

Malgré le climat tragique dans lequel il s’insère – la Grande Guerre et les lendemains du soulèvement républicain irlandais –, Irish Impressions est un récit vif, plein d’entrains, bienveillant envers ce peuple qu’il découvre et dont il perçoit très bien qu’il est l’un des plus révolutionnaires en ce qui concerne la question de l’État et l’un des plus conservateurs au sujet de la famille. C’est aussi en patriote anglais que Chesterton visite l’Irlande et qu’il comprend le patriotisme irlandais. Ce qui lui permet d’inviter ses compatriotes à respecter l’âme de l’Irlande. 

À ce jour, Irish Impressions de Chesterton n'a pas connu de traduction française. Il a été en revanche réédité dans sa version anglaise par IHS Press, avec une très intéressante introduction du professeur Dermot Quinn, membre du Chesterton Institute et professeur à Seton Hall University (USA).

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:02

Les éditions Via Romana ont publié pour cette fin d’année un véritable petit bijou d’édition, une réussite parfaite. Il s’agit ni plus ni moins d’un conte de Chesterton intitulé L’Inconvénient d’avoir deux têtes, traduction française de The Disavantage of having two heads.

 

Image 8-copie-5

 

Ce conte et cette édition comportent plusieurs spécificités qui méritent d’être soulignées :

 

1°) L’Inconvénient d’avoir deux têtes est un conte non seulement écrit par Chesterton mais également illustré par lui, ce qui permet de découvrir un aspect de son talent, peu connu en France ;

2°) À l’origine, cet ensemble texte et dessin n’était pas destiné à la publication mais fut adressé à une petite fille amie de l’écrivain, auquel il est dédié : Beryl Blanche Delaforce. Il fut publié après la mort de l’écrivain dans le recueil The Coloured Lands (1938), réalisé par Maisie Ward, la première biographe de Chesterton;

3°) Les éditions Via Romana ont non seulement publié la traduction française de ce conte, mais elles ont aussi reproduit l’ensemble des illustrations de Chesterton ;

4°) Les éditions Via Romana ont non seulement publié la traduction française et les dessins du conte, mais elles ont publié au regard le texte original en anglais, faisant de ce petit livre un ouvrage bilingue ;

5°) Non seulement le texte original en anglais est reproduit, mais il s’agit du texte manuscrit de Chesterton, à l’écriture si caractéristique, parfaitement lisible;

6°) Le livre des éditions Via Romana s'adresse à deux catégories de lecteur. Aux enfants, qui découvriront un conte et des dessins qui parleront à leur âge. La présentation de Philippe Maxence leur est directement adressée. Les adultes percevront dans le conte un autre niveau de lecture et la conclusion de Philippe Maxence développe pour eux l'histoire de ce conte et explore plus largement sa thématique dans l'œuvre de l'écrivain;

7°) Enfin ajoutons qu’il s’agit certainement de l’une des plus belles éditions au monde de ce texte, disponible à un coût modeste (10 €). Les lecteurs de ce blog et les amis de Chesterton en général pourront saluer ce travail en se portant acquéreur de ce conte, façon de remercier l’éditeur, de l’encourager à continuer et de se faire plaisir en s’offrant ou en offrant L’Inconvénient d’avoir deux têtes pour les cadeaux de fin d’année. 

 

Nous reproduisons ci-dessous la page de garde de ce livre ainsi qu'une page intérieure. Nous vous invitons à commander cet ouvrage soit auprès de votre libraire habituel (diffusion Salvator), soit auprès de l'éditeur, soit sur Amazon, soit sur le site de la FNAC, soit auprès de l'association des Amis de Chesterton (amis.de.chesterton@free.fr)

 

 

Inconvénient-1

 

 

Inconvénient-2

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:37

Si nous reprenons notre visite périodique (d’une périodicité variable, avouons-le) des ouvrages de Chesterton, après avoir évoqué La petite histoire de l’Angleterre pour l’année 1917, nous devrions évoquer pour cette même année l’Utopie des usuriers. Recueil d’articles parus à l’origine dans The Daily Herald, publication socialiste et syndicaliste, après le départ de G.K. Chesterton du Daily News – conséquence directe du scandale Marconi (voir ICI,  , , et ), Utopie des usuriers fut publié, non en Angleterre, mais directement aux Etats-Unis. Nous avons déjà présenté ce livre (ICI,  et ) à l’occasion de la parution de sa traduction française, réalisée par Gérard Joulié, et parue aux éditions de l’Homme Nouveau. Dans Valeurs Actuelles du 25 novembre dernier, voici ce qu’en disait Philippe Barthelet :

 

« “L’utopie des usuriers”, c’est le monde que Chesterton prophétisait il y a un peu moins d’un siècle : au lecteur d’aujourd’hui de relever tout ce qui, de la dissolution de l’art dans la publicité à l’asservissement universel et indolore aux seules nécessités du commerce, lui rappellera quelque chose. Cet « essai d’hier pour aujourd’hui » a été publié en 1917 à New York – les éditeurs londoniens l’ayant refusé pour sa virulence. Cependant Chesterton reste Chesterton : « S’il tonne et frappe, sa colère est subtile et sa moquerie permanente », comme le remarque Philippe Maxence, éditeur de ce livre et l’un des plus éminents chestertoniens français. On ajoutera, et c’est tout dire, que la traduction est due à Gérard Joulié. » (la suite à lire ICI).

 

COUV CHESTERTON UTOPIE

En cette période de cadeaux et d’achat de livres, nous ne pouvons que vous inviter à vous procurer cet ouvrage qualifié de « prophétique » par Valeurs actuelles.

 

 

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Deux ans plus tard, Chesterton publie Irish Impressions. Le titre du livre en dit assez la matière, tirée d’un voyage en Irlande. Mais pas n’importe quel voyage ! Si le livre fut publié en 1919, le texte date d'un peu avant la fin du conflit, lors d’une tournée qu’effectua l’écrivain dans ce pays pour tenter de convaincre les Irlandais de s’engager pour aller combattre sur le front en France. Le livre rassemble une série d’articles parus à l’origine dans The New Witness, entre le 11 octobre 1917 et le 25 avril 1919. Il fut publié le 4 novembre 1919 chez Collins et connut également une éditions américaine chez John Lane Company, à New York, l’année suivante. Dans l’édition américaine, Irish Impressions comporte 222 pages. Le livre comprend neuf chapitres, dont voici le sommaire : 

 

 

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D’un certain point de vue, c’est un livre étrange. Chesterton est venu en Irlande comme une sorte d’agent de recrutement de l’armée britannique. L’Irlande, qu’il découvre, est encore un pays occupé et asservi, qui a subi à Pâques 1916 un soulèvement républicain et indépendantiste qui s’est achevé dans un bain de sang. L’opinion publique irlandaise et même mondiale, notamment aux États-Unis, a été remuée par la répression sanglante des autorités britanniques qui n’ont pas hésité à fusiller et à déporter. Peu à peu, le peuple irlandais, qui s’était montré plutôt hostile au discours républicain, va mieux l’accueillir, au point de lui donner la victoire aux élections de 1918. Si ce livre est étrange, c’est que Chesterton est venu pour recruter des hommes pour l’armée britannique alors qu’il se montre foncièrement pro-Irlandais. Il exalte une Irlande paysanne et catholique (même s’il voit qu’une partie de l’Irlande se réclame davantage du celtisme que du catholicisme). 

 

À suivre…

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 16:21
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Sous ce titre, les éditions de l’Age d’Homme viennent de publier un nouveau recueil d’articles de Chesterton dans leur nouvelle collection « Revizor ». Ce nouveau livre comporte 230 pages (12€) et se divise en cinq parties :

– la littérature en général ;

– Livres remarquables et écrivains ;

– Pensée et croyance

– Chez nous à l’étranger

– Le sel de la vie.

 

La tonalité générale de l’ouvrage, traduit par Maurice Le Péchoux, est clairement littéraire, mais l’auteur, à son habitude, prend facilement des chemins de traverse. Cet ensemble est précédé d’une sorte d’avant-propos qui est constitué d’un essai de Chesterton sur… l’essai, un article paru dans un volume intitulé Essays of the years 1931-32, publié par The Argonaut Press en 1932.

 

Ce nouveau livre est la traduction d’un recueil constitué après la mort de Chesterton par sa collaboratrice Dorothy E. Collins (The Spice of the Life, 1964, Darwen Finlayson, Beaconsfield).

La provenance de ces différents articles nous permet de saisir la variété des titres auxquels Chesterton a collaboré et de lire notamment des articles publiés dans New Witness (cinq articles) la publication de son frère Cecil Chesterton, ou dans le G.K’s Weekly (quatre articles). Les autres sources sont :

The Speaker (un article) ;

T.P.’s Weekly (un article) ;

John o’London’s Weekly (un article) ;

Daily News (cinq articles) ;

The Listener (deux articles) ;

The Academy (un article) ;

The Torchbearer (un article) ;

The Venture Annual (un article)

The Illustrated London News (un article) ;

New York American (un article) ;

The Odd Volume Annual (un article).

 

Une autre origine des textes présents dans ce volume vient de la contribution de Chesterton à des livres collectifs, dont notamment :

– L’Encyclopedia Britannica (deux articles) ;

– Introduction à une édition illustrée du Roi Lear ;

– Introduction à une édition limitée des Fables d’Esope ;

– Contribution à une édition du centenaire préparé par la Brontë Society ;

– Contribution à An Outline of Christianitu, the Story of our civilisation.

 

L’édition française de ce volume indique pour l’essai sur les Macbeth deux origines. D’une part, l’Encyclopedia Britannica et d’autre part, John o’London’s Weekly. L’édition anglaise de 1964 n’indique quant à elle que le John o’London’s Weekly.

 

Tous les textes publiés dans ce volume ne sont pas inédits en langue française. Ainsi, par exemple, l’essai intitulé dans cette traduction « Comment écrire un roman policier » a été traduit par J.-F. Amsel et publié dans le volume Omnibus des Enquêtes du Père Brown (2008) sous le titre « L’art d’écrire une histoire policière » (pp 1107 à 1113).

 

Sous son aspect hétéroclite, ce livre de Chesterton nous offre des textes riches qui permettent de mieux aborder ce vaste continent qu’est l’œuvre de cet écrivain anglais. Chesterton, qui fut sans aucun doute un grand apologiste du christianisme, fut aussi un grand critique littéraire et il n’est pas risqué de le suivre dans l’exploration de territoires devenus souvent inconnus pour nous, alors qu’ils appartenaient au paysage de l’Anglais cultivé du début du XXe siècle et très souvent même, de tout Européen cultivé. L’impression de nouveauté et de découverte accompagne ainsi notre lecteur et rend paradoxalement Chesterton toujours jeune et séduisant. On en conviendra peut-être en lisant ce passage de l’essai sur l’essai :

« L’essai est la seule forme littéraire qui avoue, dans son nom même, que l’acte irréfléchi connu comme étant l’écriture est véritablement un saut dans l’inconnu. Quand des hommes essaient d’écrire une tragédie, ils n’appellent pas la tragédie un essai. Ceux qui ont peiné tout au long des douze livres d’une épopée, à l’écrire de leur propre main, ont rarement prétendu qu’ils avaient composé une épopée à titre d’expérience. Mais un essai, tant par son nom même que par sa véritable nature, est vraiment une tentative et vraiment une expérience. Un homme n’écrit pas vraiment un essai. Il essaie véritablement d’écrire un essai. Il en résulte que, bien qu’il existe maints essais fameux, il n’y a fort heureusement aucun essai modèle. L’essai parfait n’a jamais été écrit, pour la simple raison que l’essai n’a jamais été vraiment écrit. Les hommes ont tenté d’écrire quelque chose pour découvrir ce que c’était censé être. À cet égard l’essai est un produit typiquement moderne, plein d’avenir et à la louange de l’expérience et de l’aventure. Il reste en soi quelque peu évasif et je dois reconnaître que je suis poursuivi par le vague soupçon que l’essai va probablement devenir plus péremptoire et plus dogmatique, tout simplement à cause des divisions profondes et implacables que peuvent nous imposer les problèmes éthiques et économiques. Mais espérons qu’il y aura toujours place pour l’essai qui en soit vraiment un. Saint Thomas d’Aquin, avec son bon sens habituel, disait que ni la vie active ni la vie contemplative ne sauraient être vécues sans distraction, sous forme de plaisanteries et de jeux. Le drame ou l’épopée pourraient bien être appelés : vie active de la littérature ; le sonnet ou l’ode : vie contemplative. Quant à l’essai, c’en est la plaisanterie. »

 

Le livre est disponible en librairie bien sûr ou directement sur le site de l’éditeur. À ajouter à votre besace chestertonienne de fin d’année avec L’Église et la conversion. C’est le même Chesterton, mais sous deux facettes complémentaires. 

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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