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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 07:05

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Une génération plus puritaine que la nôtre s’opposa, dans mon enfance, à l’installation d’une statue d’une Vierge portant l’Enfant dans l’église de ma paroisse.

Après beaucoup de discussions, les fidèles se mirent d’accord sur la suppression de l’Enfant. Cela aggravait, semble-t-il, le caractère mariolâtrique de la statue, mais peut-être jugèrent-ils que, privée de ce qu’ils considéraient sans doute comme une arme, la mère était moins dangereuse.

L’incident est symbolique. Si vous enlevez la statue de la mère, comment laisser le nouveau-né ? Vous ne pouvez pas voir l’enfant sans voir sa mère. Dans la vie courante, vous n’approchez l’enfant que par sa mère. Si nous pensons à l’enfance du Christ, l’idée de sa mère suivra comme elle a suivi dans l’histoire.

Chesterton, L’Homme éternel

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 01:49

Le talent d’Eric Zemmour n’est pas en cause. Disons plutôt ses références. Enfin quand j’écris « ses » références, je veux parler, bien sûr, de celles de ses articles ou de certains de ses propos à l’antenne. D’ailleurs, il faudrait encore mieux parler de « sources », de ces fameuses « sources » du journaliste, qu’il doit vérifier, re-vérifier et recouper. Or malgré tout son talent et sa facilité d’expression, Eric Zemmour ne vérifie pas toutes ses sources ni toutes ses références.

Un exemple ? Oui, un seul exemple ! Mais un exemple qui nous tient à cœur. Le 4 mai dernier, dans Le Figaro, Éric Zemmour a consacré un article aux Maos français. L’extrême-gauche attire beaucoup en ce moment. C’est un sujet à la mode, surtout dans les colonnes du Figaro. Dans cet article, Eric Zemmour a trouvé le moyen de placer une citation de Chesterton. Ce n’est pas forcément une mauvaise idée et c’est même très souvent une excellente idée. Mais Eric Zemmour cite Chesterton comme Chesterton aurait cité Zemmour si Chesterton avait été encore vivant et Français. C’est-à-dire qu’il cite de mémoire. Et la mémoire, c’est bien connu, est parfois défaillante. Même chez les anciens élèves de Science po comme Eric Zemmour. Une nouvelle fois, donc, Eric Zemmour a faussement cité Chesterton en lui attribuant la phrase désormais célèbre : « Le monde est plein d'idées chrétiennes devenues folles ».

Idées ? Où Eric Zemmour a-t-il lu que Chesterton parle d’idées chrétiennes. Dans quel livre de citations a-t-il pioché cette phrase ? On se le demande. Car, jamais Chesterton n’a écrit une telle phrase. Ni dans la version anglaise, ni dans aucune des traductions françaises du livre d'où est extraite cette phrase. Les choses devenues folles sous la plume de Chesterton, ce sont « les vertus » chrétiennes et il l’écrit dans un très beau passage d’Orthodoxie. C'est même au chapitre trois de ce maître-livre. Il donne même les raisons de cette folie dans un passage qu’il conviendrait de relire attentivement pour comprendre le sens réel de la phrase chestertonienne.

 

Ce n’est pas la première fois qu’Eric Zemmour se trompe dans sa citation de Chesterton. Comme elle est parlante, il l’a employée à plusieurs reprises, dans ses articles ou à la télévision, notamment chez Ruquier. Nous n’allons pas refaire l’historique de l’erreur zemmourienne. Nous l’avions déjà établie ici.

Que l’on nous entende bien. Nous ne reprochons pas à Eric Zemmour de se tromper. Personne n’est obligé de lire Chesterton, bien que cela soit une lecture recommandée. Mais récidiver dans l’erreur publiquement devient dérangeant quant il s’agit d’un journaliste de la trempe, du talent et de l’aura d’Eric Zemmour. Pour être certain qu’il ne retomberait pas dans une erreur répétée à plusieurs reprises, nous avons envoyé à Eric Zemmour notre livre L’Univers de Chesterton (Via romana). Il s’agit d’un dictionnaire de citations de notre auteur. Visiblement cet envoi ne lui est pas parvenu. C’est sans doute la bonne raison. La Poste fonctionne mal en France. Une bonne idée d’article pour Eric Zemmour. En attendant voici des extraits d'Orthodoxie. Avec le passage en question.



[ texte repris du site http://v.i.v.free.fr]

Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules. C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés. (...)

 

Or il est un cas beaucoup plus remarquable que cet antagonisme de la vérité et de la pitié, c’est celui de la déformation de l’humilité. (...)

 

Ce dont nous souffrons aujourd’hui, c’est d’un déplacement vicieux de l’humilité. La modestie a cessé tout rapport avec l’ambition pour entrer en contact intime avec la conviction, ce qui n’aurait jamais du se produire. Un homme peut douter de lui-même, mais non de la vérité, et c’est exactement le contraire qui s’est produit. Aujourd’hui, ce qu’un homme affirme, c’est exactement ce qu’il ne doit pas affirmer, c’est-à-dire lui-même ! Ce dont il doute est précisément ce dont il ne doit pas douter : la Raison Divine. (...)

 

Le nouveau sceptique est si humble qu’il doute de pouvoir apprendre. Ainsi nous aurions tort de nous presser de dire qu’il n’y a pas d’humilité propre à notre époque. Le vérité est qu’il en existe une, très réelle, mais pratiquement plus morbide que les farouches humiliations de l’ascète. L’ancienne humilité était un aiguillon qui empêchait l’homme de s’arrêter et non pas un clou dans la chaussure qui l’empêche d’avancer, car l’ancienne humilité faisait qu’un homme doutait de son effort et cela le poussait à travailler avec encore plus d’ardeur. Mais la nouvelle humilité fait que l’homme doute de son but, ce qui l’arrête tout à fait.

 

A tous les coins de rue nous sommes exposés à rencontrer un homme qui profère cette assertion frénétique et blasphématoire : « Je puis me tromper ». Chaque jour vous croisez quelqu’un qui vous dit : « Bien entendu, mon opinion n’est peut-être pas la bonne ». Or son opinion doit être la bonne, sinon, elle n’est pas son opinion. Nous sommes en train de créer une race d’homme d’une tournure d’esprit trop modeste pour croire à la table de multiplication ! Le danger est de voir des philosophes qui doutent de la pesanteur comme d’une simple fantaisie de leur cerveau. Les railleurs d’autrefois étaient trop orgueilleux pour être convaincus, mais ceux-ci sont trop humbles pour l’être. Les doux posséderont la terre mais les sceptiques modernes ont tant de douceur qu’ils ne veulent même plus réclamer leur héritage. (...)

 

Le péril, c’est que l’intelligence humaine est libre de se détruire elle-même. De même qu’une génération pourrait empêcher l’existence même de la génération suivante, si tous ceux qui la composent entraient au couvent ou se jetaient dans la mer, ainsi, un petit nombre de penseur peut, jusqu’à un certain point, faire obstacle à la pensée dans l’avenir en enseignant à la génération suivante qu’il n’y a rien de valide dans aucune pensée humaine.

 

Il est vain de parler de l’antagonisme de la raison et de la foi. La raison est elle même un sujet de foi. C’est un acte de foi de prétendre que nos pensées ont une relation quelconque avec une réalité quelle qu’elle soit. Si vous êtes vraiment un sceptique, vous devrez tôt ou tard vous poser la question : « Pourquoi y aurait-il quelque chose d’exact, même l’observation et la déduction ? Pourquoi la bonne logique ne serait-elle pas aussi trompeuse que la mauvaise ? L’une et l’autre ne sont que des mouvements dans le cerveau d’un singe halluciné ? ». Le jeune sceptique dit : « J’ai le droit de penser par moi-même ». Mais le vieux sceptique, le sceptique complet dit : « Je n’ai pas le droit de penser par moi-même. Je n’ai pas le droit de penser du tout. »

 

Il y a une pensée qui arrête la pensée, et c’est à celle là qu’il faut faire obstacle. C’est le mal suprême contre lequel toute autorité religieuse a lutté. Ce mal n’apparaît qu’à la fin d’époques décadentes comme la notre...

Car nous pouvons entendre le scepticisme brisant le vieil anneau des autorités et voir au même moment la raison chanceler sur son trône. Si la religion s’en va, la raison s’en va en même temps. Car elles sont toutes les deux de la même espèce primitive et pleine d’autorité. Elles sont toutes les deux des méthodes de preuves qui ne peuvent elles-mêmes être prouvées. Et en détruisant l’idée de l’autorité divine, nous avons presque entièrement détruit l’idée de cette autorité humaine par laquelle nous pouvons résoudre un problème de mathématiques. Avec une corde longue et résistante, nous avons essayé d’enlever sa mitre (la religion) à l’homme pontife et la tête (la raison) a suivi la mitre.

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 14:59
Bonne année à tous les amis de G.K. Chesterton. Après une année 2008 riche en événements chestertoniens, l'année 2009 devrait réserver encore quelques surprises et surtout, espérons-le, un accroissement du nombre de lecteurs de Chesterton.
Pour notre part, nous tenterons de continuer à alimenter ce blogue, espérant toujours davantage de lecteurs, et peut-être davantage de réactions. À ce jour, nous avons publié plus de cent trente articles, consacrés soit à l'information concernant les nouveautés sur Chesterton (éditions, revue de presse), soit à des pages plus historiques, avec notamment la présentation par ordre chronologique des œuvres écrites par G.K.C.
Des contacts ont été pris avec les États-Unis, l'Espagne, l'Angleterre, l'Italie et notre petit blogue, bien modeste au regard de ce qui se fait ailleurs dans le monde, a suscité intérêt et sympathie. Nous avons eu la joie d'accueillir la participation à ce blogue de quelques lecteurs. Nous en attendons encore d'autres. Nous ne manquons pas de projets et nous espérons pouvoir les mener à bien. En attendant, bonne année chestertonienne à tous, en commençant par une citation :



« L’objet du Nouvel an n’est pas que nous ayons une nouvelle année, mais que nous ayons une nouvelle âme et un nouveau nez ; de nouveaux pieds, une nouvelle colonne vertébrale, de nouvelles oreilles et de nouveaux yeux. À moins qu’un homme prenne des résolutions au Nouvel an, il n’accomplira pas ces résolutions. À moins qu’un homme ne commence de nouvelles choses, il ne fera certainement rien d’efficace. À moins qu’un homme ne commence par cette supposition étrange qu’il n’a jamais existé auparavant, il est complètement sûr qu’il n’existera jamais ensuite. À moins qu’un homme naisse de nouveau, il n’entrera en aucun cas dans le Royaume des Cieux. »

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 18:31
Pour fêter Noël et la semaine qui va suivre, voici deux extraits de l'Homme éternel. Joyeux Noël à tous les amis de Chesterton.

« Noël nous semble aller de soi parce que nous sommes chrétiens, et que nous demeurons psychologiquement chrétiens même si nous avons cessé de croire. En bref, cette association d’idées a modifié quelque chose de très profond dans la nature humaine. Entre l’homme à qui elle est familière et l’homme qui l’ignore, la différence est réelle, sans qu’elle soit nécessairement de nature morale, car les mérites d’un musulman ou d’un juif peuvent être plus grands eu égard à ses lumières. C’est un fait indiscutable, c’est l’interférence de deux lumières ou, si l’on veut, la conjonction de deux astres dans notre horoscope personnel. Enfance et divinité, impuissance totale et toute-puissance, ce contraste unique, mille et mille fois répété, ne lasse jamais. Bethléem est par excellence le lieu où les extrêmes se touchent. »




« L’événement dont cette faille des grandes collines grises a été le témoin fut, à proprement parler, un retournement. Je veux dire que tous les regards, interrogateurs ou contemplatifs, jusque-là fixés sur l’infiniment grand, s’orientèrent vers l’infiniment petit ; ou, que Dieu, considéré jusque-là comme une circonférence, apparut comme un centre.»,




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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 00:32
le blogue des Amis de Chesterton prend aussi quelques vacances, non sans vous souhaiter une bonne fête à tous et vous offrir cet extrait du Saint Thomas de Chesterton, un passage consacré à la sainteté :

"Les saints se recrutent parmi tous les types d’hommes, mais tous ont en commun d’être à la fois uniques et universels ; nous irons jusqu’à dire que les saints se distinguent des hommes ordinaires en ceci surtout qu’ils sont prêts à se confondre avec les hommes ordinaires. Il faut ici prendre le mot ordinaire dans son sens originel et noble : qui n’est pas sans rapport avec le sens du mot ordre. Un saint est toujours fort au-dessus du désir de se distinguer ; il est le seul type de grand homme qui ne se prenne jamais pour un grand personnage."

Petit rappel : pour être tenu au courant des mises à jour de ce blogue et des nouveautés concernant l'actualité chestertonienne, n'hésitez pas à vous inscrire à la Lettre d'annonce (colonne de droite). C'est gratuit et cela n'engage à rien.

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 01:40
Voici un extrait d'un livre de Chesterton, inédit en français, Outline of sanity, et à paraître prochainement aux éditions de L'Homme Nouveau. Paru en 1926, il contient quelques paragraphes qui peuvent être rapprochés de notre situation actuelle.





Une grande nation, porteuse d'une longue et glorieuse civilisation, a suivi depuis une centaine d'années une forme de progrès qui s'est coupé volontairement de certaines anciennes communications ou traditions relatives à la terre, au foyer ou à l'autel. Elle a progressé sous des chefs dont la confiance en eux-mêmes frisait l'outrecuidance. Ils étaient certains de la justesse de leurs lois économiques, de l'excellence de leur système politique, de la prospérité de leur commerce, de la popularité de leurs parlements, des lumières de leur presse et de l'humanité de leur science.
Forts de cette confiance, ils n'ont pas craint de soumettre leur peuple à certaines expériences qu'on pourrait appeler méphistophéliennes. Ils ont rendu une grande et fière nation débitrice d’une poignée d’hommes riches, prolétarisant ainsi des populations entières qui vivaient de la terre, dont ils étaient les propriétaires. Ils ont couvert la terre de pierre et de fer et l’ont dépouillée d’herbe et de grain ; ils ont vidé leur pays de nourriture dans l’espoir de la racheter à meilleur prix aux quatre coins de la planète. Ils ont chargé leur petite île de fer et d’or tant et si bien qu’elle s’est mise à ressembler à un navire qui sombre. Ils ont laissé les riches devenir de plus en plus riches et de moins en moins nombreux. Ils ont partagé le monde en deux : d’un côté les maîtres et de l’autre les serviteurs. Mais pas maîtres et serviteurs à l’ancienne mode, vivant ensemble, mais vivant séparément, éloignés les uns des autres, dans des quartiers de ville bien distincts.
Ils ont ainsi fait disparaître une classe moyenne, modérément prospère et sincèrement patriote, ne laissant plus qu’une classe profiteuse vivant dans le luxe aux dépens d’une classe laborieuse vivant dans la misère et la crasse. Ils ont laissé des millions d’êtres humains dépendre d’approvisionnements lointains, coûteux et difficiles, se tuant à la tâche pour des gens qu’ils ne connaissaient pas et dépendant pour leur subsistance de denrées et de biens venant de pays qui leurs étaient tout aussi inconnus ; et tout cela dépendant d’un commerce extérieur qui allait en s’amenuisant.

A ceux qui ont souffert de ces conditions, il y a un certain nombre de choses à dire. Nous leur rappellerons en premier lieu que la révolte pure et simple  n’arrange rien. Il conviendra aussi de leur dire que certaines entraves devront être tolérées pendant un certain temps car elles correspondent à d’autres entraves qui ne pourront être simplifiées que de conserve.
Mais d’abord si l’occasion m’est offerte de dire quelques mots à ceux qui ont conduit notre peuple dans une pareille impasse, je leur dirai le plus sérieusement du monde en mâchant bien mes mots : « Pour l’amour de Dieu, pour l’amour de nous, mais surtout pour l’amour de vous-mêmes, ne vous pressez pas de nous dire qu’il n’y a aucun moyen de sortir de ce piège dans lequel votre folie et votre incurie nous ont conduits ; qu’il n’existe pas d’autre chemin que celui sur lequel vous nous avez conduits à la ruine ; et qu’il n’y a pas d’autre progrès que celui que nous avons trouvé au bout du chemin. Ne soyez pas trop pressés d’annoncer à vos pauvres victimes que leur malheur est sans remède. Ne cherchez pas à les convaincre, maintenant que vous êtes arrivés au terme de votre expérience, que vous êtes aussi au bout de vos ressources. Ne dépensez pas des trésors d’éloquence pour leur prouver que votre erreur est encore plus irrévocable et plus irrémédiable qu’elle ne l’est. Ne cherchez pas à minimiser la crise industrielle en nous démontrant qu’il s’agit là d’une maladie incurable. N’assombrissez pas le problème du puits de mine en nous prouvant que c’est un puits sans fond. Car un peu plus tard, à ce qui pourrait bien être la onzième heure, quand la destinée aura fait entendre sa sentence, la masse des hommes pourrait bien comprendre tout à coup dans quel cul de sac votre progrès les aura menés. Alors ils pourraient bien se retourner contre vous. Et s’ils ont pu supporter tout le reste, ils ne pourraient peut-être pas supporter votre inaction. « Qui es-tu, homme, et pourquoi désespères-tu ? a dit le poète. Dieu te pardonnera tout sauf ton désespoir. »  Les hommes vous pardonneront peut-être vos erreurs, mais ils ne vous pardonneront pas votre résignation.
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 21:59



En deux citations pour choisir vite. Mais il y aurait beaucoup à dire encore sur le sujet :


« Nous ne savons pas ce qu'est l'Irlande; et nous ne le saurons jamais tant que l'Irlande ne sera pas libre, comme n'importe quelle nation chrétienne, de créer ses institutions. »


« L'Irlande, tout en étant l'île des rebelles et aussi l'île des saints, pourrait être appelée l'île des vierges. »
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 00:31
Quand un dessin vaut tous les discours. Vous voulez savoir qui était l'écrivain Gilbert Keith Chesterton ? La réponse, la voilà :




La phrase du jour :

« Trouver laid un visage parce qu’il exprime puissamment une âme différente de la nôtre équivaut à se plaindre de ce qu’un chou n’a pas de jambes. Si nous nous laissions aller à un tel reproche, le chou serait en droit de nous faire remarquer, avec une certaine sévérité, mais non sans apparence de logique, que nous ne sommes pas de beaux légumes ».
Le Défenseur

Bonne semaine

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 00:00
"Dans sa relation avec mon âme, l'Église chrétienne est un maître vivant et non un maître mort. Elle m'a enseigné hier. Elle m'enseignera demain. Il m'est arrivé une fois de saisir tout à coup la signification de la forme de la croix. Il se peut que je saisisse un jour, avec la même soudaineté, la signification de la forme de la mitre. Par un beau matin, j'ai compris pourquoi les fenêtres étaient à ogive; quelque beau matin, je comprendrai peut-être pourquoi les prêtres sont tonsurés. Platon vous a révélé une part de la vérité; mais Platon est mort. Shakespeare vous a surpris par une image; mais Shakespeare ne vous surprendra plus jamais par une image. Imaginez ce que serait la vie en la compagnie de tels hommes, d'un Platon, qui, demain, vous gratifierait d'un discours original, d'un Shakespeare qui, dans la minute qui vient, ébranlerait le monde d'un seul chant. L'homme qui vit avec ce qu'il croit être une Église vivante est semblable à celui qui s'attend toujours à rencontrer demain, au déjeuner, Platon et Shakespeare. Il s'attend toujours à voir quelque vérité qu'il n'a jamais vue auparavant".
Orthodoxie
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 00:00
– Quelle est la différence entre le Christ et Satan ? 
– Elle est tout à fait simple, répondit le Highlander. Le Christ est descendu aux enfers; Satan y est tombé.
– Cela fait beaucoup de différence ? demanda le libre penseur.
– Cela fait toute la différece, dit l'autre. L'un d'eux a voulu descendre et est monté. Un Dieu peut être humble, un démon ne peut être qu'humilié.


Extrait de La Sphère et la Croix, traduction Charles Grolleau, éditions de l'Age d'Homme, 1981.
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