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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 12:10

Au cas où certains lecteurs souhaiteraient se procurer la nouvelle biographie de Chesterton, parue en Angleterre (et donc, en… anglais) et signée Ian Ker, la librairie Village Voice, spécialiste parisienne des livres anglo-saxons – on trouve tout ou presque ! – me signale qu’elle disponible et en vente dans ses locaux (6, rue Princesse, 75006 Paris). On y trouve aussi plusieurs livres de Chesterton, lequel mérite assurément d’être lu dans sa propre langue. Une visite qui s’impose de toute façon. Pour en savoir plus : www.villagevoicebookshop.com

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:28

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On l'oublie trop souvent : Chesterton fut un merveilleux critique littéraire, même si l'on n'est pas obligé de le suivre dans chacun de ses jugements. Dans plusieurs ouvrages, il a réuni des critiques de livres, qui sont autant d'exploration à la Chesterton de l'univers d'un écrivain. Dans Twelve Types, paru en 1902 (voir notre présentation ICI) on trouve un texte sur Charlotte Brontë. Le miracle d'internet fait que la traduction de ce texte, dont nous reproduisons ci-dessous seulement le début, se trouve en allant sur WiKilivres. Merci donc à « Marc » pour sa traduction mise à la disposition de tous les lecteurs. 

 

On soulève souvent des objections contre la biographie réaliste parce qu’elle révèle beaucoup de choses importantes et même sacrées de la vie d’un homme. La véritable objection se trouverait plutôt dans le fait qu’elle révèle d’un homme les points précis qui sont sans importance. Elle révèle, met en avant et souligne précisément ces choses de la vie d’un homme dont cet homme lui-même est entièrement inconscient ; sa classe sociale précise, la condition de ses ancêtres, l’endroit où il est en ce moment. Ce sont des choses qui, à proprement parler, n’entrent jamais dans le champs de vision humain. Elles ne viennent pas à l’esprit d’un homme ; on pourrait dire, avec une vérité presque égale, qu’elles ne se produisent pas dans la vie d’un homme. Un homme ne se pense pas plus lui-même comme le locataire de la troisième maison d’une rangée de pavillons à Brixton, qu’il ne se pense comme un animal étrange à deux jambes. Quel était le nom d’un homme, quel était son revenu, avec qui s’est-il marié, où vivait-il, ce ne sont pas là des choses sacrées ; ce sont des choses sans pertinence.

Le cas des Brontë en est un exemple très convaincant. Les Brontë sont dans la situation de la dame folle d’un village de campagne ; ses excentricités constituent une source intarissable de conversations innocentes pour ce cercle excessivement léger et bucolique qu’est le monde littéraire. Les très glorieuses commères de la littérature, comme M. Augustine Birell et M. Andrew Lang, ne se fatiguent jamais de collecter tous les aperçus, toutes les anecdotes, tous les sermons, tous les points de vue accessoires, toutes les vétilles et peccadilles dont on pourra faire un musée Brontë. Elles sont les auteurs victoriennes les plus personnellement discutées, et les feux de la rampe de la biographie ont laissé peu de recoins obscurs dans la sombre et vieille maison du Yorkshire. Et pourtant, la totalité de cette investigation biographique, quoique naturelle et pittoresque, ne convient pas totalement aux Brontë. Car le génie des Brontë était par-dessus tout destiné à proclamer la suprême inimportance des apparences. Jusqu’alors, on pensait que la vérité se trouvait toujours plus ou moins dans le roman de mœurs. Charlotte Brontë galvanisa le monde en montrant qu’une vérité infiniment plus ancienne et plus élémentaire pouvait être transmise par un roman dans lequel aucun personnage, bon ou mauvais, n’a les moindres mœurs. Son œuvre représente la première grande affirmation que la vie monotone de la civilisation moderne est un déguisement aussi tapageur et trompeur que le costume d’un bal-masqué. Elle a montré que des abimes pouvaient se trouver dans une gouvernante et des éternités dans un manufacturier ; son héroïne est la vieille fille ordinaire, avec une robe de mérinos et une âme de feu. Il est significatif de remarquer que Charlotte Brontë, suivant consciemment ou inconsciemment la grande tendance de son génie, fut la première à enlever à l’héroïne non seulement l’or et les diamants artificiels de la santé et de la mode, mais même l’or et les diamants naturels de la beauté physique et de la grâce. Instinctivement, elle a senti que tout le dehors devait être enlaidi, pour que tout l’intérieur puisse être sublimé. Elle a choisi la plus laide des femmes dans le plus laid des siècles, et a révélé en eux tous les enfers et les paradis de Dante.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:32

 

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Toujours aussi active, l’American Chesterton Society annonce qu’elle tiendra en août prochain (du 4 au 6 août exactement) sa trentième conférence annuelle G.K. Chesterton. Le thème général de cette rencontre est « Poet and Prophet ». Le programme annonce la présence de plusieurs intervenants dont Christopher Check, Pasquale Accardo, Robert Moore-Jumonville, Carl Hasler, Redd griffin, Tod Worner, Eleanor Donlan et, bien évidemment Dale Ahlquist, président de l’American Chesterton Society. Les intervenants parleront bien sûr de Lepanto, de La Ballade du Cheval Blanc, les grands poèmes épiques de Chesterton mais aussi de Chesterton comme « franciscain thomiste » ou comme « thomiste franciscain ». Clou de la rencontre, la pièce de Chesterton, Magic, sera jouée à cette occasion.

En attendant ce rendez-vous estival, signe de l’intérêt que suscite encore aujourd’hui l’œuvre si riche de Chesterton, l’American Chesterton Society vient de publier un numéro important de sa publication, le Gilbert Magazine, lequel est entièrement consacré au distributisme. Réalisé en collaboration avec  The Distributist Review, les articles évoquent différents aspects de ce courant politico-économique qui s’insère dans la pensée sociale catholique.

Introduit par un éditorial de Dale Ahlquist, « What’s Wronf With The World (and How to fix It) », ce numéro passionnant propose les contributions de Thomas Storck (What’s the Use of Having Stuff Anyway ?), de Donald P. Goodman III (Distributism and marxism), de Richard Aleman (Seeking the Distributist Solution; Tell It Like It Is; An Interview with Dr. William E. Fahey; The D. Pac), de David W. Cooney (Understanding Subsidiarity), de John Médaille (A Distributist Banking System), de Bill Powell (Make Your Backyard a Forest Garden), de G.K. Chesterton (The Guid Idea, The Guild Possibility) et de Ryan Grant (Distributist Education). Plusieurs encadrés offrent des extraits de textes de Chesterton sur le distributisme lui-même, l’usure, le capitalisme.

C’est un numéro très riche et très intéressant qui contient notamment les présentations de deux livres récents sur le distributisme : Toward a Truly Free Market : A Distributist Perspective on the Role of the State, Taxes, Health Care, and More du professeur John Médaille et The Church and The Libertarian de Christopher A. Ferrara, chroniqueur de The Remnant. La perspective générale du numéro n’est donc pas seulement historique, ni même principalement. Tout au contraire, il s'agit de montrer l’actualité du courant distributiste au plan de la critique du système libéral, de son présumé opposant qu’est le socialisme étatique mais également au plan de l’action politique elle-même. Dans ce sens, l’article de Richard Aleman, « The D-Pac », qui présente la révolution Red Tory menée efficacement sous la houlette de Phillip Blond en Grande-Bretagne dans le sillage du parti conservateur ou sur les possibilités offertes aux États-Unis à travers l’émergence des Pac (Political action committees), est particulièrement pertinent. Un numéro à lire sans aucun doute pour tous ceux qui s’intéressent à ces questions. 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:10

JOURNEE D’ETUDE

A la rencontre de Chesterton :

 

des enquêtes du Père Brown

à l’interrogation spirituelle

 

Dimanche 6 février 2011 de 9h à 17h 

au lycée Saint Sigisbert


PROGRAMME

 

Chesterton ou comment peut-on être anglais, catholique et jubilatoire ?

 

 

  • 9h-10h : Chesterton : itinéraires d’un drôle de chrétien par Philippe Maxence auteur de Pour le réenchantement du monde : une introduction à ChestertonAd Solem, Genève et Paris, 2004, et deL’Univers de G.K. Chesterton : petit dictionnaire raisonné , Via Romana, Versailles, 2008
  • 10h-10h20 : Pause  
  • 10h20-11h05 Paradoxe et humour chez Chesterton par Brigitte de Guillebon (Université de Nancy II, faculté d’Anglais)
  • 11h05- 12 h Questions, débats et échanges  
  • 12h-14h Repas
  • 14h-14h45 De La Ballade du cheval de Chesterton au Seigneur des Anneaux de Tolkien : Chesterton et Tolkien, deux théologiens masqués ? par Didier Rance, diacre, historien et chroniqueur
  • 14h45-15h05 Pause
  •  15h05-16h05  Actualité politique, sociale et économique de Chesterton par Philippe Maxence 
  • 16h05-17h Questions, débats et échanges
  • 17h Messe à la chapelle pour ceux qui le souhaitent, célébrée par le Père Arnaud Mansuy, Oratoire Saint Philippe Néri, aumônier du lycée Saint Sigisbert

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 17:54

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Mais c’est aux Etats-Unis, à l'Undercroft Theatre of Mount Vernon Place, United Methodist Church (900 Massachusetts Avenue, NW, Washington, DC). Seize représentations sont prévues, à partir du 6 janvier et jusqu’à la fin du mois. Sur cette pièce, on pourra se reporter à now articles : ICI et .

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 08:10

 

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Le Manifeste Chap ? Si vous ignorez tout du mouvement Chap, il vous reste à vous procurer le Manifeste que viennent de traduire et de publier les éditions des Équateurs. Comme l’écrivent Les Inrockuptibles, « De quoi le chapisme est-il le nom ? D'un mouvement subversif et anticapitaliste qui prône la révolution par le tweed. Drolatique et politique, il est exposé dans le tordant Manifeste cheap. »

Né en Angleterre dans les années 1990, le mouvement chap – « gars » en anglais, de préférence « vieux » –  entend répondre à la médiocrité moderne et progressiste par le retour au savoir-vivre et à la courtoisie. Le Manifeste Chap entend donc apprendre aux hommes et aux femmes à retrouver le souci de l’élégance et du savoir-vivre.

Quel rapport entre cet anarcho-dandysme et Chesterton ? Dans sa préface à l’édition française, l’éditeur, Olivier Frébourg indique qu’il sert de maître à penser à ce mouvement à côté de George Orwell, Oscar Wilde, Wodehouse, Churchill ou David Niven. Frébourg cite même ce mot de Chesterton, tout à fait chapiste : « La poursuite exclusive de la santé conduit toujours à quelque chose de morbide ».

Mais une fois n’est décidément pas coutume, continuons à citer Les Inrock : « Comme tout mouvement digne de ce nom, le chapisme (de "chap", qui signifie "gars") s'est doté d'un logo - une pipe de bruyère et un rasoir coupe-choux entrelacés à la manière de la faucille et du marteau communistes - et d'efficaces outils de propagande : un magazine (The Chap, que l'on trouve dans les boutiques vintage de Londres) et surtout un manifeste coécrit par Temple et Darkwood, les Marx et Engels du bon goût et du savoir-vivre révolutionnaires, également auteurs d'un Tour du monde en 80 Martini. Exhilarant et décadent à souhait, ce petit livre rouge à l'usage des gentlemen modernes (le rouge étant la couleur préférée des chaps pour leurs cravates) est un concentré d'absurdité et de nonsense so british, écrit dans un style délibérément suranné et accompagné d'illustrations rétro délicieusement décalées. »

Si le mouvement comporte des éléments sympathiques, il n’est pas sûr qu’il soit entièrement chestertonien. Mais à vous d'en décider.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 05:10

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Depuis 1974, la Chesterton Review occupe une place particulière dans le monde des revues. Conçue au départ pour un public anglo-saxon, elle n’a cessé de se développer. Tous les ans, elle publie quatre numéros, dont certains occupent plus de 500 pages. Autour d’un dossier, consacré à Chesterton ou à des auteurs proches, diverses rubriques explorent l’œuvre de l’écrivain, sa postérité, l’actualité du monde chestertonien, et plus largement, abordent  des domaines qui touchent au lien entre foi et culture. Le succès de cette revue est telle que plusieurs éditions en langue étrangère existent désormais : espagnole, portugaise et… française. 

 Le dernier numéro en langue anglaise vient de paraître (vol. 36, n° 3&4) et comprend des textes de Chesterton, de Maurice Baring et Charles Péguy. Ce numéro de 342 pages contient notamment un article de Dermot Quinn sur « Chesterton at the College of the Holy Cross », de Susie Byers sur « Greetings from Fairyland : Chesterton, science and the natural world », de Catherine Rachel John sur « A New Europe and a New UK ? », de Sheridan Gilley sur « The Pope in Britain, 2010, a retrospect », du père Ian Boyd sur « Chesterton in America », de Russel Sparkes sur « Chesterton and Belloc : Show the Way Forward » ainsi que la revue des livres, des films et les nouvelles et commantaires.

Le premier numéro de la Chesterton Review dans son édition française a été présenté le 14 octobre dernier. Réalisé en collaboration avec l’association (française) des Amis de Chesterton, ce numéro constitue le numéro annuel de cette association. Il comprend au total 140 pages. On trouve dans ce numéro les Actes de la première table-ronde qui eut lieu en 2009 sur le thème : « La renaissance de la littérature catholique en France et en Angleterre au XXe siècle ».


Au sommaire, on trouve :

– Avant-propos de l’éditeur par le Père Ian Boyd

– Introduction par Philippe Maxence

– Comprendre la France par G.K. Chesterton

– Le curé d’Ars par G.K. Chesterton

– L’Affaire Claudel par G.K. Chesterton

– Adresse de Paul Claudel à G.K. Chesterton

– Liberté par Charles Péguy

 

Dossier : La renaissance de la littérature catholique en France et en Angleterre au XXe siècle » :

– Chesterton et le renouveau littéraire en France et en Angleterre au XXe siècle par le Père Ian Boyd

– La France et Chesterton, une “divine entente” par Philippe Maxence

– La conversion au Dieu caché : Chesterton, Claudel et la renaissance de la littérature catholique par Dermot Quinn

– Le réalisme catholique, terrain commun entre les lettres catholiques en France et en Angleterre

– 1926, un coup de tonnerre : Sous le Soleil de Satan, par Alain Lanavère

 

– La revue des livres

– Nouvelles et commentaires

– Courrier des lecteurs

 

Ce premier numéro est en vente auprès de l’Association des Amis de Chesterton (C/O les éditions de l’Homme Nouveau, 10, rue Rosenwald, 75015 Paris) au prix de 10€ + 4€ de port (chèque à l’ordre de l’Association des Amis de Chesterton).

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 15:10

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Un blogue d’un chrétien orthodoxe vient de consacrer plusieurs posts au distributisme de Chesterton et de Belloc (ICI, et ). L’auteur ne cache pas qu’il s’agit d’une découverte pour lui. Il offre en fait la traduction d’un texte orthodoxe américain sur le sujet qui permet de se faire une bonne idée du sujet. Voici comment il présente son sujet :

 

« Voici la traduction de la 1ère partie d'un article paru sur le site orthodoxe In Communion et dans lequel je vais avancer en même temps que vous, c'est à dire que je sais que le sujet m'intéresse mais que je ne sais pas du tout si je vais en recevoir les conclusions. Quoi qu'il en soit le sujet de réflexion posé par cette étude me paraît venir dans une bonne période à double titre : d'une part que parce que la conjoncture économique internationale contemporaine n'améliore pas la situation des gens modestes et pas seulement de ceux qui ont été ruinés après avoir fait fortune, et d'autre part parce que nous sommes dans une période, celle de l'avant Nativité, où se pose périodiquement cette fameuse question du partage. »

 

 

 

Suggérons lui cependant de lire les textes de Chesterton sur le sujet traduits en langue française :

 

Le monde comme il ne va pas, aux éditions de l’Age d’Homme ;

Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, aux éditions de l’Homme Nouveau ;

Utopie des usuriers, aux éditions de l’Homme Nouveau.

 

Enfin puis qu’il évoque Small is beautiful (à raison), soulignons dans la lignée de Belloc et Chesterton, la mise à jour de ce livre de E.F. Schumacher, avec l’ouvrage de Joseph Pearce publié cette année :

 

Small is toujours beautiful, aux éditions de l’Homme Nouveau. 

 

On ne peut que se réjouir de voir des chrétiens non catholiques romains s'intéressaient à cette pensée. On notera d'ailleurs le titre très chestertonien de ce blogue qui se veut celui d'un « orthodoxe ordinaire »…

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 16:20

 

 

Des lecteurs brésiliens de Chesterton ont lancé un site entièrement consacré à l’écrivain anglais. Le but est de faire connaître l’œuvre et de diffuser la pensée de Chesterton auprès des Brésiliens et plus largement de tous ceux qui utilisent le portugais.

Le but est aussi de préparer le lancement d’une société chesterton sur le modèle de celles qui existent dans le monde. Pour l’heure plusieurs rubriques sont disponibles sur le site qui permettent de mieux connaître Chesterton. Un beau travail.  Bienvenue à nos amis brésiliens et longue vie à « Chesterton Brasil ».

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 14:10

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Ce petit livre de 1926, dans lequel Chesterton analyse le phénomène de la conversion, en faisant quelques allusions à la sienne, vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau. Il s'agit de la deuxième édition française. La première avait été publiée par la Bonne Presse (aujourd'hui éditions Bayard). Cette nouvelle édition, avec une traduction signée Gérard Joulié, est augmentée de deux chapitres sur le même sujet, constitués à partir d'articles de Chesterton. Le livre est disponible auprès des bonnes librairies ou sinon par le biais du site sécurisé de l'éditeur. Une bonne idée de cadeau de Noël. 

Pour le découvrir, voici quelques extraits de la préface : 

 

« Quand on lui demandait pourquoi il était devenu catholique, Gilbert Keith Chesterton répondait qu’il s’agissait au fond pour lui de se débarrasser de ses péchés. Dans son Autobiographie, il dressa ainsi l’éloge de la confession en indiquant que « quand un catholique revient de s’être confessé, il retourne vraiment, par définition, à cette aurore de son commencement ; il regarde le monde avec des yeux nouveaux ». Plus encore, il lui semblait que sa philosophie personnelle de la vie entrait vraiment en syntonie avec le sacrement de pénitence comme il le confia toujours dans le même livre : « L’idée maîtresse de ma vie, je ne dirais pas que c’est la doctrine que j’ai toujours enseignée, mais que c’est la doctrine que j’aurais toujours aimé enseigner. Cette idée, c’est d’accepter toutes choses avec gratitude, et non de les tenir pour dues. Ainsi, le sacrement de péni - tence donne une vie nouvelle et réconcilie l’homme avec tout ce qui vit ; mais il ne le fait pas comme font les optimistes, les hédonistes et les païens qui prêchent le bonheur. Le don est fait moyennant un certain prix ; il est conditionné par une confession. En d’autres termes, le nom de ce prix est vérité, qui peut être appelée aussi réalité ». D’ailleurs, la confession n’était-elle pas le secret de cet étrange personnage de roman policier que fut le Father Brown ?

Catholique romain, Chesterton le devint en 1922, après avoir été tour à tour anglocatholique, spiritiste, agnostique, païen et unitarien. « À douze ans, j’étais un païen, à seize un parfait agnostique », confia-t-il dans Orthodoxie. Son chemin vers la foi catholique fut long et difficile, chaotique même, tant l’homme était épris de justice et de vérité tout autant que méfiant des conventions sociales, notamment en matière religieuse. Ce fut le retour du monde moderne à la vérité catholique d’un homme souhaitant retrouver l’innocence de l’enfance : « Comme tous les autres petits garçons solennels, j’ai essayé d’être en avance sur mon temps. Comme eux, j’ai voulu devancer de quelque dix minutes la vérité et je me suis aperçu que j’étais en retard de dix-huit cents ans. J’ai forcé ma voix en une pénible exagération juvénile pour clamer mes vérités. J’en ai été puni de la manière la plus appropriée et la plus drôle : ayant gardé mes vérités, j’ai découvert non pas qu’elles n’étaient pas des vérités, mais qu’elles n’étaient pas miennes. Je percevais tout à coup le ridicule de m’être cru seul alors que j’étais soutenu par toute la chrétienté ».

(…)

Écrit dans un contexte protestant et scientiste, L’Église catholique et la conversion n’a rien perdu de son intérêt. Les objections contre l’Église sont toujours les mêmes, tant ses opposants manquent finalement d’imagination. Depuis plus de 2 000 ans, ils annoncent à grand renfort de trompette son échec et sa disparition pour demain. Elle est toujours là, non pas grâce aux catholiques eux-mêmes, mais en raison de ce qu’elle est substantiellement. Les raisons qui mènent à la conversion sont aussi toujours les mêmes, derrière l’écorce des causes secondes. Aujourd’hui comme au temps du Christ, il s’agit d’une rencontre personnelle avec celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie.

Sans entrer dans le secret des âmes, Chesterton explique dans ce livre les trois phases par lesquelles passent la plupart des convertis et il en fait une sorte de bouquet en l’honneur de l’Église. À sa manière, surprenante et truculente, profonde aussi, il rend grâce à Dieu d’être arrivé au port, à ce port auquel le petit enfant qu’il fut aspirait de tout son être et qui l’accueillit enfin à l’âge de 48 ans.

À L’Église catholique et la conversion, qui bénéficia à sa parution d’une préface d’Hilaire Belloc chargé, lui le catholique de naissance, d’indiquer la nécessité d’écouter les convertis, nous avons ajouté deux textes sur des sujets similaires. Dans le premier, Chesterton donne l’exemple de six raisons pour lesquelles il devint catholique, six raisons qui, comme il l’écrit, « se résolvent en une seule, qui est que le catholicisme est la vérité ». Le second constitue notamment une belle défense du pape en réponse à toutes les accusations plus surprenantes les unes que les autres lancées contre la papauté.

Philosophe de la gratitude, réaliste tout en voulant retrouver l’innocence, Gilbert Keith Chesterton a trouvé dans le catholicisme le secret de la vraie Joie. »

Philippe Maxence

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