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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 06:12
Deuxième volet de l'introduction à Utopie des usuriers, un livre de Chesterton inédit en français et qui vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau. L'introduction donne une première idée de cet ouvrage absolument surprenant et le replace dans son contexte historique. Le premier volet a été publié ICI.

COUV CHESTERTON UTOPIE


« La lecture de Chesterton, surtout dans des essais comme celui-ci, ne doit jamais être une occasion de nostalgie. D’ailleurs, on s’en rendra vite compte en découvrant la prose de l’écrivain anglais : le monde d’hier n’était pas forcément fondé sur de meilleures bases que celui d’aujourd’hui. Livre de colère, essai d’hier pour aujourd’hui, Utopie des usuriers implique cependant pour être pleinement saisi que le lecteur ait à l’esprit trois faits historiques dans lesquels il s’inscrit. Le premier de ces faits concerne directement l’Angleterre ; le second l’Irlande et le troisième, le monde dans son ensemble.
Commençons par ce dernier qui habite encore les mémoires contemporaines. Utopie des usuriers paraît alors que l’Europe se déchire dans un premier conflit qui deviendra vite mondial. Certes les articles qui forment la trame de ce petit essai ont été écrits l’année précédant le déclenchement des hostilités. En revanche, les textes qui lui ont été ajoutés évoquent directement ce conflit et l’adversaire de la Grande-Bretagne : la Prusse. À première vue, il ne s’agit pas du meilleur Chesterton. L’homme qui, au début du siècle, avait su s’opposer avec force et talent à la guerre de l’empire britannique contre les Boers semble s’être mué en propagandiste pour sa nation en guerre. On retrouve le même ton dans La Barbarie de Berlin et les Lettres à un vieux Garibaldien, ou encore, dans un ouvrage dont le titre – paradoxal – ne doit pas tromper : Les Crimes de l’Angleterre. Malgré tout, on reste surpris de trouver dans ces « autres essais » des leçons qui dépassent de loin l’œuvre de propagande et la contingence du temps.
À sa manière, Chesterton perçoit bien que la Première Guerre mondiale sonne le glas d’une civilisation ancienne, que la chevalerie qu’il ne cesse d’exalter dans ses livres et ses articles, va disparaître, emportée par l’immense effort de guerre. D’une façon polémique, il en accuse l’Allemagne, « Krupp peut prétendre à juste titre que les immenses et infernales machines de guerre auxquelles son pays doit presque tous ses succès militaires n’auraient pu être construites que dans les conditions de fabrication tout aussi infernales imposées par la civilisation prolétarienne et urbaine », mais derrière elle, il vise la société industrielle qui a détruit les anciennes solidarités humaines et élevé le bénéfice au rang de valeur suprême. Les récentes guerres en Irak nous ont montré, hélas, que rien n’avait fondamentalement changé. Le lecteur aura cependant bien en mémoire quand il lira les essais de Chesterton que ceux-ci furent publiés dans une époque en guerre qui marque aussi la fin d’un monde. Ne serait-ce qu’à titre historique, nous avons pensé que ces lignes chestertonienne méritaient d’être proposées au lecteur d’aujourd’hui. »

Pour commander ce livre, le mieux est de s'adresser directement aux éditions de l'Homme Nouveau, soit en téléphonant au
01 53 68 99 77 (jours ouvrables et horaire de bureau) soit en allant directement sur le site de l'éditeur (paiement sécurisé) : ICI.
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:02
Nous publions ci-dessous un premier extrait de l'introduction à Utopie des usuriers qui vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau.  Le livre venant de sortir, on a tout intérêt à le commander auprès de l’éditeur (tirage limité). Soit directement par téléphone au tel : 01 53 68 99 77 (jours ouvrables et horaire de bureau) ; soit sur le site de l'Homme Nouveau (paiment sécurisé) : ICI.

COUV CHESTERTON UTOPIE« C’est un Chesterton peu familier au public français que va découvrir le lecteur en lisant Utopie des usuriers et les autres essais qui lui ont été ajoutés. Chesterton bénéficie, en effet, dans notre pays d’une image de joyeux écrivain, jongleur des mots, manieurs de paradoxes, capable d’asséner des coups en évitant pourtant toujours qu’ils soient mortels. Que l’on goûte ou non son style, il profite d’emblée d’un instinctif capital de sympathie qui découle certainement d’une corpulence jugée trop imposante pour être vraiment dangereuse.
Lecteur, attention ! Dans ce livre, Chesterton est en colère. D’une colère qui tonne et qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions. On pourrait le rapprocher ici de notre Bernanos qui lui aussi a souvent été révolté devant les lâchetés de son époque et n’a pas hésité à clamer son dégoût, s’en prenant avec un talent immense aux « imbéciles » laminés par chacune de ses phrases. La colère de Chesterton, pour être aussi réelle, ne prend pourtant pas les mêmes chemins. Elle n’a pas éteint son humour ni sa capacité à montrer les contradictions d’une situation apparemment normale. S’il tonne et frappe, sa colère est subtile et sa moquerie permanente. Certes, c’est un homme blessé qui écrit et qui déverse son courroux. Mais on sent chez lui comme un effort à ne pas se laisser enfermer dans ce qui pourrait se transformer en haine.

Face à une société aux mains des puissances de l’argent, l’écrivain encore jeune – ce recueil paraît en 1917 alors que Chesterton est âgé de 43 ans – ne cache pas son écœurement et dissèque quelques aspects d’un système qui peu à peu donne tous les droits à l’argent au détriment des anciennes valeurs morales. À son habitude, il ne suit pas une démonstration rigoureuse, mais pourfend les fauteurs de scandales, les puissants du moment. L’homme est en colère, nous l’avons dit, mais cela ne l’empêche pas au détour d’une phrase, au coin d’un bon mot, d’inviter son lecteur à contempler une vérité profonde qui traverse le temps.

C’est justement en raison de l’universalité de certains de ses propos que nous devons aller à sa rencontre aujourd’hui. Il ne s’agit pas en effet simplement de nous replonger dans une époque révolue et qui, pour une grande part, ne nous concerne qu’indirectement. La lecture de ce petit livre doit nous offrir au contraire l’occasion d’ouvrir les yeux sur notre propre monde et de trouver les ressources nécessaires pour ne pas nous endormir devant un système qui décortique les âmes comme on effeuille une pâquerette et détruit les relations humaines et la vie en société au profit de l’individu-consommateur, sorte de monade perdue dans les étendues du grand marché.
»

À suivre…


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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 19:14

 


Faut-il revenir sur le roman de Chesterton, L’Auberge volante, déjà longuement évoqué sur ce blogue (voir ICI, , LÀ et ). Oui, parce que nous voudrions signaler la conférence du professeur Monica Papazu intitulée « Chesterton, prophète de l’islamisation de l’Europe ». Cette conférence, qui présente essentiellement mais pas seulement, l’Auberge volante, a été prononcée à l’Université d’été du Centre Charlier et de Chrétienté-Solidarité en 2008. Dans le numéro hors série imprimé par la revue Reconquête, du Centre Charlier et de Chrétienté-Solidarité (5€) qui publie le texte de cette conférence, Yves Daoudal, son rédacteur en chef, écrit :

« Aucun d’entre nous n’avait entendu parler de Monica Papazu quand elle vint faire une conférecne à l’université d’été 2008 du Centre Charlier et de Chrétienté-Solidarité. Aucun d’entre nous non plus, me semble-t-il, n’avait entendu parler du roman de Chesterton qui est le sujet de sa conférence. (…) Monica Papazu soulignait de façon aussi précise que profonde ce qu’est exactement l’opposition entre l’islam et le christianisme, telle que l’avait discernée Chesterton, telle que nous essayons de la décrire dans Reconquête au fil de l’actualité. Et comme il s’agit de Chesterton, l’humour est aussi au rendez-vous, avec le grand rire libérateur de l’écrivain britannique, et les armes de combat contre l’islam, pour la libération de l’Angleterre : le lard et le vin ».

On aurait tort de croire que les propos de Monica Papazu ne renvoient qu’à L’Auberge volante. Elle montre au contraire une connaissance très fine de l’œuvre de Chesterton, en établissant des liens avec des ouvrages antérieurs – Orthodoxie, par exemple – ou postérieurs – La Nouvelle Jérusalem, par exemple.

Comme avec Chesterton, ces dernières paroles dans cette conférence sont des mots chargés d’espérance :

« L’imprévisible, le tout à fait nouveau, la résurrection – cela se passe dans l’histoire même et touche l’homme dans sa dimension communautaire, c’est-à-dire les nations. L’Auberge volante porte en elle le message de cette foi et de cette espérance ». Nous sommes là au cœur même de la philosophie chestertonienne.  
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 05:34

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On trouve dans L’Auberge volante une quinzaine de poèmes, chantés ou dits par trois des personnages de récit : Patrick Dalroy, Humphrey Pump et Dorian Wimpole. Cela donne un rythme particulier à l’histoire, ou plus exactement, le rythme de l’histoire s’en trouve souvent rompu. En même temps, il y a là une certaine logique. Chesterton entend défendre une certaine culture de vie, qui prend son départ dans l’ambiance chaleureuse du pub mais qui ne se limite pas à la boisson. Le chant en est une autre composante, un reflet d’une société qui trouve sa richesse dans le bien-vivre, plutôt que dans le mieux-vivre.

C’est au chapitre IV (L’Auberge s’envole) que l’on trouve le premier chant :

« La Tête de Maure, en haut du ravin,

Nous n’y boirons plus jamais not’vin,

Car de vieux chameaux ont précipité

La Tête de Maure au salon de thé ».

En l’occurrence, cette tête de Maure est le nom d’une auberge.

Au chapitre V (L’étonnement du régisseur), c’est le vieux Noé qui est célébré et qui espère que l’eau ne tombera pas dans son vin.

On pourrait continuer ainsi à détailler les poèmes que l’on retrouve quasiment dans chaque chapitre. L’épicier, par exemple, symbole de l’ordre marchand, en prend pour son grade, au chpaitre VI (Le trou dans le ciel). Au chapitre suivant, (La société des âmes simples), l’Irlandais Dalroy chante avec nostalgie ses origines : « Je viens de Castlepatrick » alors qu’au chapitre XV (Les chansons de l’Automobile Club), c’est la mort d’un millionnaire qui est clamée.

Ces poèmes, publiés à l'origine dans The New Witness, le journal de Cecil Chesterton, seront rassemblés dans un recueil au titre éloquent : Wine, Water and song, publié chez Methuen à Londres, le 6 août 1915. Il contient l’ensemble des chants et poèmes de L’Auberge volante ainsi que deux autres poèmes « The Good Rich Man » et « The Song of the Strange Ascetic ».

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 05:08

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The Flying Inn a été traduit et publié la première fois en langue française en 1931 chez Gallimard. Ne possédant pas cette traduction, nous sommes dans l’impossibilité d’indiquer le nom du traducteur [si un lecteur mieux renseigné pouvait corriger ce manque d’information, il sera le bienvenu]. L’ouvrage, dans cette version, contient 315 pages. Il sera réédité le 24 mars 1936, toujours chez Gallimard, avec le même nombre de pages.

Image-3-copie-10.pngUne autre édition francophone est disponible, éditée par l’Age d’Homme. Elle est signée du philosophe Pierre Boutang (photo), disciple de Charles Maurras, fondateur de l’hebdomadaire La Nation Française, auteur de nombreux ouvrages de philosophie à l’accès parfois difficile. Mais Boutang, que l’on réduit facilement à ce dernier aspect, était aussi un amoureux des lettres et un bon connaisseur des lettres anglaises. Stéphane Giocanti, à la fin de sa belle biographie consacrée à T.S. Eliot (T.S. Eliot ou le monde en poussières, JC Lattès) remercie le philosophe « qui me fit découvrir et aimer T.S. Eliot ». Sur celui-ci, on peut aussi se reporter aux Abeilles de Delphes (Éditions des Syrtes) de Boutang qui lui consacre un chapitre. En 1990, le philosophe a donc traduit et préfacé L’Auberge volante, publié par L’Age d’Homme et toujours au catalogue. L’ouvrage comporte 237 pages. On trouvera ci-dessous la table des matières de ce livre :

 

  1. Un sermon sur les auberges
  2. La fin de l’île des Oliviers
  3. L’enseigne du vieux navire
  4. L’auberge s’envole
  5. L’étonnement du régisseur
  6. Le trou dans le ciel
  7. La société des âmes simples
  8. Vox Populi, vox Dei
  9. La grande critique et M. Hibbs [sans titre dans l’édition de l’Age d’Homme]
  10. Le caractère de Quoodle
  11. Les salonnards végétariens
  12. Végétarisme dans la forêt
  13. La bataille du tunnel
  14. La partie oubliée de la Création
  15. La chanson de l’automobile Club
  16. Les sept humeurs de Dorian
  17. Le poète au Parlement
  18. La République de Peaceways
  19. L’hospitalité du capitaine
  20. Le Turc et les futuristes
  21. Le chemin de tourne-autour
  22. L’alchimie de mister Crooke
  23. La marche sur Ivywood
  24. Les énigmes de lady Joan
  25. La découverte du surhomme

 

 

 

La préface de Pierre Boutang est une belle réflexion sur le sujet du livre et sur son actualité, notamment au regard de la Révolution iranienne. Voici un extrait de cette préface qui tente de replacer L’Auberge volante dans le contexte de son époque et établit ainsi un pont entre le monde de Chesterton et celui des années 1990 :

« Pour celui qui ignore tout du roman de G.K. Chesterton The Flying Inn, les observations précédentes appellent cette explication : le sujet de cet extraordinaire roman - sans doute le seul roman proprement dit de son auteur - est une secrète invasion de l’Angleterre moderne par l'Islam, une de ses « sectes », ou l'une de ces entreprises, à la fois militaire et médiatique... L'entreprise dirigée contre l'entité nationale et les traditions d'Albion repose sur la complicité, et pour une part essentielle, l'initiative et la folie froide d'un aristocrate terrien et puisant parlementaire, lord Ivywood ; elle échouera, non sans une fantastique bataille sur le domaine d'Ivywood, une émeute populaire et une marche guerrière de forme plus onirique qu'historique, mais essentiellement conforme à la menace et à la conspiration qui font l'objet comme la vraisemblance du roman.

L'agression contre l'entité et la singularité nationales dans l'Angleterre immédiatement antérieure à la Première guerre mondiale – le roman fut écrit en 1914 et publié en 1919 [petite erreur de date de la part de Boutang puisque le livre est édité en 1914] – n'a pas d’autre contenu primitif et apparent que l’interdiction des auberges traditionnelles par les oligarques parlementaires à l'initiative de lord Ivywood. Maigre sujet ? Que non point ! Lisez The Flying Inn, et la signification énorme, proprement pickwickienne, vous apparaîtra vite et la question de l’enseigne des auberges comme signe des libertés anglaises fondamentales prendra toute invraisemblance.

L’Auberge volante, roman fantastique comme les Pickwick Papers, est avant tout un roman de chevalerie; nous n'en avons pas d'autre en notre temps. »

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 06:19
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Lors de sa parution en 1914, en Angleterre, The Flying Inn (L’Auberge volante) est lu par un critique littéraire de renom et un bon connaisseur de Chesterton : Valery Larbaud (voir ICI, , et ). Au titre de la rubrique « Lettres anglaises », il en propose une présentation de plusieurs pages (1072-1076) dans La Nouvelle Revue Française (n° 66, juin 1914), en prenant appui sur l’édition Tauchnitz. D’une manière générale, on sent que Larbaud commence à se lasser de Chesterton, qu’il a pourtant contribué à faire découvrir en France. Toute la première partie de son article consiste à montrer – ce en quoi il semble avoir raison – que les romans de Chesterton n’en sont pas, mais qu’il s’agit de « récits allégoriques ». Toujours selon Larbaud, ces récits reflètent la doctrine de l’auteur et servent d’ailleurs à transmettre celle-ci aux lecteurs. L’allégorie se fait alors apologétique. Et ce n’est pas sans inconvénient de l’avis de Larbaud, pour deux raisons :

1°) « Cette transposition d'une doctrine en récit n'est pas sans inconvénients. D'abord, pour comprendre tout le récit, il faut connaître la doctrine philosophique et politique de l'auteur. L'allégorie n'est pas toujours claire. Le lecteur qui ne connaît rien d'autre de G. K. Chesterton ne verra guère dans The Flying Inn qu'une Alice au Pays des Merveilles pour grandes personnes. » Comme lecteur de Chesterton, nous pouvons confirmer. C’est en relisant les romans de Chesterton, après avoir voyagé dans le monde de ses essais et de ses articles, que l’on comprend mieux ce qu’il veut dire, les allusions, les références, etc. Il faut donc un aller-retour constant dans l’œuvre chestertonienne car les romans illustrent aussi les idées exposées dans les essais ou dans les articles. Notre conclusion sera donc – contrairement à l’avis de Larbaud – de relire les ouvrages de Chesterton car la surprise est toujours là.

2°) Larbaud pointe également un reproche qu’il estime plus grave : « Le démonstrateur, en choisissant, pour ses exemples, certains objets, ne considère habituellement qu'une propriété de ces objets ; en réalité, c'est telle propriété qu'il considère, et du reste de l'objet, il ne parle pas. Un professeur de mathématiques définit la sphère. Puis il dit à ses élèves : "Pour vous en faire une idée, regardez ce globe terrestre". Or le globe terrestre est en lui-même bien autre chose qu'une sphère : il est une représentation de la terre, il est coloré, etc. (Le professeur a raison, d'ailleurs : il n'a jamais dit que le globe terrestre était la sphère idéale.) Ainsi il arrive qu'en prenant un peu au hasard ses exemples, G. K. Chesterton manque son but. » La critique n’est pas fausse, même si elle est un peu étrange. En effet, un roman n’épuise pas un sujet et il n’est pas là pour présenter la totalité d’un fait, d’un personnage, d’une idée, d’une réalité. La rigueur que l’on attend d’un essai et d’une démonstration, on ne la cherche pas d’un roman. Et Chesterton le sait très bien en utilisant le genre romanesque. La critique de Larbaud est donc paradoxale, même si elle n’est pas totalement infondée. Elle reproche à Chesterton, d’une part, de ne pas remplir les canons du roman et de transmettre une doctrine. Et, d’autre part, elle lui reproche de ne pas aller jusqu’au bout d’une démonstration.

Cependant, Larbaud, comme témoin, confirme bien une chose que nous avancions sans connaître la confirmation que son article nous apporterait. The Flying Inn ne peut se comprendre sans avoir en toile de fond l’Affaire Marconi : « Mais la doctrine chestertonienne s’est un peu modifiée depuis Orthodoxie. Le développement de la politique parlementaire en Angleterre, le rôle joué par la diplomatie européenne dans les guerres d'Orient, enfin et surtout la courageuse campagne entreprise par Cecil Chesterton et les gens du New Witness, au moment de l’affaire Marconi, tout cela n'a pas été sans influencer G. K. Chesterton. "Le Christianisme et la Révolution sont de plus en plus proches alliés", dit-il dans L’Auberge Volante. Et en effet, ce que nous trouvons dans ce livre, les vrais personnages de ce livre, c'est la Croix et le drapeau rouge alliés contre le Croissant. Christianisme, syndicalisme révolutionnaire, avec un peu de mort-aux-métèques et beaucoup d'antisémitisme importé de France, voilà les éléments irréductibles de ce livre, qui sont aussi les principes directeurs du New Witness et de sa politique ». [Ce dernier point est discutable et montre une vision très auto-centrée, très française. Nous en reparlerons].

Le « témoin » Larbaud nous apprend aussi quelque chose de la réaction des lecteurs de Chesterton, et notamment des lecteurs qui auraient dû lui être favorables : « Il y a en ce moment toute une correspondance, dans le New Witness, provoquée par L’Auberge Volante : des gens nient avec indignation que Peuple = Cabaret. En langage chestertonien cabaret signifie exactement plaisir, superflu, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus nécessaire — pour le peuple. Mais pour un certain nombre de gens, et pour beaucoup de femmes d'ouvriers sans doute, cabaret signifie ruine, maladie, perdition — pour le peuple. Il est vrai que l’auteur a pris soin de s'expliquer là-dessus (p. 235 et ailleurs) : c'est à l'ancien cabaret anglais qu'il a pensé, et non à l'assommoir moderne. N'empêche que l'exemple choisi prêtait à équivoque. »

On reviendra aussi sur ce sujet, plus complexe qu’il n’y paraît et qui touche la vie personnelle de l’auteur. Concluons en attendant sur les dernières  lignes de Valery Larbaud, qui après avoir dit son agacement, termine par une note positive : « Mais enfin c'est G. K. Chesterton. Il y a la vieille vigueur de l'auteur d’Hérétiques, et le style. Et quelquefois même des choses comme ceci : "Lady Ivywood ressemblait à tous les parents des intellectuels. Il y a quelque chose de plus triste à voir que la figure d'un enfant abandonné ; c'est la figure d'une mère abandonnée." »
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 05:59

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En 1914, G.K. Chesterton publie un nouveau roman, The Flying inn (L’Auberge volante), dont l’action se situe en Angleterre et qui oppose une résistance  à l’envahisseur islamique qui occupe l’Angleterre. Cette résistance prend la forme de la défense des auberges et de la vie sociale autour des pubs  contre le puritanisme moderno-islamique.

Il s’agit de l’un des ouvrages préférés de l’auteur, qui a donné beaucoup de lui-même dans ce roman fantastique. Chesterton a commencé l’écriture de cet ouvrage après le procès intenté à son frère Cecil dans le cadre du scandale Marconi, ce qui explique également nombre de saillies contre le monde capitaliste, les politiciens corrompus, les journalistes vendus, les hygiénistes, etc. Chesterton, fidèle à sa vision politique fondamentale, entend montrer que le citoyen ordinaire, l’homme commun, peut être le véritable défenseur des libertés fondamentales.

Faut-il résumer le livre ? Ce n’est jamais aisé avec les romans de Chesterton. Dans The Flying inn, le jeune héros, Patrick Dalroy rentre en Angleterre après une campagne contre les Turcs. Il découvre que dans son Comté, l’autorité politique, sous influence islamique, interdit désormais l’ouverture des auberges et la consommation de boissons alcoolisées. La suite ? L’entrée en résistance en mettant au point un système d’auberge mobile, la défense, bien sûr, de la dive bouteille, mais au-delà, de la chaleur de ce lieu social qu’est un pub, une auberge, où se retrouvent des hommes ordinaires pour discuter des choses ordinaires mais essentielles concernant la vie des hommes.

The Flying inn est le cinquième roman de Chesterton et il paraît chez Methuen le 22 janvier 1914 et il est dédié à Hugh Rivière. Celui-ci avait hébergé l’écrivain lors d’une hospitalisation de sa femme Frances et il était l’auteur d’un portrait à l’huile de Chesterton.

Ce roman est composé de 25 chapitres et a la particularité de contenir quinze poèmes ou chansons, parus précédemment (mais dans un ordre différent) dans le New Witness et recueillis ensuite dans deux recueils, là aussi dans un ordre différent.

 

 

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Une lecture rapide et contemporaine du roman ferait croire à une mise en garde contre le seul péril musulman. Cet aspect est bien présent dans le roman comme l’est par ailleurs la dénonciation de la prohibition (à l’automne 1914, l’heure d’ouverture des pubs sera diminuée en Angleterre par une loi). Mais la cible principale de Chesterton, c’est encore une fois l’aristocratie anglaise pervertie et qui est personnifiée ici par Lord Ivywood. Chesterton, de manière vraiment facile, en a fait le représentant de l'ensemble des maux dont souffre la société anglaise de son temps : le grand gouvernement, les grandes entreprises, la modernité dans l’art, la philosophie et dans la conception de l’amour (à laquelle l’auteur oppose l’amour courtois car The Flying inn est une nouvelle fois un roman d’amour), mais aussi le chantre de l’abandon de la religion chrétienne au profit d’une religion orientale.


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Pour comprendre ce roman, il faut bien avoir à l'esprit que Chesterton fut marqué à vie par le scandale Marconi et par les conséquences qu'il eut dans la vie de son frère Cecil Chesterton (portrait), alors directeur de The New Witness, journal qui mena une forte polémique contre les membres du gouvernement mis en cause dans le cadre du scandale.

Gilbert avait une profonde vénération pour son cadet et fut scandalisé par la condamnation qui le toucha à la suite de l’affaire Marconi. Il y eut pour lui un avant et un après Marconi, au même titre que d’autres connurent une avant et une après guerre (nous reviendrons bientôt sur Chesterton et l’Affaire Marconi). Pour la petite histoire, Cecil précéda son frère dans la conversion au catholicisme et sorte de Patrick Dalroy il fut un des membres de l’Anti-Puritan League fondée en 1890 [association à laquelle appartint aussi Gilbert, lequel composera La Ballade d’un anti-puritain (1915)].

 

 

À suivre…

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 05:55
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Nous avons évoqué hier (ici) la parution, sous forme de brochure, dans un tirage limité à 550 exemplaires, d'une édition anglaise mais en langue française, de La Barbarie de Berlin de Chesterton. Grâce à Aidan Mackey, chestertonien universellement connu, nous avons la chance d'en posséder un exemplaire (photo ci-dessus). Nous reproduisons ci-dessous le texte de la première page de ce livre de Chesterton :

 

« À moins que nous ne soyons tous des fous, il y a, derrière l'affaire la plus ahurissante, une histoire raisonnable; et si nous sommes tous des fous, la folie dans ce cas n'existe nulle part. Si je mets le feu à une maison, j'éclaire les faiblesses de mes voisins aussi bien que les miennes. Il se peut par exemple que le maître de la maison ait péri dans le feu parce qu'il était ivre ; il se peut que la maîtresse de la maison ait été brûlée parce qu'elle était avare, ou qu'elle sort morte en marchandant les frais d'un appareil de sauvetage. Toujours est-il qu'ils ont vraiment péri, parce que j'ai mis le feu à la maison. Voilà le fond de l'affaire. Les simples faits de l'histoire de la conflagration européenne actuelle sont tout aussi faciles à raconter.

 

Avant de passer à l'examen des causes profondes qui font de cette guerre la plus sincère de toutes les guerres de l'histoire humaine, il est aussi facile de répondre à la question : – comment est-il arrivé que l'Angleterre y soit mêlée, – qu'à ceux qui demandent pourquoi un homme est tombé dans un puits, ou  pourquoi il a manqué à un rendez-vous. Les simples faits ne sont pas la vérité tout entière. Mais les faits sont les faits, et dans ce cas ils sont peu nombreux et très simples. La Prusse, la France, et l'Angleterre avaient toutes promis de ne pas envahir la Belgique. La Prusse nous proposa de lui permettre d'envahir la Belgique, parce que c'était là le chemin le plus sûr pour envahir la France. Mais la Prusse promit que si elle pénétrait de force en Belgique, en manquant à sa parole et à la nôtre, elle se contenterait de pénétrer, mais ne pillerait point. En d'autres termes, en même temps qu'elle nous offrait un gage de bonne foi pour l'avenir, elle nous proposait une violation de la foi jurée pour le présent. Ceux qui s'intéressent aux origines des choses humaines, peuvent se rapporter à ce vieil écrivain anglais de l'époque de la reine Victoria, qui composa le dernier et le plus sobre de ses essais historiques sur Frédéric le Grand, fondateur de cette politique invariable de la Prusse. Après avoir dit comment Frédéric faillit à l'obligation qu'il avait signée au profit de Marie-Thérèse, il décrit ensuite comment le roi de Prusse essaya de tout réparer au moyen d'une promesse qui n'était, qu'une insulte. “Si elle (Marie-Thérèse) consentait à, lui céder la Silésie,” dit-il, “il la protégerait contre toute autre puissance qui essaierait de lui enlever quelque autre de ses possessions" »



Etes-vous adhérent à l’Association des Amis de Chesterton ? Si ce n’est pas encore le cas, rejoignez nous vite ! Entreprendre cette aventure, c’est permettre que l’œuvre de Chesterton soit mieux connue en France ; c’est recevoir un bulletin trimestriel et un Cahier annuel, composés d’inédits de l’écrivain et d’études diverses ; c’est participer à l’édition d’inédits de Chesterton en langue française ; c’est enfin profiter de facilités pour se procurer des ouvrages de Chesterton. N’hésitez plus ! Pour plus d’informations, une adresse électronique (amis.de.chesterton@free.fr) et un numéro de téléphone (01 53 68 99 72).
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 07:00

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Après avoir présenté la parution anglaise de La Barbarie de Berlin (ICI), un mot sur l’édition française. Le livre paraît en 1915 aux éditions de La Nouvelle Revue française, dans une traduction d’Isabelle Rivière. C’est un petit volume de 148 pages.
Avec le texte de La Barbarie de Berlin, l’éditeur français a proposé un essai plus court, Lettres à un vieux garibaldien qui débute par une citation de Swinburne : « Italie, par deux fois tu as fait entendre ta voix ; et l’époque est avide de l’entendre une troisième fois ».

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Lettres à un vieux garibaldien a été publié en janvier 1915, à Londres, par Methuen & Co. 1915, c’est l’année de l’entrée en guerre de l’Italie qui devient l’allié de l’Angleterre et de la France. Les « lettres » de Chesterton, on s’en doute, vise à convaincre les Italiens d’entrer dans la guerre. Il s’agit d’articles parus initialement dans le Daily news.


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L’équivalent du volume français – c’est-à-dire un livre regroupant La Barbarie de Berlin et les Lettres à vieux garibaldien – paraît en 1915 en Angleterre sous le titre The Appetite of tyranny, qui est en fait le titre du troisième chapitre de La Barbarie de Berlin.


Pour la petite histoire, deux petits faits concernant La Barbarie de Berlin.

1°) il existe une autre version française de La Barbarie de Berlin (seule, sans les Lettres) qui a été publiée à Londres même et imprimé par Eyre and Spottiswoode, Ltd. Cette brochure a été tirée à 550 exemplaires seulement. Il n’y a pas d’indication du traducteur ni de date. Il reste des anglicismes, dans les noms propres par exemple : Gorki devenant ainsi Gorky ou Dostoïevski devenant Dostoieffsky.

2°) La Barbarie de Berlin et Lettres à un vieux garibaldien ont été réédité, sous la marque Gallimard, en 1944, au Canada, sous l’égide des Éditions Variétés. Il s’agissait à ce moment-là de lutter contre l’Allemagne nazie. Selon L’Histoire de l’édition littéraire au Québec au XXe siècle, sous la direction de Jacques Michon (éditions Fides), « De 1941 à 1949, la maison fait paraître plus de mille titres dont la grande majorité sont des reproductions de livres européens. Claude Hurtubise qualifiera plus tard cette société de véritable “entreprise de photocopies”. Si la remarque est exagérée puisque Variétés lance aussi une centaine de nouveautés canadiennes, il n’en demeure pas moins que la maison se consacre essentiellement, aux dires mêmes de la direction, à la diffusion du livre français. Dans sa période la plus faste, de 1943 à 1946, Variétés sort plus de deux titres par semaine et faire imprimer plus d’un million d’exemplaires par année ». Toujours selon les mêmes auteurs, « Variétés réédite ainsi les œuvres des meilleurs auteurs de la NRF » – c’est le cas du Chesterton. « Conformément à la réglementation canadienne, explique-t-il, ces ouvrages sont des copies exactes des éditions parisiennes, la raison sociale de Variétés ne figurant sur la quatrième de couverture qu’à titre de distributeur ».

 

 

 


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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 17:31

En 1914, Chesterton publie chez Cassel and Company, The Barbarism of Berlin, qui est l'une de ses participations à l’effort de guerre. Le livre est composé de quatre chapitres et contient approximativement 13211 mots et 95 pages. Il est publié en novembre 1914 alors que la guerre a débuté en août. L’ouvrage a connu auparavant une publication dans le Daily Mail en octobre et en novembre de la même année.
Il faut considérer que 1914 marque un vrai tournant dans la vie de Chesterton. Non pas d’abord comme écrivain, certains n’hésitant pas à dire que le « créateur » disparaît alors pour laisser place au seul publiciste. C’est un peu rapide comme jugement, qui veut surtout voir dans le catholicisme de Chesterton une diminution de son pouvoir créateur. Mais c’était, nous l’avons signalé, le jugement d’un Valery Larbaud.
Chesterton subit en fait les contre-coups des accusations contre son frère Cecil et le déclenchement de la Première Guerre mondiale entraîne un autre choc psychologique. Ces ondes psychologiques étaient d’autant plus marquantes que l’homme Chesterton n’était vraiment pas en forme. Outre le procès de Cecil, Chesterton avait rompu avec le Daily News et avait dû écrire pour un journal socialiste dont il ne partageait pas les opinions. L’achat de Top Meadow à Beaconsfield l’avait éloigné de ses amis de Londres. La veille de la pendaison de crémaillère, Chesterton de retour à la maison de nuit trébucha et se cassa le bras. De fait il avait un peu trop bu.
Son goût pour la boisson et son embonpoint inquiétaient sa femme. Le terrain était mauvais. À la fin de 1913, Chesterton attrapa une congestion du larynx que l’on prit pour une bronchite chronique. Il était en fait de plus en plus faible et refusait surtout de se soigner par… peur de la maladie. Des vacances en septembre 1914 n’arrangèrent rien. Le 25 novembre de la même année, dans une lettre au Père O’Connor, Frances Chesterton demande des prières pour son mari qui est au plus mal. De fait, Chesterton s’était effondré physiquement et psychiquement. Il était alors dans un état de semi-coma qui dura jusqu’à Pâques 1915. Mais à Noël 1914, le coma fut quasi complet. Or trois ans auparavant, soit vers 1911, Chesterton avait confié au father O’Connor la possibilité de son entrée dans l’Église catholique. Face à ce mourant fallait-il maintenant faire venir un prêtre catholique ?

C’est dans ce contexte d’écroulement généralisé que parurent les livres de guerre : The Barbarism of Berlin ; Letters to an old Garibaldian (janvier 1915) ; The so-called Belgian Bargain ; The Appetite of Tyranny (1915), The crimes of England (1915).

Au fond dans ces livres, Chesterton développe une thèse principale : il accuse l’Angleterre d’avoir un temps cédé au mirage prussien et l’encourage à punir l’Allemagne accusée de tous les maux possibles.

La Barbarie de Berlin contient donc une introduction et quatre chapitres :

 

Introduction : The facts of the case

1. The War on the World

2. The refusal of reciprocity

3. The Appetite of tyranny

4. The escape of Folly

 

« Définir le vrai sauvage, écrit Chesterton, c’est dire qu’il rit quand il vous frappe, et qu’il hurle quand vous le frappez. Cette extraordinaire inégalité de jugement se retrouve dans tous les actes et dans toutes les paroles qui viennent de Berlin ». En quelques mots, on pourrait dire qu’il s’agit de la thèse du livre.
Ailleurs, il écrit : « Il est essentiel qu’on saisisse bien cette dangereuse particularité du Prussien, qui représente le Barbare positif. Il a découvert, pense-t-il, une idée nouvelle, et il veut l’appliquer à tout le monde. En fait, ce n’est autre chose qu’une fausse généralisation, mais qu’il s’efforce réellement de rendre générale. »
Pour Chesterton, la guerre qui vient d’éclater pose donc la question de la civilisation. D’un côté, l’Angleterre et ses alliés la défendent ; de l’autre, l’Allemagne et ses alliés la mettent en péril. Il l’écrit d’ailleurs à la fin de son introduction. La vraie raison de cette guerre et « du mal européen moderne », c’est « la découverte de la source d’où le poison s’est répandu sur toutes les nations du monde ». La révolution française ? Absolument pas ! La philosophie allemande, certainement : « Ils nous disent, écrit en conclusion Chesterton, qu’ils perçent des fénêtres pour la lumière et des portes pour le progrès. La vérité, c’est qu’ils sont en train de démolir la maison entière de l’entendement humain, afin de pouvoir s’enfuir dans toutes les directions. Il y a un sinistre parallèle entre la position de leurs philosophes surfaits et celle de leurs soldats comparativement dépréciés. Car ce que leurs professeurs appellent les routes du progrès sont en réalité les routes de la fuite ». En France, cette position est exactement celle de l'Action Française. 

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