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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 19:05

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La célèbre collection Bouquins vient de publier deux volumes Graham Greene dont le premier rassemble six romans majeurs de l’écrivain et le second des récits inédits et des essais de souvenirs.

Ce travail a été réalisé de main de maître par François Gallix et Isabelle D. Philippe. François Gallix est certainement aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs français de Greene, sinon le meilleur. Et c’est lui, notamment, qui a retrouvé un roman inachevé et inédit de l’auteur de La Puissance et la Gloire, publié ici le titre de La Chaise vide.

Je n’ai pas eu le temps de lire intégralement ces deux tomes (1248 et 1024 pages). Personnellement, je suis resté sous le coup de ma première lecture de La Puissance et la Gloire, livre dans lequel Greene met en scène un personnage de prêtre alcoolique, obligé en quelque sort par la persécution à accomplir ses devoirs de prêtre. Mais je voulais signaler ici deux passages que j’ai repéré concernant Chesterton.

 

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Dans sa préface au volume La Chaise vide et autres récits inédits, François Gallix écrit :

« Comme G.K. Chesterton – qu’il était fier d’avoir rencontré dans son enfance dans le Strand pour lui extorquer un autographe –, Greene écrivait sur n’importe quel support à sa portée ».

 

Cet épisode est raconté par l’écrivain lui-même dans Une sorte de vie, à la page 602 de cette édition :

 

« Une seule autre fois, il m’arriva de quémander un autographe : le jour où, casquette d’écolier sur la tête, je galopais derrière G.K. Chesterton, cependant que, tel un lourd galion de Lépante, il fendait l’étendue de Shaftesbury Avenue ».

 

En cette seule petite phrase, on reconnaît la patte d’un véritable écrivain capable de rendre en peu de mots l’impression physique d’un Chesterton croisé dans une rue. Le « galion de Lépante » semble faire allusion à la fois à l’aspect massif de l’écrivain, mais aussi au catholicisme chevaleresque et de combat de Chesterton, différent sans aucun doute de celui de Greene. Mais l’image va plus encore puisqu’elle renvoie à l’un des plus célèbres poèmes de Chesterton, Lepanto.

 

La poèsie de GKC, Graham Greene la connaissait visiblement puisqu’il en fait mention toujours dans Une sorte de vie (page 632) :

 

« C’est aussi à cette époque que grandit en moi l’amour du paysage autour de Berkhamsted, qui ne m’a plusquitté, au point que la ballade politique, assez médiocre de Chesterton, Sur la première pluie, m’émeut encore quasi poétiquement avec son vers clef : “L’orage monte et gronde sur les monts Chiltern” ». 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 07:40

Sur son blog, Thierry Guinhut met en ligne l’article qu’il a écrit sur le William Blake de Chesterton pour  Le Matricule des anges de ce mois de mai. On hésite à commenter ce très bel article tant il se suffit à lui-même, à la fois bien écrit et montrant une réelle connaissance du métier de critique. Je voudrais juste en signaler deux extraits avant de vous inviter à aller le lire soit en achetant le numéro de mai du Matricule des anges, soit en vous rendant sur le site de Thierry Guinhut.

 

 

« L’on admirera le sens de la formule de Chesterton pour qualifier la poésie de celui qui était « bloc de convictions volcaniques » : « Son verbe diluvien l’assourdissait. » Parmi de longs textes, parfois « décousus », il trouve une phrase « cosmique et synthétique ». Il se fait à la fois critique d’art et littéraire, débat de la question de la folie de ce « grand mystique », dont les plus mauvais poèmes sont ceux d’un « spirite », dresse des portraits édifiants de ses mécènes, de l’ange à l’escroc, brosse un tableau des courants intellectuels et politiques du XVIII° siècle qui est celui de « l’affranchissement de la raison vis-à-vis de l’église », dans lequel se dresse la figure spirituelle et solitaire de son héros. »

 

 

 

« La prose puissamment cultivée, succulente et précise de Chesterton fait merveille. Ce « journaliste d’idée », poète et essayiste, nouvelliste, polygraphe infatigable qui se convertit au catholicisme, n’en conserve pas moins des traits du rationalisme de son temps, tout en figurant à travers son modèle ses angoisses et convictions. Entre ses biographies de Dickens, Browning et Stevenson, celle-ci est certainement la plus époustouflante. Certes, il ne s’agit pas là d’un strict inédit, puisque Néo (les Nouvelles Editions Oswald au catalogue jadis impressionnant) publia ce texte en 1982. Reste que la maquette blanche, si chic, ornée de « L’Ange Michel ligotant Satan », et une nouvelle traduction, peut-être plus élégante, rendent cette curiosité biographique et fantastique, tout simplement météorique.

 

 

Signalons encore que Thierry Guinhut consacre un autre article à Chesterton, toujours sur son site. Il présente les autres petits volumes publiés par Le Promeur et élève Chesterton au rang de « Prince de la nouvelle policière ». Extrait : 

 

« Trop méconnu, l’anglais Chesterton (1874-1936) est un spécialiste de la littérature policière. Les amateurs ne doivent pas méconnaître celui qui apparait exclusivement dans des nouvelles, aux nombre impressionnant de cinquante-deux, le fameux Père Brown, enquêteur rondouillard, un peu rustique et néanmoins d’une sagacité à toute épreuve, qui peut concurrencer sans démériter le célèbre Sherlock Holmes. Ce curé fait évidemment preuve de sagesse, non sans un certain humour bien anglais. Le romancier prolixe, aussi à l’aise dans le fantastique que dans les exploits de détectives,  l’essayiste et philosophe chrétien n’a pas fini de nous surprendre ; et pour ce faire, voici un roman et deux recueils totalisant cinq nouvelles inédites en enquêteurs et criminels et victimes surprenants. »

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 18:24


En Angleterre, la nouvelle biographie de Chesterton (voir ICI), signée Ian Ker, a déjà beaucoup fait parler d’elle,  alors qu’elle n’est pas en libraire depuis un mois. Le sujet intéresse, même s’il est souvent vu à travers les lunettes de l’idéologie du moment et si on reproche souvent à Ian Ker la sympathique qu’il ne cache pas pour son héros.

 

 

 

Susan Elkin dans The Independant on Sunday estime que l’auteur qui a déjà beaucoup écrit sur le cardinal Newman est particulièrement bon en ce qui concerne le chemin vers la conversion au catholicisme de Chesterton. Elle souligne également que « cette biographie magistrale » permet de donner à Chesterton sa place légitime parmi les auteurs anglais majeurs.

 

Peter Washington dans The Literary Review estime que si la comparaison avec Newman est légitime elle est exagérée par l’auteur. Il salue néanmoins ce livre et parle de « la lucidité remarquable de l’auteur ».

 

D.J. Taylor dans The Independant est également réservé devant l’abondance du matériel biographique utilisé par l’auteur et dont il estime qu’il n’est pas assez maîtrisé. En revanche, il salue la mise en perspective des idées politiques de Chesterton.

 

Dans The Scotsman, Stuart Kelly ne cache pas son admiration devant la multitude des détails de la vie de Chesterton rapportée par Ian Ker.

 

En revanche,  l’article d’A.N. Wilson dans The Spectator est franchement négatif, certainement en raison d’une prévention mal cachée contre Chesterton qui apparaît dès les premières lignes de l’article en remarquant que cette biographie arrive après le livre de William Oddie et du père Aidan Nichols sur la théologie de Chesterton.

 

John Carey dans The Sunday Times estime que l’auteur a réussi à montrer que Chesterton était un polèmiste talentueux mais n’est pas parvenu à en faire un sage. 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 18:58

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Une nouvelle biographie consacrée à Chesterton vient de paraître en Angleterre sous la signature du Father Ian Ker. Sobrement intitulé : G.K. Chesterton : A Biography, ce livre a été publié le 21 avril dernier chez Oxford University Press. Le même éditeur avait déjà publié en 2008 la très importante étude biographique de William Oddie, Chesterton and the Romance. The making of GKC, qui portait sur les années allant de la naissance de l’écrivain jusqu’à la parution d’Orthodoxie. L’auteur de cette nouvelle biographie salue d’ailleurs ce travail.

Le livre de Ian Ker comprend 688 pages et 15 chapitres :

 

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 Pour l’auteur, Chesterton devrait être vu aujourd’hui comme le successeur des grands auteurs victoriens que sont Carlyle, Arnold, Ruskin et Newman dont le Father Ian Ker est un spécialiste. L’auteur insiste sur Chesterton comme critique littéraire, comme penseur social et politique et comme apologiste du christianisme au XXe siècle. Il a pu bénéficié des archives d’Aidan Mackey et accéder à celles de « The University of Notre Dame », dans l’Indiana, aux Etats-Unis, ainsi qu’à celles de la « John J. Burns Library » de Boston, utilisant ainsi plusieurs correspondances éclairantes soit sur la venue de Chesterton aux États-Unis, soit sur les relations avec Hilaire Belloc ou avec la belle-sœur de G.KC.

Nous reviendrons, bien sûr, plus longuement sur cette biographie qui marque une nouvelle étape dans les études chestertoniennes. 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:36

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La dernière parution d’un ouvrage de G.K. Chesterton n’est vraiment pas cher : 2€, autant dire presque rien. Sous le titre Le Secret du père Brown et autres nouvelles, Le Livre de poche vient de rééditer ce petit livre de 126 pages, déjà paru en 1991. Cette édition comprend quatre nouvelles des fameuses histoires du père Brown :

 

L’homme invisible, extrait de L’Innocence du père Brown (ou dans le titre français le plus courant, La Clairvoyance du père Brown) ;

La ruelle mystérieuse, extrait de La Sagesse du père Brown (nouvelle connue aussi sous le titre L’homme dans le passage plus conforme au titre original anglais The Man in The Passage);

Le livre maudit, extrait de Le Scandale du père Brown;

Le secret du père Brown, extrait du recueil éponyme.

 

Cette édition se remarque aussi par la qualité de la préface du traducteur, Claude Caillate ainsi que par le jeu des notes qui, sans jamais alourdir la lecture, permettent de mieux en saisir la finesse ainsi que la raison de telle image, tel sous-entendu ou tel nom.

Dès la préface, très vivante et très renseignée, Claude Caillate donne au lecteur un clé pour comprendre un sous-entendu de la nouvelle intitulée Le livre maudit. Chesterton y fait mention d’un professeur Openshaw, référence à peine voilée à son vieil ami du temps de Saint Paul School, Lucian Oldershaw dont il faudra bien que nous parlions un jour puisque les deux hommes restèrent liés jusqu’à la mort de GKC.

Parmi les notes, prenons simplement l’exemple de celle qui dans la nouvelle L’homme invisible explique la construction binaire adoptée par l’auteur : « Tout le passage obéit à un rythme binaire qui associe bleu et rouge, vert et or, lumière et passion, enfance et jeunesse. Et si rien ne correspond au gâteau de mariage, c’est bien entendu parce qu’il domine tout le reste, tant par sa position dans la vitrine que par la valeur symbolique qu’il a pour le héros ».

 

Tout cela concourt donc à faire de ce petit volume très accessible une bonne nouvelle dans l’édition des œuvres de Chesterton.

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:42

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Il y aura donc en ce printemps 2011 non pas seulement un bourgeon, mais une véritable fleur sur le tronc en croissance des traductions françaises de Chesterton. On nous annonce ainsi du côté de la rue Sébastien-Bottin l’arrivée prochaine du William Blake de Chesterton. Pour parler comme il se doit de ce livre, il faudrait commencer exactement comme Chesterton lui-même débute ce livre :

 

« William Blake would have been the first to understand that the biography of anybody ought really to begin with the words, « In the beginning God created heaven and earth. »

 

« William Blake aurait été le premier à comprendre qu’une biographie, n’importe quelle biographie, devrait vraiment commencer par les mots : “Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

 

N’étant pas Chesterton, nous ne parlerons pas ainsi de ce Blake et nous nous contenterons pour l’heure d’en dire un peu plus sur cette nouvelle édition.

Annoncée pour le 14 avril prochain, elle prendra place dans la superbe petite collection du « Cabinet des lettrés », publiée par « Le Promeneur » chez Gallimard. C’est un gage, la certitude d’un livre réussi, d’un texte déposé dans un petit écrin associant la simplicité et la qualité. Avec cette collection, nous avons toujours l’assurance d’une belle réussite graphique.

Ce William Blake s’y insère comme le quatrième volume chestertonien après la parution de nouvelles : en 2008, sous le titre de L’Assassin modéré suivi de l’homme au renard, puis en 2009, du Meurtre des piliers blancs et des Arbres d’orgueil, là aussi deux recueils de nouvelles.

C’est donc la première biographie signée Chesterton qui entre dans ce cabinet si particulier.

Mais biographie est-il vraiment le mot ? Paru à l’origine en 1910 alors que son auteur n’a que 36 ans, son William Blake n’est qu’une biographie à la manière de Chesterton. Pratiquement pas de date, un incessant va-et-vient entre différentes périodes de la vie du personnage, des comparaisons parfois surprenantes et, pourtant, une étonnante étude de caractère où la psychologie du sujet ressort avec une alacrité foisonnante, à travers un texte mené tambour battant.

Certes, ce William Blake est le Blake de Chesterton, ou, peut-être plus encore, est-ce Chesterton se reflétant dans la vie et les œuvres de Blake. Un fait moins gênant pour nous aujourd’hui, certainement, que pour les lecteurs de 1910. Eux cherchaient à en savoir davantage ou mieux sur Blake. Avouons-le : nous, nous cherchons surtout à en savoir davantage sur Chesterton, c’est-à-dire à le lire encore plus. Et, là, nous ne serons pas déçus.

En lisant ce Blake, il ne faut pas oublier, en effet, que celui qui écrit est un ancien étudiant de la Slade School of Art. Félix Slade savait-il que l’argent qu’il laissait servirait à fonder en 1871 une école d’art qui porterait son nom et qui abriterait en son sein, de 1892 à 1895, un étrange étudiant appelé à s’illustrer – le terme s’impose ici doublement – comme écrivain ? Peu importe, au fond ! Il est sûr, en revanche, que même s’il n’a pas continué dans ce domaine, le jeune Gilbert Keith a retenu les leçons de ses maîtres et professeurs. Et, pour comprendre le peintre Blake, pénétrer dans la psychologie en la redessinant au besoin à sa guise, il n’y avait pas mieux qu’un auteur au moins un peu avisé de ce qu’est la peinture.

Mais William Blake n’était pas seulement un peintre, c’était aussi un poète. Rassurez-vous : c’est exactement ce que démontre Chesterton, là encore suffisamment poète lui-même pour trouver le chemin qui mène au mystère de Blake.

Terminons par un mot sur cette édition. La traduction est signée Lionel Leforestier qui a déjà assuré celle des précédents livres de Chesterton au « Cabinet des Lettrés ». C’est un gage de sérieux. Et, de fait, cette traduction se lit très facilement et rend bien la tonalité chestertonienne. Comme dans l’édition anglaise d’origine, plusieurs œuvres de Blake sont reproduites dans les 170 pages qui composent ce livre. Son prix devrait être de 16,50€. En tous les cas, ne manquez pas ce petit livre. 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 10:20
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L’article vient seulement de nous parvenir, mais il n’est pas trop tard pour signaler l’excellent papier de Jérôme Anciberro consacré à la conversion des intellectuels au catholicisme et publié dans le numéro du 3 décembre de Témoignage Chrétien. Une partie de cet article évoque le très intéressant livre de Frédéric Gugelot, réédité aujourd’hui par les éditions du CRS et qui s’intitule : La Conversion des intellectuels au catholicisme en France (1885-1935). Mais Jérôme Anciberro consacre une grande partie de son papier à L’Église catholique et la conversion de Chesterton. Voici notamment ce qu’il en dit :

« Converti sur le tard, à 48 ans, dans un contexte essentiellement protestant, l’écrivain et journaliste anglais manie avec virtuosité le paradoxe, excelle à renverser les formules toutes faites et s’amuse de toute évidence beaucoup alors qu’il traite de choses très sérieuses. C’est là sa force et son talent. L’Église catholique et la conversion, publié en 1926, est un petit livre tonique qui passe en revue les raisons ayant mené notre auteur à passer le seuil de l’Église romaine et, en passant, démonte les fausses raisons qui auraient pu le faire reculer. Retenons, parmi d’autres, cette formule choc: “L’Église catholique est la seule réalité qui épargne à un homme la servitude dégradante d’être un enfant de son siècle.”

Simple posture réactionnaire ? Faut-il être catholique pour oublier que l’on vit là où l’on vit? Pas du tout. Chesterton, après avoir fait lever le sourcil de son lecteur, lui explique qu’il s’agit simplement de prendre du recul par rapport aux modes du temps, y compris spirituelles, et que le catholicisme, fort d’une expérience bimillénaire, est particulièrement indiqué pour cela ».

Un excellent article qui mérite d’être lu intégralement en demandant le numéro à Témoignage Chrétien.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 17:16

Après La Croix, la revue Il est Vivant de la communauté catholique de l'Emmanuel vient de présenter à ses lecteurs L'Église catholique et la conversion de Chesterton, publié par les éditions de L'Homme Nouveau.

Pour Il est Vivant :

 « Le célèbre écrivain anglais converti en 1922 signe là un essai polémique plein de fougue. L'auteur répond aux critiques contre de fausses images de la papauté, des prêtres et du prosélytisme qui étaient en vigueur à son époque et qui le sont peut-être encore dans les esprits d'aujourd'hui ». 

« Polémique » n'est pas tout à fait le terme qui convient concernant ce livre dans lequel Chesterton décortique surtout le processus de la conversion et ne se contente pas de répondre aux attaques extérieures. On se demande si le recenseur du livre l’a bien lu et notamment les pages dans lesquelles (à partir de la page 69) Chesterton explique les trois phases par lesquelles passent le converti. Selon lui, la première de ces phases a lieu quand une personne pose comme exigence la justice vis-à-vis de l’Église catholique sans en être membre lui-même. La seconde phase est celle où il prend conscience des mensonges sur l’Église et des vérités que le catholicisme diffuse. Enfin, la troisième phase est celle pendant laquelle il résiste à la conversion.

Le vrai sujet de ce livre est donc bien la conversion et l’on s’étonne qu’une revue comme Il est Vivant n’y ait vu qu’un livre d’apologétique. 

 

 

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 14:27

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C’est un magnifique cadeau de Noël que nous a offert l’écrivain et critique littéraire Patrick Kéchichian dans un article publié le 23 décembre dernier dans La Croix. Sous le titre « Chesterton, sur les ailes du catholicisme », l’écrivain présente et analyse L’Église catholique et la conversion de Chesterton, récemment paru aux éditions de L’Homme Nouveau. « Un bref et lumineux essai de l’écrivain anglais démontrant la pertinence de sa conversion » résume la présentation de l’article.

Très justement, Patrick Kéchichian note que « les ouvrages qui traitent de sujets religieux, du moins ceux qui ont directement à voir avec l’expérience de la foi, se lisent avec sérieux, concentration. Généralement, même si l’on est heureux de ce qu’on lit, même si l’on y adhère de toute son âme, on ne sourit pas. Quant à l’idée d’en rire, cela frise l’irrespect, l’inconscience ! Eh bien, avec le grand Chesterton – on voudrait oser dire : l’ami Chesterton – tout devient possible en même temps : on est concentré, convaincu, frappé par l’intelligence et la profondeur du propos, et en même temps on rit de bon cœur ».

Patrick Kéchichian rappelle la récente retraduction d’Hérétiques et d’Orthodoxie, chez Climat/Flammarion et souligne ensuite : « Plus bref et frontal que les deux grands livres cités, cet essai vise à démontrer clairement l’énormité du gain acquis dès que le pas de la conversion est franchi. Si Chesterton s’appuie sur sa propre expérience, il s’en abstrait rapidement, s’en excuse même : que serait la grandeur d’une religion ramenée à sa simple mesure personnelle ? Mais c’est surtout la vigueur et l’ampleur du raisonnement qui enchantent littéralement le lecteur. Rien d’asbstrait. Rien de froid, de compassé ou de distant. Rien de méprisants non plus à l’égard des (supposés) adversaires ».

Lui-même écrivain et converti, Patrick Kéchichian, auteur d’un Petit éloge du catholicisme, voit très bien comment Chesterton, son frère aîné en littérature et, osons le terme, en conversion, perçoit le catholicisme : « La foi catholique est conçue non pas comme un particularisme, mais comme une porte (plusieurs en fait) qui donne accès au monde. Et, d’ailleurs, que serait une religion qui ne serait pas la figure fidèle de ce monde, en même temps que sa rédemption ? Et pour cela, elle se doit d’être un système de pensée – et donc un corps, une Église – où chaque est à sa place. » Magnifique !

À vrai dire, il faudrait citer l’article dans son entier. Le mieux est donc de se le procurer auprès de La Croix. Puis de lire ce petit livre de Chesterton, si bien présenté par Patrick Kéchichian. Lequel note également qu’à la lecture de cet essai « une sorte de bien-être, de bonne humeur s’installe…Avouez que cela n’est pas courant, notamment du côté catholique ».

C’est bien parce que nous en sommes bien persuadés que nous lisons Chesterton et que nous le lirons encore en 2011.

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 18:35

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C’est le conseil en tous les cas de Joël Prieur dans un article de Minute du 24 novembre dernier et sur lequel nous mettons la main. Joël Prieur est un excellent critique littéraire qui s’intéresse aussi bien à la lecture contemporaine qu’à celle d’hier. Il a déjà parlé à plusieurs reprises de Chesterton. Dans ce petit article, il évoque à l’approche de Noël le conte L’Inconvénient d’avoir deux têtes.

 

« Noël approche… Et il est toujours difficile de trouver l’idée cadeau rapidement dégainée et qui ne sera pas de pure forme, mais ajoutera le plaisir aux convenances. Dans ce registre, les éditions Via Romana nous proposent deux ouvrages originaux avec chacun son charme. D’abord un petit conte illustré de Gilbert Keith Chesterton intitulé L’Inconvénient d’avoir deux têtes. Particularité: les illustrations sont de Gilbert Keith en personne, et on les trouve au milieu d’un texte anglais manuscrit, qui doit être lui aussi de la main du dessinateur. Dans une postface érudite, le chestertonien Philippe Maxence énumère les endroits de l’œuvre du romancier anglais dans lesquels il est question de ces « deux têtes » et de leur signification. Contrairement à ce que semblerait prôner le bon sens, il est faux de répéter que « deux têtes valent mieux qu’une »! L’ouvrage est dédié à « Beryl Blanche Delaforce », une petite fille à laquelle le grand écrivain explique qu’il espère que si d’aventure l’offre lui était faite d’avoir un jour deux têtes, elle la déclinerait résolument! Eternelle tentation de la schizophrénie: il vaut mieux la conjurer jeune! »

 

Petite précision : oui, le texte anglais manuscrit est bien de la main de Chesterton. Pour commander ce livre, il suffit de se rendre sur le site des éditions Via Romana. On peut auparavant aller voir ICI pour en savoir plus.

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