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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 06:55

 

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Nous avons déjà évoqué ici le livre de Chesterton, Les Crimes de l’Angleterre (ICI, et ). La traduction française de cet ouvrage, qui date de 1916 vient d’être rééditée par les éditions Archives Karéline.

Il s’agit d’une reprise à l’identique de l’édition de l’époque, publiée par les éditions Georges Crès et Cie, aujourd’hui disparues. Épuisé depuis de longues années, ce livre de Chesterton est donc à nouveau disponible, bien qu’il ne soit pas indiqué sur le site de l’éditeur. En revanche, celui-ci étant diffusé par L’Harmattan, on devrait pouvoir le trouver en librairie ou auprès des libraires Internet. Il est d’ailleurs disponible sur le site du diffuseur au prix de 37,05 € au lieu de 39€ (prix de vente). Les Crimes de l’Angleterre dans cette nouvelle version reprint comprend donc 276 pages comme l’édition Crès.

Le même éditeur annonce d’ailleurs la publication prochaine des Poèmes choisis de Chesterton, un recueil de poèmes choisis, traduits et présentés par Madame E.M. Denis-Graterolle et édité dans la série des Cahiers des poètes catholiques en 1938. L’ouvrage comprenait alors 78 pages. Nous vous tiendrons, bien évidemment, au courant dès la sortie de ce livre.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 07:53

 

Chesterton est entré (indirectement) en Classe préparatoire. Cette année ! Le but d’une classe préparatoire consiste souvent à préparer un concours, voire plusieurs. Vu le profil de l’auteur, on s’attendrait à voir son nom surgir dans le programme des classes préparatoires littéraires. Ce serait déjà un (petit) miracle.

Et bien, le miracle a bien eu lieu, mais pas dans la filière littéraire. Le blog de la PTSI-A du Lycée Gustave Eiffel de Brodeaux recommande la lecture d’un texte de Chesterton consacré aux Macbeth et publié dans Le Sel de la vie, que vient d’éditer dans sa collection Revizor les éditions de l’Age d’Homme (voir ICI).

Un des professeurs de cette classe, à l’esprit curieux visiblement, a noté ce texte et en a mis en ligne plusieurs extraits (ICI, et ). Pour quelle raison ? Il l’explique en introduction du premier extrait :

« Vient de paraître un recueil d'essais de G. K. Chesterton (1874-1936) dans la collection Revizor de L'Âge d'Homme. On y trouve un texte intéressant sur une des œuvres à votre programme. »

Pour nourrir et élargir l’esprit de ses élèves, il n’hésite pas à recourir à Chesterton, ce que l’on ne peut que saluer.

Au fait, si vous êtes aussi ignare que moi, peut-être vous demandez-vous ce que signifie PTSI. Il s’agit visiblement, sauf erreur de ma part, des classes de « Physique, Technologie et Sciences de l'Ingénieur », voie qui prépare aux concours des écoles d’ingénieurs.

Signalons que l’auteur de ces postes, Jean-Philippe Qadri, est agrégé de physique et qu’il est passionné par un autre écrivain anglais, proche sur plus d’un point de Chesterton : J.R.R. Tolkien. Il a notamment participé à un ouvrage collectif Tolkien, trente ans après (1973-2003), publié chez Christian Bourgois éditeur, en 2004. Le thème de son intervention fut : « “…un concours avec nous, mon trésor !” : étude du tournoi d’énigmes entre Bilbo et Gollum ».

Jean-Philippe Qadri aime aussi l’illustration et s’y laisse parfois aller comme le montre cet article (ICI). Il lit aussi parfois ce blogue comme je le découvre en cliquant sur le lien contenu dans le premier extrait des Macbeth. On ne peut que le remercier d'avoir mis en ligne ces extraits du texte de Chesterton, initialement paru dans le John O'London's Weekly. Comme pour ses élèves, c'est une belle invitation à lire ce texte et plus largement le recueil dont il est issu. 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 16:21
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Sous ce titre, les éditions de l’Age d’Homme viennent de publier un nouveau recueil d’articles de Chesterton dans leur nouvelle collection « Revizor ». Ce nouveau livre comporte 230 pages (12€) et se divise en cinq parties :

– la littérature en général ;

– Livres remarquables et écrivains ;

– Pensée et croyance

– Chez nous à l’étranger

– Le sel de la vie.

 

La tonalité générale de l’ouvrage, traduit par Maurice Le Péchoux, est clairement littéraire, mais l’auteur, à son habitude, prend facilement des chemins de traverse. Cet ensemble est précédé d’une sorte d’avant-propos qui est constitué d’un essai de Chesterton sur… l’essai, un article paru dans un volume intitulé Essays of the years 1931-32, publié par The Argonaut Press en 1932.

 

Ce nouveau livre est la traduction d’un recueil constitué après la mort de Chesterton par sa collaboratrice Dorothy E. Collins (The Spice of the Life, 1964, Darwen Finlayson, Beaconsfield).

La provenance de ces différents articles nous permet de saisir la variété des titres auxquels Chesterton a collaboré et de lire notamment des articles publiés dans New Witness (cinq articles) la publication de son frère Cecil Chesterton, ou dans le G.K’s Weekly (quatre articles). Les autres sources sont :

The Speaker (un article) ;

T.P.’s Weekly (un article) ;

John o’London’s Weekly (un article) ;

Daily News (cinq articles) ;

The Listener (deux articles) ;

The Academy (un article) ;

The Torchbearer (un article) ;

The Venture Annual (un article)

The Illustrated London News (un article) ;

New York American (un article) ;

The Odd Volume Annual (un article).

 

Une autre origine des textes présents dans ce volume vient de la contribution de Chesterton à des livres collectifs, dont notamment :

– L’Encyclopedia Britannica (deux articles) ;

– Introduction à une édition illustrée du Roi Lear ;

– Introduction à une édition limitée des Fables d’Esope ;

– Contribution à une édition du centenaire préparé par la Brontë Society ;

– Contribution à An Outline of Christianitu, the Story of our civilisation.

 

L’édition française de ce volume indique pour l’essai sur les Macbeth deux origines. D’une part, l’Encyclopedia Britannica et d’autre part, John o’London’s Weekly. L’édition anglaise de 1964 n’indique quant à elle que le John o’London’s Weekly.

 

Tous les textes publiés dans ce volume ne sont pas inédits en langue française. Ainsi, par exemple, l’essai intitulé dans cette traduction « Comment écrire un roman policier » a été traduit par J.-F. Amsel et publié dans le volume Omnibus des Enquêtes du Père Brown (2008) sous le titre « L’art d’écrire une histoire policière » (pp 1107 à 1113).

 

Sous son aspect hétéroclite, ce livre de Chesterton nous offre des textes riches qui permettent de mieux aborder ce vaste continent qu’est l’œuvre de cet écrivain anglais. Chesterton, qui fut sans aucun doute un grand apologiste du christianisme, fut aussi un grand critique littéraire et il n’est pas risqué de le suivre dans l’exploration de territoires devenus souvent inconnus pour nous, alors qu’ils appartenaient au paysage de l’Anglais cultivé du début du XXe siècle et très souvent même, de tout Européen cultivé. L’impression de nouveauté et de découverte accompagne ainsi notre lecteur et rend paradoxalement Chesterton toujours jeune et séduisant. On en conviendra peut-être en lisant ce passage de l’essai sur l’essai :

« L’essai est la seule forme littéraire qui avoue, dans son nom même, que l’acte irréfléchi connu comme étant l’écriture est véritablement un saut dans l’inconnu. Quand des hommes essaient d’écrire une tragédie, ils n’appellent pas la tragédie un essai. Ceux qui ont peiné tout au long des douze livres d’une épopée, à l’écrire de leur propre main, ont rarement prétendu qu’ils avaient composé une épopée à titre d’expérience. Mais un essai, tant par son nom même que par sa véritable nature, est vraiment une tentative et vraiment une expérience. Un homme n’écrit pas vraiment un essai. Il essaie véritablement d’écrire un essai. Il en résulte que, bien qu’il existe maints essais fameux, il n’y a fort heureusement aucun essai modèle. L’essai parfait n’a jamais été écrit, pour la simple raison que l’essai n’a jamais été vraiment écrit. Les hommes ont tenté d’écrire quelque chose pour découvrir ce que c’était censé être. À cet égard l’essai est un produit typiquement moderne, plein d’avenir et à la louange de l’expérience et de l’aventure. Il reste en soi quelque peu évasif et je dois reconnaître que je suis poursuivi par le vague soupçon que l’essai va probablement devenir plus péremptoire et plus dogmatique, tout simplement à cause des divisions profondes et implacables que peuvent nous imposer les problèmes éthiques et économiques. Mais espérons qu’il y aura toujours place pour l’essai qui en soit vraiment un. Saint Thomas d’Aquin, avec son bon sens habituel, disait que ni la vie active ni la vie contemplative ne sauraient être vécues sans distraction, sous forme de plaisanteries et de jeux. Le drame ou l’épopée pourraient bien être appelés : vie active de la littérature ; le sonnet ou l’ode : vie contemplative. Quant à l’essai, c’en est la plaisanterie. »

 

Le livre est disponible en librairie bien sûr ou directement sur le site de l’éditeur. À ajouter à votre besace chestertonienne de fin d’année avec L’Église et la conversion. C’est le même Chesterton, mais sous deux facettes complémentaires. 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 17:21


 

Voilà un petit moment que ce blogue n’a pas été alimenté. L’actualité chestertonienne revient cependant avec la parution dans Famille Chrétienne d’un portrait d’une page du Père Ian Boyd, fondateur et Président du Chesterton Institute for Faith & Culture. L’article fait mention, en passant, du dernier colloque consacré à Chesterton à Paris, le 14 octobre dernier. Il présente ainsi celui dont il « tire » le portrait :

 

« Prêtre catholique et universitaire canadien, il est depuis 1974 à la tête d’un institut universitaire consacré à cet auteur anglais, et édite tous les ans une revue annuelle (en fait, trois à quatre numéros par an dans sa version anglaise, ndlr), désormais disponible en français (c’est cette version qui est annuelle, ndlr). Figure emblématique de la presse écrite outre-Manche, Chesterton a en effet marqué toute la vie du Père Boyd. (…) Devenu jeune lecteur, Ian Boyd se familiarise toujours davantage avec les écrits chestertoniens. C’est vers cette époque, à l’âge de 15 ans, que l’adolescent pense devenir prêtre. Une vocation largement inspirée par le personnage littéraire du Père Brown qui, à sa manière, « représente l’Église ».

 

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Le dernier numéro de Books, l’actualité par les livres du monde consacre une colonne au « prince des paradoxes » en rapportant les propos de la journaliste argentine Alicia Plante dans le quotidien Pagina 12, à l’occasion de la traduction en espagnol du roman L’Auberge volante. « Gilbert Keith Chesterton fut “l’un des maîtres à penser du XXe siècle”, estime Alicia Plante. “Un véritable poids lourds”, pourrait-on dire, par sa corpulence (140 kilos) autant que par son œuvre, qui compte une centaine de livres. » Books est disponible dans les kiosques.

 

Enfin signalons L’Homme Nouveau qui annonce la parution de L’Église et la conversion de Chesterton. Mais nous en reparlerons, bien sûr. 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 16:49

 

 

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C’est ce qu’affirme Alain de Benoist dans le dernier numéro d’Éléments (N° 137, octobre-décembre 2010) dans une présentation critique de quatre derniers ouvrages de Chesterton édités en langue française : Hérétiques, Orthodoxie, Utopie des usuriers et À bâtons rompus.

 

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Face au théoricien de la Nouvelle Droite, Chesterton apparaît évidemment comme un écrivain léger, qui « reste le plus souvent à la surface des choses ». Alain de Benoist lui reconnaît, en revanche, d’être « truculent, incisif, caustique, plein d’humour et d’énergie ». Néanmoins, la critique revient vite sous sa plume : les livres de Chesterton sont « une série de coups de vent, qui déblaient et font place nette, mais ne fournissent pas nécessairement des matériaux pour reconstruire. Sa critique du capitalisme, par exemple, est elle aussi bien superficielle. »

Tout n’est pas faux dans cette approche, à la fois sympathique et sévère, qui relève des traits justes, mais n’en tire pas forcément des conclusions pertinentes.

La légèreté de Chesterton, son humour, sa manière si particulière de balayer les idées fausses, sont indéniables. Indéniable également l’absence de théorisation de sa critique politique et économique. On peut même admettre que sa critique du capitalisme est « superficielle », mais encore faudrait-il s’astreindre à lire l’ensemble de ses écrits sur le sujet. Or Chesterton était principalement un journaliste dont les recueils d’articles forment plusieurs volumes, ce qui est loin de faciliter la tâche du critique.

À ceux qui, aujourd’hui comme hier – la critique n’est pas nouvelle –, estiment Chesterton peu profond, on citera seulement ce passage de la lettre de Valery Larbaud à Claudel : « Un mot çà et là montre qu’il est allé très loin dans une région qu’on lui croyait inconnue dix secondes auparavant ». Il faut du temps – et de la lecture – pour trouver sous la fantaisie du pudique Chesterton une pensée cohérente et profonde. On pourrait lui reprocher – ce qui rejoint le reproche de manque de théorisation – d’avoir caché ou noyé la cohérence de sa pensée et sa profondeur sous une avalanche de livres et de textes. Ici ou là, pourtant, pour reprendre les termes de Larbaud, des indices permettent de s’y retrouver.

Dans cet article, Alain de Benoist s’interroge également sur la pertinence du rapprochement Chesterton/Péguy (à ce sujet voir ICI). Il estime que c’est une erreur (mais sans dire pourquoi) et voit un rapprochement à opérer du côté de Bernanos et de Béraud. Mais l’un empêche-t-il les autres ? Il y a du Péguy en Chesterton, ne serait-ce qu’en raison de la proximité de leur itinéraire – ce qui ne rapproche pas Chesterton d’un Bernanos, par exemple. Mais il y a un certain Bernanos en Chesterton, dans sa critique de la modernité, de la technique, etc.

Quand Alain de Benoist définit Chesterton comme un « catholique anglais conservateur », le dernier terme fait forcément sursauter. Un peu plus, on verrait GKC, le « radical », en tory, ce qui serait singulièrement faire injure à la réalité historique. Ici le mot « conservateur » mériterait d’être précisé pour être bien compris. 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 10:14

 

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Après moult publications présentées ici, c’est la très sérieuse revue Études, revue des Jésuites, qui a recensé Hérétiques et Orthodoxie de Chesterton, sous la plume d’Adrian Grafe. Celui-ci n’hésite pas à présenter l’œuvre de l’écrivain anglaise comme « l’un des bijoux de la littérature et du catholicisme anglais ». S’il se montre réservé envers Hérétiques, qui lui semble trop dépendre de son époque et des polémiques du moment (ce qui est vrai en partie), Adrian Grafe présente ainsi Orthodoxie dont il résume à merveille le dessein profond :

« Dans Orthodoxie, “livre chaotique” selon l’aveu (désarmant et pas tout à fait vrai) de l’auteur lui-même, Chesterton justifie sa foi en s’appuyant sur l’émerveillement devant le monde dont la meilleure expression est, selon lui, le conte de fées. Là où les déterministes voyaient dans la création une répétition infiniment lassante, Chesterton voyait partout de la nouveauté et de la singularité, empreintes du Dieu créateur. Son émerveillement d’enfant, Chesterton le trouve d’abord chez Dieu : “notre Père est plus jeune que nous” ».

L’article dans son entier est disponible sur le site de la revue.

Signalons, car nous n’en avions pas eu connaissance en son temps (avril dernier), un autre article du même auteur, dans la même revue, consacré à l’édition du Robert Browning de Chesterton.

Bien qu’assez court, l’article nous apprend beaucoup sur les qualités de ce livre : « Cette biographie du “plus grand poète de la joie”, Robert Browning (1812-1889), fut d’abord publiée en 1903. G. K. Chesterton (1874-1936) n’était alors qu’un jeune écrivain peu connu, et l’éditeur, Macmillan, prenait un risque en demandant à un tel auteur de contribuer à sa série “Les hommes de lettres anglaises”. Contre toute attente, le livre rencontra un énorme succès. Cette biographie, ou monographie, comporte une dimension autobiographique, G. K. Chesterton y mettant beaucoup de lui-même ; le biographe, polémiste né, voyait sans doute dans l’immense combativité de R. Browning un reflet de la sienne. Poète lui-même, il analyse de façon passionnante, mais sans entrer dans les détails techniques, les qualités et bizarreries métriques et rythmiques de la poésie de R. Browning. »

 

 

N'oubliez pas de nous dire si vous venez à la Table-Ronde de jeudi prochain à l'Institut Catholique de Paris, de 18h00 à 21h00. Vous nous aiderez…

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 08:40

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Dans son supplément encarté intitulé « Les Essentiels »,  La Vie du 23 au 29 septembre dernier a ouvert ses colonnes à Patrick Kéchichian.

Écrivain et critique littéraire, Patrick Kéchichian est notamment l’auteur d’un Petit éloge du christianisme, particulièrement bien enlevé, profond et atypique, évitant d’entrer dans les catégories trop faciles des chrétiens de droite ou de gauche, ces étiquettes séculières qui n’ont pas grand chose à voir avec la foi.

Patrick Kéchichian, qui avait déjà consacré à Chesterton un magnifique article d’une page dans La Croix, renouvelle l’exercice en le mettant en avant cette fois comme figure spirituelle.

Faut-il préciser que cet article est excellent ? La rencontre Chesterton/Kéchichian ne pouvait être qu’une rencontre de qualité, le dialogue de deux écrivains, et peut-être, de deux âmes. À des années de distances, à des décennies de distance même, ces deux convertis nous conduisent vers l’essentiel.

Dans La Vie, Patrick Kéchichian écrit très justement : « L’œuvre de Chesterton est pleine de ces affirmations qui invitent le lecteur à exercer sa raison, son intelligence, mais sur un mode méditatif. » On ne saurait mieux dire, en si peu de mots. Merci à Patrick Kéchichian, qui n’a pas hésité non plus à citer ce modeste blogue dévoué à notre écrivain. 

Confessons pourtant que notre « veille chestertonienne » a été prise en défaut puisque le même Patrick Kéchichian avait déjà évoqué l'auteur d'Orthodoxie sur le blog de La Procure le… 23 juin dernier. Il était question alors des ouvrages sur le cardinal Newman et Patrick Kéchichian opérait un rapprochement entre les deux célèbres convertis : « En un peu plus d’un siècle l’Angleterre a donné au catholicisme deux de ses génies : John Henry Newman (1801-1890) et Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Si dissemblables soient-ils, ces deux auteurs ont en commun, outre la conversion de l’anglicanisme à la religion romaine, un goût prononcé pour la spéculation intellectuelle. Le premier sera béatifié par Benoît XVI en septembre prochain, lors de la visite historique que le pape effectuera en Angleterre. Du second, on lira avec profit, bonheur et même jubilation, la toute nouvelle traduction, aux éditions Climats, de ces maîtres livres que sont Hérétiques et Orthodoxie, qui datent respectivement de 1905 et de 1908.
Avec le cardinal Newman, nous sommes évidemment dans un autre univers mental. Cependant, il serait injuste de ranger Chesterton dans la catégorie des ironistes ou des faiseurs de paradoxes tandis qu’on relèguerait le maître d’Oxford dans les rigidités de la hiérarchie ecclésiastique. La liberté de ton, le goût de la discussion, la place faite à l’affect et à la personnalité, donnent au contraire à l’œuvre newmanienne une présence et une humanité remarquables ».

Autant de bonnes raisons d'être présent à la Table-Ronde du 14 octobre prochain, de 18h00 à 21h00, à l'Institut Catholique de Paris. Sur le thème de l'« Urgence de la conversion », nous évoquerons Chesterton et Péguy, tout en célébrant aussi le centenaire de Comme le monde ne va pas et en présentant trois nouveautés exceptionnels. Pour nous aider, il suffit d'indiquer votre venue par un mot à amis.de.chesterton@free.fr

Alors, au 14 octobre ?

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:54

Les éditions de l’abbaye du Barroux – éditions Sainte-Madeleine – viennent de publier un livre intitulé 50 livres, les classiques de Dom Gérard. Il s’agit d’un choix d’ouvrages présentés par le fondateur de cette abbaye ou par d’autres plumes, connues ou inconnues.

Le titre est un peu surprenant au regard du choix de certains titres mais nous laisserons les critiques apportaient le jugement des hommes de l’art.

Signalons juste que l’on trouve dans ce choix de « classiques » un livre de Chesterton : son essai sur Saint Thomas d’Aquin, que l’auteur présente sous le titre adopté par les éditions DMM : Saint Thomas du Créateur.

Davantage qu’une présentation du livre, et de son fil directeur, l’auteur a choisi de donne quelques extraits pour, écrit-il « prouver nos dires ». Il propose notamment ce bel extrait sur la Renaissance, un des points importants de l’approche chestertonienne de cette période :

« La Renaissance qui ne fut qu’une résurrection de choses mortes issues d’une tradition morte. Le treizième siècle est une Naissance et non une Renaissance, qui ne copie pas ses temples, sur des tombeaux et ne réveille pas les dieux endormis dans l’Hadès. Cette Naissance crée une architecture aussi neuve que nos constructions modernes ; en fait, elle demeure la seule architecture moderne. Elle fut suivie, lors de la Renaissance, par une architecture antique. En ce sens, la Renaissance mérite le nom de Rechute. » 

 

On pourra se demander pourquoi le Saint Thomas d'Aquin de Chesterton a été préféré comme « classique » à Orthodoxie ou L'Homme éternel ? La réponse se trouve peut-être dans le fait que ce choix est plutôt le fruit de coups de cœur.

 

Par ailleurs, nous remercions ceux qui pourraient nous avertir et de leur venue à la Table-Ronde du 14 octobre et de leur souhait de se procurer ce livre et/ou L’Église catholique et la conversion qui sera également disponible ce soir-là (sans aucun engagement d’achat puisqu’il s’agit juste de prévoir des quantités suffisantes) : amis.de.chesterton@free.fr

 

Rendez-vous donc le jeudi 14 octobre 2010 à la Salle des Actes de l’Institut Catholique de Paris, 21 rue d’Assas, 75006 Paris, de 18h00 à 21h00, pour la deuxième Rencontre Chesterton consacrée à l’urgence de la conversion, à travers les itinéraires croisés de Chesterton et Charles Péguy.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 06:25

Chronic’Art a consacré cet été, sous la signature de Romaric Sangars, un article élogieux à Chesterton sous le titre générique « Le Prince du Paradoxe ».

 

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Dans le début de son article, le journaliste se demande s’il faut relire Chesterton. D’emblée il répond que « Plus actuel que jamais, le “prince du paradoxe” est non seulement un poids lourds de la littérature anglaise, mais un impitoyable boxeur des lieux communs du XXIe siècle. »

Le prétexte à cette évocation particulièrement bien vue est la publication de quatre livres de Chesterton qui sont venus cette année réjouir tous les amateurs de cet écrivain hors norme. Romaric Sangars évoque ainsi tour à tour Orthodoxie et Hérétiques (Climats/Flammarion), Utopie des usuriers (Éditions de l’Homme Nouveau) et À bâtons rompus (Éditions de l’Age d’Homme) que nos lecteurs furent les premiers à découvrir sur ce blogue. Il est impossible de reproduire cet article dans son entier – et pourtant il contient d’excellentes vues. Aussi devons-nous nous contenter de sa conclusion :

« si ce prince du paradoxe, dans sa perpétuelle jubilation, nous est d’un grand secours, aujourd’hui peut-être plus encore qu’hier, c’est que face à la déshumanisation de nos sociétés, il nous aide à redevenir divinement humains ».

C’est bien parce que nous en sommes convaincus que nous vous donnons rendez-vous le jeudi 14 octobre prochain à la Salle des Actes de l’Institut Catholique de Paris, 21 rue d’Assas, 75006 Paris, de 18h00 à 21h00, pour la deuxième Rencontre Chesterton consacrée à l’urgence de la conversion, à travers les itinéraires croisés de Chesterton et Charles Péguy.

Cette soirée exceptionnelle organisée en partenariat entre l’Association des Amis de Chesterton et The Chesterton Institute sera aussi l’occasion du lancement de la première revue en français consacrée à G.K. Chesterton, avec la publication d’études inédites sur Chesterton et de textes inédits de Chesterton.

Deux livres seront également présentés en avant-première à cette occasion (tirage limité) : L’Église catholique et la conversion de Chesterton et L’Inconvénient d’avoir deux têtes, un conte écrit et illustré par Chesterton (avec la reproduction des dessins et du texte écrit de la main de Chesterton). Un événement et un véritable objet de collection pour les amoureux français de Chesterton.

L’an dernier nous avions dû refuser du monde. Même si cette fois-ci nous avons pris nos précautions, il convient de nous indiquer que vous souhaitez assister à ce colloque en envoyant votre pré-inscription (sans engagement de votre part) à amis.de.chesterton@free.fr

Prévenez vos amis et vos connaissances. Nous devons être encore plus nombreux que l'an dernier.  

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 12:45

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Le monde du football n’a décidément pas fini de nous étonner. Au hasard des recherches, voilà que nous sommes tombés sur ce texte de Franck Ribéry, lequel se pique de littérature, et qui ma foi, apporte ici un jugement plutôt intéressant sur le Father Brown de G.K. Chesterton. Pour le reste de sa carrière et de sa vie personnelle, on laissera chacun juge. Voici en attendant un extrait de ce texte d’un joueur qui n’est nul besoin de présenter :

 

 

« Chesterton est un très bon auteur de polar. Et il est d'autant plus symptomatique, qu'il a bousculé les codes de se genre tous mis en place dans « le double crime de la rue morgue »: Un enquêteur brillant, un adjoint un peu bête, une multitude d'indices contradictoires et une solution par déduction successive. Le Père Brown, n'est pas comme cela. D'abord, il agit seul. Il est plus humaniste que brillant. Et il découvre le coupable sans enquête.

 

Dans chacune des nouvelles qui constituent le « scandale du Père Brown », la résolution évidente, est obtenue par un simple évènement illogique : Une phrase que seul le coupable pouvait prononcer ; un crime trop compliqué, qui se révèle être une mascarade sans meurtre ; un témoin qui a injustement confondu la victime et le coupable sur leur apparence, etc.

En bref, au bout de 5 phrases où le père Brown apparaît dans l'enquête, il a déjà trouvé le coupable, et un lecteur très consciencieux, peut le trouver aussi. On est loin des multitudes d'indices d'un Conan Doyle, des complications psychologiques d'Agatha Christie, et en général de l'astuce employée par les auteurs qui consiste toujours à rajouter des détails inutiles pour rendre ardu la résolution du crime.

Ajouté à cela, le caractère bon enfant, un peu ridicule et jamais moralisateur du père Brown, et on peut regretter qu'il n'y eut pas plus d'écrivains inspirés de Chesterton pour nous donner des polars light, des enquêtes brillantes dans leur simplicité, et un plaisir pur de création logique.

En bref, Chesterton est au roman policier ce qu'est le « but en or » au football : Une fulgurance évidente, une nouveauté efficace, qui a rendu toutes sa pêche à un sport qui s'enlisait dans les atermoiements défensif, et les tirs en touche. »

 

 

Vu le site sur lequel il est publié, impossible de juger de la véracité de ce texte…

 

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