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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 14:05
Dans le dernier numéro de La Nef, Jacques de Guillebon, directeur délégué du mensuel catholique, présente à ses lecteurs Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, édité par les éditions de L'Homme Nouveau. Un article qui a bien saisi les lignes forces de la philosophie chestertonienne en la matière. En voici un extrait. On peut se procurer cet article auprès de la revue et en profiter pour la décourir [2, cour des Coulons, 78810 Feucherolles, Tél : 01 30 54 40 14] .


« Ce recueil d’articles et d’essais de Chesterton, qui date quand même de 1926, n’avait en effet jamais été traduit de ce côté-ci de la Manche. Le scandale cesse donc maintenant. A ceux qui étaient affranchis déjà, à ceux à qui la crise ouvre les yeux, à ceux qui ne veulent pas encore s’avouer les méfaits du capitalisme, ce livre est également destiné. Le grand Chesterton y développe notamment à l’aide de l’humour furieux qui jamais ne le quitte sa célèbre intuition : « Une société capitaliste n’est pas une société qui compte trop de capitalistes mais une société qui n’en compte pas assez. » Où il ne faut pas entendre qu’il plaide pour un développement du capitalisme actuel, mais pour une meilleure répartition du capital, c’est-à-dire pour une redistribution de la propriété privée, dans la lignée des diggers, pauvres anglais qui déjà au XVIIème s’élevaient contre la loi des enclosures qui les privait de l’accès aux terres communales. Le grand ennemi de Chesterton, c’est le monopole (« Où allons-nous même sans le bolchevisme ? La réponse est simple : nous allons au monopole ») et ce n’est pas notre monde qui le démentira, monde où la multinationale, commerciale ou financière, triomphe même dans son désastre. »
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 09:42

Dans son dernier numéro, Daoudal-hebdo (n°39) reproduit une partie de la conférence que le professeur Monica Papazu – ancienne maître de conférence en littérature comparée et théologie orthodoxe – a donné l’an dernier à l’Université d’été du Centre Charlier. Yves Daoudal [ qui est aujourd’hui l’un des meilleurs chroniqueurs politiques, mais aussi un des rares journaliste à connaître réellement l’Église, connaissance qui s’enracine chez lui dans une fréquentation des Pères, et également un chroniqueur musical absolument passionnant] nous apprend que Monica Papazu est roumaine, qu’elle est aujourd’hui chercheur indépendant et qu’elle réside au Danemark où elle est organiste dans un Temple protestant. « Et elle parle un français d’une perfection absolue… »

La conférence de Monica Papazu, dont Yves Daoudal nous apprend qu’elle va être éditée par le Centre Charlier, portait sur « Chesterton et l’Islam », à travers une exploration de L’Auberge volante (The Flying Inn, 1914). C’est, en effet, l’un des principaux ouvrages – il s’agit d’un roman –, même si c’est loin d’être le seul, dans lequel Chesterton pose le problème de l’Islam. Dès Orthodoxie (1908), Chesterton évoque l’Islam. Il ne cessera pas de l’évoquer jusqu’à L’Homme éternel (1925). En matière d’illustration, voici deux citations tirées de ces deux œuvres. Chesterton était d’autant plus sensible à l’Islam qu’il venait d’une famille touchée par l’Unitarisme, hérésie chrétienne non sans un rapport fondamental avec l’Islam qui est lui aussi un unitarisme.

« Du désert, des lieux secs et des soleils terribles, viennent les enfants cruels du Dieu solitaire,  les véritables Unitariens qui le cimeterre en main ont dévasté le monde. Car il n'est pas bon que Dieu soit seul. »

Orthodoxie

La règle, c’est qu’aucun monde pré-chrétien ou païen ne produit l’Église militante. L’exception, ou tout au moins ce que l’on peut s’accorder à considérer comme tel, c’est l’islam, qui est militant à défaut d’être une Église, précisément parce qu’il est le seul rival religieux du christianisme qui ne soit pas préchrétien ni, en conséquence, païen dans ce sens-là. L’islam est un produit du christianisme, même si ce n’est qu’un sous-produit, et un mauvais sous-produit. Parodie hérétique et rivale de l’Église, il ne peut éviter de l’imiter. Il n’est pas plus surprenant de trouver chez les musulmans quelque chose de son esprit combatif que de constater chez les quakers quelque chose de son esprit pacifique. Après le christianisme, on trouve de nombreux exemples de telles concurrences ou de telles excroissances. Avant, il n’y en a pas.

L’Homme éternel

De son côté, Monica Papzu fait une lecture, absolument passionnante, de Chesterton sur l’Islam à partir de L’Auberge volante, roman qui paraît habituellement rocambolesque mais où elle a su trouver une analyse, quasi-prophétique par rapport à notre époque, de l’Islam, de ses dangers et de ses forces.

On trouve dans ce numéro de Daoudal-hebdo un extrait d’une page de la conférence de Monica Papzu et qui donne le ton et la profondeur de son analyse. Nous ne pouvons que recommander cette première lecture avant l’achat de la plaquette qui reproduira la conférence dans son intégralité. Pour ce faire, il faut contacter Daoudal-hebdo et en profiter pour découvrir cette publication absolument unique dans son genre. Yves Daoudal y évoque un autre « ami » de Chesterton : le T.R.P. Dom Gérard, fondateur et premier abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, qu’il a bien connu. Une raison de plus pour ne pas hésiter :

www.daoudal-hebdo.info

redaction@daoudal-hebdo.info

BP n° 33 78440 Gargenville

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 00:28
Dans son numéro 625, de mai 2009, la revue Lectures françaises, revue mensuelle de la politique française, fondée en 1957, évoque longuement le Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (éditions de l'Homme Nouveau) de Chesterton. Signé Jérôme Séguin, l'article n'hésite pas à parler "d'événement" et prend soin de l'expliquer avec précision. Voici donc quelques extraits de cet article qu'il faut absolument aller lire en intégralité (Pour ce procurer Lectures françaises voir ICI ).








« Décidément Gilbert Keith Chesterton est en train de conforter sa place au sein du cercle très restreint des meilleurs écrivains catholiques du XXe siècle. Et pourtant qui l'eut dit à l'époque des premières années de sa carrière de journaliste britannique à la fin du XIXe siècle ! Né en 1874, il exprima ses premières tendances chrétiennes en 1908 et fut baptisé dans l'Église catholique en 1922. Dès lors il n'écrivit plus que pour l'apologie de sa religion jusqu'à sa mort en 1936. En cette année 2009 (pendant laquelle on fête le 135e anniversaire de sa naissance), vient de paraître un de ses livres traduit pour la première fois en français : Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste.
C'est un événement, car il s'agit d'un très grand ouvrage de réflexions politiques (ce qui est rare chez Chesterton) en même temps qu'un livre visionnaire dans lequel on découvre des propos écrits il y a plus de 80 ans sans y trouver rien de “vieilli” ! En effet, il y est fait allusion à la crise de l'environnement, la faillite des banques, la destruction de l'agriculture et la perversité du système de la grande distribution !
La thèse de Chesterton est d'établit les fondations sur lesquelles doit être bâtie une société réellement humaine, respectant la famille en tant que cellule-mère de tout l'organisme social et la propriété privée qu'il faut préserver tout autant du totalitarisme collectiviste que du capitalisme “bling-bling” qui ne profite qu'a une caste très restreinte de privilégiés. Cette propriété privée, ainsi définie, est la seule entité capable d'assurer la liberté des familles.
Nous avons été frappés par la pertinence du chapitre intitulé De certains aspects du grand commerce (…). C'est étonnant on croirait que ces pages ont été écrites pour aujourd'hui. (…) C'est à lire et à méditer de toute urgence.  »
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 13:46
Il y a bien des moyens de montrer son admiration pour un écrivain. Le premier de ces moyens consiste à le lire, à le relire encore et à chercher à le lire toujours. Ensuite, il est possible et même bien de partager cette admiration avec ses proches et d'ouvrir à leurs yeux un nouvel univers littéraire. Enfin, on peut recourir à l'objet. Les Américains sont passés maîtres dans l'art d'exposer à tout vent leurs sympathies littéraires. Si nous prenons le cas de Chesterton, voici ce que propose l'Américan Chesterton Society :



Le Verre à bière



La tasse à café




Le Mug de voyage


Le T-Shirt



Le sac



La chemise avec la signature de l'écrivain…

et une quantité de DVD, photographies et autres objets que l'on peut commander en allant sur cette page.


Et la France ? Elle n'a pas encore atteint l'abondance américaine. Mais elle propose un badge dont nous avons déjà parlé.











 Et nous venons de découvrir par hasard :


le tapis de souris à commander ici) ainsi que le


porte-clef (à commander ).

Il y a évidemment une petite erreur, facile à voir, dans cette phrase. Mais cela n'enlève rien au charme de retrouver le nom de Chesterton de cette manière.


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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 16:01
Les hasards d’une recherche sur Internet m’ont fait découvrir le site Internet « Vivre pour la Vérité », qui semble être une sorte de site d’apologétique catholique. « Vivre pour la Vérité » (V.I.V.) se définit comme un « Magazine catholique d’information Internet pour personnes en recherche ».
Ce site est réalisé par un québécois, Michel Leblanc, qui a été membre des Témoins de Jéhovah pendant plusieurs années avant de revenir au catholicisme. C’est pour répondre aux questions de ceux qui ont été ou qui sont touchés, directement ou indirectement, par le phénomène des sectes que Michel Leblanc a visiblement monté ce site. Mais il va plus loin, en tentant de redonner ses lettres de noblesse à une discipline bien oubliée aujourd’hui : l’apologétique. Dans ce sens, il propose une « bibliothèque catholique » dans laquelle on trouve un grand nombre d’auteurs dont bien sûr G.K. Chesterton.
Pour découvrir les textes de Chesterton mis en ligne, le mieux est de se rendre sur ce site. Dans la colonne rubrique, choisir « bibliothèque catholique » puis « auteurs contemporains » et enfin, « Chesterton ». À ce jour, 17 textes ou extraits sont proposés.
À titre d’exemple, je me permets de recopier ci-dessous un extrait de L’Église catholique et la conversion, un ouvrage qui date de 1927 :



« Pour un catholique, il n’existe aucune différence particulière entre ces parties de la religion que les protestants ou d’autres acceptent, et les parties qu’ils rejettent. Les dogmes ont bien sûr leurs formes théologiques définies, mais le catholique sent qu’ils concourent tous à une seule unité de foi : la Messe est aussi chrétienne que l’Evangile, l’Evangile est aussi catholique que la Messe. J’imagine que c’est là ce que le monde protestant a trouvé de plus difficile à comprendre et c’est à ce propos que les formes les plus malheureuses de malaise sont apparues. Cependant, tout ceci est né plutôt naturellement de l’histoire réelle de l’Eglise, qui a du lutter sans cesse contre telle hérésie et son hérésie inverse. Non seulement elle a du défaire telles sectes pour défendre telles doctrines, mais elle a aussi du défaire telles autres sectes pour défendre d’autres doctrines, incluant les doctrines que telles sectes conservaient précieusement avec raison. C’est l’Eglise catholique seule qui a sauvé les vérités protestantes. Il est peut être bon de s’appuyer sur la Bible, mais il n’y aurait aucune Bible si les gnostiques avaient prouvé que l’Ancien Testament fut écrit par le Démon, ou avaient encombré le monde avec des Evangiles Apocryphes. Il est peut être juste de dire que Jésus seul sauve du péché, mais personne ne dirait plus cela si le mouvement des Pélagiens avait altéré la notion du péché. Même la petite sélection de dogmes que les réformateurs ont décidé de conserver a été préservée pour eux par l’autorité qu’ils renient.

Il est par conséquent naturel pour les catholiques de ne pas penser sans cesse à l’opposition catholique/protestant, pas plus qu’ils ne pensent à l’opposition catholicisme/pélagianisme. Le catholicisme est accoutumé aux suggestions de réduire la foi à quelques propositions ; mais différentes personnes veulent garder d’assez différentes propositions et en rejeter différentes autres. Par conséquent, le catholique ne trouve pas le respect spécial donné à la Mère de Dieu est une question plus controversée que les honneurs divins donnés au Fils de Dieu, car il sait que le dernier fut aussi contesté par les Ariens que le premier par les Puritains. Le catholique ne ressent pas le siège de Pierre plus sujet à contestation que la théologie de saint Paul, car il sait que les deux ont été sujets de dispute. Il y eu des anti-papes ; il y eu des Evangiles Apocryphes ; il y a eu des sectes détrônant Notre-Dame et des sectes détrônant Notre Seigneur. Après environ deux mille ans de controverses, les catholiques en sont venu à regarder le catholicisme comme un tout, dont toutes les parties sont également attaquées, et qui pourtant sont inattaquables.

Pourtant, il est malheureusement impossible pour un catholique d’exposer ce principe sans passer pour provocant et, ce qui est bien pire, arrogant ; cependant, à moins qu’il ne l’expose, il n’expose pas le catholicisme. Cependant, ayant exposé cela dans sa forme dogmatique et provocante, comme c’est son devoir de le faire, le catholique peut ensuite suggérer pourquoi pour ceux qui en font partie, ce système ne ressemble pas tant à un système qu’à un foyer, voire même qu’à un jour de vacances. Ainsi, ce principe ne signifie pas être supérieur dans le sens de dédaigneux, car c’est dans ce système seul qu’ il n’y a que le saint qui soit supérieur, et ce parce qu’il se sent inférieur. Il ne dit pas que tous les hérétiques sont perdus, car il dit qu’il existe une conscience par laquelle ils peuvent être sauvés. Mais il affirme définitivement que celui qui sait la vérité toute entière pèche s’il n’accepte qu’une demi vérité. Ainsi l’Eglise n’est pas un mouvement, comme tous ceux qui ont rempli le monde depuis le seizième siècle ; c’est-à-dire depuis la rupture de la tentative collective de toute la chrétienté à exposer la vérité toute entière. Elle n’est pas le mouvement de quelque chose à la recherche d’un équilibre : elle est l’équilibre. Mais ce qui est remarquable ici, c’est que même ces hérétiques qui ont arraché des demi vérités, ont rarement arraché les mêmes demi vérités(...) Pour le catholique, chacune de ces choses sera disputée à son tour, mais chacune restera. »
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 17:06
Quand il paraît un livre sur saint François d’Assise, il est toujours intéressant de voir si Chesterton est cité. Celui-ci a écrit, en effet, une belle biographie du saint franciscain, livre paru en 1923. Nous reviendrons, bien sûr, plus longuement sur cet ouvrage. Contentons-nous pour l’heure de dire que Chesterton s’intéresse moins aux détails historiques qu’à saisir l’âme et le cheminement de frère François.
André Vauchez vient de faire paraître chez Fayard une importante biographie du saint d’Assise. Chesterton y est cité deux fois, et la seconde fois, simplement pour signaler qu’il a écrit sa biographie du saint après sa propre conversion.
La première citation n’est pas très importante, mais l’auteur accorde un satisfecit à Chesterton :

« Comme l’a bien vu G.K. Chesterton, le Pauvre d’Assise “partait du principe qu’il vaut mieux faire des chrétiens que de défaire des infidèles. Il n’était pas a priori absurde d’imaginer que l’on pouvait convertir par le sang de missionnaires martyrs ceux que l’on ne pouvait réduire militairement” ».(p.154).

André Vauchez utilise l’édition américaine de 1937. Son propre ouvrage s’intitule : François d’Assise, Fayard, 548 pages, 28€.
Nous avons déjà évoqué ici Chesterton et saint François d’Assise : ICI.

Il existe deux éditions françaises du saint François d’Assise de Chesterton : – Saint François d’Assise, Plon, Collection : Le Roseau d'or : œuvres et chroniques ; 4 ; 1925. Traduction : Isabelle Rivière.
Saint François du Créateur, DMM, 1979. Traduction : Antoine Barrois.
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 00:43
Pour la deuxième fois en quelques mois, Monde et Vie vient de parler longuement de Chesterton. Dans son dernier numéro, Romain Bénédicte présente le Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, et montre qu'il est un lecteur attentif de ce modeste blogue. Sans reproduire l'encadré où il est fait mention de notre travail, voici les principaux extraits de son article sur la version française de Outline of sanity. Pour lire le reste, le plus simple est d'acheter Monde et vie…



 La saison sera-t-elle chestertonienne ? On peut se poser la question au regard des publications récentes ou annoncées (cf. encadré) de traductions françaises des oeuvres du célèbre écrivain catholique anglais. La dernière en date n’est pas la moins surprenante. […]  s’il est un Chesterton que le public français connaît peu, c’est en revanche l’essayiste politique et économique, le défenseur en Angleterre d’une certaine vision sociale, soucieuse de justice et d’enracinement. C’est ce Chesterton-là que nous permet de découvrir la parution récente d’un livre, intitulé Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste. Titre étrange, et d’autant plus étrange, qu’il n’est pas de Chesterton lui-même. Plus sobrement, l’auteur avait intitulé son recueil d’essais (car il s’agit de cela) Outline of sanity. Les éditions de l’Homme Nouveau ont préféré laisser de côté cette aspiration à la santé mentale pour mettre l’accent sur la défense de la propriété privée qui caractérise ces essais chestertoniens, en même temps que sur sa critique d’un capitalisme monopolistique. Dans une France qui regarde chaque soir à la télévision les étapes du lancement du Nouveau parti anticapitaliste, on peut se demander si l’éditeur n’a pas pris un risque en semblant accrocher Chesterton au wagon du petit facteur français. […]
Quoi qu’il en soit, ils trouveront dans ce Plaidoyer, publié pour la première fois en 1926, des clefs de compréhension de la crise que nous subissons aujourd’hui. Des clefs et aussi des propositions de solutions, que, sans accepter sans critique, ils pourront au moins discuter. Défenseur du petit commerce, Chesterton développe dans plusieurs chapitres toute une critique de ce […] qui correspond à notre grande distribution. Tout y est ! De la même manière, il met le doigt sur la faillite d’un capitalisme financier et des banques tout en pointant les dangers d’une destruction annoncée de l’environnement. Derrière des situations forcément datées, l’écrivain semble décrire à l’avance les problèmes avec lesquels nous nous débattons.
Ses solutions? Dans l’Angleterre de l’époque, il leur a donné un nom barbare: distributisme. Il s’agit de diffuser au maximum la propriété privée, idée que Louis Salleron a également développée en France. On pourra trouver utopiste et teinté de rêve médiéval son souhait d’une société paysanne et artisanale, dans laquelle la technologie est maîtrisée, au lieu d’être un facteur de réduction des relations sociales à la seule consommation. Là encore, Chesterton est en avance sur les travaux d’Ellul et autres critiques de notre monde techno-consumériste. Son avantage ? Une vision, non optimiste, mais constamment soumise à la joie de redécouvrir chaque matin les beautés de la création. Derrière sa critique très dure du socialisme et, plus encore, du capitalisme libéral, Chesterton démontre une fois encore qu’il est le héraut d’une philosophie de la gratitude qui vise ici à réconcilier l’homme avec sa propre nature. Un effort qui n’a toujours pas trouvé son terme.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 00:50
Dans sa dernière livraison, l'hebdomadaire Les 4 vérités, qui s'intéresse aux questions économiques et sociales, habituellement dans une perspective plutôt libérale, a eu l'amabilité d'indiquer la parution de Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, traduction française de Outline of sanity, de G.K. Chesterton. Une recension signé Guillaume de Thieulloy (photo ci-dessous) auteur par ailleurs du Chevalier de l'absolu, un livre consacré à Jacques Maritain et paru chez Gallimard.


Chesterton est probablement l’un des meilleurs écrivains anglais du siècle dernier. Son humour si typiquement britannique, son goût prononcé pour le paradoxe, en font un auteur particulièrement plaisant (et stimulant) à lire.
Les éditions de l’Homme nouveau viennent de publier un ouvrage de cet auteur encore inédit en français. Le titre sera sûrement « vendeur » en ces temps de crise, mais, sous cet « anticapitaliste », c’est plutôt « anti-monopolistique » qu’il faudrait lire (contre les monopoles d’État et contre les monopoles privés).
 Cette « diffusion de la propriété », comme disait naguère Louis Salleron, est vitale pour la restauration (et pas seulement économique) de la société.
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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 00:34
Dans son édition du jeudi 16 avril dernier, le quotidien Présent, dans la "Chronique de l'économie réelle", signée Jean Rouvière, a longuement présenté le dernier livre édité par les éditions de l'Homme Nouveau, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, de G.K. Chesterton. Un ouvrage prophétique, selon le chroniqueur. Extraits.


Un militant ou un dirigeant du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) qui ne connaîtrait pas le nom de Chesterton pourrait le prendre pour un des leurs à la lecture du titre de son dernier livre traduit du français : Plaidoyer pour une propriété anticapistaliste.
Mais Chesterton n’était en rien marxiste ou trotskiste, ni même socialiste ou social-démocrate. Il était catholique, préoccupé de justice sociale et, à ce titre, un des hérauts du « distributisme », doctrine qui vise à répandre la propriété privée des moyens de production pour corriger les méfaits du capitalisme. Le distributisme chestertonien prenait à contre-pied la propagande socialiste ou communiste.
Le Plaidoyer de Chesterton est un recueil d’articles paru en 1926. Il n’avait jamais été traduit en français. Le voici enfin disponible, dans une édition enrichie de notes utiles et intéressantes dues à Philippe Maxence et au traducteur, Gérard Joulié.
Chesterton reste un écrivain et répugne à la théorie. On retrouve dans ce livre son style si particulier, imagé, ses digressions, sa manie de se mettre sans cesse en scène. Mais on retrouve aussi, comme le dit Philippe Maxence, « ce fameux sens commun qu’il aura défendu tout au long de son existence ».
Son livre est, à bien des égards, prophétique. Trois ans avant le début de la grande crise de 1929 et de la longue dépression économique qui a suivi, des décennies avant notre crise actuelle, il a vu les faiblesses intrinsèques du système libéral capitaliste. Il écrivait : « Le capitalisme est en train de s’effondrer, et d’une certaine manière nous n’en sommes pas fâchés. Nous sommes même prêts à contribuer à son effondrement, mais nous ne voulons pas seulement le voir s’effondrer. Il serait plus juste de dire que nous souhaitons le voir disparaître sans s’effondrer sur nos têtes dans une confusion que certains appellent communisme et d’autres chaos. L’idéal serait que les parties qui le composent se dissocient de l’ensemble et reprennent chacun leur autonomie. »
Chesterton explore plusieurs voies pour cette réforme possible du capitalisme, certaines vont carrément à contre-courant. Il prône un « retour à la terre », pour des citadins qui ne craindraient pas de retrouver les valeurs du travail au rythme des saisons et de la propriété individuelle. Il défend « la renaissance du petit commerce » contre le grand magasin qui « n’est pas seulement vulgaire et insolent, mais incompétent et inconfortable » et qui incite à consommer toujours plus sous de fallacieux attraits (« on trouve de tout », « c’est moins cher », etc.).
Et aussi il est partisan de la diffusion de la propriété, y compris la propriété des entreprises. Non pas forcément par le morcellement des grandes entreprises mais par ce qu’on appellerait aujourd’hui l’actionnariat populaire et l’intéressement (ce que Chesterton appelle « la division des profits »). Que dirait- il aujourd’hui face à l’existence de grands groupes internationaux actifs dans plusieurs métiers et qui obéissent d’abord à une logique financière (par exemple, le groupe Lagardère présent dans l’aéronautique, l’espace, l’automobile, l’édition et les médias) ?
Chesterton plaide pour une « vie sociale plus simple », une révolution qui se ferait « à la lumière de la raison et de la tradition ». Mais il ne croit, bien sûr, ni aux actions de masse violentes ni même aux vertus de lois qui bouleverseraient tout d’un coup. Il pense que cette révolution peut venir des gens euxmêmes par leurs décisions et le changement de leur mentalité : « Je prétends que cette révolution doit être faite par les gens, et non pour les gens. C’est en quoi elle diffère sensiblement de presque tous les projets socialistes en vogue autant que de la philanthropie ploutocratique. […] Cette révolution doit être entreprise dans un esprit de religion et de sacrifice. On doit pouvoir s’y atteler comme on repousse un envahisseur ou comme on stoppe la propagation d’une épidémie. »

 

[…]

 

Chesterton n’était pas contre le capitalisme en général, il était hostile aux monopoles qui font disparaître la propriété et la responsabilité. Pie XII avait mis en garde, contre les excès, dans le capitalisme, d’une « classe prépondérante » qui « disposera des moyens de production, donc aussi du pain, et, en fin de compte, de la volonté de travail des individus » (message du 3 septembre 1944). Et il prônait, en contrepoint, « l’espoir d’acquérir quelque bien en propriété personnelle », où il voyait un « stimulant » pour « encourager au travail laborieux, à l’épargne, à la sobriété ».
 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 00:24


Peu avant la sortie dans la collection du « Cabinet des lettrés » chez Gallimard de trois nouvelles de Chesterton (voir ICI et ), les éditions de l'Age d'Homme vont publier un nouvel ouvrage. Intitulé La fin de la sagesse et autres contes extravangants, ce volume comprend pas moins de 387 pages. Il est traduit par Gérard Joulié qui signe également la postface.

Voici d'ailleurs un extrait de celle-ci :


"C’est une grande chose que de rencontrer la sagesse au carrefour de toutes les routes. Car la sagesse n’est pas toujours assise, il lui arrive de tirer l’épée, de rire et même de montrer de l’humour. Quand la sagesse contracte alliance avec les libres pouvoirs de l’imagination et de la fantaisie, nous avons l’humour anglais incarné à merveille dans la personne de Gilbert Keith Chesterton (1876-1936), au physique énorme et fabuleux, un physique à la saint Thomas d’Aquin. On raconte qu’un jour Chesterton céda la place à trois dames dans l’omnibus". (Gérard Joulié)
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