Le dernier numéro du magazine Monde et Vie (n°804, 13 décembre 2008) consacre une page entière à Chesterton, en s’attachant principalement au « Chesterton catholique social anglais ». Sur ce sujet, j’ai tenté de répondre aux questions pertinentes de Monde et Vie, dans un espace forcément limité. Il aurait fallu, en effet, pouvoir développer davantage ce qu’est le distributisme de Chesterton, les points communs et les différences avec les catholiques sociaux français ou la pertinence de cette vision face aux problèmes contemporains. Voici un extrait de cet entretien :
« M & V: « Pour sauver la famille, il nous faut révolutionner la nation », écrit Chesterton. Par de nombreux côtés, cet écrivain catholique, qui reproche au socialisme, non pas « de vouloir révolutionner notre vie commerciale », mais « de vouloir la conserver si horriblement pareille », est en effet un révolutionnaire, par exemple lorsqu’il prône le « distributisme ». Qu’entend-il par là? P.M.:Avant d’être une théorie économique, le distributisme est une vision du monde qui refuse de réduire l'homme à son aspect économique tel qu’il découle de la révolution anthropologique des Lumières. Il s'affirme : en premier lieu, pour la liberté de l’homme et de sa famille, pour qu’il soit maître de son destin : qu’il soit concrètement propriétaire de sa maison et des moyens de production ; deuxièmement, pour un monde fondé sur l'acceptation des limites et qui de ce fait respecte les petites nations et s’organise donc de façon décentralisée. Plus de société et moins d’État ; enfin pour des économies plus locales, s’appuyant sur l’artisanat et l’agriculture, sur des groupements professionnels autogérés et des mutuelles coopératives. »
Cette page de Monde et Vie contient également un article signé H.B., présentant L’Univers de Chesterton, avec beaucoup de sympathie. L’auteur présente très finement Chesterton : « Vu de France, Gilbert Keith Chesterton est un auteur à la fois exotique et familier, autrement dit anglais. A mille lieues du cartésianisme, son mode de raisonnement confronte l’absurde au bon sens, en appelle à la poésie, s’appuie sur la fantaisie et aboutit à de fulgurantes vérités.« Le poète, écritil, ne demande qu’à mettre sa tête dans les cieux. C’est le logicien qui cherche à mettre le ciel dans sa tête.Et c’est sa tête qui éclate.» Ses romans et ses contes,La Sphère et la Croix, Supervivant, L’Auberge volante, Le Retour de don Quichotte, Le Napoléon de Notting Hill, Le Club des fous, Un nommé Jeudi… sont des paraboles dont les personnages exaltés sont en réalité des sages, et l’on comprend mieux, à lire Chesterton, pourquoi la Sagesse de Dieu est souvent folie aux yeux des hommes. »
L’année 2008, année du Centenaire d’Orthodoxie et du Nommé Jeudi, aura bien été l’année Chesterton. La page de Monde et Vie le montre à sa manière, en s’intéressant à un aspect peu connu en France de Chesterton : sa pensée sociale et économique. Monde et Vie est vendu en kiosque. Le magazine est disponible également aux coordonnées suivantes : 14, rue Edmond Valentin 75007 Paris – www.monde-vie.com Tél. : 01 47 05 10 42 – Courriel : mondevie@monde-vie.com
Petit rappel : Pour les Parisiens ou pour les provinciaux de passage à Paris, ce samedi, je leur donne rendez-vous à la Librairie France Livres 6 rue du Petit Pont, 75005, pour dédicacer L'Univers de Chesterton, à partir de 15h00. Pour plus de renseignements : ICI.