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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 00:00
En 1901 paraît The Defendant, édité en langue française sous le titre Le Défenseur. C'est une reprise de plusieurs textes parus dans The Speaker et qui visent à prendre la défense aussi bien du patriotisme ou du non-sens que des squelettes et de bien d'autres sujets. On y découvre Chesterton tel qu'il va s'imposer. C'est un véritable feu d'artifice de paradoxes, d'intelligence et de mise à mal de ce que l'on n'appelle pas encore le « politiquement correct ».
Dans la deuxième édition du livre, il publie une « défense d'une nouvelle édition ».  Dans ce nouveau texte, Chesterton écrit : « J'ai aussi le sentiment que le titre de ce livre n'est pas exact. C'est une métaphore juridique et, juridiquement, un défenseur n'est pas un enthousiaste du caractère du roi Jean ou des vertus domestiques du spermophile; c'est un homme qui se défend, entreprise à laquelle l'auteur de ces lignes, si empoisonné que puisse être son esprit par le paradoxe, n'a certainement jamais songé ». Dans son autobiographie (1936), Chesterton se souviendra de cette époque de ses débuts et reprendra la même idée en affirmant : « Le mot “défendeur” est la seule chose dont je ne puisse pas prendre la défense ».
Mis en cause pour avoir donné l'impression d'attaquer le progrès avec The Defendant, Chesterton s'explique : « Ce qui arrête tout progrès aujourd'hui, c'est le scepticisme subtil qui chuchote à tant d'oreilles que rien n'est assez bon pour mériter d'être améliorer. Si le monde est bon, nous sommes révolutionnaires; si le monde est mauvais, nous devons être conservateur ».
Les textes du Défenseur sont courts, faciles à lire, bien que le plus souvent déconcertants. C'est un bombardement de « non-sense » typiquement british !
L'édition en langue française est suisse. Elle paraît aux éditions LUF/Egloff (Librairie de l'Université de Fribourg), avec une traduction de George-A. Garnier. L'édition comprend 143 pages.   Elle sera reprise en 1982 par les éditions de l'Age d'Homme, également installées en Suisse, qui republieront le livre en 1990.

Mieux qu'un long discours, la table des matières parle d'elle-même et de Chesterton :

Pour la défense d'une nouvelle édition (à partir de la deuxième édition)
Introduction
Défense des bergères de porcelaine
Défense de l'humilité
Défense des romans terrifiants
Défense des squelettes
Défense des vœux imprudents
Défense de la publicité
Défense de la farce
Défense du non-sens
Défense des planètes
Défense du blason
Défense de la littérature documentaire
Défense de la laideur
Défense de l'argot
Défense du culte des enfants
Défense des romans policiers
Défense du patriotisme

La qualité de ces textes feront qu'ils seront souvent repris dans des recueils Chesterton. C'est ainsi que Le Paradoxe choix de textes par Alberto Manguel (éditions Actes Sud) reproduit : Défense des romans de quatre sous (Défense des romans terrifiants dans l'édition LUF/Egloff); Défense du Nonsense; Défense de la farce, l'Introduction au Défenseur et, enfin, Défense de la publicité. Soit cinq défenses sur dix-huit !

Ironie de l'histoire : La Défense du patriotisme sera publiée par la revue Témoins, proche des milieux anarchistes, dans son numéro n°18/19 de l'automne 1957/hiver 1958. Il s'agit d'une publication trimestrielle éditée par Jean-Paul Samson à Zurich et Genève.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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Jean 28/11/2010 10:46



Bonjour,


 


La traduction de George Garnier, il faut le dire, est désastreuse, pour ne pas dire malhonnête, puisqu'il coupe le texte et même le réécrit (le but de cette réécriture est parfaitement visible
dans Une défense des romans de quatre sous).  Ce n'est pas sa traduction qui est reprise dans Le Paradoxe ambulant (et non Le
Paradoxe), mais c'est une nouvelle traduction, très fidèle au texte.


 


Cordialement.