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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 20:51

 

 


  En 1911, G.K. Chesterton publie une œuvre quasiment inconnue en France, mais qui est considérée outre-Manche comme l’un de ses chef-d’œuvres. Il s’agit de The Ballad of the White Horse, un long poème épique de 89 000 signes. Ce texte conte l’épopée du roi Alfred, (représentation ci-contre) souverain du Wessex, et de la victoire qu’il remporta sur les Danois. Quatrième fils du roi Ethelwulf de Wessex, Alfred, qui est né entre 846 et 849, devient roi du Wessex et de Mercie en 871. Il est célèbre pour avoir organisé la résistance contre les envahisseurs du Nord (ceux que nous appelons les Vikings) et c’est à la suite de sa victoire sur eux qu’il gagne l’épithète de « grand ». Homme instruit, il s’occupe activement de la réorganisation du royaume, notamment en encourageant l’éducation et en améliorant le système judiciaire. Il meurt en octobre 899.

 Au-delà de l’aspect directement historique et national, le long poème de Chesterton conte l’affrontement entre le christianisme et le paganisme, la lutte contre le nihilisme.

Au début du poème, le roi Alfred bénéficie d’une vision de la Vierge. Il désire savoir s’il va gagner la bataille. La réponse n’est pas exactement celle qu’il attend, et celle que le lecteur, forcément, attend avec lui. La Vierge ne lui dit rien pour le rassurer. La leçon du poème est typiquement chrétienne. Il s’agit de vivre dans l’espérance, en évitant à la fois les deux écueils que sont la certitude trop forte de gagner ou celle, inverse, d’être certain de perdre la bataille. Chesterton, dans ce poème, au contraire, nous invite à choisir la bonne cause, même si elle doit conduire à la défaite.

 

Dans le poème, Alfred parcourt la vallée du Cheval blanc, la White Horse Vale (photo ci-contre) dans le Berkshire, pour livrer bataille aux Danois. De là, le nom du poème, même si le concept de « Cheval blanc » a toujours joué un rôle particulier dans la vie de Chesterton. Par exemple, la nuit de noces des Chesterton a eu lieu dans une Auberge portant ce nom. Et The Ballad of the White Horse, est l’œuvre préférée de son épouse Frances à qui elle est d’ailleurs dédiée.

 

Le texte commence par une note explicative dans laquelle Chesterton justifie ses choix.

Après la longue Dédicace de 15 strophes, ode à sa femme par laquelle le christianisme s’est ancré en lui, le poème est composé de huit livres :

 

Premier livre (The vision of the King)  : 57 strophes.

Deuxième livre (The gathering of the chief) : 56 strophes.

Troisième livre (The Harp of Alfred) : 80 strophes.

Quatrième livre (The woman in the forest) : 58 strophes.

Cinquième livre (Ethandune : the first stroke) : 61 strophes.

Sixième livre (Ethandune : the slaying of the chiefs) : 63 strophes.

Septième livre (Ethandune : the last charge) : 73 strophes.

Huitième livre (The scouring of the horse) : 71 strophes.

 

Les strophes sont elles-mêmes variables, généralement de 4 à 6 lignes chacunes. Le style des rimes varie entre ABCB ou ABCCCB.

 

 

L’écriture de ce texte aurait débuté en 1905. Le Father O’Connor fut un témoin de sa rédaction, parce qu’il fut tenu au courant par Frances Chesterton, mais aussi parce qu’une partie du poème fut écrite chez lui. Les discussions entre les deux hommes jouèrent certainement un rôle sur le sens du poème.

Celui-ci fut finalement publié en août 1911. Selon Christopher Clausen, The Ballade of the White Horse aurait exercé une influence sur J.R.R. Tolkien et son Seigneur des Anneaux.

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Published by Les amis de Chesterton - dans La malle des livres de GKC
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commentaires

Gégé 26/07/2009 13:25

On peut trouver ce poême ici : http://www.poemhunter.com/poem/the-ballad-of-the-white-horse/