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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 11:54
Complexe.png

 

Philosophe hors norme, critique de gauche du libéralisme et de son pendant libertaire, Jean-Claude Michéa vient de publier un nouvel essai sur « la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès », sous le titre Le complexe d’Orphée (éditions Climats). Il s’agit d’un essai où il revient à l’aide de dix questions sur les thèmes essentiels qui traversent son œuvre et, notamment, la place qu’occupe George Orwell et sa pensée dans l’élaboration de son propre discours. C’est une mise en mouvement intellectuel de la « common decency » d’Orwell confrontée aux questions et aux bouleversements qu’engendre le capitalisme libéral mondialisé aujourd’hui.

 

Invité à préciser ce qu’il entend par « anarchisme tory » (qualificatif qu’il utilise, derrière Orwell lui-même, pour qualifier l’auteur de 1984), Jean-Claude Michéa est amené également à nommer les prédécesseurs et les successeurs d’Orwell. Il est intéressant de noter la réponse de Michéa qui commence par définir en quoi d’éventuels prédécesseurs ou successeurs pourraient se retrouver avec la pensée d’Orwell. Ce nœud commun est selon le philosophe de Montpellier le suivant :

 

« Si l’on s’accorde sur ces quelques principes, il devient alors possible de dessiner les contours d’une “tradition anarchiste tory” qui engloberait effectivement tous ceux qui ont senti, d’une manière ou d’une autre, qu’aucune critique cohérente de la civilisation capitaliste moderne ne pouvait se fonder sur la vieille illusion progressiste selon laquelle toutes les valeurs morales et culturelles léguées par les générations antérieures devraient – au nom du “sens de l’histoire” ou de l’“évolution naturelle des mœurs” – être transgressées par principe. »


 

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À partir de ce socle commun, Jean-Claude Michéa (photo ci-dessus) énonce la liste de plusieurs prédécesseurs de George Orwell, avant de préciser :


« elle devrait inclure, avec plus de raison encore, le socialisme “médiéval” d’un William Morris ou l’anticapitalisme catholique d’un Chesterton – deux auteurs qu’Orwell cite assez peu, mais dont l’influence sur son œuvre me semble évidente (n’a-t-on pas dit de lui qu’il était un “Chesterton de gauche” ?). »


Cette longue citation montre, à sa manière, que Chesterton habite encore le débat politique quand celui-ci ne descend pas au niveau de la simple foire électorale mais qu’il aborde les questions essentielles de la critique de la société dans laquelle nous vivons. Michéa adosse sa réflexion sur celle d’Orwell qui plus qu’un « Chesterton de gauche » me semble être un « Chesterton sans la foi chrétienne » (il serait d’ailleurs pour le moins réducteur, par exemple, de définir Chesterton comme un « Orwell de droite », le problème étant alors posé par ce dernier qualificatif qui ne correspond pas à grand chose dans la vie de l’écrivain.)

Concernant Orwell et Chesterton, Jean-Claude Michéa avait déjà été amené à préciser dans un entretien accordé dans le numéro de décembre 2009 du Magazine littéraire certains liens entre les deux écrivains :

 

Orwell « confia un jour que, “ce dont avait besoin l’Angleterre, c’était de suivre le genre de politique prônée par le G.K.’s Weekly de Chesterton : une forme d’anticapitalisme et de “joyeuse Angleterre” agraire et médiévale. C’est à coup sûr dans ce cadre précis qu’il convient d’interpréter sa dernière volonté d’être inhumé selon le rite anglican. Il ne croyait évidemment pas en Dieu, mais il n’en pensait pas moins que “le véritable problème était de trouver un moyen de restaurer l’attitude religieuse, tout en considérant que la mort est définitive” »


 

Même si Orwell (photo ci-dessous) aurait écrit son ou l’un de ses premiers articles dans le G.K.’s Weekly de Chesterton, et même si la pensée des deux hommes peuvent se rejoindre en plusieurs endroits, des différences notables existent, comme nous l’avions déjà signalées (ICI et ). 


On se reportera aussi à la vision chestertonienne de l’homme ordinaire (trop) rapidement traitée (ICI, , et ).

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On me permettra pour terminer ce papier du jour de rappeler notre rendez-vous du mardi 11 octobre qui abordera un autre aspect de l'œuvre très riche de Chesterton : le centenaire du Père Brown. 

Rendez-vous donc le mardi 11 octobre à l’auditorium Saint-Matthias de l’Espace Georges Bernanos (4, rue du Havre – 75009 Paris – Métro Saint-Lazare ou Havre-Caumartin) de 19h00 à 21h30.

Grâce à l’amabilité et à la collaboration de l’Espace Bernanos l’entrée est gratuite.

 

Même si cette année, pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous vous informons plus tardivement que les années précédentes,nous vous serions obligés de nous indiquer à l’adresse de l’association des Amis de Chesterton (amis.de.chesterton@free.fr) si vous pensez venir. Si vous préférez, vous pouvez nous laisser un mot au numéro de téléphone suivant : 01 53 68 99 72. 

 

Nous vous attendons avec impatience le mardi 11 octobre prochain !

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Published by Les amis de Chesterton - dans Veille chestertonienne
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